Semaine du 2 au 8 août 2006

 

Aucune limite à la barbarie israélienne

Israël emploie des armes interdites

L’alignement de Blair à Bush soulève des tempêtes en Grande-Bretagne

 

 
 
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Aucune limite à la barbarie israélienne

Existe-t-il encore une humanité au vrai sens (moral) du terme ? A-t-on basculé en ce XXIe siècle vers un monde régi par la  seule loi de la jungle ? Des questions qui se posent aujourd’hui avec force lorsque l’on voit  s’abattre la folie meurtrière israélienne sur des innocents au Liban et en Palestine, multipliant les massacres et les crimes barbares en toute impunité, comme celui de Kana le 30 juillet.  La situation actuelle au Proche-Orient reflète l’état dans lequel se trouve la planète, soit un monde dominé par les Etats-Unis. La furie destructrice israélienne est partagée, suscitée sinon entretenue par l’allié américain qui a, depuis la guerre menée contre l’Irak, dévoilé ses véritables desseins au Moyen-Orient sous couvert de démocratisation. Quand Washington parle de démocratiser la région, il entend, en utilisant ce vocable, installer ou pérenniser des régimes qui servent ses intérêts,  confondus avec ceux de l’Etat hébreu. Un espace débarrassé de toute velléité de résistance au seul profit de son bras armé israélien.  La cabale américaine menée contre l’Irak en 2003, montée sur des motifs mensongers – la présence d’armes de destruction massive – a abouti à l’implosion du pays et aux luttes fratricides.

En Palestine et au Liban, prétextant le «rapt» de trois de ses soldats, Israël instaure un blocus total, massacre et  rase tout sur son passage. Le même acharnement est déployé contre les civils et les infrastructures dans des guerres confinant à l’épuration ethnique. A La résistance déployée au Sud-Liban par les combattants du Hezbollah qui défendent chaque pouce du territoire libanais, Israël privilégie le massacre en règle au mépris de toutes les conventions internationales ou autres résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Idem dans les territoires palestiniens…

Comment dès lors qualifier un Etat qui fait fi des conventions et des multiples résolutions onusiennes, y compris la charte des Nations unies qui régule les relations internationales et qui interdit aussi bien la menace que l’usage de la force ?  Que vaut, par ailleurs une Organisation des Nation unies théoriquement garante de la paix et de la sécurité internationale qui se montre incapable d’approuver une résolution condamnant l’assassinat prémédité de ses propres agents au Sud-Liban ? Une organisation qui n’a jamais autant été instrumentalisée par l’hyperpuissante Amérique, laquelle bloque, au mépris de toute morale, tout ce qui peut contrevenir aux intérêts  de Tel Aviv.

Face à l’impérialisme américano-sioniste,  il n’existe plus aucun contrepoids et l’on en vient à regretter l’époque où le monde était divisé en deux blocs.  Aujourd’hui,  la Russie et la Chine, plus préoccupées par leurs propres intérêts, se montrent timorées et n’ont plus la politique étrangère d’antan. Quant à L’Union européenne, impuissante à parler d’une seule voix, elle avalise la plupart du temps les décisions américaines. Mais le plus grave vient de la position du monde arabe qui a abandonné les peuples libanais et palestinien à leur sort. Déchirés par leurs dissensions, confrontés à des populations meurtries par la situation au Proche-Orient, les pays arabes se sont tournés, pour se donner bonne conscience, vers l’ONU. Mais faut-il s’étonner de cette attitude des pays arabes lorsque l’on sait que leurs dirigeants ne sont préoccupés que par la pérennité de leur pouvoir et la sauvegarde de leurs intérêts ? La non- assistance à peuple en danger de génocide confine dans ce cas à la complicité. Face à l’engrenage actuel, de quelle marge de manœuvre disposent  les pays arabes sachant qu’un bon nombre d’entre eux sont des alliés inconditionnels des Etats-Unis? 

