Semaine du 2 au 8 août 2006

 

Les terroristes qui ne se sont pas rendus ont jusqu'à fin août pour le faire

Dernier avertissement avant poursuites

Le procès Khalifa renvoyé à la prochaine session criminelle

Ça sent la manœuvre

 

 
 
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Les terroristes qui ne se sont pas rendus ont jusqu'à fin août pour le faire

Dernier avertissement avant poursuites

Les déclarations du ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Yazid Zerhouni, à l'occasion de la fête de la police, le 22 juillet dernier, sont certainement le message le plus clair quant à la nature de la réconciliation nationale. Celle-ci n'aura été qu'une trêve pour les irréductibles de la nébuleuse terroriste. Le ministre de l'Intérieur a rappelé la date butoir au delà de laquelle il n’y a plus d'autre possibilité pour les terroristes, apparemment, que de se rendre ou de mourir.

La fête de la police a été marquée cette année par les déclarations du ministre de l'Intérieur. De plus gros salaires et un statut particulier pour les policiers, mais aussi des missions plus complexes et plus dures. Policiers et gendarmes sont appelés à s'attaquer à une forme de criminalité inconnue en Algérie, selon le ministre, avant aujourd'hui.

Mais les plus marquantes de ces déclarations sont celles liées à la poursuite de la lutte contre les groupes terroristes. Au-delà du mois d'août, «la politique de lutte contre le terrorisme se poursuivra même après la fin de l'échéance de la mise en œuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale», a indiqué Zerhouni.

Son appel «à ceux qui ne se sont pas encore rendus» afin qu'ils saisissent l'opportunité des dispositions de la Charte tenait lieu de dernier avertissement. «Les personnes qui ont compris le sens de la politique de réconciliation et de ses textes doivent en profiter et ils sont les bienvenus», a ajouté le ministre, sinon, «nous les combattrons par tous les moyens».

Le ministre de l'Intérieur a donné ses chiffres des résultats de la réconciliation nationale : 200 terroristes se sont rendus et au moins 300 sont toujours actifs. Ce sont apparemment à ceux là que s'adresse l'invite du ministre de l'Intérieur. On pourra digresser longtemps sur leur qualité, leur appartenance idéologique et même déterminer les phalanges ou groupuscules auxquels ils appartiennent, cela n'expliquera jamais le peu d'empressement à se rendre et finalement obtenir l'absolution et l'entêtement à vouloir maintenir un djihad inutile alors que le projet islamiste porté par la violence est mort et enterré.

Cette déclaration de Zerhouni souligne-t-elle qu'il n y aura pas d'échéance élastique comme ce fut le cas avec la concorde civile ? Certes les dispositions de la Charte sont plus généreuses ; elles ont des considérations plus générales et ne sont pas destinées à régler le problème d'un seul groupe, mais à rassembler en un seul package les données d'une profonde crise. Il s'agit d'un remède de cheval. Extinction de poursuites et aucune possibilité de référer en serait ce qu'au passé de ces hommes.

Est-ce que la contrepartie de la générosité serait plus de sévérité à l’encontre de ceux qui rejettent la main tendue ? Les déclarations de M. Zerhouni interviennent quelques jours après que l'on ait enregistré, au Centre du pays, une recrudescence inattendue de la violence. Des actes d'une rare barbarie rappelant les moments les plus sombres de la dernière décennie ont été réédités. Faux barrages, embuscades, égorgements, attaque à la roquette et même assaut contre un camp de vacance Naftal près de Tipasa. Même s'il n'en réduit pas l'ampleur, le ministre de l'Intérieur indique que ces attentats n'ont fait qu'une dizaine de morts. Une dizaine de morts de trop, faut-il le souligner, alors que l'on était censé en finir avec la terreur.

Pour Zerhouni, les derniers événements liés au terrorisme sont «des tentatives dont l'objectif est d'attirer l'attention», mettant en évidence la réduction importante des actes terroristes. «Nous enregistrons actuellement un acte terroriste tous les quinze jours, après avoir enregistré, par le passé, un acte par semaine.» Une division par deux, mais cela demeure excessif lorsque l'on sait les dispositions généreuses de la réconciliation nationale et les possibilités de sortie de crise offertes qui n'intéressent pas les derniers groupes armés encore actifs.

Des chiffres excessifs au regard des autres chiffres présentés par le ministère de l'Intérieur, ceux de la participation massive des Algériens – qui eux, n'ont pas tari de générosité – appelés à accorder leur pardon aux terroristes.

Il y a effectivement une disproportion entre l'acte de générosité, qui confère, au-delà de tout ce qui a été vu de par le monde, l'immunité aux criminels – avec la bénédiction d'un référendum populaire – et le peu d'intérêt prêté par les groupes terroristes à cet acte.

