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Textes d'application de la charte et salaires
Une semaine
politico-sociale
"Le discours
prononcé jeudi par le président Bouteflika à l'occasion du 50e
anniversaire de la création de l'UGTA a relégué au second plan
l'adoption, mardi, des textes d'application de la Charte pour la
paix et la réconciliation nationale", a estimé le Jeune Indépendant
paru samedi 25 février. Pourtant de l'avis de certains observateurs
de la scène nationale, les deux évènements risquent de se révéler
d'une importance capitale pour les années à venir.
Mercredi 22
février, les titres de la presse nationale font état de l'adoption
en conseil du gouvernement des textes d'application de la charte
pour la paix et la réconciliation nationale. La tenue de ce conseil
avait été annoncée la veille, lundi, par Le Soir d'Algérie. Ce même
quotidien annonce que ces textes seront examinés en Conseil des
ministres et fait remarquer que "le fait" que le Président ait
confié "au gouvernement Ouyahia de mâcher pour lui le harassant
travail d'examen et de synthèse des textes en question peut être
compris par son souci de faire" de cette réunion "une simple
formalité". Et au rédacteur de rapporter que "depuis le 26
novembre 2005, c'est Ahmed Ouyahia qui exerce réellement le
pouvoir".
Les textes ont
vu le jour
Ces textes on
donné lieu à de nombreuses lectures. En fait, chaque titre y a vu un
aspect qui, d'une certaine manière, correspond à sa ligne
éditoriale. Ainsi, El Watan a tenu à souligner que "les terroristes
ont six mois pour se rendre" ; cette précision a fait la Une de son
édition du mercredi 22. Le quotidien rappelle qu’"après cinq longs
mois d'indécision et autant de laborieux jeu d'équilibre, le
gouvernement a fini par finaliser un projet d'ordonnance". El
Khabar s'est arrêté sur le même détail.
El Watan revient
sur le sujet jeudi en lui consacrant une pleine page. Avec le recul,
il estime qu'en définitive, Bouteflika, à travers ces textes
"escompte suturer les déchirures" provoquées par les années de
terrorisme. Toutefois le rédacteur relève que "les autorités
devraient sans doute changer de stratégie dans la lutte contre le
terrorisme à la faveur de l'adoption des textes d'application de la
Charte pour la paix et la réconciliation". Analysant le délai
accordé aux terroriste, il estime que "si jusque-là, la méthode
d'approche du phénomène a pêché par son incohérence, voire son
ambivalence du fait qu'il fallait coupler la lutte sans merci d'un
côté et tendre la main du repentir de l'autre, tel ne semble plus le
cas désormais avec ce délai de grâce de six mois".
De son
côté Le Jeune Indépendant voit,
dans ces textes, l'amnistie générale accordée aux forces de
sécurité. Le quotidien fait remarquer, dans une première lecture,
que "l'ordonnance qui consacre un long chapitre aux forces de
sécurité, tous corps confondus, frappe de nullité toute plainte ou
poursuite, à titre individuel ou collectif, à l'encontre des
éléments des forces de défense et de sécurité de la République". Et
de préciser que "toute dénonciation ou plainte à l'encontre des
concernés est irrecevable".
Impunité ?
Revenant sur les
textes et plus précisément sur ce point précis, dans un commentaire
publié jeudi 23 février, le quotidien souligne que l"on peut
aisément, dès maintenant, imaginer les réactions qu'il inspirera
aux défenseurs des droits humains, chez nous et à l'étranger". Il
fait remarquer que "les ligues et les ONG axeront principalement et
en toute probabilité leurs attaques sur l'impunité". Mais
s'interroge-t-il, "les textes garantissent-ils réellement
l'impunité ?" A le croire, le doute est permis puisque "à bien y
rega rder, on y trouve des précisions de taille qui disent que ce
n'est pas tellement le cas".
Il n'en demeure
pas moins, estime l'éditorialiste du Jour d'Algérie, que ces textes
"ont cette précieuse qualité de remettre chaque chose à sa place, de
donner à chacun son dû et de préserver les Algériens d'une nouvelle
tragédie liée à l'utilisation de la religion à des fins
politiques". En un mot, le quotidien considère que "l'Algérie
tourne une page de son histoire". Ainsi, est-il souligné, ces textes
témoignent "de la volonté du chef de l'Etat de traduire la volonté
populaire, telle qu'exprimée lors du référendum du 29 septembre
dernier".
La Tribune indique
que "le président de la République peut à tout moment prendre toutes
autres mesures requises pour la mise en œuvre de la Charte pour la
paix et la réconciliation nationale". Il n'en demeure pas moins,
analyse La Nouvelle République dans son édition du jeudi 23 février,
que "le gouvernement reste en accord avec la Charte dans la partie
qui identifie une seule partie responsable de la tragédie, à savoir
celle qui a instrumentalisé la religion".
Le Maghreb, de son
côté estime que cet arsenal juridique constitue "des balises pour un
retour durable à la paix".
Ouyahia conforté
Quant au deuxième
évènement ayant marqué cette semaine, on relèvera qu'il a fait
l'objet d'un intérêt manifeste. Peut-il en être autrement sachant
qu’il concerne la question des salaires à l'origine de la grogne
sociale qui perdure depuis des mois. Le risque est que le discours
prononcé par le Président ne l'attise. El Djazaïr News relève le
soutien inconditionnel apporté par le président de la République à
son chef du gouvernement : "Bouteflika est avec Ouyahia qu'il ait
tort ou raison", annonce-t-il en Une de son édition de ce samedi 25
février. "Bouteflika renvoie la question des salaires à la
tripartite", souligne El Youm, qui fait remarquer au passage que le
fait que "le Président n'ait annoncé aucune augmentation" a suscité
"des réactions politiques et syndicales divergentes ".
El Fadjr souligne
pour sa part que s'agissant de la question des salaires, c'est la
tripartite qui doit trancher. Quant à El Khabar, il estime ni plus
ni moins que "Bouteflika a clos le dossier des salaires".
Nadia Kerraz
Haut
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