Semaine du 1er au 7 novembre 2006

Secteur privé

Au creux de la vague

Histoire de patates

Entre compétitivité et laisser-aller

ENTV

Les sondages qui font plaisir

Forum Euromed « Heritage » à Istanbul

Quand les Méditerranéens parlent de ce qui les unit

 

 
 
Nation

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Secteur privé

Au creux de la vague

Le secteur industriel privé est au creux de la vague et c’est loin d’être une affirmation sans fondements. En effet, après une longue période de dynamisme, ce secteur connaît une passe plutôt difficile avec un taux de croissance qui n’arrive pas à dépasser 1,4%. Les spécialistes en économie sont unanimes à affirmer que les beaux jours du privé sont loin derrière. Et ce n’est pas fini, puisque ces mêmes spécialistes n’envisagent aucune amélioration pour les prochaines années. Pis encore, ils affirment que des milliers d’entreprises privées vont disparaître.

Cette tendance à la baisse est perceptible à travers le baromètre mensuel que le Forum des chefs d’entreprise (FCE) a réalisé sur les perspectives d’évolution de la production pour les trois mois à venir. Si au mois de mai 2006, 50% des chefs d’entreprises pensaient qu’il allait y avoir une hausse de la production, ils ne sont plus, en juin 2006, que 44%. Ceux qui envisageaient une amélioration de la situation ont fini par changer d’avis et rejoindre les plus pessimistes. Ce qui signifie que les perspectives sont réellement sombres pour le secteur privé.

Les économistes sont alarmistes quant à l’avenir de ce secteur car ils estiment qu’en période de relance économique, il est plutôt bizarre de constater que le secteur privé ralentit sérieusement sa croissance. En même temps, ils expliquent ce ralentissement et cette baisse par la politique économique de notre pays, qui est centralisée, ce qui n’encourage pas l’évolution et le développement du secteur privé. Car, disent-ils, l’Etat favorise le secteur public et lui octroie les grands projets, mais aussi les ressources pour les concrétiser. Il est donc normal que le secteur privé, ainsi écarté de la vie économique, ait du mal à assurer une croissance raisonnable.

Ce fléchissement n’a pas été sans conséquences puisque l’on note un manque d’enthousiasme pour l’entreprenariat privé. Les chiffe publiés par l’Agence nationale de développement de l’investissement sont on ne peut plus éloquents. Les investissements privés, qui étaient au nombre de 13.102 en l’an 2000, soit 798 milliards de dinars, ont chuté à 3 484 projets en 2004, ce qui totalise un montant de 389 milliards de dinars. Une baisse très importante et qui montre, si besoin est, le peu d’intérêt que les promoteurs accordent désormais au secteur privé.

Il faut aussi prendre en compte tous les problèmes qui gangrènent le secteur privé, à savoir le foncier industriel, les cotisations sociales et les lourdes impositions qui font que la plupart des promoteurs se tournent vers le secteur informel, et c’est sans doute pour cette raison que ces activités n’apparaissent pas dans les statistiques.

Cette tendance à la baisse serait-elle conjoncturelle ou faut-il croire qu’elle va s’imprimer pour une plus longue durée ? Cette question préoccupe au plus haut point les chefs d’entreprises, mais aussi et surtout les observateurs qui pensent que si les politiques économiques restent les mêmes, le fléchissement risque de se poursuivre à une plus grande échelle, surtout que notre pays tend à s’ouvrir à l’économie internationale. Résultat : ces entreprises vont certainement perdre des parts importantes de marché et se retrouver sur la touche. Beaucoup d’indices le prouvent déjà.

