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Elections parlementaires américaines
Quelle marge de manœuvre pour Bush ?
Les élections parlementaires du 7 novembre
s'annoncent cruciales pour la Maison-Blanche. La perte possible du Congrès par
les républicains pourrait en effet transformer George W. Bush en "canard
boiteux" incapable de dominer l'agenda politique national pour ses deux
dernières années de mandat. Confrontés au mécontentement de l'opinion sur
l'Irak, les républicains tentent de sauver leur majorité au Congrès. Mais
d'après les sondages et les analystes, les démocrates devraient prendre le
contrôle de la Chambre des représentants et, si les choses semblent plus
incertaines au Sénat, ils pourraient là aussi obtenir la majorité lors du
scrutin de mi-mandat présidentiel. Un tel scénario changerait radicalement la
donne pour George Bush, habitué à gouverner avec un Congrès républicain
largement acquis à sa cause.
Lors des élections de mi-mandat de 1994, Bill
Clinton avait dû faire face à la déroute des démocrates au Congrès mais,
contrairement à Bush, réélu en 2004 pour quatre ans, il avait six années devant
lui pour reprendre pied.
"S'il perd l'une des deux Chambres, le président
Bush entamera ses deux dernières années très diminué", souligne David Gergen,
ancien conseiller de la Maison-Blanche, qui enseigne à l'université de Harvard.
"Il pourra dire non aux textes de loi démocrates, mais il ne sera pas en mesure
de dire oui à ses propres projets de loi."
Un Congrès démocrate pourrait empêcher le Président
américain de mettre en œuvre son programme durant le reste de son mandat. Il lui
serait également bien plus difficile de maintenir dans son parti la cohésion –
se fissure déjà – sur la question de l'Irak. La perte par les républicains d'au
moins une des deux Chambres signifierait presque à coup sûr l'impossibilité pour
Bush de faire passer au Congrès sa réforme des retraites et de nouvelles baisses
d'impôts. Elle pourrait également conduire à d'interminables enquêtes
parlementaires sur son administration.
De nombreux démocrates voient les prochaines
élections comme le reflet inversé de celles de 1994. A l'époque, les
républicains conduits par Newt Gingrich, héraut de la "révolution
conservatrice", avaient ravi les deux Chambres aux démocrates. Malgré ce coup
dur, Bill Clinton avait su s'adapter, travaillant avec les républicains sur
certains dossiers comme la santé et "parlant du bien commun", observe Doug
Schoen, qui était alors l'expert ès-sondages du Président démocrate. Clinton fut
facilement réélu en 1996. Mais Schoen doute que Bush pourra retourner la
situation à son avantage. "Après les attentats du 11 Septembre, sauf lors d'une
courte période, il a gouverné à droite. Il y a tant d'amertume et de division
que cela va être plus dur pour lui que cela ne l'a peut-être été pour Clinton",
estime-t-il.
En cas de victoire des démocrates, de fervents
détracteurs du Président accéderaient à des postes importants. A la Chambre des
représentants, Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate, obtiendrait
probablement la présidence de l'assemblée. Charles Rangel, opposé à l'extension
du programme de baisses d'impôts de Bush, serait nommé président d'une
commission-clé pour ce dossier. Et John Conyers, auteur d'une proposition de loi
préconisant des mesures qui pourraient ouvrir la voie à la destitution de Bush,
serait propulsé à la tête de la commission judiciaire. Au Sénat, le chef de file
des démocrates Harry Reid, autre détracteur de premier plan de Bush, deviendrait
probablement chef de la nouvelle majorité.
Le locataire de la Maison-Blanche a prévenu les
républicains : "Les conséquences d'un échec cet automne seraient terribles pour
notre programme pour l'Amérique." Il a même laissé entendre, la semaine
dernière, que les insurgés en Irak intensifiaient leurs attaques pour tenter
d'influer sur le résultat des élections. Pour que le Congrès change de mains,
les démocrates doivent progresser de 15 sièges à la Chambre et de six au Sénat.
Les sondages leur accordent un avantage plus important que celui dont
bénéficiaient les républicains dans les enquêtes d'opinion avant le scrutin de
1994. Mais un redécoupage électoral a depuis réduit le nombre des
circonscriptions susceptibles de basculer d'un camp à l'autre.
