Semaine du 1er au 7 juin 2005

Bolivie

Tensions politiques et sociales

Guerre urbaine en Irak

Le Pentagone réfléchit aux leçons à tirer

Les techniques de recrutement de l'armée américaine sur la sellette

 

 
 
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Tensions politiques et sociales

La Bolivie est soumise à des tensions sociales permanentes pour réclamer la nationalisation du gaz et cette crise, envenimée par les tentatives sécessionnistes de régions prospères, menace de précipiter le pays dans le chaos.

La mobilisation a pris plusieurs formes : marches de protestation et barrages routiers ; l'autoroute reliant La Paz au principal aéroport du pays est coupée ainsi que toutes les voies d'accès à la capitale, la menaçant de pénurie alimentaire et de carburants.

Paysans, mineurs, indiens producteurs de coca et enseignants sont mobilisés depuis une quinzaine de jours pour réclamer une prise de contrôle par l'Etat des ressources en gaz, principale richesse de ce pays très pauvre et inégalitaire, exploitée depuis les années 1990 par des groupes étrangers.

Les manifestants rejettent une nouvelle législation, pourtant plus contraignante qu'avant, promulguée par le Parlement le 17 mai, devant accroître les prélèvements étatiques sur le gaz qu'ils jugent encore trop favorable aux compagnies étrangères.

Cette "guerre du gaz" a été envenimée par des revendications d'autonomie de la dynamique province de Santa Cruz, qui voudrait réduire les prérogatives de La Paz à la défense et la politique extérieure, et de la zone de Tarija où se trouvent les principaux gisements gaziers. Le Parlement doit justement examiner cette question.

Pour les analystes, la crise actuelle est la pire vécue par la Bolivie depuis le retour de la démocratie, en 1982, car le pays risque une sécession entre les régions andines pauvres et l'Est tropical, poumon économique du pays.

Les provinces défavorisées veulent une assemblée constituante pour limiter l'ampleur des autonomies accordées, alors que les autres régions réclament un référendum immédiat pour être indépendantes de La Paz et contrôler directement leurs ressources, dont le gaz.

Chaque camp a obtenu de petites victoires mais aucun ne s'avère plus fort que l'autre : "C'est la tragédie du pays, le poids égal des forces en présence", selon l'éclairage d'un analyste indépendant.

La situation semble d'autant plus inextricable que le président Carlos Mesa est un ancien journaliste et historien sans base politique ni majorité au Parlement.

La "guerre du gaz" a déjà coûté la tête à son prédécesseur, le néo-libéral Gonzalo Sanchez de Lozada, qui avait pris la fuite en octobre 2003 après un mois de manifestations réprimées dans le sang.

Le chef de l'Etat paraît de plus en plus isolé devant la radicalisation de l'opposition, notamment du Mouvement vers le socialisme d'Evo Morales, le dirigeant des planteurs de coca. Par ailleurs, même si la classe politique les a dénoncé comme "putschistes", l'intervention télévisée récente et inattendue d'un groupe d'officiers demandant la démission de Carlos Mesa et de nouvelles structures pour le pays, a réveillé le spectre de la dictature militaire en Bolivie, qui a connu près de 20 ans de régimes autoritaires (1968-1982).

Ces militaires "agissent dans la perspective d'une implosion interne du pays liée à des demandes d'autonomie à la fois ethnique (les zones les plus riches sont les montagnes indiennes) et territoriales", a estimé Jorge Lazarte, un autre expert.

D'autres analystes ont souligné la convergence de vues entre ces officiers désavoués et mis aux arrêts par leur hiérarchie et le leader des manifestations des derniers jours, le chef de la Centrale ouvrière bolivienne, Jaime Solares. Celui-ci a réclamé le départ de l'actuel président, se disant favorable à son remplacement par "un colonel ou un général du style du président vénézuélien Hugo Chavez".

Pour le moment, seules les forces armées et l'influente église catholique se maintiennent au-dessus de la mêlée, appelant les parties en présence au dialogue.

Il ne reste pas beaucoup d'options à Carlos Mesa, qui a lancé des pourparlers pour tenter de résoudre la crise. On lui prête l'intention d'accélérer les préparatifs pour une assemblée constituante et de favoriser la conclusion d'accords entre les blocs régionaux.

 

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Guerre urbaine en Irak

Le Pentagone réfléchit aux leçons à tirer

La guerre urbaine à laquelle est confrontée l'armée américaine en Irak est un exemple sur lequel le Pentagone veut s'appuyer afin de tirer des leçons des conflits futurs.

Plus de 250 personnes, principalement des militaires, ont réfléchi dernièrement aux solutions pour affronter cette guerre d'un type particulier.

Sept pays étrangers, dont la France, le Canada, la Grande-Bretagne, l'Australie, les Pays-Bas, la Suède et la Pologne ainsi que l'Otan ont envoyé des officiers à ce séminaire en raison de la multiplication des opérations menées par des coalitions.

Certains groupes de travail se projettent à court terme, en 2007, d'autres en 2015. Un groupe réfléchit aux technologies utiles pour la guerre en milieu urbain, avec l'accent mis cette année sur les moyens de surveillance et de reconnaissance. D'autres participants cogitent sur les questions médicales, les relations avec les médias, les organisations humanitaires, la population locale et les gouvernements locaux ou encore le renseignement en milieu urbain.

 

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Les techniques de recrutement de l'armée américaine sur la sellette

Les recruteurs de l'armée américaine sont de plus en plus critiqués pour leur agressivité et leur mauvaise foi vis-à-vis des jeunes, alors que le Pentagone n'arrive plus à remplir ses quotas de recrues en raison de la hausse des tués en Irak et de la bonne santé économique.

Sept incidents mettant en cause la mauvaise conduite de recruteurs, sont actuellement sous enquête. Un cas dont la presse avait abondamment parlé s'est déroulé à Houston (Texas, Sud) où un recruteur avait laissé un message téléphonique à un jeune, le menaçant d'arrestation s'il ne se présentait pas à un rendez-vous.

Dans un autre cas, à Denver (Colorado, Ouest), deux recruteurs ont été accusés d'avoir montré à un étudiant de 17 ans comment tricher à un test anti-drogue ou comment obtenir un faux diplôme de fins d'études afin de pouvoir remplir les conditions requises pour s'engager.

Le général Rochelle, chef du commandement des forces de recrutement, a déploré le fait que "certaines pratiques se trouvent bien au-dessous" des standards. Il a reconnu que les recruteurs faisaient face au climat le plus tendu qu'il n'ait jamais connu en 33 ans de carrière.

Le nombre total de soldats américains morts en Irak depuis mars 2003 s'élève à près de 1 700.

 

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