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Ecole
Un bilan SVP !
Les résultats pas
très réconfortants du baccalauréat et de l’examen d’entrée en 6e
pour l’année scolaire 2005/2006 méritent bien des explications de la
part du ministère de l’Education nationale. Un petit débat sur le
sort de la “réforme” de l’enseignement, des éclaircissements sur les
étapes à venir et les résultats escomptés, serait de nature à
rassurer (ou le contraire) les parents d’élèves.
Dans la commune de
Remchi (wilaya de Tlemcen) on est bien fiers d’arborer le meilleur
score de réussite à l’examen de 6e avec un taux de 88,45%. L’on
pourrait multiplier les exemples de ce genre dans d’autres communes
du monde rural. Mais cela reste très marginal car, vu les conditions
sociales et de travail en dehors des grandes villes du pays, les
résultats globaux confirment que le secteur de l’éducation a bien
plus besoin de moyens et de solutions réelles que de slogans.
Le taux national
de réussite à l’examen de sixième est de 53,57%. A peine un élève
sur deux. Dans le détail des chiffres, le gap est très important
entre d’un côté les grandes villes du pays et de l’autre celles du
monde du rural et en particulier dans le sud du pays. Le taux de
réussite est de 56,88% au Nord et de 38,90% dans les 14 wilayas du
Sud. Le taux le plus élevé a été enregistré à Annaba avec 82,85%,
puis à Saïda (74,04%), Tlemcen (69,19%), Constantine (66,26%) et
Guelma (66,09%). Quant à Alger, elle arrive à la 7e place avec
64,90%. Dans le bas du tableau, les plus faibles résultats ont été
enregistrés dans les wilayas de Tindouf (20,80%), Illizi (23,23%),
M’sila (26,26%), Tamanrasset (29,94%) et Adrar (30,38%).
La seule réaction
de la part du ministère de l’Education nationale était d’expliquer
que l’introduction, cette année, de l’examen de sixième était
“d’appréhender le niveau réel de nos élèves et de procéder aux
correctifs nécessaires dans le but d’améliorer régulièrement le
niveau et par là même le rendement global du système”. L’objectif
dans les années à venir serait, affirme-t-on, d’atteindre de manière
progressive les 95% de réussite à cet examen.
Comment ? Trois
modalités de passage en première année moyenne ont été retenues pour
parer aux déficiences profondes du “système”. Pour la première, il
suffit d’atteindre 5/10 à l’examen de 6e (peu importe si les
résultats obtenus au cours de l’année scolaire ne sont pas à la
hauteur). Dans un second cas, l’élève peu accéder au niveau
supérieur si le résultat de la somme des moyennes obtenues à
l’examen et durant l’année scolaire divisé par deux est égal à 5/10.
En dernier recours, les responsables n’écartent pas le recours à une
session de rattrapage en septembre 2005.
Voici les seules
explications qui ont été avancées à l’annonce des résultats de
l’examen de sixième de l’année scolaire 2004/2005. Pas un seul
commentaire sur la disparité de ces résultats ni pourquoi des
régions comme le Sud du pays affichent de faibles taux.
Au ministère de
tutelle, on préfère parler de “rendement global du système” comme si
on comparait la réforme de l’éducation nationale à des réglages
qu’on porte à une machine de fabrication de serviettes en papier.
L’essentiel c’est quelle justifie l’investissement qui a été
consenti en produisant tant de quantité par heure !
De la
malnutrition
Est-ce un hasard
que les wilayas du Sud, qui comptent parmi les plus déshéritées,
affichent d’aussi faibles résultats par rapport à celles du Nord ?
N’y a-t-il pas un lien entre les conditions de travail des
enseignants et des élèves ainsi que la situation sociale globale de
la population dans les régions concernées ? Il en existe
certainement. Sinon, il faudrait conclure que les enfants des villes
sont plus intelligents que les autres. Absurde.
Le ministre de
l’Education nationale a bien tenté de minimiser ces écarts en
reprochant aux regards de s’être attardés sur les 16 établissements
scolaires de Mascara qui ont affiché un taux nul de réussite à
l’examen de 6e “alors que cette wilaya compte plus de 350 écoles”,
a-t-il réagi, sans pour autant donner le taux moyen de réussite dans
cette wilaya pour convaincre qu’il s’agit bien de “cas
particuliers”.
La vérité est que
dans le monde rural en général (y compris dans le Sud) et chez les
populations pauvres en particulier, l’on éprouve de plus en plus de
difficulté à faire poursuivre aux enfants un cursus scolaire
convenable.