Le plan de mise à niveau lancé par le programme Meda n’a pas encore donné les résultats escomptés. Le fonds de garantie n’arrive pas encore à réaliser ce pourquoi il a été créé. Autrement dit, les conditions pour le développement du secteur privé sont encore insuffisantes. C’est ce qui explique l’appréhension des acteurs de ce secteur suite à l’Accord d’association signé avec l’Union européenne, car ils s’attendent à ce que des dizaines de milliers d’entreprises n’aient plus de raison d’exister. Cela s’est déjà vu dans d’autres pays où la politique économique est centralisée. Si notre politique était plutôt décentralisée, il serait plus facile de gagner des parts de marché dans certains secteurs, à savoir le tourisme, l’agroalimentaire, les industries dérivées des hydrocarbures…

Mais si les promoteurs privés sont pessimistes quand au devenir de leur secteur, ils sont surtout sûrs de la responsabilité de l’Etat dans cet état de fait. Cette réaction spontanée fait suite aux déclarations de Abdelhamid Temmar, ministre de la Participation et de la Promotion de l’investissement, qui a, lors d’un point de presse, affiché son inquiétude face au fléchissement du secteur privé. Aussitôt, les entrepreneurs privés ont riposté, arguant que cette tendance à la baisse était plutôt le résultat de la lenteur des réformes économiques, du manque de visibilité, de la mauvaise gestion du foncier, des faibles performances du système financier, des lenteurs des procédures administratives, de l’absence de mécanismes de garantie, de l’insuffisance des incitations fiscales… et le chapelet des critiques est encore long. Autrement dit, les entrepreneurs privés, s’ils reconnaissent la tendance à la baisse de leur secteur n’en admettent pas moins que cette déconfiture n’est pas du seul fait de l’incompétence de leurs entreprises, mais surtout du fait de leur environnement car, affirment-ils, tous les avantages et les encouragements sont octroyés aux entreprises publiques qui sont ainsi privilégiées.

Ce recentrage sur l’industrie publique décidé par les pouvoirs publics est mal vu par les promoteurs privés et les observateurs, qui estiment que l’économie de marché doit être à dominante privée. Pour ce faire, il faudrait que toutes les conditions pour mieux développer ce secteur soient réunies. Certains avantages existent déjà, mais sont estimés insuffisants pour redynamiser le secteur privé. On énumère le fonds de garantie, la diminution de l’IBS… mais cela reste insuffisant face aux autres contraintes que sont le foncier, les crédits, le marché informel, la politique de création d’entreprise…

Donc après de longues années d’un dynamisme sans faille, voilà que le secteur privé affiche son incapacité à aller de l’avant et à réaliser un taux de croissance important. Cela est-il réellement le fait de la politique économique centralisée, comme l’ont expliqué les entrepreneurs privés, ou bien faut-il voir dans ce fléchissement les limites d’un secteur qui ne peut plus aller au-delà de ce qu’il a donné ?

Les économistes s’accordent à dire que l’environnement économique n’est pas favorable à l’épanouissement de ce secteur, ce qui favorise la disparition de plusieurs entreprises et augmentera de façon significative le nombre des chômeurs.

Khadidja Mohamed Bouziane

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Histoire de patates

Entre compétitivité et laisser-aller

Très souvent, quand il s’agit d’expliquer les problèmes économiques de l’Algérie, en particulier en ce qui concerne la faiblesse de nos exportations hors hydrocarbures, les «spécialistes» n’hésitent pas à brandir le manque de compétitivité de l’industrie. Mais quand cela arrange, il arrive que cette même compétitivité soit évoquée pour expliquer des problèmes.

A défaut d’endiguer le phénomène de la hausse des prix de la pomme de terre, certains responsables du secteur de l’agriculture se lancent dans des explications pour le moins hasardeuses, voire à la limite de l’insulte pour l’intelligence de leurs concitoyens. Ainsi, interrogé sur les raisons de la flambée des prix du plus consommé des légumes, un haut cadre du ministère de l’Agriculture, invité en même temps qu’un fonctionnaire du ministère du Commerce, expliquait, le week-end dernier, sur les ondes de la radio Chaîne III, que l’exportation frauduleuse (contrebande) de la pomme de terre est due à la «compétitivité» de son prix en Algérie qui reste, selon lui, largement inférieur à ceux pratiqués chez nos voisins et dans certains pays d’Europe. Le même argument est recyclé pour expliquer le non-recours à l’importation pour en atténuer les prix localement. «Si les importations n’ont pu avoir lieu, c’est que le prix du kilogramme de pomme de terre dépasse un euro sur le marché européen. Il reviendrait à 100 dinars et même plus sur le marché national», arguait-il pour expliquer cette décision. On donne ainsi à la «compétitivité» différents goûts, selon la sauce dans laquelle ont veut la cuire pour justifier nos échecs et pour condamner l’Algérien à vivre dans d’interminables cycles de crises.

