|
Accueil
Asie Centrale
Les Etats-Unis
maintiennent leur hégémonie
Washington a
obtenu le droit de maintenir sa base militaire au Kirghizstan aussi
longtemps que nécessaire. Une victoire diplomatique, notamment sur
la Russie et la Chine, qui souhaitaient que soit fixée une date pour
le départ des troupes américaines installées en Asie Centrale.
La visite dans la
région du patron du Pentagone, dernièrement, s’est ainsi avérée
fructueuse. “La base de Manas sera maintenue aussi longtemps que
l’exigera la situation en Afghanistan”, a déclaré le ministre
kirghize de la Défense à son homologue américain. Une déclaration
qui contraste pourtant avec les positions jusque-là affichées par le
président kirghize, Kourmanbek Bakaiev, depuis son élection le 10
juillet. Il avait à plusieurs reprises demandé que soit fixée une
date limite à la présence des quelque 1 200 soldats américains
installés à l’aéroport de Manas. Cette prise de position faisait
suite aux exigences formulées début juillet par les membres de
l’Organisation de coopération de Shangaï (Russie, Chine, Kazakhstan,
Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan). Ces pays, Kirghizstan
compris, avaient estimé que “la phase militaire de l’opération
anti-terroriste en Afghanistan” étant terminée, il était temps que
la coalition internationale fixe “une date finale pour l’utilisation
temporaire des infrastructures et la présence de contingents
militaires” en Asie Centrale. La nouvelle position de Bichkek, qui
semblait hésiter ces derniers mois sur la position à prendre dans la
lutte de pouvoir que Russes, Chinois et Américains se livrent dans
la région, est un sérieux revers pour Moscou et Pékin qui voient
d’un mauvais œil la présence militaire à leurs frontières. Bichkek,
soucieuse de plaire à ses puissants voisins, avait adopté jusque-là
un ton pro-russe afin de calmer les inquiétudes de ceux qui
craignaient que le nouveau pouvoir kirghize ne propage des idées
franchement pro-américaines dans la région.
Le revirement
kirghize est d’autant plus gênant pour les Russes que Moscou fêtait
déjà son succès en annonçant vouloir doubler dans l’année les
effectifs de sa propre base au Kirghizstan, actuellement de 500
hommes.
Kourmanbek Bakaiev
a, en fait, surtout besoin du soutien économique et financier des
Etats-Unis pour remplir ses promesses électorales et redresser
l’économie du pays. Les 50 millions de dollars annuels versés par
Washington pour l’utilisation de la base de Manas sont, dans ce
contexte, un argument de poids. Donald Rumsfeld a d’ailleurs affiché
la couleur en félicitant Bichkek pour la démocratisation en cours
dans le pays, soulignant que l’élection démocratique de Kourmanbek
Bakaiev laissait entrevoir “de bonnes perspectives” pour les
relations économiques entre les deux pays.
Il faut surtout
savoir que Washington a apporté au Kirghizstan depuis son
indépendance en 1991, au total quelque 750 millions de dollars.
Ce succès
américain est d’autant plus important que l’Ouzbékistan a
formellement retiré aux Etats-Unis le droit d’utiliser sa base
aérienne de Kharshi Khanabad, plaque tournante des opérations
américaines en Afghanistan. Les deux pays sont en froid depuis que
Washington a demandé l’ouverture d’une enquête internationale sur la
répression sanglante d’Andijan (Est de l’Ouzbékistan) en mai, qui
aurait fait entre 500 et 1 000 morts selon les ONG, alors que
Tachkent ne reconnaît que 187 morts. L’Ouzbékistan a donné 180 jours
à Washington pour retirer ses avions et ses troupes et démanteler
ses installations. Le maintien de la base au Khirghizstan vient
ainsi à point nommé pour les Etats-Unis, qui restent en Asie
Centrale.
Haut
La Syrie toujours réticente au changement
Cinq ans après son
arrivée au pouvoir, le président syrien Bachar El-Assad n’a toujours
pas déverrouillé le système politique alors que son pays est plus
isolé que jamais sur les scènes régionale et internationale.
