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Semaine du 1er au 7 novembre 2006

Elections parlementaires américaines

Quelle marge de manœuvre pour Bush ?

La nouvelle loi américaine sur le terrorisme viole les traités internationaux

Irak et Afghanistan

Les femmes confrontées à une augmentation de la violence

 

 
 
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Elections parlementaires américaines

Quelle marge de manœuvre pour Bush ?

Les élections parlementaires du 7 novembre s'annoncent cruciales pour la Maison-Blanche. La perte possible du Congrès par les républicains pourrait en effet transformer George W. Bush en "canard boiteux" incapable de dominer l'agenda politique national pour ses deux dernières années de mandat. Confrontés au mécontentement de l'opinion sur l'Irak, les républicains tentent de sauver leur majorité au Congrès. Mais d'après les sondages et les analystes, les démocrates devraient prendre le contrôle de la Chambre des représentants et, si les choses semblent plus incertaines au Sénat, ils pourraient là aussi obtenir la majorité lors du scrutin de mi-mandat présidentiel. Un tel scénario changerait radicalement la donne pour George Bush, habitué à gouverner avec un Congrès républicain largement acquis à sa cause.

Lors des élections de mi-mandat de 1994, Bill Clinton avait dû faire face à la déroute des démocrates au Congrès mais, contrairement à Bush, réélu en 2004 pour quatre ans, il avait six années devant lui pour reprendre pied.

"S'il perd l'une des deux Chambres, le président Bush entamera ses deux dernières années très diminué", souligne David Gergen, ancien conseiller de la Maison-Blanche, qui enseigne à l'université de Harvard. "Il pourra dire non aux textes de loi démocrates, mais il ne sera pas en mesure de dire oui à ses propres projets de loi."

Un Congrès démocrate pourrait empêcher le Président américain de mettre en œuvre son programme durant le reste de son mandat. Il lui serait également bien plus difficile de maintenir dans son parti la cohésion – se fissure déjà – sur la question de l'Irak. La perte par les républicains d'au moins une des deux Chambres signifierait presque à coup sûr l'impossibilité pour Bush de faire passer au Congrès sa réforme des retraites et de nouvelles baisses d'impôts. Elle pourrait également conduire à d'interminables enquêtes parlementaires sur son administration.

De nombreux démocrates voient les prochaines élections comme le reflet inversé de celles de 1994. A l'époque, les républicains conduits par Newt Gingrich, héraut de la "révolution conservatrice", avaient ravi les deux Chambres aux démocrates. Malgré ce coup dur, Bill Clinton avait su s'adapter, travaillant avec les républicains sur certains dossiers comme la santé et "parlant du bien commun", observe Doug Schoen, qui était alors l'expert ès-sondages du Président démocrate. Clinton fut facilement réélu en 1996. Mais Schoen doute que Bush pourra retourner la situation à son avantage. "Après les attentats du 11 Septembre, sauf lors d'une courte période, il a gouverné à droite. Il y a tant d'amertume et de division que cela va être plus dur pour lui que cela ne l'a peut-être été pour Clinton", estime-t-il.

En cas de victoire des démocrates, de fervents détracteurs du Président accéderaient à des postes importants. A la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate, obtiendrait probablement la présidence de l'assemblée. Charles Rangel, opposé à l'extension du programme de baisses d'impôts de Bush, serait nommé président d'une commission-clé pour ce dossier. Et John Conyers, auteur d'une proposition de loi préconisant des mesures qui pourraient ouvrir la voie à la destitution de Bush, serait propulsé à la tête de la commission judiciaire. Au Sénat, le chef de file des démocrates Harry Reid, autre détracteur de premier plan de Bush, deviendrait probablement chef de la nouvelle majorité.

Le locataire de la Maison-Blanche a prévenu les républicains : "Les conséquences d'un échec cet automne seraient terribles pour notre programme pour l'Amérique." Il a même laissé entendre, la semaine dernière, que les insurgés en Irak intensifiaient leurs attaques pour tenter d'influer sur le résultat des élections. Pour que le Congrès change de mains, les démocrates doivent progresser de 15 sièges à la Chambre et de six au Sénat. Les sondages leur accordent un avantage plus important que celui dont bénéficiaient les républicains dans les enquêtes d'opinion avant le scrutin de 1994. Mais un redécoupage électoral a depuis réduit le nombre des circonscriptions susceptibles de basculer d'un camp à l'autre.