Dans un ouvrage
collectif intitulé La Nutrition chez l’enfant, paru il y a moins
d’une année, le professeur Mostéfa Khiati explique comment la
qualité de l’alimentation est primordiale pour un enfant dès sa
naissance, mais également durant sa scolarité, c’est-à-dire au
moment où il est appelé à faire des efforts d’apprentissage de la
connaissance.
Dans d’autres
entretiens accordés à la presse, le professeur Khiati constatait
l’existence d’un million d’enfants malnutris, ce qui est lié, selon
lui, “à plusieurs facteurs dont le plus important c’est la cherté de
la vie”. Théoriquement, c’est à l’Etat donc de prendre en charge
l’alimentation des enfants scolarisés dans les régions connues pour
leur pauvreté. Mais la réalité est tout autre.
En effet, le
manque manifeste de cantines scolaires pose un gros problème pour
les enfants scolarisés dans les régions déshéritées. Il est
inconcevable, surtout à l’intérieur du pays et au Sud, que le taux
de demi-pensionnats ne dépasse pas 5% dans des régions où beaucoup
d’enfants habitent très loin de leurs établissements scolaires.
Certains sont même obligés de faire 5 et même 10 km ou plus pour
rejoindre l’école. Ce qui fait qu’à la mi-journée, ils sont obligés
de se contenter d’un petit morceau de pain, sans plus et ce,
jusqu’au moment de rentrer chez eux à la fin de la journée.
Autre grand
problème rencontré dans l’Algérie profonde : le manque d’enseignants
et, dans le meilleur des cas, l’instabilité chronique dans
l’encadrement. Il est pour le moins impossible de juger les
capacités d’un élève dans l’apprentissage du français sans prendre
en compte le fait qu’il n’a totalisé que trois ou quatre mois
d’enseignement dans cette langue.
De la
responsabilité des parents
Mais la situation
socio-économique n’explique pas la totalité des échecs scolaires. La
démission des parents d’élèves est, quant à elle, une raison non
moins négligeable que la pauvreté, la malnutrition et le manque
d’enseignants ou de confort dans les écoles. C’est aux parents qu’il
appartient en premier lieu de s’inquiéter du sort de l’école. Car,
ce n’est pas par pure “mauvaise chance” qu’un élève échoue à son
examen d’entrée en 6e. Les parents auraient dû s’en apercevoir et
s’en inquiéter dès les premières années de la scolarité de leur
enfant. Tout rejeter sur le dos de l’école est une bien mauvaise
méthode quand il s’agit de l’avenir de sa propre progéniture.
Cependant,
l’amélioration de la scolarité pour des millions de jeunes Algériens
doit être perçue comme l’une des priorités de la lutte contre la
pauvreté. Il est urgent de doter le système scolaire de moyens
didactiques, classiques et modernes, pour que la qualité de
l’enseignement puisse s’en ressentir. L’absence quasi généralisée de
l’outil informatique dans les écoles, y compris dans les lycées,
ainsi que le désintérêt pour la lecture chez les élèves sont des
exemples parmi d’autres du retard de notre système éducatif.
Par ailleurs, le
niveau social des enseignants, le manque de formation et les moyens
didactiques mis à leur disposition (y compris la faiblesse de la
prime de documentation) n’aident pas à l’émergence d’une école
compétente.
Il reste à espérer
que le cas “0% de réussite” dans 16 écoles de Mascara constitue une
alerte suffisante pour les responsables du secteur de l’Education
nationale, qui doivent aussi se rappeler que l’obligation de
résultats n’est pas faite uniquement pour les directeurs d’école…
Abdelkader
Djalil
Haut
Franc-maçonnerie en Algérie
Une vieille
histoire
Des franc-maçons
en Algérie, la sentence ressemble à un scoop de tabloïd de hall de
gare. Les francs-maçons ont bien existé en Algérie et des documents
sérieux et authentiques le prouvent.
Il y a sans
conteste les maçons de la loge algéroise de Bélisaire créée autour
de 1835. Une loge officielle que les colonisateurs ont ramenée dans
leurs bagages. Il reste que l’ancienneté des écritures sur
lesquelles se fonde la franc-maçonnerie, la transmission d’un savoir
ésotérique qui foisonne de références historiques, laisse penser que
les maçons existaient en Algérie bien avant l’arrivée des Français
et ce sont les francs-maçons eux-mêmes qui le soutiennent.
Un franc-maçon de
la loge de Bélisaire du nom de Piessel, en voyage dans le sud-est
algérien au milieu du XIXe siècle parle d’une zaouia, celle des
Khouan. Pour lui, cette “secte indigène” appartient à “la grande
famille” par une ramification oubliée ou encore un filon perdu. La
revue La Maçonnerie africaine parle encore des Khouan et soutient
que les termes utilisés par cette société secrète ou les
attouchements – les francs-maçons ont des façons propres à eux de se
saluer et pour se reconnaître – sont liés directement aux maçons.