En fait, la crise de la pomme de terre révèle toute l’étendue de l’incapacité de l’administration algérienne à gérer convenablement des secteurs-clés de l’économie. Plus apte à dépenser des milliards de dollars dans le cadre du Plan national de développement agricole (PNDA), qui a donné des fruits que personne ne peut nier, l’administration reste incapable – du moins elle n’a pas réussi à prouver le contraire – de poursuivre la réussite de ce plan à travers un accompagnement nécessaire des agriculteurs dans le transport, le stockage et la vente de leurs récoltes.

La période «entre deux saisons» évoquée pour expliquer la cherté de la pomme de terre, due à sa rareté sur le marché, ne suffit plus pour élucider la complexité du problème de la distribution des produits agricoles. Tout le monde sait, depuis des lustres, que la cherté des fruits et des légumes est due, lorsqu’il n’y a pas de problème de production pour cause d’aléas climatiques, à la multitude d’intermédiaires qui font grimper les prix du simple au double, voire au triple comme c’est le cas de la pomme de terre cette année.

Vendue à 17 et 20 DA le kilo, comme l’ont affirmé certains agriculteurs, la pomme de terre arrive à 70 DA – un prix que le représentant du ministère de l’Agriculture trouve «relativement cher» ! – sur le marché du détail, soit 300 à 400% plus cher que les prix pratiqués par les agriculteurs. D’ailleurs, ces derniers n’ont eu de cesse de réclamer une aide en matière de transport et de stockage.

C’est vraisemblablement le manque (pour ne pas dire l’absence) d’organisation des filières agricoles qui pose problème dans la distribution des produits. Cela vaut autant pour la pomme de terre que pour d’autres produits de grande consommation, en particulier durant les périodes où la demande augmente, comme c’est le cas pendant le mois de ramadan. Et tant que les agriculteurs seront soumis aux lois des intermédiaires, c’est le consommateur qui payera les pots cassés. Comme si la cherté de la viande rouge et du poisson ne suffisait pas, voilà que les foyers à faibles et à moyens revenus doivent faire d’énormes calculs avant de décider de cuisiner gratin ou purée de pomme de terre.

Quand au représentant du ministère du Commerce, il s’est contenté de faire état du manque de marchés de gros des fruits et légumes pour expliquer l’actuelle tension qui caractérise ce secteur. Comme quoi, chaque année, c’est la même rengaine qui revient sans que l’on se décide, là-haut, à prendre les décisions qui s’imposent pour réguler le marché des fruits et légumes et le soustraire au diktat des intermédiaires. C’est le cas également pour le secteur de la pêche où les prix du poisson atteignent des niveaux astronomiques. Là aussi, la défaillance de l’administration de tutelle à créer un véritable marché de gros du poisson induit  la prolifération des intermédiaires. Rappelons que depuis plus quatre ans qu’on parle, au ministère des Ressources halieutiques, de la nécessité de mettre en place des mercuriales, rien n’a été concrétisé à ce jour.

Abdelkader Djalil

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ENTV

Les sondages qui font plaisir

L’ENTV serait le média audiovisuel préféré des Algériens. Beaucoup ont dû se retenir de rire à la lecture des résultats d’un sondage qui nous apprend que «97% des Algériens (16 ans et plus)  ont regardé la télévision en 2006». Ainsi donc, si vous avez allumé votre télévision et si vous vous êtes attardé sur l’ENTV ou un de ses signaux (à ne pas confondre avec de véritables chaînes) vous êtes comptés parmi ces 97%. Toujours selon ce sondage statistique, la télé algérienne vient en tête de 24 chaînes arabes et de 27 chaînes européennes (françaises en particulier). Curieuse est cette manière de mesurer l’audimat de l’ENTV pour la placer loin devant des chaînes qui, à tout point de vue, ne peuvent offrir que de meilleurs programmes que l’Unique.

