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La preuve par
El-Djazira
Au lieu de
dénoncer la chaîne satellitaire pour l’odieuse manipulation qui a
conduit Ali Belhadj derrière les barreaux, c’est l’Etat algérien qui
est, une fois encore, pointé du doigt. Comme si tout autre Etat que
celui-là aurait pu faire l’impasse sur des propos, certes tronqués,
mais d’une exceptionnelle gravité dans un contexte aussi sensible et
des circonstances aussi dangereuses qui ont abouti à la mort de deux
de nos représentants à l’étranger. Mieux que cela, c’est Al-Djazira
elle-même qui revient à la charge le lendemain en reprochant aux
autorités algériennes d’avoir fait leur travail, et qui passe sous
silence son propre travail de désinformation avec l’assentiment
tacite des gens du FIS dissous.
Le sale coup qui
vient d’être fait à Ali Belhadj par la chaîne de télévision
satellitaire El-Djazira est certainement la preuve la plus éclatante
qui se pouvait imaginer de la duplicité d’un média qui a de tout
temps utilisé l’islamisme pour porter tort à l’Algérie, à son Etat
et à son peuple. Manipulé serait en fait un terme plus exact, mais
qu’il a toujours été assez difficile de faire admettre aux
islamistes algériens, convaincus que le soutien que leur apportent
certains médias étrangers ou même certains gouvernements, tenait à
des questions de principe, pour ne pas dire à une communauté de
convictions politiques ou religieuses. Force est, pour les gens du
FIS, de se poser aujourd’hui quelques questions de fond à défaut de
songer à des révisions déchirantes. A commencer par celle qui
consiste à se demander pourquoi et comment les journalistes d’Al-Djazira
ont amené Ali Belhadj à faire une déclaration quelques heures
seulement avant l’odieux assassinat de nos deux diplomates enlevés.
Pourquoi l’ont-ils laissé lire une longue déclaration de principe,
qui ne faisait rien d’autre que rappeler les positions de principe
traditionnelles du FIS et qui se fondent sur un oppositionnisme
forcené à l’égard de l’Etat algérien, avant de couper son
intervention au moment où il allait adresser une supplique aux
ravisseurs. La manipulation est si grosse et le piège si évident
qu’il est à se demander si les gens du FIS dissous n’ont pas en
vérité un gros problème psychologique qui les empêche de reconnaître
leurs erreurs même lorsqu’elles sont de nature à mettre en péril
leur propre existence, tant politique que physique. Le fait est
qu’au lieu de dénoncer la chaîne satellitaire pour l’odieuse
manipulation qui a conduit Ali Belhadj derrière les barreaux, c’est
l’Etat algérien qui est, une fois encore, pointé du doigt. Comme si
tout autre Etat que celui-là aurait pu faire l’impasse sur des
propos, certes tronqués, mais d’une exceptionnelle gravité dans un
contexte aussi sensible et des circonstances aussi dangereuses qui
ont abouti à la mort de deux de nos représentants à l’étranger.
Mieux que cela, c’est Al-Djazira elle-même qui revient à la charge
le lendemain en reprochant aux autorités algériennes d’avoir fait
leur travail, et qui passe sous silence son propre travail de
désinformation avec l’assentiment tacite des gens du FIS dissous,
dont pas un seul n’a jugé utile de relever le jeu pervers de la
chaîne.
Comme nous pouvons
difficilement imaginer que Ali Belhadj ait pu, d’une manière ou
d’une autre, se mettre consciemment dans une situation aussi
délicate ou que ses camarades aient pu être complices d’une telle
machination, il reste comme seule explication que nous avons
effectivement affaire à des gens d’une totale absence d’intelligence
politique qui sont fondamentalement incapables de distinguer leurs
amis de leurs ennemis et qui ne savent pas déceler les limites ni
même l’existence d’un danger. Au point qu’il serait plus judicieux
de songer à envoyer Ali Belhadj et ses amis dans un établissement
scolaire spécialisé apte à refaire entièrement leur formation
intellectuelle. A leur apprendre les rudiments de la logique, de la
rationalité, de la méthode et du simple bon sens, plutôt que de les
envoyer encore en prison où ils ne feront que s’enfoncer un peu plus
dans la haine et l’aveuglement. Tant il est vrai que douze longues
années d’incarcération n’ont guère réussi à faire évoluer d’un iota
un individu qui fonctionne à la base avec de mauvais instruments de
navigation. Ne comprenant rien ni à la logique ni à la rationalité,
ne bénéficiant d’aucune culture institutionnelle et ne sachant pas
faire la différence entre une organisation qui existe pour de vrai
et une autre qui n’est que le fruit de savants et diaboliques
montages, il soutient indistinctement tout ce qui se proclame contre
l’Etat algérien. Hier le GIA, aujourd’hui El-Zerqaoui, il lui suffit
de les imaginer en train de dépecer le corps d’un de ses concitoyens
vêtu de l’uniforme de l’ANP pour applaudir sans même se donner le
temps de réfléchir. Pourtant, il a lui-même porté cet uniforme pour
demander à aller combattre en Irak, en 1990. Illogique, une fois
encore. Le problème étant de savoir comment se comporter avec des
gens qu’on a laissé gagner une telle dimension politique(par
calcul) et qui constituent aujourd’hui encore un véritable danger
pour eux-mêmes et pour les autres. La répression, si elle s’impose
dans le cadre du respect des lois de la République, ne réglera
pourtant pas à elle seule le problème. On ne fait pas avancer un
enfant en difficulté scolaire avec des coups de pied au derrière.
C’est pour cette
raison que la réconciliation nationale paraît être un bon moyen pour
désamorcer une bombe qui ignore elle-même qu’elle est une bombe qui
peut exploser à la moindre manipulation.
A. M.
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