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Ouyahia répond
aux députés
A chacun son
appréciation
L’évènement
médiatique, ce jeudi 26 mai 2005, est l’œuvre de Ahmed Ouyahia. Le
chef du gouvernement s’est présenté, la veille, devant les députés
pour répondre à leurs nombreuses critiques et observations. Le
lendemain, tous les titres ou presque de la presse nationale lui ont
consacré leur Une car les réponses apportées n’ont pas manqué de
susciter l’intérêt des commentateurs. Il faut dire aussi que la
diversité des sujets abordés par l’intervenant ne pouvait que donner
de la matière à commenter. “Les hausses de prix sont inévitables.”
Cette déclaration de Ahmed Ouyahia a fait l’ouverture d’El Watan. Le
rédacteur souligne que pour justifier ces nouvelles hausses, le chef
de l’Exécutif a avancé un “argument essentiel” : l’exemple d’autre
pays. El Watan rapporte ainsi que Ouyahia “cite le cas de la Libye,
pays peu peuplé et aux réserves de change qui avoisinent les
60 milliards de dollars, où des produits ont été augmentés de 50%”.
Reste, précise ce quotidien, que “ces augmentations qui seront
graduelles” et “ne toucheront pas le prix du pain”. Triste
consolation. Le pain n’est pas le seul aliment des Algériens.
Le chapitre des
augmentations a aussi retenu l’attention de La Tribune : “Ahmed
Ouyahia affirme que les augmentations des prix se poursuivront”,
annonce-t-il en Une de son édition du jeudi.
Peu convaincant
Pourtant, il est
le premier à reconnaître qu’il existe “au moins 2 millions
d’Algériens qui vivent réellement au-dessous du seuil de pauvreté”.
De même, estime la rédactrice, que le chef du gouvernement “se fera
très peu convaincant quant au pouvoir d’achat des citoyens dont les
députés se sont tous accordés à dire qu’il devenait lui aussi
précaire”.
Une réalité qui
n’empêchera pas l’orateur, tout au long de son discours, d’annoncer
“n’bacherkoum b’khir”, titre de Une du Jour d’Algérie. C’est à se
demander quelles sont ces bonnes nouvelles qu’il pense être venu
annoncer devant les députés.
Le Maghreb est
l’un des seuls titres qui pense que “Ahmed Ouyahia a battu en brèche
les critiques des députés” et voit même une relance des réformes.
“2005 : une année charnière”, annonce-t-il en Une. Le quotidien
rapporte cette déclaration du chef du gouvernement : “Aujourd’hui,
nous sommes arrivés à financer un plan de développement de l’ordre
de 50 milliards de dollars avec notre argent, sans recourir à un
prêt.” Un rappel qui permettra à l’intervenant de faire la remarque
suivante : “Pourquoi, alors, avoir peur des réformes économiques ?”
Le quotidien
arabophone Al Fadjr relève l’intransigeance dont a fait preuve le
chef du gouvernement face aux députés. “Les trois non de Ouyahia”
annonce-t-il en Une de son édition. En effet, lors de son passage à
l’APN, le patron de l’Exécutif a opposé une fin de non-recevoir à la
demande de levée de l’état d’urgence, à la demande d’ouverture du
champ audiovisuel et à la demande de surseoir à la suppression de la
filière des sciences islamiques, souligne le quotidien.
Ce dernier point
est celui sur lequel ont focalisé L’Authentique et El-Djazaïr
News. “La décision est irréversible !” annonce le premier cité, qui
souligne néanmoins que le chef du gouvernement a expliqué “que cette
décision n’est nullement au détriment de l’enseignement islamique en
Algérie”. Le second titre, qui a choisi d’ouvrir par la même
déclaration, rappelle que “le chef du gouvernement a annoncé devant
les députés que la suppression de la filière des sciences islamiques
n’est pas une décision émanant de Benbouzid mais de l’Etat
algérien et qu’elle est de ce fait irréversible”. Le quotidien
ajoute que le chef du gouvernement “a nié” la rumeur selon laquelle
“cette décision est une menace contre le sort des enseignants ou
des instituts de charia”.
L’intérêt du Jeune
Indépendant a également été retenu par ce volet. En effet, le
quotidien souligne que Ouyahia a déclaré qu’”il n’y aura pas de
recul pour la suppression de la filière des sciences islamiques”. Le
quotidien poursuivra en soulignant que le chef du gouvernement “a
ouvertement endossé la prochaine suppression du bac sciences
islamiques en soutenant que la mesure n’a rien contre la religion”.
Les “non” de
Ouyahia
De son côté le
quotidien arabophone Al Khabar a retenu de l’intervention du chef du
gouvernement que “l’amnistie n’a pas besoin d’une commission et que
l’état d’urgence est maintenu”. De même qu’il a relevé que “Ouyahia
a défendu la privatisation, les augmentations des prix et la
suppression du bac sciences islamiques”. Une suppression qui,
semble-t-il, n’a pas fini de faire couler de l’encre.
Quelques titres
paraissant le samedi 28 mai reviennent sur le sujet. L’éditorialiste
du Jour d’Algérie, qui souligne que “la suppression du baccalauréat
islamique est une décision émanant de la plus haute autorité du
pays, c’est-à-dire du président de la République lui-même”, estime
par ailleurs que “cette information donne une toute autre vision de
l’action à long terme d’un chef de l’Etat qui a visiblement décidé
de rompre avec les pratiques hasardeuses de ses prédécesseurs en
matière d’enseignement”. Ainsi, est-il rappelé, “s’il persiste à ne
pas vouloir s’attaquer de front à des réalités sociologiques
fortement imprégnées de conservatisme, Abdelaziz Bouteflika a, par
contre, décidé de prendre en charge l’ensemble des facteurs qui ont
concouru, des décennies durant, à propager l’intégrisme dans la
société algérienne”.
Reste que cette
vision est loin d’être partagée. On en voudra pour preuve les
propos du secrétaire général du mouvement Ennahda, repris en Une du
Jeune Indépendant, qui aurait “fustigé le chef du gouvernement en
soulignant la place de l’éducation religieuse en Israël où le
coefficient 8 est attribué à cette matière”.
El Youm du 28 mai
fait état également de la colère de “la société politique contre
Ouyahia”, mais pas uniquement en raison de la suppression de la
filière des sciences islamiques.
El Khabar du même
jour estime, lui, que “la force de Ouyahia réside dans la faiblesse
des députés”.
El Watan, qui
revient aussi sur le passage du chef du gouvernement à l’APN, estime
que “Ouyahia n’a pas tout dit”.
Nadia Kerraz
Haut
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