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Le
gouvernement, l’UGTA et le patronat se sont rencontrés
Ouyahia force
la main à ses partenaires
Bien avant sa
tenue, le 3mars, la tripartite avait commencé à alimenter les
colonnes de la presse nationale. Pourtant, ce rendez-vous est
intervenu à un moment où les tensions étaient apaisées. Les derniers
discours prononcés par le président de la République y sont
assurément pour beaucoup.
C’est pourquoi, de
l’avis du Maghreb (édition du 3 mars), cette tripartite sert avant
tout “à mieux se comprendre”. Et pour cause, est-il rappelé par ce
quotidien, “la tripartite (…) intervient à un moment où le pays
renoue avec la croissance et qu’il est engagé dans une dynamique de
relance (…) dans un espace où il n’y a plus de discorde ou de
divergence entre la Centrale syndicale et le gouvernement au sujet
de l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures”. Reste, ajoutera Le
Maghreb, qu’“il s’agit pour le gouvernement et les partenaires
sociaux de trouver, à l’issue de cette tripartite, les moyens et les
mécanismes susceptibles de rattraper les retards et bien sûr
instaurer des mesures nouvelles et rapides pour dynamiser davantage
la croissance économique”.
Pourtant, du côté
de la Centrale, on n’avait pas caché qu’en se rendant à cette
rencontre, la délégation de l’UGTA avait la ferme intention
d’arracher une nouvelle victoire pour le monde du travail. “Nous
exigerons la révision du SNMG”, avait annoncé en Une de son édition
de ce jeudi 3 mars La Dépêche de Kabylie, qui affirmait : “L’UGTA va
marquer sa présence à la tripartite.”
La Tribune
paraissant le même jour avait, pour sa part, rappelé que
“l’abrogation (de l’article 87 bis) est une revendication centrale
de l’Union générale des travailleurs algériens qui en a fait, avec
le lourd dossier de la Fonction publique, son cheval de bataille”.
El Djazair News
s’est intéressé, lui, aux propositions du patronat. Dans un
entretien publié ce même jeudi, jour de l’ouverture des travaux,
Boualem Merakeche, le président du patronat, a déclaré que “leurs
propositions porteraient sur les secteurs déficitaires”.
C’est dire que
l’impression générale qui se dégageait avant l’heure H est que
syndicat et patronat allaient à la tripartite décidés à ne rien
concéder au gouvernement. Dès lors, on peut aisément comprendre le
sentiment de déception qui a gagné les participants à l’issue de
cette réunion qui a duré jusqu’à vendredi matin. Une déception que
les écrits des journalistes n’ont pas manqué de refléter. “Encore un
échec pour l’UGTA” a annoncé El Watan en Une de son édition de
samedi. Le rédacteur a souligné qu’à l’issue de cette tripartite,
“les représentants de la Centrale syndicale sont sortis déçus après
vingt-deux heures de débat”. Le quotidien rappelle que “l’UGTA a
subi un autre échec, après celui essuyé lors de la bipartite
d’octobre 2004 concernant le dossier de la Fonction publique”.
Le Maghreb abonde
dans le même sens en annonçant, en Une de son édition du jour : “Le
SNMG ne changera pas”, puisque l’article 87 bis de la loi 90-11 ne
sera pas abrogé dans l’immédiat. Du reste, souligne La Dépêche de
Kabylie, “réviser le SMIG coûterait 500 milliards de dinars”.
Mais, souligne le
rédacteur d’El Watan, l’organisation syndicale n’est pas la seule à
être repartie les mains vides. Et pour cause, est-il rappelé, il y
eu “un deuxième perdant” : le patronat. Il en voudra pour preuve le
fait que “le gouvernement a réussi à imposer le désengagement de
l’Etat concernant le paiement des allocations familiales et le
‘retour à la norme universelle’, la reprise de ces charges par
l’employeur”. C’est également cet aspect des négociations qui a
retenu l’intérêt du quotidien arabophone El Khabar : “Le Trésor se
désengage du paiement des allocations” est-il annoncé en Une de son
édition du samedi 5 mars. C’est également l’ouverture de La Tribune,
qui annonce en Une que “les allocations familiales (seront) à la
charge des employeurs à partir de septembre”. D’où le constat sans
appel du Jeune Indépendant : “L’UGTA et le patronat repartent
bredouilles.” Le quotidien nous apprend que, “hormis la promesse de
sceller en septembre un pacte social et économique, la tripartite a
débouché sur la mise en place de vagues commissions sur pratiquement
l’ensemble des dossiers.” C’est pourquoi Le Soir d’Algérie a annoncé
que cette tripartite a donné lieu à une “déception de l’UGTA” et un
“agacement du patronat”.
Quand bien même Le
Jeune Indépendant ajoutera que les conclusions auxquelles ont abouti
la tripartite ont “fait dire au chef du gouvernement qu’il n’y a eu
ni vainqueur ni vaincu”, il reste que cette déclaration est loin
d’être partagée par un autre quotidien, El Djazair News en
l’occurrence, qui a estimé à l’issue de ces travaux : “Ouyahia est
sorti vainqueur de cette tripartite”.
“Le pacte
social, c’est parti”, mais attention
Reste que cette
tripartite aura enregistré une avancée en ce qui concerne le pacte
social. L’éditorialiste de l’Authentique souligne que “le pacte
social et économique, plaidé et soutenu par le président Bouteflika,
a toutes les chances d’être conclu dès le début de l’année 2006”.
La Nouvelle
République annonce de son côté que “le pacte (est) pour septembre
2005 !”. L’éditorialiste de l’Authentique poursuivra en ajoutant que
“d’ores et déjà, tout milite pour sa conclusion au regard du
consensus qui a caractérisé la 11e tripartite où le gouvernement, le
patronat et la Centrale syndicale UGTA ont convenu, d’une manière
pragmatique, d’accompagner les réformes structurelles initiées par
le chef de l’Etat afin d’arrimer l’Algérie vers un avenir meilleur”.
El Youm, qui
souligne également que le discours du Président à la Maison du
peuple a eu une grande influence sur la tripartite, annonce que
cette rencontre “a mis en place le SMIG d’un pacte social et
économique”.
Pour sa part,
l’éditorialiste du Jour d’Algérie (édition du samedi 5 mars)
rappellera que “l’idée d’un pacte social et économique trotte dans
l’esprit de nos dirigeants depuis au moins le début de la mise en
oeuvre de la Constitution de 1989”. Il poursuivra en ajoutant
qu’“elle était censée remplacer le principe des trois chartes
nationales qui ont encadré la vie politique de notre pays de 1964 à
1988”. Reste, s’étonnera le rédacteur, qu’“il est assez surprenant
que devant la difficulté à lancer une véritable économie libérale
dans notre pays on puisse encore songer à confectionner un pacte
dont le seul effet prévisible sera, mettra-t-il en garde, de ligoter
l’entreprise privée sans rien apporter de concret au travailleur”.
Il enfoncera le clou en poursuivant que “ce n’est certainement pas
en refusant d’agréer des syndicats représentatifs et combatifs,
seuls à même de défendre les travailleurs, et en déstabilisant les
syndicats autonomes, qu’on fera mieux en produisant un pacte
économique et social qui ne fera que figer un peu plus la situation
économique et sociale du pays”.
Nadia Kerraz
Haut
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