Le diable est dans le détail. En effet, le sondage ne précise pas le genre de programmes suivis par les Algériens qui préfèrent l’ENTV. On peut certes comprendre que l’Algérien reste attaché à l’ENTV lorsqu’il s’agit de programmes (y compris d’information) liés à son pays. Beaucoup ont, par exemple, le réflexe de zapper sur l’ENTV au moment de la page météo pour connaître le temps qu’il fera demain matin. D’autres s’attardent jusqu’aux titres du JT de 20 heures avant de décider d’aller vers d’autres cieux pour continuer la soirée. De là à faire de l’ENTV la chaîne préférée des Algériens, il n’y a qu’un pas. Sauf s’il s’agit d’Algériens qui ne possèdent pas de récepteurs satellites. Ce qui est très rare.

Selon le sondage, les chaînes les plus souvent regardées sont l’ENTV (83,2%), Al-Jazeera (46,8%), puis MBC (29,3%) et TF1 (24,7%). Canal+ est avant-dernière dans le classement des chaînes préférées des Algériens avec seulement 2,1%.

Plusieurs remarques peuvent êtres faites sur ce sondage. D’abord, sur la technique utilisée. S’agit-il d’analyse de courrier, d’interviews ou de panels audimétriques (appareils enregistreurs placés dans les foyers) ? Si la première et la troisième hypothèses sont exclues, c’est la seconde méthode qui semble avoir été utilisée pour sonder les Algériens sur leurs préférences télévisuelles. Les interviewés ont donc répondu aux questions des enquêteurs sur les programmes (ou les chaînes) qu’ils ont suivi la veille ou qu’ils préfèrent regarder. Selon l’une ou l’autre des deux formules, la réponse fait appel à la mémoire du répondant. Cela donne plus de chance aux programmes regardés la veille, par exemple. Et avec l’augmentation du nombre de chaînes, la mémorisation devient encore plus difficile surtout lorsqu’il s’agit de répondre debout, sur un trottoir, aux questions du sondeur.

Ceci en ce qui concerne la technique utilisée dans le sondage. Maintenant, pour ce qui est du fond, l’on s’interroge sur ce qui permet de comparer l’ENTV à une chaîne comme Al-Jazeera. Les deux étant si différentes que la comparaison n’a pas lieu d’être. La première étant une chaîne généraliste nationale alors que la seconde est classée parmi les premières chaînes d’information dans le monde et qui possède des correspondants dans les plus grandes capitales de la planète. Demander à un jeune Algérien de 16 ans s’il regarde la chaîne qatarie relève du miracle (à moins qu’il soit politisé et qu’il s’intéresse de surcroît aux questions Internationales). La même remarque vaut pour les chaînes cryptées comme Canal+. En effet, quelle est, parmi les 4 000 sondés, la proportion d’Algériens qui ont un décodeur Canal Satellite ou qui disposent d’un abonnement collectif ? Une infime minorité, bien évidemment. Ce qui place, de fait, cette chaîne parmi les dernières dans le classement.

La majorité, soit 55,9% de ceux qui regardent exclusivement l’ENTV sont des femmes dont 30% sont des femmes au foyer, selon le sondage qui ne précise pas quels genres de programmes elles préfèrent regarder sur l’Unique. S’il s’agit en tout cas d’émissions de cuisine ou de séries arabes, le choix exclusif pour l’ENTV peut paraître difficilement vraisemblable pour les femmes au foyer étant donné l’étendue du choix qu’elles ont dans une vingtaine d’autres chaînes arabes.