Des aspects difficilement vérifiables mais qui rappellent que la
maçonnerie, par son ancienneté et les conditions de sa création,
fait que le lien entre Orient et Occident sur ce plan est
indubitable. Mais au delà de la quête purement intellectuelle, il y
a aussi les textes officiels des loges recueillis par Xavier Yacono
dans la revue Africiane en 1951. Ce dernier signale que “dans le
Registre des Procès-Verbaux de la Chambre de Paris du Grand Orient
en date du 14 septembre 1785, le TCF (très cher frère en écriture
maçonnique, ndlr) Mouhammed Techeliby, Algérien, a demandé l’entrée
du temple et a été introduit après avoir été thuilé (?) aux trois
premiers grades. Ce F (frère) étant muni d’un certificat d’une L
(loge) d’Angleterre a prié la Chambre de le viser, ce qui a été
accordé à l’unanimité”.
Dans le même
artcile de Yacono, “un procès-verbal de la 168e assemblée générale
du Grand Orient du 7 avril 1786 dit que le F Méhémet Celibi, maçon
algérien, a dit que s’étant trouvé à l’de Nantes et désirant
fraterniser avec les maçons français il s’était présenté à la L de
la Parfaite située sous le même O, mais que les FF de cette L,
quoiqu’il fût connu du vénérable, lui ont refusé l’entrée de leur
temple en lui faisant dire que la différence de religion ne leur
permettait pas de l’admettre à leurs travaux. Le même F algérien,
afin de ne plus être exposé à de semblables refus en visitant
d’autres ateliers (sic) a prié le GO de lui accorder la faveur de
viser les patentes maçonniques qui constatent sa qualité de frère”.
Celebi, selon la graphie turque, ou Tchelebi, a pu faire viser ses
patentes prouvant sa qualité de frère le 11 avril, alors que devait
se tenir une assemblée de trois ateliers.
Mais le Tchelebi
en question n’était pas seul ! Yacono découvre, dans les archives du
Grand Orient, un autre Algérien. Dans un extrait de la 184e
assemblée extraordinaire du 13 juillet 1787 : “Le R président a
invité l’assemblée à accorder des secours aux FF Abraham Gollingo,
Turc, et Abraham Baker (peut-être une mauvaise transcription de
Bakir ou Bakr, ndlr), Algérien ; il a même proposé de faire une
quête extraordinaire en leur faveur.”
Une quête qui
rapporté la somme de trente livres deux sols et on y a ajouté une
somme “quelconque prise dans la caisse des secours” pour permettre
aux deux frères de poursuivre leur route. Cela dit, les documents
trouvés par Yacono ne disent pas où ces “frères” ont été initiés.
Abdelkader, une
énigme ?
“L’Emir
Abdelkader, un maçon”, la phrase fait sursauter beaucoup monde tant
l’ignorance de la franc-maçonnerie pousse aux conclusions les plus
hâtives. Dans le même temps, le fonctionnement secret de la
franc-maçonnerie permet en fait de taxer n’importe qui de maçon
d’autant qu’il n’a plus les moyens de remettre en question
l’assertion. L’Emir Abdelkader, fondateur historique de l’Etat
algérien moderne, combattant et résistant à la colonisation mais
aussi grand ami de la France après avoir intercédé en faveur des
chrétiens de Damas qui ont failli être massacrés, aurait été initié
à Alexandrie, en Egypte. Il n’est pas un ouvrage généraliste, un
texte maçon accessible aux profanes, la moindre liste des
personnalités célèbres qui ont été franc-maçon qui ne rappelle
inlassablement que l’Emir Abdelkader était un “frère”.
Christian Guigue,
franc-maçon et historien, interrogé à propos de l’initiation de
l’Emir, indique que “personne ne peut retirer la qualité maçonnique
d’un franc-maçon ni même ses frères ni son obédience. On peut
l’exclure mais en aucun cas annuler sa qualité de maçon comme il est
impossible de retirer la qualité de musulman à un homme puisque la
circoncision et son engagement devant Allah ont eu lieu”. Un texte
historique, un procès-verbal de la loge Henri VI à Paris précise que
“le F Emir Abdelkader a été reçu en visite” dans cette loge. Mais
une visite à la loge n’est aucunement la preuve d’une initiation.
Pour Guigue, “l’Emir Abdelkader semble le plus ancien (musulman et
algérien) sinon le premier pour l’ancienne zone française”.
