Semaine du 2 au 8 août 2006

 

  Le Liban abandonné, livré à Israël

Fermez les yeux, génocide en cours

 

 
 
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Le Liban abandonné, livré à Israël

Fermez les yeux, génocide en cours

Le Liban occupe, malheureusement, pour la troisième semaine consécutive, la Une des médias. Malheureusement car l’actualité libanaise est faite de morts, de destructions et d’incertitudes.

Lundi 31 juillet la guerre menée contre ce pays a atteint son summum. «L’horreur» titre El Watan après le massacre perpétré contre la population du village de Cana.  «Boucherie à Cana» constate de son côté El Djazaïr News, qui indique que l’Etat sioniste a tué 37 enfants. «Cana 1996… Cana 2006 : les nazis reviennent» relève El Khabar. Ce sentiment est  également  reflété  par El Youm. Le quotidien, qui relève que plus de 60 personnes, en majorité des femmes et des enfants, conclut que «Israël a commis une nouveau massacre à Cana».

En fait, ce massacre n’est pas pour surprendre, puisque dès le début de cette guerre, le penchant génocidaire d’Israël avait été relevé par les observateurs. Ainsi, le titre de Une de La Tribune du dimanche 30 juillet reflétait déjà  cette tendance en titrant «Appétences génocidaires de l’Etat hébreu au Liban». Le rédacteur explique le pourquoi de ce «revirement». C’est ainsi qu’il souligne que «le revers qu’a subi l’armée de terre de l’Etat hébreu  dans plusieurs localités du Liban-Sud semble avoir poussé les chefs militaires israéliens à changer de stratégie et à revenir à des méthodes plus barbares, à savoir le bombardement et le pilonnage intensif sans distinction, quitte à perpétrer un génocide sans nom».

Israël, un Etat hors droit 

Dans son édition du mercredi 26 juillet, El Khabar reprend un constat établi par Humans Rights Watch, des médecins et  des experts, qui soutiennent qu’Israël bombarde les civils avec des armes prohibées. La Nouvelle République  paraissant le même jour publie en dernière page un long papier dans lequel il est démontré qu’Israël est «un Etat terroriste». Ainsi est-il précisé, «les Palestiniens ainsi que nombre de leurs alliés arabes ont été pendant plus d’un demi-siècle, la cible du terrorisme constant des Israéliens». De même que «chaque Palestinien et Arabe se rend compte qu’un demi-siècle de terreur israélienne n’aurait jamais eu lieu sans le support financier militaire et diplomatique actif des Etats-Unis. Ils savent que le lobby juif est aux commandes de la politique moyen-orientale des Etats-Unis  et que les Sionistes peuvent obtenir ce qu’ils veulent du Congrès dans les domaines qui leur sont importants. (…) Les Arabes savent que presque chaque bombe qui tue leurs compatriotes vient d’Amérique. Chaque bella, chaque tank, chaque avion de combat sont fabriqués ou payés en dollars américains. Ce sont les milliards d’aides américaines qui ont permis  à l’Etat juif de terroriser les Arabes pendant un demi-siècle».

Le Jour d’Algérie du 30 juillet livre son analyse sur ce qui se passe dans la région. «Jamais on ne fera croire à qui se soit aujourd’hui que ce qui se passe au Liban est le résultat d’une modeste action militaire du Hezbollah à la frontière sud de ce pays.» Selon lui, ce qui se passe relève d’un plan bien réfléchi. «Le plan  anglo-américain pour le Liban  est d’une affolante  simplicité.» Ainsi, est-il expliqué,  «il a consisté  à faire assassiner Rafic Hariri (…) puis dans un second temps à faire endosser le crime à la Syrie, pour la contraindre à quitter le Liban et ainsi le désarmer». L’autre phase consistait à faire croire au Hezbollah que ses positions allaient être attaquées, d’où la riposte du Hezbollah qui a consisté en l’enlèvement de deux soldats du Tsahal. Il n’en fallait pas plus pour donner naissance à une riposte israélienne «totalement  disproportionnée».  La solution  était  toute prête. L’éditorialiste de ce quotidien précise qu’elle consiste en «une occupation militaire du Sud-Liban à travers l’envoi d’une force multinationale dirigée par l’état-major US».  Ce plan, est-il souligné, présente l’avantage de mettre sous occupation militaire anglo-saxonne deux pays arabes. Ce qui n’est pas pour arranger les choses puisque le sort de ces deux pays «sera sans aucun doute identique à celui imposé par Bill Clinton à l’ex-Yougoslavie : la partition et le morcellement du pays». 

Critiquant la position égyptienne, car Moubarak «croyant échapper ainsi au sort  qui attend tous les pays arabes sans exception : la néo-colonisation et le dépeçage de territoires jugés trop grands et trop menaçants pour Israël d’abord et pour le duo anglo-américain ensuite», l’éditorialiste du Jour d’Algérie appelle, dans un éditorial paru le 27 juillet, à une réaction des gouvernants, du fait que «l’heure des négociations verbales sans suite est révolue» car «il s’agit aujourd’hui de commencer à nous organiser pour résister à la sauvagerie des attaques qui nous guettent, venant de la part de gens qui ont appris depuis longtemps à ne plus nous respecter».

Honte à vous, Arabes !

 En attendant cette réaction, qui ne viendra pas, au regard de l’évolution de la situation dans la région, le Hezbollah se défend et défend le territoire libanais.  En fait, il fait mieux que de se défendre. Au 17e jour de la guerre, Tsahal a appris à ses dépens que les combattants de ce mouvement ont quelques moyens de riposte.

«Sur le terrain, Israël surpris de jour en jour par le Hezbollah.»  Le Jeune Indépendant qui  fait ce constat rapporte, dans son édition  du samedi 29 juillet,  que «le Hezbollah a surpris l’armée israélienne en franchissant une nouvelle étape, qualitative». Ainsi, est-il indiqué, «il a tiré pour la première fois un nouveau type de missile». Le commentateur dénonce également l’attitude  de Hosni Moubarak. Il estime que «la réaction du Président semble s’attaquer à l’influence du chiisme, en progression dans les milieux aussi bien intellectuels que populaires  dans le monde arabo-musulman. Un chiisme qui se présente et qui est perçu comme une force libératrice et dont le Hezbollah en est le fer de lance dans la région arabe».  

El Watan du jeudi 27 souligne également la résistance dont fait preuve le mouvement chiite. Il annonce en Une qu’«Israël compte ses morts». El Ahdeth, citant des ministres israéliens, rapporte que ces derniers ont affirmé qu’ils n’avaient «pas compté sur une pareille guerre». 

Nadia Kerraz

 

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