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La nouvelle loi américaine sur le terrorisme viole
les traités internationaux
La nouvelle loi antiterrorisme récemment adoptée
aux Etats-Unis contient plusieurs dispositions enfreignant le droit
international, notamment celui à un procès équitable, a estimé un expert des
Nations unies. Selon Martin Scheinin, expert onusien sur les questions de
protection des droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme, le Military
Commission Act promulgué par George W. Bush "contient plusieurs dispositions
incompatibles avec les obligations internationales des Etats-Unis dans le cadre
des lois humanitaires et de protection des droits de l'homme". "L'un des aspects
les plus sérieux de cette loi est le pouvoir du Président de déclarer sans
aucune charge quiconque, y compris des citoyens américains, comme un 'ennemi
combattant hors la loi', un terme inconnu des lois humanitaires
internationales", a expliqué Martin Scheinin, expert légal finlandais. Il a
également déploré l'abandon des droits garantis par l'habeas corpus aux
ressortissants étrangers – y compris des résidents légaux et permanents aux
Etats-Unis – pour contester la légalité de leur détention, "en contradiction
manifeste" avec le Contrat international d'engagement sur les droits civiques et
politiques ratifié par Washington en 1992. La nouvelle loi américaine autorise
notamment des méthodes d'interrogatoire musclées des terroristes présumés et
ouvre la voie au jugement de suspects devant des commissions militaires.
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Irak et Afghanistan
Les femmes confrontées à une augmentation de la
violence
Les femmes continuent d'être prises pour cible dans
plusieurs pays en proie à des violences – comme l'Irak, l'Afghanistan et la
Somalie – surtout lorsqu'elles prennent la parole pour défendre leurs droits,
selon la directrice exécutive du Fonds de développement des Nations unies pour
les femmes. S'exprimant récemment devant le Conseil de sécurité dans le cadre
d'une journée consacrée au rôle des femmes dans les politiques de paix dans le
monde, Noeleen Heyzer a invité la communauté internationale à agir pour garantir
la sécurité physique des femmes dans les pays sortant de conflits, leur
permettre l'accès à l'emploi et leur garantir la justice, notamment en matière
de compensation pour des viols. "Les efforts pour engager les femmes dans la
prise de décisions publiques ne réussiront pas si les femmes sont toujours
exposées à la violence quand elles assument des fonctions publiques, et elles ne
peuvent espérer être des acteurs publics efficaces si elles n'ont aucun moyen de
subsistance", a-t-elle déclaré. "Ce que le Fonds de développement des Nations
unies pour les femmes constate sur le terrain (en Irak, en Afghanistan, en
Somalie) c'est que l'espace public se réduit pour les femmes dans ces
situations", a ajouté Noeleen Heyzer. "Les femmes sont des cibles d'assassinats
quand elles osent défendre leurs droits en matière de prise de décisions
publiques. Et il est prouvé partout que la violence sexuelle et basée sur le
genre revient dans les foyers et les communautés à la fin des conflits",
a-t-elle encore affirmé.
De son côté, le sous-secrétaire général au maintien
de la paix, Jean-Marie Guehenno, a détaillé les progrès réalisés récemment dans
certains pays, comme notamment l'adoption d'une loi sur le viol au Liberia suite
à l'arrivée au pouvoir d'Ellen Johnson Sirleaf. Mais, a-t-il souligné, malgré
ces développements positifs, les femmes sont toujours confrontées à l’insécurité
lorsque les conflits prennent fin et, dans beaucoup de sociétés, la violence est
toujours utilisée comme un moyen de contrôler le rôle des femmes dans les
efforts de reconstruction. "En Afghanistan, les attaques contre les écoles
mettent en danger la vie des jeunes filles lorsqu'elles tentent de faire valoir
leur droit fondamental à l'éducation", a-t-il expliqué. "Des femmes et des
filles sont violées lorsqu'elles vont ramasser du bois au Darfour. Au Liberia,
plus de 40% des femmes et jeunes filles interrogées ont été victimes de
violences sexuelles. Dans l'est du Congo, plus de 12 000 viols de femmes et de
jeunes filles ont été signalés rien que pour les six derniers mois."
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