Une chose est sûre, c’est la qualité des programmes présentés par l’ENTV durant le mois de ramadan. La facilité, c’est ce qui caractérise le plus les séries présentées à l’ENTV. Ni les dialogues, ni les scénarios ni même les décors n’ont été à la hauteur de ce qu’attendait le public pour cette année. Un public habitué, désormais, à comparer avec les chaînes arabes. Et aucun sondage du type interview ne changera les choses. A moins d’installer des audimètres dans un certain nombre de foyers représentatifs de la société algérienne. On en rediscutera à ce moment-là.

Abdelkader Djalil

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Forum Euromed « Heritage » à Istanbul

Quand les Méditerranéens parlent de ce qui les unit

En réunissant à Istanbul, capitale historique de la Turquie, les animateurs des projets Euromed Heritage, les organisateurs ont voulu d’abord faire le point de l’avancement des projets mais ont aussi posé la problématique de la poursuite de l’action de cette structure quand le dialogue interméditerranéen a tout  le mal du monde à s’engager concrètement. 

 

Envoyé spécial à Istanbul, Amine Esseghir

 

Au-delà de l’aspect hautement intellectuel de la réunion et de la bonne volonté évidente des participants, on se rendait bien compte que  l’enjeu des projets allait bien au-delà de la seule dimension culturelle. Il y a assurément une portée politique dans l’action de Euromed Heritage et des 400 partenaires engagés dans les projets, dont nombre d’entre eux étaient présents à l’hôtel Akgun, à Istanbul.

Sous le titre «Patrimoine culturel de Méditerranée : une responsabilité partagée», on comprend la volonté d’associer tous les partenaires méditerranéens pour affermir l’idée de patrimoine commun fédérateur. D’ailleurs, l’on ne voyait pas de difficulté de voir assis à la même table le directeur du patrimoine culturel israélien et ses homologues responsables dans des pays carrément en conflit avec Israël comme la Syrie, l’Autorité palestinienne ou d’autres nations qui ne partagent  avec Israël  que la côte méditerranéenne.

C’est en soi une situation intéressante même et si on ne peut pas encore parler de dialogue politique. Mais déjà, un des documents de travail futur, la stratégie imaginée pour permettre la poursuite de projets et l’initiation d’autres a été le fruit de cette collaboration entre des gens qui, a priori, ne sont pas près de s’entendre. Ce document, qui devra être enrichi, souligne déjà la nécessité de ce qui frappe le plus les actions de Euromed Heritage : la confidentialité. Plus d’ouverture vers le public, plus de mise à contribution des médias et surtout l’octroi de moyens afin de poursuivre les projets, sans se contenter des seules subventions de l’UE.

La dimension politique ne sera pas éludée, même au plan officiel, notamment par la représentante de la Commission européenne Carla Montesi. En fait, il y a lieu d’évaluer l’avancement des projets et de déterminer les conditions de leur poursuite. Carla Montesi a invité également les participants à faire état autant des bilans positifs que des blocages et des raisons de certains échecs ou retards enregistrés. De tels débats étaient donc propices à établir un bilan, mais aussi à souligner les perspectives.

Cela étant, les seuls soucis des promoteurs, clairement exprimés, n’ont pas dominé les discussions. Les participants aux différents projets ont  souligné cette propension à la confidentialité des actions de Euromed Heritage.

Elargir la connaissance

Pour beaucoup,  il est nécessaire de diffuser le plus largement possible l’information et d’agir pour plus de communication pour que les projets, destinés à promouvoir le patrimoine culturel méditerranéen sous toutes ses formes, ne restent plus confinés dans les réunions de Euromed Heritage et puissent être accessibles au grand public.

Probablement que le grand public dont il est le plus question est celui des pays du Sud. C’est lui qui manque le plus de connaître l’ampleur des programmes et des initiatives. Un des constats le plus renouvelés est que les initiateurs des projets soient souvent issus d’Europe et, dès lors, l’association des pays du Sud parait bien mince, même si elle est indispensable pour consacrer véritablement la dimension méditerranéenne de tous les programmes. Comment dépasser ce clivage ? En encourageant les actions de formation  des encadreurs – managers et designer de projets – selon les normes et conditions de l’UE.