Christian Guigue
indique qu’il y a non seulement “des maçons algériens célèbres
actuellement. Il reste impossible de donner des noms de maçons
vivants”.
Quant aux loges,
elles peuvent exister (Guigue refuse d’être affirmatif), “mais
travaillent cachées”. Cette façon de faire n’est pas nouvelle, “ce
fut toujours le cas au Maghreb. Un membre de ma famille a fondé et
fait travailler plusieurs loges en Tunisie, Maroc et Algérie alors
que cela était interdit par le pouvoir en place. Elles ont eu une
existence officielle, ayant été soutenues par le Grand Orient de
France en ce temps-là”.
Zaouïa ou loge
maçonnique ?
Mais finalement,
quelle meilleure manière a-t-on en Algérie pour cacher aux yeux
indiscrets l’existence d’une loge maçonnique ? Effectivement les
va-et-vient, les tenues (nom donné aux réunions chez les maçons) les
convents (les assemblées générales), les initiations et les travaux
multiples et variés d’une loge pourraient laisser supposer
l’existence de pratiques clandestines. A moins de transformer la
loge en mouhafada du FLN, la meilleure façon de la camoufler reste
la zaouïa. Si on pratique des rites ou des rituels, cela n’offusque
personne et ne devrait pas semer le doute. D’autant que les adeptes
d’une zaouïa comme il y en a beaucoup en Algérie peuvent venir de
partout et se réunir de manière régulière. A ce propos, on parle
d’une zaouïa à Mostaganem dont les adeptes sont parfois des
universitaires ou des hommes d’affaires. Des gens qui ne viennent
pas pour invoquer le saint patron de la zaouïa mais pour des
réunions. Le cheikh de cette zaouïa, qu’on s’attendrait à voir
habillé d’une gandoura et portant turban, porte un costume-cravate,
a une vie sociale tout à fait normale et vaque à ses affaires.
Une autre zaouïa
de Mostaganem se retrouve dans le parcours de René Guénon,
personnage fantasque et célèbre pour les passionnés d’ésotérisme ;
il est considéré comme le fondateur de l’école traditionaliste en
franc-maçonnerie ou encore du “guénonisme”. Sa quête de la “parole
perdue” le mènera vers la franc-maçonnerie puis vers l’église
gnostique avant de se convertir à l’islam en 1910 sous l’influence
d’un peintre présenté tantôt comme suédois, tantôt comme français,
qui s’appellerait Yvan ou Gustave Anguéli, devenu Abdoulhadi.
René Guenon
devient alors Abdelwahid Yahia, avant de recevoir la baraka en
Egypte d’un cheikh de la tariqa chadlya, Addel-Rahmân Elish el-Kebir.
Guenon fera un tour par l’Algérie en 1917 en tant qu’enseignant et
séjournera près d’une année à Sétif.
Dans les années
trente, on verra se former autour de Guénon tout un groupe
d’Européens : Schuon, Titus Burckhardt, Martin Lings, Michel Valsan,
qui ne verront de salut que dans la voie ésotérique musulmane. Son
influence est telle qu’une loge sera créée avec son accord en France
en 1947 puis une seconde sera créée en Suisse sous son nom. En fait,
trois courants principaux de disciples ont été esquissés à la mort
de René Guénon en Europe : ceux de Frithjof Schuon, de Michel Valsan
et de Roger Maridort.
Mais on signale
aussi le rôle du cheikh Alawî de Mostaganem (en Algérie) que Schuon
rencontrera en 1932. Alors que nous sommes à la quatrième génération
des disciples de Guénon, la majorité s’est convertie à l’islam. Non
pas à l’islam traditionaliste ou encore aux préceptes salafistes,
mais ont rejoint cet islam ésotérique, d’un ordre quasiment
“intellectuel” dont le représentant le plus symbolique reste Ibn
El-Arabi.
Pour Abdelouahid
Yahia, des guildes de maçons opératifs existaient dans le monde
musulman. “Ces maçons orientaux utilisaient même des marques
similaires à celles de leurs collègues occidentaux du Moyen Age, et
qui étaient appelées en arabe khatt el-bannaïn, c’est-à-dire
‘écriture des bâtisseurs’.” Mais tout cela appartient à un passé
déjà assez lointain. Par ailleurs, dans les turuq islamiques ou
confréries ésotériques (qui sont également “opératives” en fait,
mais évidement dans un autre sens plus profond que le sens purement
“professionnel”), certains éléments ont été conservés qui
ressemblent étrangement au “compagnonnage” occidental, par exemple
le port du ruban ou du bâton qui a exactement la même forme. En ce
qui concerne le symbolisme de ces bâtons, il y aurait beaucoup à
dire en rapport avec les sciences secrètes qui sont spécialement
attribuées à Seyidnâ Suleymân.
