Semaine du 9 au 15 mars 2005

 

 

Le gouvernement, l’UGTA et le patronat se sont rencontrés

Ouyahia force la main à ses partenaires

 

 
 
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Le gouvernement, l’UGTA et le patronat se sont rencontrés

Ouyahia force la main à ses partenaires

Bien avant sa tenue, le 3mars, la tripartite avait commencé à alimenter les colonnes de la presse nationale. Pourtant, ce rendez-vous est intervenu à un moment où les tensions étaient apaisées. Les derniers discours prononcés par le président de la République y sont assurément pour beaucoup.

C’est pourquoi, de l’avis du Maghreb (édition du 3 mars), cette tripartite sert avant tout “à mieux se comprendre”. Et pour cause, est-il rappelé par ce quotidien, “la tripartite (…) intervient à un moment où le pays renoue avec la croissance et qu’il est engagé dans une dynamique de relance (…) dans un espace où il n’y a plus de discorde ou de divergence entre la Centrale syndicale et le gouvernement au sujet de l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures”. Reste, ajoutera Le Maghreb, qu’“il s’agit pour le gouvernement et les partenaires sociaux de trouver, à l’issue de cette tripartite, les moyens et les mécanismes susceptibles de rattraper les retards et bien sûr instaurer des mesures nouvelles et rapides pour dynamiser davantage la croissance économique”.

Pourtant, du côté de la Centrale, on n’avait pas caché qu’en se rendant à cette rencontre, la délégation de l’UGTA avait la ferme intention d’arracher une nouvelle victoire pour le monde du travail. “Nous exigerons la révision du SNMG”, avait annoncé en Une de son édition de ce jeudi 3 mars La Dépêche de Kabylie, qui affirmait : “L’UGTA va marquer sa présence à la tripartite.”

La Tribune paraissant le même jour avait, pour sa part, rappelé que “l’abrogation (de l’article 87 bis) est une revendication centrale de l’Union générale des travailleurs algériens qui en a fait, avec le lourd dossier de la Fonction publique, son cheval de bataille”.

El Djazair News s’est intéressé, lui, aux propositions du patronat. Dans un entretien publié ce même jeudi, jour de l’ouverture des travaux, Boualem Merakeche, le président du patronat, a déclaré que “leurs propositions porteraient sur les secteurs déficitaires”.

C’est dire que l’impression générale qui se dégageait avant l’heure H est que syndicat et patronat allaient à la tripartite décidés à ne rien concéder au gouvernement. Dès lors, on peut aisément comprendre le sentiment de déception qui a gagné les participants à l’issue de cette réunion qui a duré jusqu’à vendredi matin. Une déception que les écrits des journalistes n’ont pas manqué de refléter. “Encore un échec pour l’UGTA” a annoncé El Watan en Une de son édition de samedi. Le rédacteur a souligné qu’à l’issue de cette tripartite, “les représentants de la Centrale syndicale sont sortis déçus après vingt-deux heures de débat”. Le quotidien rappelle que “l’UGTA a subi un autre échec, après celui essuyé lors de la bipartite d’octobre 2004 concernant le dossier de la Fonction publique”.

Le Maghreb abonde dans le même sens en annonçant, en Une de son édition du jour : “Le SNMG ne changera pas”, puisque l’article 87 bis de la loi 90-11 ne sera pas abrogé dans l’immédiat. Du reste, souligne La Dépêche de Kabylie, “réviser le SMIG coûterait 500 milliards de dinars”.

Mais, souligne le rédacteur d’El Watan, l’organisation syndicale n’est pas la seule à être repartie les mains vides. Et pour cause, est-il rappelé, il y eu “un deuxième perdant” : le patronat. Il en voudra pour preuve le fait que “le gouvernement a réussi à imposer le désengagement de l’Etat concernant le paiement des allocations familiales et le ‘retour à la norme universelle’, la reprise de ces charges par l’employeur”. C’est également cet aspect des négociations qui a retenu l’intérêt du quotidien arabophone El Khabar : “Le Trésor se désengage du paiement des allocations” est-il annoncé en Une de son édition du samedi 5 mars. C’est également l’ouverture de La Tribune, qui annonce en Une que “les allocations familiales (seront) à la charge des employeurs à partir de septembre”. D’où le constat sans appel du Jeune Indépendant : “L’UGTA et le patronat repartent bredouilles.” Le quotidien nous apprend que, “hormis la promesse de sceller en septembre un pacte social et économique, la tripartite a débouché sur la mise en place de vagues commissions sur pratiquement l’ensemble des dossiers.” C’est pourquoi Le Soir d’Algérie a annoncé que cette tripartite a donné lieu à une “déception de l’UGTA” et un “agacement du patronat”.

Quand bien même Le Jeune Indépendant ajoutera que les conclusions auxquelles ont abouti la tripartite ont “fait dire au chef du gouvernement qu’il n’y a eu ni vainqueur ni vaincu”, il reste que cette déclaration est loin d’être partagée par un autre quotidien, El Djazair News en l’occurrence, qui a estimé à l’issue de ces travaux : “Ouyahia est sorti vainqueur de cette tripartite”.

 

“Le pacte social, c’est parti”, mais attention

Reste que cette tripartite aura enregistré une avancée en ce qui concerne le pacte social. L’éditorialiste de l’Authentique souligne que “le pacte social et économique, plaidé et soutenu par le président Bouteflika, a toutes les chances d’être conclu dès le début de l’année 2006”.

La Nouvelle République annonce de son côté que “le pacte (est) pour septembre 2005 !”. L’éditorialiste de l’Authentique poursuivra en ajoutant que “d’ores et déjà, tout milite pour sa conclusion au regard du consensus qui a caractérisé la 11e tripartite où le gouvernement, le patronat et la Centrale syndicale UGTA ont convenu, d’une manière pragmatique, d’accompagner les réformes structurelles initiées par le chef de l’Etat afin d’arrimer l’Algérie vers un avenir meilleur”.

El Youm, qui souligne également que le discours du Président à la Maison du peuple a eu une grande influence sur la tripartite, annonce que cette rencontre “a mis en place le SMIG d’un pacte social et économique”.

Pour sa part, l’éditorialiste du Jour d’Algérie (édition du samedi 5 mars) rappellera que “l’idée d’un pacte social et économique trotte dans l’esprit de nos dirigeants depuis au moins le début de la mise en oeuvre de la Constitution de 1989”. Il poursuivra en ajoutant qu’“elle était censée remplacer le principe des trois chartes nationales qui ont encadré la vie politique de notre pays de 1964 à 1988”. Reste, s’étonnera le rédacteur, qu’“il est assez surprenant que devant la difficulté à lancer une véritable économie libérale dans notre pays on puisse encore songer à confectionner un pacte dont le seul effet prévisible sera, mettra-t-il en garde, de ligoter l’entreprise privée sans rien apporter de concret au travailleur”. Il enfoncera le clou en poursuivant que “ce n’est certainement pas en refusant d’agréer des syndicats représentatifs et combatifs, seuls à même de défendre les travailleurs, et en déstabilisant les syndicats autonomes, qu’on fera mieux en produisant un pacte économique et social qui ne fera que figer un peu plus la situation économique et sociale du pays”.

Nadia Kerraz

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