L’Egypte, l’Arabie Saoudite et la Jordanie ont condamné le Hezbollah qui mène une guerre de résistance contre l’agresseur israélien. Confronté à des difficultés économiques le Caire a besoin du soutien financier américain, alors que Riyad et Amman se sont toujours évertués à ne pas fâcher Washington. Quant aux autres, au-delà des déclarations de principe, il n’y a rien….

L. H.

 

Israël emploie des armes interdites

Plusieurs médecins libanais accusent Israël d'utiliser des armes interdites par les conventions internationales, notamment des armes chimiques. Ils ont relevé des types de traumatismes et de blessures jamais répertoriés auparavant. "Ces armes contiennent des produits toxiques que l'on a retrouvé sur de nombreux corps reçus dans cette morgue" explique un médecin. "Ces dépouilles viennent de la ville de Rmeileh. Il y a huit victimes d'un raid aérien. Les corps sont noirs, mais ils ne sont pas brûlés. Les cheveux et la peau sont intacts. S’il s'agissait de phospore, ou d'un produit du même type, les cheveux auraient pris feu." Beyrouth a ouvert une enquête.

 

L’alignement de Blair à Bush soulève des tempêtes en Grande-Bretagne

L'alignement persistant de Tony Blair sur la position américaine au Liban écœure l’opinion publique et soulève un vent de révolte chez ses partisans, qui lui reprochent de se comporter comme "le toutou" de George W. Bush et envisagent ouvertement son départ anticipé de Downing Street. Après les derniers entretiens Bush-Blair à Washington, plusieurs quotidiens britanniques font état du malaise croissant au sein du gouvernement et du Parti travailliste, créé par le refus du Premier Ministre de prendre ses distances avec Bush en demandant un cessez-le-feu immédiat entre l’armée israélienne et le Hezbollah. Les caricaturistes londoniens se déchaînent depuis le début du conflit contre "Blair le toutou", un surnom qui lui colle à la peau depuis qu'il s'est rangé inconditionnellement derrière Bush dans le dossier irakien et maintenant dans la guerre destructrice menée par Israël au Liban.

"Dans les rangs du Labour, le sentiment s'installe que Blair s'est beaucoup trop aligné sur la position agressive des Etats-Unis et d'Israël et même ses plus proches alliés au sein du cabinet ne cachent plus en privé que cela accélère l'heure de son départ de Downing Street", écrit le Times (conservateur). "La pression va continuer de monter pour qu'il annonce un calendrier pour son départ", renchérit le Financial Times. "Nous sommes parvenus au point où tout peut basculer", ajoute le quotidien des milieux d'affaires, citant un membre du gouvernement.

Tony Blair s'est engagé à céder son fauteuil de Premier Ministre avant les prochaines élections, d'ici 2010, mais sans fixer de date précise, même s'il a laissé entendre qu'il souhaitait participer au prochain G8 à l'été 2007. Son rival, le chancelier de l'Echiquier Gordon Brown, apparaît comme son successeur naturel pour préparer les futures élections générales.

"Tout cela est terriblement destructeur pour Tony", confie au Times un député blairiste soucieux de préserver son anonymat. "Il n'y a pas grand monde qui pense que Tony a raison et il s'aliène les bonnes volontés à un rythme effarant." Greg Pope, un autre député blairiste, a déclaré quant à lui au Guardian que "Tony avait mal analysé" le dossier libanais "au point de s'isoler de l’opinion intérieure". Pour ce quotidien de gauche, "les critiques sont de moins en moins feutrées au sein du groupe parlementaire où l'on estime que la position britannique reflète un sentiment d'indifférence à l'égard des souffrances du peuple libanais".

A Whitehall, on redoute déjà les protestations qui s'exprimeront dans deux mois à Manchester lors de la conférence annuelle du Labour, qui marque comme chaque année la rentrée politique. La relation "privilégiée" entre Londres et Washington souffre de la domination trop pesante du partenaire américain, relevait dernièrement un sondage de l'institut ICM publié par le Guardian.

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