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Les terroristes qui ne se sont pas rendus ont jusqu'à fin août pour
le faire
Dernier
avertissement avant poursuites
Les déclarations
du ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine
Yazid Zerhouni, à l'occasion de la fête de la police, le 22 juillet
dernier, sont certainement le message le plus clair quant à la
nature de la réconciliation nationale. Celle-ci n'aura été qu'une
trêve pour les irréductibles de la nébuleuse terroriste. Le ministre
de l'Intérieur a rappelé la date butoir au delà de laquelle il n’y a
plus d'autre possibilité pour les terroristes, apparemment, que de
se rendre ou de mourir.
La fête de la
police a été marquée cette année par les déclarations du ministre de
l'Intérieur. De plus gros salaires et un statut particulier pour les
policiers, mais aussi des missions plus complexes et plus dures.
Policiers et gendarmes sont appelés à s'attaquer à une forme de
criminalité inconnue en Algérie, selon le ministre, avant
aujourd'hui.
Mais les plus
marquantes de ces déclarations sont celles liées à la poursuite de
la lutte contre les groupes terroristes. Au-delà du mois d'août, «la
politique de lutte contre le terrorisme se poursuivra même après la
fin de l'échéance de la mise en œuvre de la Charte pour la paix et
la réconciliation nationale», a indiqué Zerhouni.
Son appel «à ceux
qui ne se sont pas encore rendus» afin qu'ils saisissent
l'opportunité des dispositions de la Charte tenait lieu de dernier
avertissement. «Les personnes qui ont compris le sens de la
politique de réconciliation et de ses textes doivent en profiter et
ils sont les bienvenus», a ajouté le ministre, sinon, «nous les
combattrons par tous les moyens».
Le ministre de
l'Intérieur a donné ses chiffres des résultats de la réconciliation
nationale : 200 terroristes se sont rendus et au moins 300 sont
toujours actifs. Ce sont apparemment à ceux là que s'adresse
l'invite du ministre de l'Intérieur. On pourra digresser longtemps
sur leur qualité, leur appartenance idéologique et même déterminer
les phalanges ou groupuscules auxquels ils appartiennent, cela
n'expliquera jamais le peu d'empressement à se rendre et finalement
obtenir l'absolution et l'entêtement à vouloir maintenir un djihad
inutile alors que le projet islamiste porté par la violence est mort
et enterré.
Cette déclaration
de Zerhouni souligne-t-elle qu'il n y aura pas d'échéance élastique
comme ce fut le cas avec la concorde civile ? Certes les
dispositions de la Charte sont plus généreuses ; elles ont des
considérations plus générales et ne sont pas destinées à régler le
problème d'un seul groupe, mais à rassembler en un seul package les
données d'une profonde crise. Il s'agit d'un remède de cheval.
Extinction de poursuites et aucune possibilité de référer en serait
ce qu'au passé de ces hommes.
Est-ce que la
contrepartie de la générosité serait plus de sévérité à l’encontre
de ceux qui rejettent la main tendue ? Les déclarations de M.
Zerhouni interviennent quelques jours après que l'on ait enregistré,
au Centre du pays, une recrudescence inattendue de la violence. Des
actes d'une rare barbarie rappelant les moments les plus sombres de
la dernière décennie ont été réédités. Faux barrages, embuscades,
égorgements, attaque à la roquette et même assaut contre un camp de
vacance Naftal près de Tipasa. Même s'il n'en réduit pas l'ampleur,
le ministre de l'Intérieur indique que ces attentats n'ont fait
qu'une dizaine de morts. Une dizaine de morts de trop, faut-il le
souligner, alors que l'on était censé en finir avec la terreur.
Pour Zerhouni, les
derniers événements liés au terrorisme sont «des tentatives dont
l'objectif est d'attirer l'attention», mettant en évidence la
réduction importante des actes terroristes. «Nous enregistrons
actuellement un acte terroriste tous les quinze jours, après avoir
enregistré, par le passé, un acte par semaine.» Une division par
deux, mais cela demeure excessif lorsque l'on sait les dispositions
généreuses de la réconciliation nationale et les possibilités de
sortie de crise offertes qui n'intéressent pas les derniers groupes
armés encore actifs.
Des chiffres
excessifs au regard des autres chiffres présentés par le ministère
de l'Intérieur, ceux de la participation massive des Algériens – qui
eux, n'ont pas tari de générosité – appelés à accorder leur pardon
aux terroristes.
Il y a
effectivement une disproportion entre l'acte de générosité, qui
confère, au-delà de tout ce qui a été vu de par le monde, l'immunité
aux criminels – avec la bénédiction d'un référendum populaire – et
le peu d'intérêt prêté par les groupes terroristes à cet acte.