 

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La nouvelle loi américaine sur le terrorisme viole les traités internationaux

La nouvelle loi antiterrorisme récemment adoptée aux Etats-Unis contient plusieurs dispositions enfreignant le droit international, notamment celui à un procès équitable, a estimé un expert des Nations unies. Selon Martin Scheinin, expert onusien sur les questions de protection des droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme, le Military Commission Act promulgué par George W. Bush "contient plusieurs dispositions incompatibles avec les obligations internationales des Etats-Unis dans le cadre des lois humanitaires et de protection des droits de l'homme". "L'un des aspects les plus sérieux de cette loi est le pouvoir du Président de déclarer sans aucune charge quiconque, y compris des citoyens américains, comme un 'ennemi combattant hors la loi', un terme inconnu des lois humanitaires internationales", a expliqué Martin Scheinin, expert légal finlandais. Il a également déploré l'abandon des droits garantis par l'habeas corpus aux ressortissants étrangers – y compris des résidents légaux et permanents aux Etats-Unis – pour contester la légalité de leur détention, "en contradiction manifeste" avec le Contrat international d'engagement sur les droits civiques et politiques ratifié par Washington en 1992. La nouvelle loi américaine autorise notamment des méthodes d'interrogatoire musclées des terroristes présumés et ouvre la voie au jugement de suspects devant des commissions militaires.

 

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Irak et Afghanistan

Les femmes confrontées à une augmentation de la violence

Les femmes continuent d'être prises pour cible dans plusieurs pays en proie à des violences – comme l'Irak, l'Afghanistan et la Somalie – surtout lorsqu'elles prennent la parole pour défendre leurs droits, selon la directrice exécutive du Fonds de développement des Nations unies pour les femmes. S'exprimant récemment devant le Conseil de sécurité dans le cadre d'une journée consacrée au rôle des femmes dans les politiques de paix dans le monde, Noeleen Heyzer a invité la communauté internationale à agir pour garantir la sécurité physique des femmes dans les pays sortant de conflits, leur permettre l'accès à l'emploi et leur garantir la justice, notamment en matière de compensation pour des viols. "Les efforts pour engager les femmes dans la prise de décisions publiques ne réussiront pas si les femmes sont toujours exposées à la violence quand elles assument des fonctions publiques, et elles ne peuvent espérer être des acteurs publics efficaces si elles n'ont aucun moyen de subsistance", a-t-elle déclaré. "Ce que le Fonds de développement des Nations unies pour les femmes constate sur le terrain (en Irak, en Afghanistan, en Somalie) c'est que l'espace public se réduit pour les femmes dans ces situations", a ajouté Noeleen Heyzer. "Les femmes sont des cibles d'assassinats quand elles osent défendre leurs droits en matière de prise de décisions publiques. Et il est prouvé partout que la violence sexuelle et basée sur le genre revient dans les foyers et les communautés à la fin des conflits", a-t-elle encore affirmé.

De son côté, le sous-secrétaire général au maintien de la paix, Jean-Marie Guehenno, a détaillé les progrès réalisés récemment dans certains pays, comme notamment l'adoption d'une loi sur le viol au Liberia suite à l'arrivée au pouvoir d'Ellen Johnson Sirleaf. Mais, a-t-il souligné, malgré ces développements positifs, les femmes sont toujours confrontées à l’insécurité lorsque les conflits prennent fin et, dans beaucoup de sociétés, la violence est toujours utilisée comme un moyen de contrôler le rôle des femmes dans les efforts de reconstruction. "En Afghanistan, les attaques contre les écoles mettent en danger la vie des jeunes filles lorsqu'elles tentent de faire valoir leur droit fondamental à l'éducation", a-t-il expliqué. "Des femmes et des filles sont violées lorsqu'elles vont ramasser du bois au Darfour. Au Liberia, plus de 40% des femmes et jeunes filles interrogées ont été victimes de violences sexuelles. Dans l'est du Congo, plus de 12 000 viols de femmes et de jeunes filles ont été signalés rien que pour les six derniers mois."

 

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