Semaine du  3 au 9 Août  2005

Asie Centrale

Les Etats-Unis maintiennent leur hégémonie

La Syrie toujours réticente au changement

Les troupes russes commencent leur retrait

 

 
 
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Asie Centrale

Les Etats-Unis maintiennent leur hégémonie

Washington a obtenu le droit de maintenir sa base militaire au Kirghizstan aussi longtemps que nécessaire. Une victoire diplomatique, notamment sur la Russie et la Chine, qui souhaitaient que soit fixée une date pour le départ des troupes américaines installées en Asie Centrale.

La visite dans la région du patron du Pentagone, dernièrement, s’est ainsi avérée fructueuse. “La base de Manas sera maintenue aussi longtemps que l’exigera la situation en Afghanistan”, a déclaré le ministre kirghize de la Défense à son homologue américain. Une déclaration qui contraste pourtant avec les positions jusque-là affichées par le président kirghize, Kourmanbek Bakaiev, depuis son élection le 10 juillet. Il avait à plusieurs reprises demandé que soit fixée une date limite à la présence des quelque 1 200 soldats américains installés à l’aéroport de Manas. Cette prise de position faisait suite aux exigences formulées début juillet par les membres de l’Organisation de coopération de Shangaï (Russie, Chine, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan). Ces pays, Kirghizstan compris, avaient estimé que “la phase militaire de l’opération anti-terroriste en Afghanistan” étant terminée, il était temps que la coalition internationale fixe “une date finale pour l’utilisation temporaire des infrastructures et la présence de contingents militaires” en Asie Centrale. La nouvelle position de Bichkek, qui semblait hésiter ces derniers mois sur la position à prendre dans la lutte de pouvoir que Russes, Chinois et Américains se livrent dans la région, est un sérieux revers pour Moscou et Pékin qui voient d’un mauvais œil la présence militaire à leurs frontières. Bichkek, soucieuse de plaire à ses  puissants voisins, avait adopté jusque-là un ton pro-russe afin de calmer les inquiétudes de ceux qui craignaient que le nouveau pouvoir kirghize ne propage des idées franchement pro-américaines dans la région.

Le revirement kirghize est d’autant plus gênant pour les Russes que Moscou fêtait déjà son succès en annonçant vouloir doubler dans l’année les effectifs de sa propre base au Kirghizstan, actuellement de 500 hommes.

Kourmanbek Bakaiev a, en fait, surtout besoin du soutien économique et financier des Etats-Unis pour remplir ses promesses électorales et redresser l’économie du pays. Les 50 millions de dollars annuels versés par Washington pour l’utilisation de la base de Manas sont, dans ce contexte, un argument de poids. Donald Rumsfeld a d’ailleurs affiché la couleur en félicitant Bichkek pour la démocratisation en cours dans le pays, soulignant que l’élection démocratique de Kourmanbek Bakaiev laissait entrevoir “de bonnes perspectives” pour les relations économiques entre les deux pays.

Il faut surtout savoir que Washington a apporté au Kirghizstan depuis son indépendance en 1991, au total quelque 750 millions de dollars.

Ce succès américain est d’autant plus important que l’Ouzbékistan a formellement retiré aux Etats-Unis le droit d’utiliser sa base aérienne de Kharshi Khanabad, plaque tournante des opérations américaines en Afghanistan. Les deux pays sont en froid depuis que Washington a demandé l’ouverture d’une enquête internationale sur la répression sanglante d’Andijan (Est de l’Ouzbékistan) en mai, qui aurait fait entre 500 et 1 000 morts selon les ONG, alors que Tachkent ne reconnaît que 187 morts. L’Ouzbékistan a donné 180 jours à Washington pour retirer ses avions et ses troupes et démanteler ses installations. Le maintien de la base au Khirghizstan vient ainsi à point nommé pour les Etats-Unis, qui restent en Asie Centrale.

