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Développement des rendements de la production agricole
Un produit «
miracle » à l’essai chez l’ITGC
Un produit miracle
destiné à non seulement augmenter les rendements mais à terme à
réduire considérablement la facture alimentaire. Ce produit
développé aux Etats-Unis, nul n’en a entendu parler auparavant et
malgré ses performances annoncées, on se demande pourquoi il ne
serait pas utilisé de manière plus large dans le monde.
C’est sur ce
produit que l’Institut Technique des Grandes Cultures a lancé des
essais à grande échelle chez des agriculteurs cette année alors que
des essais de laboratoires avaient été menées l’année dernière.
Le produit dont le
nom commercial sera Ecovie devrait être distribué par Kevin Durst &
Associates (entreprise de télémarketing implantée au Canada)
détenteur des droits de distribution du produit en Algérie en
collaboration avec Enviro-Protech Algerie, une entreprise algérienne
dirigée par Zaphira Yacef, connue surtout en tant qu’artiste
peintre.
Bien entendu, dans
tout cela rien d’extraordinaire d’autant que des produits destinés à
doper les productions en boostant les engrais ou les qualités
naturelles du sol existent déjà et s’appellent même Ecovie (celui
d’Ecochem par exemple). Mais ceux là sont des produits bios
organiques mais qui ne sont que des nutriments bien spécifiés sur
les emballages. Dans le cas de cet Ecovie c’est « imaginez que vous
n’ayez plus à mettre d’essence dans votre voiture pour rouler »
indique Zaphira Yacef, rien de moins.
Elle nous indique
qu’elle a vu des arbres à Biskra donnés pour mort revivre grâce au
traitement Ecovie, le même phénomène avait été observé au Maroc mais
toujours à titre d’essai. « Avec ce produit on devrait non seulement
assurer la sécurité alimentaire en Algérie et même lutter contre le
faim ans le monde » souligne t elle. Difficile de douter de la
sincérité de la femme dont le langage est fortement emprunt de
cette inquiétude viscéral portée de génération en génération par les
algériens nés après l’indépendance sur la sécurité alimentaire du
pays.
Le produit a déjà
été homologué par le ministère de l’agriculture mais l’entreprise
chargée de le distribuer n’a pas encore importé de grandes
quantités. «Je suis victime de la nouvelle loi de finance et de
l’obligation des 20 millions de dinars de capital pour pouvoir
importer » souligne Zaphira Yacef.
Quels
arguments ?
Il reste que les
références présentés pour vendre ce produit (dépliant Ecovie faisant
foi) sont loin de convaincre. Pas d’indication de l’origine et des
effets d’annonce pour convaincre les agriculteurs qui, il est vrai,
en ont vu d’autres.
Pour l’ITGC, qui
dans cette affaire n’est qu’un prestataire mais dont les chiffres
des rendements feront foi aux yeux des agriculteurs, le laboratoire
et le fabricant de ce produit ne sont autre Kevin Durst and
Associates. Or la seule trace existante de cette société est celle
relevée sur les pages jaunes canadiennes d’une entreprise de
télémarketing dans le Saskatchéwan. Une entreprise de prestations
qui peut vendre autant des automobiles que des pantoufles et
accessoirement pourquoi pas des produits miracles destinés à
l’agriculture.
Par ailleurs, le
même Kevin Durst était à la tête d’une entreprise dénommée du joli
nom de « Earth and Sky Cuisine Company » destinée notamment à faire
du marketing pour des produits développés par les « first nation
people » c’est à dire les indien d’Amérique. Il avait notamment
développé une stratégie destinée à vendre des pains plats en
collaboration avec File Hills Qu’Appelle Tribal Concil, conseil de
tribus d’Amérique du nord. Bien entendu que les indiens d’Amérique
toutes ethnies confondues ne voient aucune espèce de mépris quant
aux vertus de leurs produits ancestraux culinaires ou agricoles,
mais il est clair qu’en ces temps de technologies avancées vouloir
mettre sur le marché des produits issus de techniques ancestrales ou
du patrimoine relève plus de l’abus de substances hallucinogènes en
forme de cigarettes roulées mains que d’une démarche marketing
sérieuse.