Mais était-ce le forum des griefs ? Certainement pas, car il est certain que nous sommes dans un contexte où ce qui est  sollicité principalement, c’est la bonne volonté des individus et des organisations. Sans cela, les projets seraient restés lettre morte alors que certains sont en phase d’achèvement ; ne reste plus qu’à leur trouver les moyens de la pérennisation.

A. E.

          

Encadré

Le Forum d’Istanbul est la seconde rencontre de ce genre entre les partenaires du programme Euromed Heritage, premier programme régional MEDA consacré au patrimoine culturel. Inauguré en 1998 et doté d’un budget global de 57 millions d’euros, il a porté jusqu’à présent sur 32 projets qui ont réuni plus de 400 partenaires issus du secteur du patrimoine culturel de l’UE et de dix pays de la région méditerranéenne.

Un nombre impressionnant de publications ont été produites dans le cadre de ce programme sur des sujets aussi variés que l’architecture traditionnelle, la gestion des sites et la musique classique. D’autres projets en cours visent la création de bases de données, la réalisation d’études sur des thèmes comme la législation comparée, l’organisation d’expositions itinérantes, la réalisation de films, l’organisation de concerts et même la mise en place d’itinéraires touristiques. Divers programmes de formation ont également été mis en œuvre pour renforcer les capacités dans la conservation et de gestion du patrimoine et l’archéologie sous-marine et pour améliorer la conception des projets et leur gestion.

Le forum est organisé avec l’appui technique de l’Unité régionale de soutien et de gestion (RMSU) du programme Euromed Heritage, sous la tutelle du ministère italien de la Culture (ICCD). L’Office de coopération de la Commission européenne, EuropeAid, assure la gestion du programme.

 

Plus de détails sur certains projets 

- Pisa (www.pisanet.org) : ce programme, qui disposait d’un budget de 3,2 millions d’euros, était le plus important de tous et avait le plus vaste champ d'action. Un de ses objectifs était de montrer aux décideurs et aux dirigeants d'entreprises les avantages potentiels, sociaux et économiques, d'une gestion intégrée des sites archéologiques.  Pisa a comparé la gestion de neuf sites archéologiques : Cherchell (Algérie), Jéricho (Autorité palestinienne), Bibracte (France), Pella (Grèce), Caesarea Maritima (Israël), Pompei (Italie), Lixus (Maroc) et Dougga (Tunisie). La conférence finale de Pisa s'est tenue à Rome, fin de février 2002,  et a débouché sur une charte euroméditerranéenne pour l'amélioration intégrée du patrimoine culturel.

- Medvoices (http://www.med-voices.org/) : avec un budget de 2.829.771 euros, le projet Voix méditerranéennes enregistre les souvenirs, les images et les sons qui les rendent uniques. Le public et les chercheurs pourront avoir accès à cet extraordinaire patrimoine grâce à Internet et à des séminaires locaux. La principale activité de ce projet consiste à créer une base de données sur l'histoire orale et collective de ces environnements urbains, qui recueille la mémoire des hommes et des lieux ainsi que des documents sonores et visuels (photographies, chansons, etc.).

- "À la découverte de l’art islamique" réalisé par le réseau Musée sans frontières, permet de maintenir les œuvres d’art in situ, dans leur environnement naturel, et il est désormais possible d'approcher la Méditerranée – au travers de neuf expositions thématiques présentant plus d'un millier de monuments et sites archéologiques depuis la période de la dynastie des Omeyyades jusqu’au début de l’art ottoman en Égypte, en Espagne, en Italie, en Jordanie, au Maroc, en Palestine, au Portugal, en Tunisie et en Turquie, élargies à l’Algérie et à la Syrie – comme un vaste musée unique à ciel ouvert consacré à l’art islamique. L’exposition est accessible via un livre illustré et un cédérom présentant les lignes de force du musée virtuel et par Internet sur  www.discoverislamicart.org.

 

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