Le retour au
tout sécuritaire
On ne rappellera
jamais assez que la réduction des actes terroristes et des groupes
est passée d'abord par une lutte sanglante et fratricide menée
durant des années par l'armée, tous les corps de sécurité, y compris
la garde communale ainsi que les citoyens enrôlés dans les Groupes
d'autodéfense et les Patriotes. La lutte armée a duré longtemps mais
n'a pas été un échec. Mais si l’on comprend que les conséquences la
crise multiforme née de la violence appelait aussi une solution
politique concrétisée par la concorde civile et la réconciliation
nationale, nous sommes bien obligés de constater ses limites, par
contre. Aujourd'hui, on revient à la solution sécuritaire. Dès que
quelques éléments armés font parler d'eux, ne serait-ce qu'en
provoquant des escarmouches avec les forces de sécurité, c'est en
fait toute la problématique de la question terroriste qui est
renvoyée au visage des responsables politiques et des Algériens en
général, au moment où on constate les limites pratiques de la
Charte.
De plus, la
solution sécuritaire ne vaut pas seulement pour les groupes
terroristes, elle vaut aussi pour le grand banditisme qui a pris une
ampleur attendue mais difficile à contrer, de l'aveu même du
ministre. Zerhouni a indiqué que c'est à l'Etat de démontrer sa
capacité à être partout à travers ses représentants lorsqu'il s'agit
de protéger les personnes et les biens. Cela paraît difficile
lorsque le ministre de l'Intérieur souligne que sur les 550 daïras
que compte le pays, moins de la moitié sont dotées de brigades des
services de sécurité.
La raison de
l'inquiétude du ministre réside dans de nouveaux aspects de la
criminalité et de la sécurité observés depuis peu. Le grand
banditisme, caractérisé par les hold up et les enlèvements en
particulier, a émergé après que «les bandits eurent découvert la
puissance de l'arme et de son utilisation». Il s'agit d'un des
éléments de crainte exprimés par le même ministre il y a quelques
années, justement le basculement des groupes terroristes ou de leurs
moyens dans le banditisme. Au-delà de la lutte conte le terrorisme,
les services de sécurité auront à affronter les bandes organisées et
armées.
Le ministre de
l'Intérieur a annoncé le renforcement des corps de la police et de
la gendarmerie puisque les effectifs de ces corps de sécurité
devraient atteindre, d'ici 2009, 200 000 policiers et 100 000
gendarmes.
Amine Esseghir
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Le procès Khalifa renvoyé à la prochaine session criminelle
Ça sent la
manœuvre
Décidemment,
l’affaire Khalifa n’est pas prête de livrer tous ses secrets. A
telle enseigne que la question qui se pose aujourd’hui à la lumière
du renvoi du procès pour la prochaine session criminelle est de
savoir si effectivement une volonté politique de tenir le procès
existe. Et pourtant le doute qui avait traversé les esprits quant à
l’absence de cette volonté chez les pouvoirs publics de faire toute
la lumière sur cette « escroquerie du siècle » a été levé suite aux
déclarations du ministre de la Justice, garde des Sceaux, M. Tayeb
Belaïz. En effet ce dernier a avait annoncé il y a de cela quelques
mois que le procès se tiendra en ce mois de juillet écoulé.
Effet
d’annonce
Il n’en fallait
pas plus pour redonner de l’air à un dossier qui donnait
l’impression d’avoir été mis sous le boisseau. Et pour cause ce
dossier sentait à mille lieux les effluves d’un scandale
politico-financier. Il est vrai que la générosité de Abdelmoumen
khalifa n’avait épargné aucun, ou presque, responsable et ce dans
toutes les sphères. Du politique, à l’économique, en passant par la
sportive et la culturelle. Et la liste des personnalités impliquées
est loin d’être exhaustive. Des syndicalistes ont été cités comme
acteurs dans cette affaire. Les hommes et les femmes, les plus
en vue ainsi de leurs familles respectives on profité des largesses
de Khalifa. La contrepartie était en général les dépôts de fonds
effectués dans les caisses de Khalifa Bank. Selon un chiffre
officiel avancé par le ministre de la justice, 4000 personnes ont
été auditionnées dans le cadre de l’instruction de cette affaire. Au
bout de plusieurs mois d’investigation 104 personnes ont été
inculpées. Un feu de paille. Car il ne fait pas de doute que les
parrains de Abdelmoumen Khalifa n’ont été inquiétés par les
instructeurs en charge du dossier. C’était la preuve que l’on a
voulu délibérément faire porter le chapeau à certains en épargnants
d’autres dont pourtant n’avaient pas fait mystère de leurs
« affinités » avec abdelmoumen Khalifa. Les téléspectateurs ont pu
en regardant des émissions à la télé ou en feuilletant des magazines
peoples qui ont diffusés ou publiés des images et photos de
réceptions offertes par le golden boy apercevoir quelques pontes du
régime algérien. C’est dire que la « connexion » n’était pas une
simple vue de l’esprit. Abdelmoumen Khalifa fils de Laroussi avait
bel et bien le soutien de hauts responsables au sein de l’Etat
algérien. Des noms qu’on a pris le spin d’occulter. Dès lors il ne