Sommes nous en
face de quelques joyeux drills venus expérimenter des produits
inconnus ou de la poudre de perlimpimpim chez des sauvages supposés
ne rien connaître des nouvelles technologies ? En tous les cas
plutôt rude de ne pas susciter du scepticisme avec autant de
promesses et si peu d’arguments.
Il aura fallu par
exemple insister lourdement pour enfin connaître le nom de
l’inventeur du produit, mais là aussi nous ne sommes pas au bout de
nos surprises.
Le créateur c’est
Gael C. Himmah, un scientifique qui s’est investi dans les produits
bio et les biotechnologies. Le
Dr. Himmah est détenteur
d’un B.S. en sciences bilogiques de l’Université de Berkley et
Ph.D. honoraire en « Bioscience » de l’université de l’Iowa, mais
le bonhomme qui détient quelques
brevets d’inventions joue les ermites.
Bien que l’on
puisse retrouver son nom sur les bases de données de Forbes, il
reste que les informations à son propos sont limitées. On ignore
l’étendue de sa fortune mais on suppose qu’il en a une, il est
associé dans une entreprise, Sealife Corporation Inc. devant aussi
distribuer des produits dont il est l‘inventeur. Avant cela il avait
créé Ecosys International qui devait également produire à l’échelle
industrielle et distribuer les produits bio (destinés au nettoyage
industriel et à l’agriculture) qu’il invente. Il compte d’ailleurs
parmi ses meilleurs clients l’armée américaine. Ses produits pour
l’agriculture sont riches en micro-organismes souligne des
argumentaires de Ecosys, (de la même manière que « Loughbar »la
bouse de vache séchée utilisée comme fertilisant par nos fellahs ?).
Une démarche qui a
fait la fortune de Gael Himmah et qui devrait faire celle aussi des
importateurs d’Ecovie. Selon les documents de KevinDusrt &
associates et Enviro-Protech Algérie, l’investissement initial pour
un usage d’exploitation nécessite pas moins de 3,2 millions de
dollars pour traiter 20000 hectares. Pour les au moins 2,5 millions
d’hectares de surface agricole utile on devrait multiplier par cent
la facture, mais il est vrai que c’est dix fois moins que ce que
l’on dépense annuellement pour les importations de produits
alimentaires.
Amine Esseghir
Ecovie contient de
l’Azote à 5.00%, du soufre à 0.50%, du fer à 0.10%, du
manganèse à 0.05% et du zinc à 0.05%. Des dérivés de l’urée, de
l’acide phosphorique, du carbonate de potassium, du sulfate
d’ammonium, des agents chélateurs, de l’acide humique, de l’acide
fulvique, de l’eau ionisée, des agents tensioactif, des bio
stimulant, des enzymes. « C’est de l’ingri (de l’engrais)» a indiqué
un agriculteur qui a lu la notice. Selon les documents Kevin Durst
Associates et Enviro protech Algérie il peut « assurer une
augmentation de la production agricole de l’ordre de 50 à 400%,
réduire l’usage de fertilisants de plus de 80%, économiser des
ressources hydriques, réduire l’usage de pesticides à plus de 90%,
augmenter la rétention de l’eau au sol, accélérer la germination des
grains, améliorer l’aération du sol, réduire le taux de sel du sol
et la revitalisation des arbres. »
On promet
également une autosuffisance en production agricole et une
possibilité d’exportation dans les cinq ans.
L’ITGC a fait des
essais sur les productions de céréales alors qu’une parcelle de pois
chiche n’a pas survécue à de fortes précipitations même si elle a
été traitée avec Ecovie !
