|
Accueil.
La Palestine fait l'actualité
Il était une
fois Hamas
Une fois n'est pas
coutume, c'est l'actualité internationale qui aura fait la Une de la
presse nationale de ce samedi 28 janvier. Et pour cause, les
législatives palestiniennes se sont déroulées et ont donné lieu à
la victoire du Hamas. "Il s'est imposé comme le grand vainqueur (…)
en écrasant le Fatah, le parti au pouvoir" a rapporté Le Jour
d'Algérie, qui ajoutait : Le triomphe a été accompagné d'un concert
d'appels internationaux au mouvement pour qu'il renonce à la
violence." Reste, a précisé ce quotidien dans un commentaire publié
en page monde, que "la victoire du Hamas est d'autant plus
douloureuse pour le Fatah que ce dernier avait mobilisé toutes ses
forces pour gagner". Et de préciser que "l'emblème de la résistance
palestinienne Marwan Barghouti lui-même n'a pu empêcher le naufrage
du parti présidentiel." D'où la question que la rédactrice ne
manquera pas de poser : "Mais alors qu'un si grande majorité de
Palestiniens avait voté il y a de cela un an à l'élection
présidentielle pour Mahmoud Abbas, présenté comme l'homme du
dialogue et de la paix, pourquoi cette fois-ci, ils ont choisi le
parti de a violence ?" La réponse, à en croire Le Jour d'Algérie,
est toute simple: "Peut-être simplement parce qu'ils ont fini par se
rendre compte que le Fatah et ses dirigeants ne feraient jamais rien
pour eux.".
Le pourquoi
d'une déroute
Et d'ajouter que
"les Palestiniens n'ont fait que saisir cette chance qui leur était
offerte de se débarrasser de ce parti qui les a vampirisés durant
près d'un demi-siècle". Mais là est le risque de ne pas être le plus
important de l'avis de la rédactrice. En effet, fait-elle remarquer,
"reste à voir comment l'Autorité palestinienne se sortira de cette
position dans laquelle elle s'est mise avec, d'un côté, un Président
qui prêche le dialogue avec Israël pour aboutir à la paix et un
Parlement dont la majorité absolue nie l'existence d'Israël et prône
sa destruction".
Ce qui est
certain, estime El Watan, c'est que "le Hamas ébranle Israël". "Dans
des élections libres et démocratiques, qui ont fait envier beaucoup
de pays dans la région et ailleurs, le peuple palestinien, qui
croupit sous une occupation israélienne féroce, a donné, contre
toute attente, est-il souligné, sa confiance au parti islamiste
Hamas, dont le programme politique annoncé durant la campagne
électorale se base essentiellement sur la poursuite de la lutte
armée et la non- reconnaissance de l'Etat d'Israël." Dans un
commentaire, le quotidien revient sur "les raisons d'un succès".
"Tenter de répondre à la question pourquoi Hamas, c'est essayer de
s'imprégner aussi de la réalité d'un terrain social quasi monopolisé
par le mouvement créé par le défunt cheikh Yassine".
El Khabar estime
de son côté que "la victoire de Hamas est un référendum sur le
programme de la résistance et de la réforme".
El Djazair News
qui rapporte aussi l'écrasante victoire, considère que "le Hamas a
vaincu le monde".
L'Authentique
indique que c'est là un véritable "séisme" qui a été provoqué par
Hamas. La Tribune estime que c'est une "révolution verte (qui vient
d'avoir lieu) en Palestine". "Cette percée du Hamas, affirme le
rédacteur, même si elle ne constitue nullement une surprise pour
les observateurs de la scène palestinienne, dénote par son ampleur
qui surprend les dirigeants et candidats mêmes du parti victorieux".
Dans un autre écrit, il est indiqué que bien que "l'on s'attendait à
une montée en puissance de la formation de feu cheikh Yacine,
l'islamisme se chauffe de tout bois à travers le Moyen-Orient". Et
d'ajouter : "Mais que le Hamas remporte haut la main (armée) la
majorité aux législatives, tout le monde n'en a vu que du feu. La
vague verte déferle donc sur Ghaza et brouille plus d'une carte
avec toutefois le paradoxal mérite de démontrer que la
démocratisation en Palestine occupée n'est pas un simple défi
conjoncturel". Reste, estime le rédacteur, qu'"avec l'emblème du
Hamas flottant sur Ghaza, le rêve de la Palestine indépendante bat
le record de l'éloignement de toutes ces dates promises depuis".