Le retour au tout sécuritaire

On ne rappellera jamais assez que la réduction des actes terroristes et des groupes est passée d'abord par une lutte sanglante et fratricide menée durant des années par l'armée, tous les corps de sécurité, y compris la garde communale ainsi que les citoyens enrôlés dans les Groupes d'autodéfense et les Patriotes. La lutte armée a duré longtemps mais n'a pas été un échec. Mais si l’on comprend que les conséquences la crise multiforme née de la violence appelait aussi une solution politique concrétisée par la concorde civile et la réconciliation nationale, nous sommes bien obligés de constater ses limites, par contre. Aujourd'hui, on revient à la solution sécuritaire. Dès que quelques éléments armés font parler d'eux, ne serait-ce qu'en provoquant des escarmouches avec les forces de sécurité, c'est en fait toute la problématique de la question terroriste qui est renvoyée au visage des responsables politiques et des Algériens en général, au moment où on constate les limites pratiques de la Charte.

De plus, la solution sécuritaire ne vaut pas seulement pour les groupes terroristes, elle vaut aussi pour le grand banditisme qui a pris une ampleur attendue mais difficile à contrer, de l'aveu même du ministre. Zerhouni a indiqué que c'est à l'Etat de démontrer sa capacité à être partout à travers ses représentants lorsqu'il s'agit de protéger les personnes et les biens. Cela paraît difficile lorsque le ministre de l'Intérieur souligne que sur les 550 daïras que compte le pays, moins de la moitié sont dotées de brigades des services de sécurité.

La raison de l'inquiétude du ministre réside dans de nouveaux aspects de la criminalité et de la sécurité observés depuis peu. Le grand banditisme, caractérisé par les hold up et les enlèvements en particulier, a émergé après que «les bandits eurent découvert la puissance de l'arme et de son utilisation». Il s'agit d'un des éléments de crainte exprimés par le même ministre il y a quelques années, justement le basculement des groupes terroristes ou de leurs moyens dans le banditisme. Au-delà de la lutte conte le terrorisme, les services de sécurité auront à affronter les bandes organisées et armées.

Le ministre de l'Intérieur a annoncé le renforcement des corps de la police et de la gendarmerie puisque les effectifs de ces corps de sécurité devraient atteindre, d'ici 2009, 200 000 policiers et 100 000 gendarmes.

Amine Esseghir

 

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Le procès Khalifa renvoyé à la prochaine session criminelle

Ça sent la manœuvre

Décidemment, l’affaire Khalifa n’est pas prête de livrer tous ses secrets.  A telle enseigne que  la question qui se pose aujourd’hui à la lumière du renvoi du procès pour la prochaine session criminelle est de savoir si effectivement une volonté politique de tenir le procès existe.  Et pourtant le doute qui avait traversé les esprits quant à l’absence de  cette volonté chez les pouvoirs publics de faire toute la lumière sur cette « escroquerie du siècle » a été levé suite aux déclarations du ministre de la Justice, garde des Sceaux, M. Tayeb Belaïz. En effet ce dernier a avait annoncé il y a de cela quelques mois que le procès se tiendra en  ce mois de juillet écoulé.