USA – Maghreb arabe
Des relations
intéressées
L'administration
Bush, qui n'est pas près de reconnaître son échec cuisant en Irak,
est contrainte d'atténuer ses "malheurs" politiques au Machrek en
ayant recours à une compensation dans l'autre partie du monde arabe,
le Maghreb. Dans quelle mesure cette affirmation faite par Edward
Djerdjian, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Syrie et connaisseur
du monde arabe, peut-elle s'avérer juste ?
Les USA, qui ont
toujours considéré le Maghreb comme étant une zone d'influence de
l'Europe, changeront-ils leur vision des choses ?
L'historique des
relations entre les USA et les pays du Maghreb fait ressortir
clairement que si les USA n'accordent pas une grande attention à
cette région du monde, ils s'y sont tout de même intéressés à
différentes périodes, à savoir juste après la guerre froide, à la
fin des années quatre-vingt-dix et après les attaques du 11
septembre 2001.
Actuellement, il
faut croire que l'intérêt américain dans la région du Maghreb est
essentiellement économique. L'initiative Eizenstat lancée en 1999,
qui est le programme économique américain pour l'Afrique du Nord, en
est la preuve. L'objectif de ce programme est de favoriser davantage
les flux commerciaux entre les USA et les pays du Maghreb en
encourageant un plus grand nombre d'entreprises américaines à
investir dans la région. Implicitement, ce programme est une invite
aux trois pays du Maghreb à relancer l'Union du Maghreb arabe (UMA),
sans pour autant que la Libye et la Mauritanie soient incluses dans
cette union.
Au cours des
années quatre-vingt-dix, le principal souci des Américains était la
situation instable qui régnait en Algérie et le possible triomphe
des islamistes, prévu par plusieurs analystes. Cette incertitude a
fait du Maroc un partenaire important pour les USA et même pour de
nombreux pays européens. Plusieurs observateurs estiment que le
Maroc est le véritable pilier des USA au Maghreb et même au
Proche-Orient.
L'aide économique
et militaire américaine pour ce pays est des plus importantes,
d'autant que le Maroc est considéré par ces derniers comme un
"rempart" contre les forces extrémistes anti-occidentales. La
coordination en matière militaire, sécuritaire et politique entre
les deux pays a toujours été parfaite, elle s'est même renforcée
après les attaques du 11 septembre 2001.
La signature de
l'accord de libre-échange entre Rabat et Washington est un vrai
encouragement au Maroc pour s'engager de plus en plus avec les
Américains, et ce, malgré l'accord de partenariat qui existe depuis
des années entre l'Union européenne et le Maroc et qui fait de la
France le premier client mais aussi le premier fournisseurs du
Maroc.
De nombreux
observateurs politiques affirment que Washington accorde une grande
importance au Maroc car ce pays pourrait jouer un rôle de premier
ordre dans son environnement maghrébin et aussi dans le voisinage
africain. Mais il faut savoir aussi que malgré le soutien américain
de plus en plus significatif au Maroc, les USA ne reconnaissent
nullement la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, et ce,
pour éviter tout à la fois d'avoir des désaccords avec les
congressistes américains qui encouragent l'organisation d'un
référendum sur ce territoire, mais aussi pour éviter une inimitié
avec l'Algérie, un pays qui a de tout temps affiché son soutien pour
le Sahara occidental, et dont les relations avec les USA ont connu
un grand développement depuis les années quatre-vingt-dix.
Ce développement
s'illustre parfaitement par la visite du président Bouteflika aux
USA en juillet 2004. Les relations économiques entre les deux pays
se sont traduites, en juillet 2001, par la signature d'un
accord-cadre sur le commerce et l'investissement. L'objectif de cet
accord est d'arriver à avoir un volume important d'échanges et aussi
de permettre aux entreprises américaines d'acquérir une plus grande
part du marché algérien, surtout en matière d'hydrocarbures.
Les Américains
s'intéressent aussi à d'autres secteurs que celui de l'énergie, à
savoir les produits pharmaceutiques, les finances, les
télécommunications et l'informatique. Cet intérêt est visible à
travers la volonté des Etats-Unis à intégrer l'Algérie dans leur
stratégie nord-africaine. Certains iront même jusqu'à dire que le "buldozer"
américain aurait réussi à détrôner la France qui a toujours eu des
relations économiques privilégiées avec l'Algérie.