faisait pas de doute que les lampistes allaient payer pour les
autres. Partant le procès pouvait être programmé. La certitude
qu’il n’éclabousserait personne au sein du sérail était telle que
même les fuites organisées du rapport de l’instruction , dont les
auteurs visaient tout simplement à susciter une réaction en mettant
dans la gêne, les pouvoirs publics, n’ont pas fait perdre à ces
personnes leur « sérénité » affichée à tout bout de champ. Le
procès de Khalifa était tout aussi virtuel qu’un Algérien se
promenant sur Mars. En fait, ce qui incitera à la fixation d’une
date, en l’occurrence, juillet 2006, aura été la grève de faim
déclenchée par les 5 inculpés en détention préventive à la prison
d’El Harrach. Ces derniers ne voyant rien se pointer à l’horizon ;
pendant que le principal responsable du scandale est en liberté à
Londres jouissant de la bénédiction , de Sa Majesté, ont décidé
d’entamer une grève de la faim. Par cette action , ils ont tenté
d’influer sur le cours de l’histoire. Ont-il réussi ? de prime abord
on aurait pu le croire. Car dans le sillage de cette grève, le
ministre de la justice a annoncé la date à laquelle devait se tenir
le procès. Le soulagement était total chez ces inculpés et leurs
familles qui ne comprenaient pas pourquoi leurs proches étaient en
prisons alors que tous les autres étaient en liberté non inquiétés
pour la plupart en dépit de la confirmation de faits qui leur
étaient reprochés. En effet sur l'ensemble des personnes
impliquées, 64 sont sous contrôle judiciaire, et 41 en liberté
provisoire. Tandis que 7 sont en fuite, dont le P-DG du groupe
Khalifa. Mais si cette annonce aura réussi à mettre un terme au
mouvement déclenché dans la prison d’El harrach, il n’en reste pas
qu’il s’avère aujourd’hui plus qu’évident que c’était là une
manœuvre qui obéissait à des calculs dont il serait peut-être
prématuré de qualifier par « politiciens ». Il reste fait-il
préciser que l’illusion a été sauve jusqu’à la dernière minute.
Personne en effet, n’aurait pu mettre en doute la décision de
conduire ce procès à terme. Ce qui détonait , à ne pas en doute
d’un consensus en haut lieu sur la conclusion d’un accord quant aux
limites à ne pas franchir dans la direction du futur procès. On a
même tenté de faire croire à la présence lors de ce procès de
Abdelmoun Khalifa à la faveur de la signature le 9 juillet à
Londres à l’occasion de la visite de Bouteflika dans la capitale
britannique de quatre conventions établissant l'accord
d'extradition entre les deux pays. autre fait « palpable » quant à
la détermination du pouvoir à se débarrasser de cette affaire en
programmant le procès a trait à son examen par la chambre
d'accusation près la cour de Blida s'est prononcée le 3 juillet en
décidant le maintien des charges criminelles contre certains
inculpés Ce qui n’a pas été interprété comme le signe d’une
programmation prochaine de la date du procès dans les prochains
jours . Mais en définitive c’était là que résidait l’astuce.
Belaiz
ignore-t-il les procédures judiciaires ?
Quelques avocats
après avoir pris connaissance de la décision de la chambre
d'accusation, ont introduit un pourvoi en cassation. La Cour
suprême à un délai de trois mois avant de se prononcer. Cela
implique que le procès ne peut se tenir avant que la Cour suprême
statue sur le pourvoi interjeté.
Belaiz pouvait-il
ignorer cette procédure judiciaire lorsqu’il a annoncé la tenue du
procès pour ce mois de juillet passé ? Cette probabilité est
rejetée. Le ministre de la Justice Garde des Sceaux ne peut pas
être au courant du fonctionnement de l’appareil judiciaire. C’est
pourquoi il est permis d’affirmer que procédant à l’annonce de la
tenue du procès il était persuadé de l’impossibilité de sa tenue à
la date fixée. Cette annonce est juste une manœuvre par laquelle
il était visé de gagner du temps. Et pour cause la cour Suprême qui
aura à étudier les pourvois en cassation a les prérogatives
d’annuler toute la procédure de la chambre d’accusation près la cour
de Blida. Elle peut tout simplement ordonner de tout reprendre à
zéro. Ce qui peut signifier que même la nouvelle date arrêtée
pour la prochaine session criminelle du tribunal de Blida, comme
l’a indiqué le 23 juillet Tayeb Belaïz peut ne pas être
respectée. Il faut faire remarquer qu’il a été donné à ce report un
habillage juridique indémontable. L’arrêt de renvoi de la chambre
d’accusation a fait l’objet d’un recours, ce qui est à l’origine du
report du procès, a-t-il expliqué. Il précisera que la loi stipule
le report du procès en cas de recours du parquet ou de la défense
concernant l’arrêt de la chambre d’accusation. Il fera même mine de
se désoler car sera-t-il indiqué « n'eussent été les pourvois en
cassation introduits par les avocats de la défense de certains
prévenus, particulièrement ceux se trouvant en détention, le procès
aurait eu lieu à la fin de ce mois ». Des déclarations qui ne
peuvent pas tromper tant ils sonnent faux. Ils signifient surtout
que le consensus de départ a fait l’objet d’une révision
Nadia kerraz
Haut
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