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Bolivie
Tensions
politiques et sociales
La Bolivie est
soumise à des tensions sociales permanentes pour réclamer la
nationalisation du gaz et cette crise, envenimée par les tentatives
sécessionnistes de régions prospères, menace de précipiter le pays
dans le chaos.
La mobilisation a
pris plusieurs formes : marches de protestation et barrages routiers
; l'autoroute reliant La Paz au principal aéroport du pays est
coupée ainsi que toutes les voies d'accès à la capitale, la menaçant
de pénurie alimentaire et de carburants.
Paysans, mineurs,
indiens producteurs de coca et enseignants sont mobilisés depuis une
quinzaine de jours pour réclamer une prise de contrôle par l'Etat
des ressources en gaz, principale richesse de ce pays très pauvre et
inégalitaire, exploitée depuis les années 1990 par des groupes
étrangers.
Les manifestants
rejettent une nouvelle législation, pourtant plus contraignante
qu'avant, promulguée par le Parlement le 17 mai, devant accroître
les prélèvements étatiques sur le gaz qu'ils jugent encore trop
favorable aux compagnies étrangères.
Cette "guerre du
gaz" a été envenimée par des revendications d'autonomie de la
dynamique province de Santa Cruz, qui voudrait réduire les
prérogatives de La Paz à la défense et la politique extérieure, et
de la zone de Tarija où se trouvent les principaux gisements
gaziers. Le Parlement doit justement examiner cette question.
Pour les
analystes, la crise actuelle est la pire vécue par la Bolivie depuis
le retour de la démocratie, en 1982, car le pays risque une
sécession entre les régions andines pauvres et l'Est tropical,
poumon économique du pays.
Les provinces
défavorisées veulent une assemblée constituante pour limiter
l'ampleur des autonomies accordées, alors que les autres régions
réclament un référendum immédiat pour être indépendantes de La Paz
et contrôler directement leurs ressources, dont le gaz.
Chaque camp a
obtenu de petites victoires mais aucun ne s'avère plus fort que
l'autre : "C'est la tragédie du pays, le poids égal des forces en
présence", selon l'éclairage d'un analyste indépendant.
La situation
semble d'autant plus inextricable que le président Carlos Mesa est
un ancien journaliste et historien sans base politique ni majorité
au Parlement.
La "guerre du gaz"
a déjà coûté la tête à son prédécesseur, le néo-libéral Gonzalo
Sanchez de Lozada, qui avait pris la fuite en octobre 2003 après un
mois de manifestations réprimées dans le sang.
Le chef de l'Etat
paraît de plus en plus isolé devant la radicalisation de
l'opposition, notamment du Mouvement vers le socialisme d'Evo
Morales, le dirigeant des planteurs de coca. Par ailleurs, même si
la classe politique les a dénoncé comme "putschistes",
l'intervention télévisée récente et inattendue d'un groupe
d'officiers demandant la démission de Carlos Mesa et de nouvelles
structures pour le pays, a réveillé le spectre de la dictature
militaire en Bolivie, qui a connu près de 20 ans de régimes
autoritaires (1968-1982).
Ces militaires
"agissent dans la perspective d'une implosion interne du pays liée à
des demandes d'autonomie à la fois ethnique (les zones les plus
riches sont les montagnes indiennes) et territoriales", a estimé
Jorge Lazarte, un autre expert.
D'autres analystes
ont souligné la convergence de vues entre ces officiers désavoués et
mis aux arrêts par leur hiérarchie et le leader des manifestations
des derniers jours, le chef de la Centrale ouvrière bolivienne,
Jaime Solares. Celui-ci a réclamé le départ de l'actuel président,
se disant favorable à son remplacement par "un colonel ou un général
du style du président vénézuélien Hugo Chavez".
Pour le moment,
seules les forces armées et l'influente église catholique se
maintiennent au-dessus de la mêlée, appelant les parties en présence
au dialogue.
Il ne reste pas
beaucoup d'options à Carlos Mesa, qui a lancé des pourparlers pour
tenter de résoudre la crise. On lui prête l'intention d'accélérer
les préparatifs pour une assemblée constituante et de favoriser la
conclusion d'accords entre les blocs régionaux.
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Guerre urbaine
en Irak
Le Pentagone
réfléchit aux leçons à tirer
La guerre urbaine
à laquelle est confrontée l'armée américaine en Irak est un exemple
sur lequel le Pentagone veut s'appuyer afin de tirer des leçons des
conflits futurs.
Plus de 250
personnes, principalement des militaires, ont réfléchi dernièrement
aux solutions pour affronter cette guerre d'un type particulier.
Sept pays
étrangers, dont la France, le Canada, la Grande-Bretagne,
l'Australie, les Pays-Bas, la Suède et la Pologne ainsi que l'Otan
ont envoyé des officiers à ce séminaire en raison de la
multiplication des opérations menées par des coalitions.
Certains groupes
de travail se projettent à court terme, en 2007, d'autres en 2015.
Un groupe réfléchit aux technologies utiles pour la guerre en milieu
urbain, avec l'accent mis cette année sur les moyens de surveillance
et de reconnaissance. D'autres participants cogitent sur les
questions médicales, les relations avec les médias, les
organisations humanitaires, la population locale et les
gouvernements locaux ou encore le renseignement en milieu urbain.
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Les techniques
de recrutement de l'armée américaine sur la sellette
Les recruteurs de
l'armée américaine sont de plus en plus critiqués pour leur
agressivité et leur mauvaise foi vis-à-vis des jeunes, alors que le
Pentagone n'arrive plus à remplir ses quotas de recrues en raison de
la hausse des tués en Irak et de la bonne santé économique.
Sept incidents
mettant en cause la mauvaise conduite de recruteurs, sont
actuellement sous enquête. Un cas dont la presse avait abondamment
parlé s'est déroulé à Houston (Texas, Sud) où un recruteur avait
laissé un message téléphonique à un jeune, le menaçant d'arrestation
s'il ne se présentait pas à un rendez-vous.
Dans un autre cas,
à Denver (Colorado, Ouest), deux recruteurs ont été accusés d'avoir
montré à un étudiant de 17 ans comment tricher à un test anti-drogue
ou comment obtenir un faux diplôme de fins d'études afin de pouvoir
remplir les conditions requises pour s'engager.
Le général
Rochelle, chef du commandement des forces de recrutement, a déploré
le fait que "certaines pratiques se trouvent bien au-dessous" des
standards. Il a reconnu que les recruteurs faisaient face au climat
le plus tendu qu'il n'ait jamais connu en 33 ans de carrière.
Le nombre total de
soldats américains morts en Irak depuis mars 2003 s'élève à près de
1 700.
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