 

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La Syrie toujours réticente au changement

Cinq ans après son arrivée au pouvoir, le président syrien Bachar El-Assad n’a toujours pas déverrouillé le système politique alors que son pays est plus isolé que jamais sur les scènes régionale et internationale.

En prenant les rênes du pouvoir, le 17 juillet 2000, après le décès de son père Hafez El-Assad, le jeune Président avait soulevé l’espoir auprès des Syriens d’une sortie de trois décennies marquées par le contrôle sans partage des affaires du pays par le parti Baath et le monopole des richesses par la nomenklatura.

“Le régime est resté fondamentalement le même, mis à part des changements de pure forme et la société est mise à l’écart de la vie politique”, affirme l’écrivain Michel Kilo, une des figures de l’opposition.

Si la liberté d’expression s’est élargie depuis quelques années, le régime ne permet toujours pas qu’elle débouche sur la création de véritables partis politiques susceptibles d’offrir une alternance.

Avant la tenue, en juin, du Congrès du Baath, le Président syrien avait promis des changements en profondeur, mais les résultats ont été en deçà des espoirs. La vieille garde – les anciens compagnons de route de Hafez El-Assad – a été renvoyée et le Congrès a “recommandé” une série de mesures dont la création de partis politiques. Mais dans la pratique, le Baath a toujours le monopole sur l’Etat et la société. Et pour la première fois, des chefs des services de sécurité sont entrés dans les instances du parti. De jeunes technocrates, proches du Président, ont été récemment nommés à des postes importants, notamment Adib Mayalé à la tête de la Banque centrale et Abdallah Dardari pressenti comme prochain Premier ministre, vice-Premier ministre pour les Affaires économiques.

Les responsables syriens disent vouloir avancer dans les réformes à “petits pas” pour préserver la stabilité. Mais les observateurs s’interrogent sur leur marge de manœuvre alors que le centre de décision est détenu par le Président et l’appareil militaro-sécuritaire qui l’entoure.

En fait, ces derniers mois, le régime a durci le ton, multipliant les arrestations parmi les militants des droits de l’homme. L’unique forum de discussion politique jusqu’à présent toléré, le “salon Arassi”, a été fermé en mai. Pour des opposants, ces violations marquent les limites d’ouverture des autorités qui n’ont toujours pas supprimé la loi d’urgence en vigueur depuis 1963. Depuis cinq ans, “les autorités n’ont fait que des promesses, les choses se détériorent sur tous les plans”, constate le militant des droits de l’homme, l’avocat Anouar Bunni, qui évoque “le retour à un climat de répression”.

Au niveau extérieur, le dialogue avec Washington et Paris est au point mort. Les sanctions économiques américaines imposées en mai 2004 à Damas sont toujours en vigueur. La France a retiré son soutien à la Syrie en raison de la crise libanaise et l’Accord d’association avec l’Union européenne est gelé sur décision de Bruxelles.

De plus, Damas a perdu ses atouts régionaux et son principal allié est l’Iran. Après avoir dominé le Liban pendant des décennies, les troupes syriennes ont été acculées à se retirer de ce pays fin avril. Enfin, les relations entre Beyrouth et Damas sont loin d’être au beau fixe...

Géorgie

 

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Les troupes russes commencent leur retrait

La Russie a commencé à retirer ses troupes de Géorgie, deux mois après un accord bilatéral sur les modalités du démantèlement avant fin 2008 des deux bases russes héritées de l’URSS en Géorgie. La présence militaire de la Russie en Géorgie remonte à la seconde moitié du XVIIIe siècle, lorsque les dirigeants géorgiens demandèrent une protection russe contre les Turcs et les Persans.

La question des bases était depuis plusieurs années une pomme de discorde entre Russes et Géorgiens, dont les relations sont tendues depuis la chute de l’Union soviétique en 1991. Quelque 3 000 militaires russes sont déployés actuellement sur deux bases à Akhalkalaki (Sud), qui devrait être évacuées, la première fin 2007, et Batoumi (qui cessera d’exister) l’année suivante.

 

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