En prenant les
rênes du pouvoir, le 17 juillet 2000, après le décès de son père
Hafez El-Assad, le jeune Président avait soulevé l’espoir auprès des
Syriens d’une sortie de trois décennies marquées par le contrôle
sans partage des affaires du pays par le parti Baath et le monopole
des richesses par la nomenklatura.
“Le régime est
resté fondamentalement le même, mis à part des changements de pure
forme et la société est mise à l’écart de la vie politique”, affirme
l’écrivain Michel Kilo, une des figures de l’opposition.
Si la liberté
d’expression s’est élargie depuis quelques années, le régime ne
permet toujours pas qu’elle débouche sur la création de véritables
partis politiques susceptibles d’offrir une alternance.
Avant la tenue, en
juin, du Congrès du Baath, le Président syrien avait promis des
changements en profondeur, mais les résultats ont été en deçà des
espoirs. La vieille garde – les anciens compagnons de route de Hafez
El-Assad – a été renvoyée et le Congrès a “recommandé” une série de
mesures dont la création de partis politiques. Mais dans la
pratique, le Baath a toujours le monopole sur l’Etat et la société.
Et pour la première fois, des chefs des services de sécurité sont
entrés dans les instances du parti. De jeunes technocrates, proches
du Président, ont été récemment nommés à des postes importants,
notamment Adib Mayalé à la tête de la Banque centrale et Abdallah
Dardari pressenti comme prochain Premier ministre, vice-Premier
ministre pour les Affaires économiques.
Les responsables
syriens disent vouloir avancer dans les réformes à “petits pas” pour
préserver la stabilité. Mais les observateurs s’interrogent sur leur
marge de manœuvre alors que le centre de décision est détenu par le
Président et l’appareil militaro-sécuritaire qui l’entoure.
En fait, ces
derniers mois, le régime a durci le ton, multipliant les
arrestations parmi les militants des droits de l’homme. L’unique
forum de discussion politique jusqu’à présent toléré, le “salon
Arassi”, a été fermé en mai. Pour des opposants, ces violations
marquent les limites d’ouverture des autorités qui n’ont toujours
pas supprimé la loi d’urgence en vigueur depuis 1963. Depuis cinq
ans, “les autorités n’ont fait que des promesses, les choses se
détériorent sur tous les plans”, constate le militant des droits de
l’homme, l’avocat Anouar Bunni, qui évoque “le retour à un climat de
répression”.
Au niveau
extérieur, le dialogue avec Washington et Paris est au point mort.
Les sanctions économiques américaines imposées en mai 2004 à Damas
sont toujours en vigueur. La France a retiré son soutien à la Syrie
en raison de la crise libanaise et l’Accord d’association avec
l’Union européenne est gelé sur décision de Bruxelles.
De plus, Damas a
perdu ses atouts régionaux et son principal allié est l’Iran. Après
avoir dominé le Liban pendant des décennies, les troupes syriennes
ont été acculées à se retirer de ce pays fin avril. Enfin, les
relations entre Beyrouth et Damas sont loin d’être au beau fixe...
Géorgie
Haut
Les troupes russes commencent leur retrait
La Russie a
commencé à retirer ses troupes de Géorgie, deux mois après un accord
bilatéral sur les modalités du démantèlement avant fin 2008 des deux
bases russes héritées de l’URSS en Géorgie. La présence militaire de
la Russie en Géorgie remonte à la seconde moitié du XVIIIe siècle,
lorsque les dirigeants géorgiens demandèrent une protection russe
contre les Turcs et les Persans.
La question des
bases était depuis plusieurs années une pomme de discorde entre
Russes et Géorgiens, dont les relations sont tendues depuis la chute
de l’Union soviétique en 1991. Quelque 3 000 militaires russes sont
déployés actuellement sur deux bases à Akhalkalaki (Sud), qui
devrait être évacuées, la première fin 2007, et Batoumi (qui cessera
d’exister) l’année suivante.
Haut
e-mail :contact@lesdebats.com |