"Quel avenir pour
la Palestine ?" s'interroge dans un commentaire La Nouvelle
République. "Le Hamas porte dans toutes ses chartes écrites et non
écrites la négation d'Israël comme la condition sine qua non d'un
retour à la paix, condition liée dans la tête d'une partie non
négligeable des palestiniens au recouvrement des territoires spoliés
depuis 1948 pour certains, ou depuis 1967 pour d'autres, et au
retour inconditionnel des Palestiniens en exil. C'est dire que, pour
modéré qu'il soit et s'inscrivant dans une logique de survie,
l'interlocuteur de Tel-Aviv ne fait que surseoir à la
confrontation."
Vague verte
Et au quotidien de
préciser que "de là à demander au Hamas de remettre les armes pour
faire partie du gouvernement, il y a un cap que même un modéré ne
devrait pas franchir." Et d'ajouter que "connaissant Israël, tout un
chacun sait, pourtant, que l'Autorité palestinienne n'existe que
parce qu'il continue d'y avoir encore des morts parmi les
Israéliens".
Pour La Dépêche de
Kabylie, "s'il y a bien un cas qui illustre une forme inquiétante
de régression politique dans l'aire culturelle arabo- musulmane,
c'est bien la Palestine." Et de poursuivre en affirmant que " le cas
de la Palestine est d'autant plus problématique que l'option Hamas
ne répond ni à l'esprit d'Oslo, qui avait mis en branle un dialogue
dont les premiers fruits – aussi maigres soient-ils – ont été
cueillis au cours de l'année 2005 (retrait des forces israéliennes
de la bande de Ghaza) ni à la géostratégie actuellement conduite
dans la région par les Etats-Unis et Israël faisant de l'Irak, de la
Syrie et de l'Iran des points de fixation ressemblant à un véritable
nœud de vipères qui n'a pas révélé tous ses secrets." Et de
s'interroger : "Peut-on, dans ce contexte, émettre la crainte que
l'option Hamas oblitère les chances d'une rapide solution pour le
peuple palestinien ?"
Abrogation
Mais l'actualité
ce samedi 28 janvier sera aussi nationale. "Le président Chirac
saisit le Conseil constitutionnel" rapporte Le Jeune Indépendant.
Selon ce quotidien, "le président de la République française a
trouvé la meilleure parade lui permettant d'abroger, hors la
procédure parlementaire, l'article 4 de la loi du 23 février qui a
fait réagir non seulement le gouvernement algérien et ses
institutions, mais aussi les historiens, les moudjahidine, les
associations et la société civile. M. Chirac a demandé mercredi à
son Premier ministre de saisir le Conseil constitutionnel en vue de
la suppression de l'alinéa controversé de la loi du 23 février 2005
mentionnant le rôle positif de la colonisation française."
"Une loi à
l'article de la mort" estime de son côté Le Soir d'Algérie, qui
rappelle que "sa décision de confier la réécriture de cet article à
une mission présidée par Michel Debré n'a apaisé ni les historiens
qui ne cessaient de pétitionner pour réagir contre l'écriture d'une
histoire officielle, ni les partis de gauche qui y voyaient la
glorification d'une période peu glorieuse pour la France, ni encore
les DOM TOM, dont les citoyens ont empêché par des manifestations de
rue un voyage que devait effectuer, dans ces territoires encore
français, le ministre de l'Intérieur, ni enfin l'Algérie, seul pays
d'Afrique du Nord à avoir réagi très officiellement par la voix de
très nombreuses associations et par celle du chef de l'Etat,
Bouteflika qui a estimé, le 28 juin 2005, qu'il était 'difficile de
ne pas être révolté par cette loi qui représente une cécité mentale
confinant au négationnisme et au révisionnisme' et mettant pour
préalable à la signature du traité d'amitié entre les deux pays qui
devait s'effectuer avant la fin 2005, l'abrogation de cet article".
Nadia Kerraz
Haut
e-mail :contact@lesdebats.com |