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Le Liban abandonné, livré à Israël
Fermez les
yeux, génocide en cours
Le Liban occupe,
malheureusement, pour la troisième semaine consécutive, la Une des
médias. Malheureusement car l’actualité libanaise est faite de
morts, de destructions et d’incertitudes.
Lundi 31 juillet
la guerre menée contre ce pays a atteint son summum. «L’horreur»
titre El Watan après le massacre perpétré contre la population du
village de Cana. «Boucherie à Cana» constate de son côté El Djazaïr
News, qui indique que l’Etat sioniste a tué 37 enfants. «Cana 1996…
Cana 2006 : les nazis reviennent» relève El Khabar. Ce sentiment
est également reflété par El Youm. Le quotidien, qui relève que
plus de 60 personnes, en majorité des femmes et des enfants, conclut
que «Israël a commis une nouveau massacre à Cana».
En fait, ce
massacre n’est pas pour surprendre, puisque dès le début de cette
guerre, le penchant génocidaire d’Israël avait été relevé par les
observateurs. Ainsi, le titre de Une de La Tribune du dimanche 30
juillet reflétait déjà cette tendance en titrant «Appétences
génocidaires de l’Etat hébreu au Liban». Le rédacteur explique le
pourquoi de ce «revirement». C’est ainsi qu’il souligne que «le
revers qu’a subi l’armée de terre de l’Etat hébreu dans plusieurs
localités du Liban-Sud semble avoir poussé les chefs militaires
israéliens à changer de stratégie et à revenir à des méthodes plus
barbares, à savoir le bombardement et le pilonnage intensif sans
distinction, quitte à perpétrer un génocide sans nom».
Israël, un Etat
hors droit
Dans son édition
du mercredi 26 juillet, El Khabar reprend un constat établi par
Humans Rights Watch, des médecins et des experts, qui soutiennent
qu’Israël bombarde les civils avec des armes prohibées. La Nouvelle
République paraissant le même jour publie en dernière page un long
papier dans lequel il est démontré qu’Israël est «un Etat
terroriste». Ainsi est-il précisé, «les Palestiniens ainsi que
nombre de leurs alliés arabes ont été pendant plus d’un demi-siècle,
la cible du terrorisme constant des Israéliens». De même que «chaque
Palestinien et Arabe se rend compte qu’un demi-siècle de terreur
israélienne n’aurait jamais eu lieu sans le support financier
militaire et diplomatique actif des Etats-Unis. Ils savent que le
lobby juif est aux commandes de la politique moyen-orientale des
Etats-Unis et que les Sionistes peuvent obtenir ce qu’ils veulent
du Congrès dans les domaines qui leur sont importants. (…) Les
Arabes savent que presque chaque bombe qui tue leurs compatriotes
vient d’Amérique. Chaque bella, chaque tank, chaque avion de combat
sont fabriqués ou payés en dollars américains. Ce sont les milliards
d’aides américaines qui ont permis à l’Etat juif de terroriser les
Arabes pendant un demi-siècle».
Le Jour d’Algérie
du 30 juillet livre son analyse sur ce qui se passe dans la région.
«Jamais on ne fera croire à qui se soit aujourd’hui que ce qui se
passe au Liban est le résultat d’une modeste action militaire du
Hezbollah à la frontière sud de ce pays.» Selon lui, ce qui se passe
relève d’un plan bien réfléchi. «Le plan anglo-américain pour le
Liban est d’une affolante simplicité.» Ainsi, est-il expliqué,
«il a consisté à faire assassiner Rafic Hariri (…) puis dans un
second temps à faire endosser le crime à la Syrie, pour la
contraindre à quitter le Liban et ainsi le désarmer». L’autre phase
consistait à faire croire au Hezbollah que ses positions allaient
être attaquées, d’où la riposte du Hezbollah qui a consisté en
l’enlèvement de deux soldats du Tsahal. Il n’en fallait pas plus
pour donner naissance à une riposte israélienne «totalement
disproportionnée». La solution était toute prête.
L’éditorialiste de ce quotidien précise qu’elle consiste en «une
occupation militaire du Sud-Liban à travers l’envoi d’une force
multinationale dirigée par l’état-major US». Ce plan, est-il
souligné, présente l’avantage de mettre sous occupation militaire
anglo-saxonne deux pays arabes. Ce qui n’est pas pour arranger les
choses puisque le sort de ces deux pays «sera sans aucun doute
identique à celui imposé par Bill Clinton à l’ex-Yougoslavie : la
partition et le morcellement du pays».
Critiquant la
position égyptienne, car Moubarak «croyant échapper ainsi au sort
qui attend tous les pays arabes sans exception : la néo-colonisation
et le dépeçage de territoires jugés trop grands et trop menaçants
pour Israël d’abord et pour le duo anglo-américain ensuite»,
l’éditorialiste du Jour d’Algérie appelle, dans un éditorial paru le
27 juillet, à une réaction des gouvernants, du fait que «l’heure des
négociations verbales sans suite est révolue» car «il s’agit
aujourd’hui de commencer à nous organiser pour résister à la
sauvagerie des attaques qui nous guettent, venant de la part de gens
qui ont appris depuis longtemps à ne plus nous respecter».
Honte à vous,
Arabes !
En attendant
cette réaction, qui ne viendra pas, au regard de l’évolution de la
situation dans la région, le Hezbollah se défend et défend le
territoire libanais. En fait, il fait mieux que de se défendre. Au
17e jour de la guerre, Tsahal a appris à ses dépens que
les combattants de ce mouvement ont quelques moyens de riposte.
«Sur le terrain,
Israël surpris de jour en jour par le Hezbollah.» Le Jeune
Indépendant qui fait ce constat rapporte, dans son édition du
samedi 29 juillet, que «le Hezbollah a surpris l’armée israélienne
en franchissant une nouvelle étape, qualitative». Ainsi, est-il
indiqué, «il a tiré pour la première fois un nouveau type de
missile». Le commentateur dénonce également l’attitude de Hosni
Moubarak. Il estime que «la réaction du Président semble s’attaquer
à l’influence du chiisme, en progression dans les milieux aussi bien
intellectuels que populaires dans le monde arabo-musulman. Un
chiisme qui se présente et qui est perçu comme une force libératrice
et dont le Hezbollah en est le fer de lance dans la région arabe».
El Watan du jeudi
27 souligne également la résistance dont fait preuve le mouvement
chiite. Il annonce en Une qu’«Israël compte ses morts». El Ahdeth,
citant des ministres israéliens, rapporte que ces derniers ont
affirmé qu’ils n’avaient «pas compté sur une pareille guerre».
Nadia Kerraz
Haut
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