Le vote, fin avril
dernier, du projet de loi sur les hydrocarbures qui implique
l'ouverture du secteur à l'investissement étranger, et donc aux
compagnies pétrolières et gazières américaines, a été, d'après les
analystes, le résultat de pressions américaines.
L'intérêt des USA
pour l'Algérie se traduit par les visites successives des frégates
et des navires militaires de la VIe flotte ainsi que par
des manœuvres communes maritimes en Méditerranée et terrestres dans
le Sahara, aux frontières libyennes.
Les visites des
hauts responsables américains en Algérie ont été multipliés par 15
entre 2004 et 2005, tandis que l'ambassadeur en poste ne cesse de
visiter villes et villages et accorde des aides aux secteurs de
l'éducation, de la santé et de l'agriculture.
La Tunisie a, pour
sa part, toujours occupé une bonne place sur la liste des pays
préférés des USA, et ce, depuis son indépendance en 1956. Cette
alliance n'a connu qu'une seule menace en 1985, lors du bombardement
israélien du quartier général de l'Organisation pour la libération
de la Palestine (OLP) à Tunis. Durant les années quatre-vingt-dix,
la Tunisie était présentée par les Américains comme étant un pays
qui a réussi plusieurs défis : réformes de libre-marché, laïcisme,
alphabétisation, faible taux de natalité. De plus, les manœuvres
militaires effectuées chaque années en Tunisie prouvent que les
Américains apprécient la sécurité qui y règne.
Durant la crise
algérienne, la Tunisie a été fermement soutenue par les Américains
pour éviter la montée d'un islamisme radical. L'importance de la
Tunisie pour les USA est telle que cette dernière s'empêche le plus
souvent de faire allusion au problème des droits de l'homme en
Tunisie. Même si, en novembre 2003, le secrétaire d'Etat Colin
Powell, qui effectuait une visite dans ce pays, a critiqué certaines
transgressions contre les droits de l'homme et même si lors de sa
visite, en février 2004, aux USA, plusieurs dirigeants américains
ont demandé au président tunisien Zine El-Abidine d'entreprendre des
réformes dans les domaines de la liberté de la presse, du système
législatif et judiciaire et du processus électoral, Washington
continue de soutenir la Tunisie. Il faut rappeler que c'est à partir
de la Tunisie que l'initiative a été lancée dans les années 1990.
Mais ce sont
surtout les relations libyo-américaines qui ont connu une évolution
spectaculaire. A l'animosité qui a caractérisé ces relations durant
des années a succédé un rapprochement dont le point de départ a
certainement été l'affaire de l'avion de la PanAm puis, fin décembre
2003, par l'annonce de la Libye d'abandonner ses programmes d'armes
de destruction massive.
Il ressort de cet
historique que l'objectif principal des USA est d'arriver à
développer, au sein des pays du Maghreb, une étroite coopération
militaire et économique, liée à la sécurité. Cette coopération ne
prendra forme qu'une fois que les pays du Maghreb auront décidé
d'accélérer les réformes en privilégiant le secteur privé et en
arrivent à démanteler les barrières intra-régionales qui sont autant
d'obstacles pour le commerce et l'investissement.
Il faut savoir que
plusieurs observateurs politiques pensent sérieusement que le
rapprochement des USA de la région du Maghreb n'est en fait qu'un
début de mainmise américaine sur l'Afrique du Nord, région qu'elle
veut utiliser pour dominer le continent noir où elle ne cesse,
depuis quelques années, de lancer des programmes de développement
tous azimuts, en même temps qu'elle enregistre une avancée certaine
vers les pays pétroliers.
Khadidja
Mohamed Bouziane
Algérie - Etats-Unis
Désormais, il n’y a pas
que le pétrole
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