Effet d’annonce 

Il n’en fallait pas plus pour redonner de l’air à un dossier  qui donnait l’impression d’avoir été mis sous le boisseau. Et pour cause ce dossier sentait à mille lieux  les effluves d’un scandale politico-financier. Il est vrai que  la générosité de Abdelmoumen khalifa n’avait épargné aucun, ou presque, responsable et ce dans toutes les sphères. Du politique, à l’économique, en passant par la sportive et la culturelle. Et la liste des personnalités impliquées est loin d’être exhaustive. Des syndicalistes ont été cités comme acteurs dans cette affaire.     Les hommes et les  femmes, les plus en vue ainsi de leurs familles respectives on profité des largesses de Khalifa. La contrepartie était en général les dépôts de fonds effectués dans les caisses de Khalifa Bank.  Selon un chiffre officiel avancé par le ministre de la justice, 4000 personnes ont été auditionnées dans le cadre de l’instruction de cette affaire. Au bout de plusieurs mois d’investigation 104 personnes ont été inculpées. Un feu de paille. Car il ne fait pas de doute que les parrains de Abdelmoumen Khalifa n’ont été inquiétés par les instructeurs en charge du dossier. C’était la preuve que l’on a voulu délibérément faire porter le chapeau à certains en épargnants d’autres dont pourtant n’avaient  pas fait mystère de leurs « affinités » avec abdelmoumen Khalifa.  Les téléspectateurs ont pu en regardant des émissions à la télé ou en feuilletant des magazines peoples qui ont diffusés ou publiés des images et photos de  réceptions  offertes par le golden boy apercevoir quelques pontes du régime algérien. C’est dire que la « connexion » n’était pas une simple vue de l’esprit.  Abdelmoumen Khalifa fils de Laroussi avait bel et bien le soutien de hauts responsables au sein de l’Etat algérien. Des noms qu’on a pris le spin d’occulter. Dès lors il ne faisait pas de doute que les lampistes allaient payer pour les autres. Partant  le procès pouvait être programmé. La certitude qu’il n’éclabousserait personne au sein du sérail était telle que même les fuites organisées du rapport de l’instruction , dont les auteurs visaient tout simplement  à susciter une réaction en mettant dans la gêne, les pouvoirs publics, n’ont pas fait perdre à ces personnes  leur « sérénité » affichée à tout bout de champ. Le procès de Khalifa était tout aussi virtuel qu’un Algérien se promenant sur Mars. En fait, ce qui incitera à la fixation d’une date, en l’occurrence, juillet 2006, aura été la grève de faim déclenchée par les 5 inculpés en détention préventive à la prison d’El Harrach. Ces derniers ne voyant rien se pointer à l’horizon ; pendant que le principal  responsable du scandale est en liberté à Londres jouissant de la bénédiction , de Sa Majesté, ont décidé d’entamer une grève de la faim. Par cette action , ils ont tenté d’influer sur le cours de l’histoire. Ont-il réussi ? de prime abord on aurait pu le croire. Car dans le sillage de cette grève, le ministre de la justice a annoncé  la date à laquelle devait se tenir le procès. Le soulagement était total chez ces inculpés et leurs familles qui ne comprenaient pas pourquoi leurs proches étaient en prisons alors que tous les autres étaient en liberté non inquiétés pour la plupart en dépit de la confirmation de faits qui leur étaient reprochés.  En effet  sur l'ensemble des personnes impliquées, 64  sont sous contrôle judiciaire, et  41 en liberté provisoire. Tandis que  7  sont en fuite, dont le P-DG du groupe Khalifa. Mais si cette annonce aura réussi à mettre un terme au mouvement déclenché dans la prison d’El harrach, il n’en reste pas qu’il s’avère aujourd’hui plus qu’évident que c’était là une manœuvre qui obéissait à des calculs dont il serait peut-être prématuré  de qualifier par « politiciens ». Il reste fait-il préciser que l’illusion a été sauve jusqu’à la dernière minute. Personne en effet, n’aurait pu mettre en doute la décision de conduire ce procès à terme. Ce qui  détonait , à ne pas en doute d’un consensus en haut lieu sur la conclusion d’un accord quant aux  limites à ne pas franchir dans la direction du futur procès. On a même tenté de faire croire à la présence lors de ce procès de Abdelmoun Khalifa à la faveur de la signature le 9 juillet  à Londres à l’occasion de la visite de Bouteflika dans la capitale britannique de  quatre conventions établissant l'accord d'extradition entre les deux pays. autre fait « palpable » quant à la détermination du pouvoir à se débarrasser de cette affaire en programmant le procès a trait  à son examen par la chambre d'accusation près la cour de Blida s'est prononcée le 3 juillet   en décidant le maintien des charges criminelles contre certains inculpés Ce qui n’a pas été interprété  comme le signe  d’une  programmation prochaine de la date du procès dans les prochains jours . Mais en définitive c’était là que résidait l’astuce.

Belaiz ignore-t-il les procédures judiciaires ?

Quelques  avocats après avoir  pris connaissance de la décision de la chambre d'accusation, ont introduit un pourvoi en cassation.  La Cour suprême à un délai de trois mois avant de se prononcer.  Cela implique que le procès ne peut se tenir  avant que   la Cour suprême statue sur le pourvoi interjeté.

Belaiz pouvait-il ignorer cette procédure judiciaire lorsqu’il  a annoncé la tenue du procès pour ce mois de juillet passé ?  Cette probabilité  est  rejetée. Le ministre de la Justice  Garde  des Sceaux ne peut pas être au courant du fonctionnement de l’appareil judiciaire. C’est pourquoi il est permis d’affirmer que procédant à l’annonce de la tenue du procès il était persuadé de l’impossibilité de sa tenue à la date fixée. Cette annonce est juste une manœuvre    par laquelle il était visé de gagner du temps. Et pour cause  la cour Suprême qui aura à étudier les pourvois en cassation a  les  prérogatives d’annuler toute la procédure de la chambre d’accusation près la cour de Blida. Elle peut tout simplement  ordonner de tout reprendre à zéro. Ce qui  peut signifier que même la nouvelle date arrêtée  pour  la prochaine session criminelle du tribunal de Blida, comme l’a   indiqué le 23 juillet  Tayeb Belaïz peut ne pas être respectée. Il faut faire remarquer qu’il a été donné à ce report  un habillage juridique indémontable. L’arrêt de renvoi de la chambre d’accusation a fait l’objet d’un recours, ce qui est à l’origine du report du procès, a-t-il  expliqué. Il précisera que la loi stipule le report du procès en cas de recours du parquet ou de la défense concernant l’arrêt de la chambre d’accusation. Il fera même mine de se désoler car sera-t-il indiqué  « n'eussent été les pourvois en cassation introduits par les avocats de la défense de certains prévenus, particulièrement ceux se trouvant en détention, le procès aurait eu lieu à la fin de ce mois ». Des déclarations qui ne peuvent pas tromper tant ils sonnent faux. Ils signifient surtout que le consensus de départ  a fait l’objet d’une révision

Nadia kerraz

 

 

 

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