Semaine du 2 au 8 février 2005

 

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Veillée d’armes

 

 
 
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Veillée d’armes

Ahmed Ouyahia n’est décidément pas au bout de ses peines : ce n’est plus seulement du côté du ministre des Finances, poste qui fait prendre des airs de supériorité intellectuelle à ceux qui l’occupent, qu’il doit se garder, mais aussi du ministre des Affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem, maintenant que le FLN s’est mis en règle avec la justice, s’il lui reste beaucoup à faire pour désarmer sa dernière dissension et se remettre à parler d’une seule voix, comme le RND. Pour une raison facile à appréhender : un FLN qu’aucune menace d’implosion ne tient plus en respect, qui continue de détenir la majorité à l’Assemblée, mais qui pourtant ne tente rien pour récupérer son dû, qui n’entreprend rien pour déstabiliser les institutions et notamment l’équipe gouvernementale, cet FLN tout simplement n’existe pas, pas même en théorie. Un seul adversaire est capable de lui faire ravaler ses ambitions hégémoniques aussi longtemps que ça lui chante, c’est lui-même. Tout autre que lui doit se soumettre ou se démettre. Sauf, évidemment, le président de la République, auquel il doit obéissance, pour des raisons qui ont quelque chose à voir avec l’intérêt supérieur de la nation. Quant au chef du gouvernement, de surcroît chef de file d’un parti minoritaire, il n’a qu’à bien se tenir, lui qui usurpe une fonction revenant de droit au FLN.

Ceux qui ont parié sur son incapacité à organiser son congrès de réconciliation en sont maintenant pour leurs frais. Le vieil homme conserve de la vigueur dans les membres et de l’ambition hégémonique — ne vous en déplaise — à en revendre. Il compte bien reconquérir ce qu’il a perdu pour avoir cru depuis les victoires de 2002, portées, à tort bien sûr, au crédit du secrétaire général de l’époque, qu’il pouvait s’identifier de nouveau au système en entier, comme dans le passé, en choisissant lui-même le président de la République.

A. Belkhadem, aussi bien d’ailleurs que d’autres ténors du parti ont dû comprendre, au cours de ces mois consacrés à traiter la division engendrée par l’élection présidentielle, que cela revient en fait à mettre la charrue devant les bœufs que de vouloir ramener en premier lieu l’entente avant d’aller au congrès pour y célébrer avec éclat l’union restaurée. Il fallait s’y prendre tout autrement : témoigner de l’hostilité envers l’usurpateur avant même le jour des retrouvailles, dont il était à craindre qu’elles ne se déroulent pas sans quelques remous, pour bien montrer que l’unité se forge dans l’action, qu’elle est au bout de l’élan tendant à faire recouvrer la jouissance de l’ensemble de ses droits. Rien, en effet, n’est plus mobilisant, et donc plus propice à la réunification, qu’une attitude offensive envers le camp à qui ont bénéficié les querelles intestines, recette universellement éprouvée.

Puisque guerre il y a, autant la mener à l’extérieur, contre le RND, qui ne se porte jamais aussi bien que le FLN est malade. Il ne faut donc pas tenir pour tout à fait absurdes les accusations portées par le chef du gouvernement contre on ne sait quels tenants de la rente qui seraient derrière les émeutes consécutives à l’augmentation des carburants. Bien entendu, le FLN n’avait pas grand-chose à faire pour que ça échauffe ici et là dans le pays, pour la bonne raison que le gouvernement a agi dans la circonstance en pyromane en décidant d’une augmentation qui avait été rejetée par les deux chambres du Parlement. Attendre un froid exceptionnel pour prendre cette mesure, en tournant la loi par-dessus le marché, c’est prouver qu’on n’a besoin de personne pour se faire le plus grand tort.

 M. Habili

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