Quand Bruno
Etienne rencontre Abdelkader
Bruno Etienne, né
en Algérie, est professeur de sciences politiques à l’université
d’Aix-Marseille III. Spécialiste de l’Algérie et de l’islam, il est
l’auteur, entre autres, d’une biographie extraordinairement
détaillée sur l’Emir Abdelkader. Il s’agit en fait d’un dialogue
imaginaire entre l’Emir et lui.
Franc-maçon et
universitaire, Bruno Etienne a écrit également Une Voie pour
l’Occident avec pour sous-titre La franc-maçonnerie à venir. Le lien
de Bruno Etienne avec l’Emir ne s’arrête pas, bien sûr, à une
rencontre intellectuelle. Il a aidé les premiers gouvernements
algériens d’après l’indépendance. Il croyait sérieusement à la
révolution socialiste menée d’abord par Ben Bella puis par
Boumediene. Il a commis, entre autres ouvrages, à cette époque,
L’Algérie comme montreur de conduite du Tiers-Monde. Mais cette
approche quasi révolutionnaire, à la mode dans les années soixante,
n’est pas l’essentiel dans sa rencontre avec l’Emir.
Bruno Etienne
assista au rapatriement du corps de l’Emir Abdelkader. Cette
rencontre posthume a dû le marquer puisque, travaillant sur la
sédentarisation des nomades dans le Sud, Bruno Etienne fit
probablement les mêmes remarques que René Guénon à son époque et
vit que les musulmans dans le désert tracent, pour la prière dans le
sable, des formes orientées. Le rapprochement est vite fait avec les
temples maçonniques qui sont tous orientés, vers… l’Orient.
C’est aussi le
rapprochement avec le soufisme et la spiritualité telle que définie
par les mystiques. Mais si des liens entre le mouvement Maçonniques
et les Algériens ont été tissés, ils restent enfouis dans les
méandres de l’histoire sans que l’on sache où s’accrochent
effectivement ces mêmes fils en Algérie.
Amine Esseghir
Haut
Mendicité
Un gagne-pain
facile
A chaque coin de
rue, au seuil des mosquées, dans les stations de bus et de taxis,
aux abords des marchés… Ils sont là, sales, dépenaillés. Plus
nombreux chaque jour, à vous demander de quoi acheter un pain, du
lait pour un bébé ou des médicaments…
Les mendiants, on
en découvre de nouveaux chaque jour.
Signe des temps
d’une conjoncture peu clémente ou gagne-pain facile ?
Où que vous
alliez, vous les trouvez sur votre chemin. Mais leurs lieux de
prédilection sont immanquablement les mosquées, les restaurants, les
stations de bus… Là où l’affluence est toujours nombreuse et où ils
sont assurés de ramasser le plus d’argent. Car tout le monde le
sait, même s’ils se disent démunis, les mendiants refusent qu’on
leur donne des vêtements ou des denrées alimentaires, ils
n’acceptent que les espèces sonnantes et trébuchantes.
Tous les moyens
sont bons pour vous soutirer de l’argent. A commencer par
l’ordonnance douteuse, malmenée par tant de manipulations qu’elle en
devient illisible, et qu’on vous brandit en pleine figure avec l’air
de vous culpabiliser si vous refusez de mettre la main à la poche.
Mais quand on y prend garde, l’ordonnance a été rédigée à une date
si lointaine qu’il est évident que la personne à qui elle appartient
est guérie depuis belle lurette. Ou peut-être n’est plus de ce
monde…
Les mendiants sont
souvent de très bons comédiens et peuvent à l’occasion devenir
aveugles, handicapés ou revêtir n’importe quelle tare pour inciter
la pitié des passants qui ne manqueront jamais de s’apitoyer sur
leur sort et, par là même, leur glisser une pièce d’argent dans la
main. Enfin, tous les moyens sont bons pour vous extorquer quelques
pièces, et Dieu sait qu’ils gagnent bien leurs journées.
Tel ce jeune
homme, la quarantaine, proprement habillé, qui vous arrête pour vous
demander de l’aider car il doit rentrer chez lui dans une quelconque
ville du pays. S’il est à Alger, dit-il, c’est pour voir sa mère
hospitalisée à Blida et qui, par malchance, vient de décéder il y a
quelques heures. Et puis, sans comprendre le cours de ses
argumentations, l’histoire change du tout au tout et le jeune homme
qui pleurait à chaudes larmes se transforme en un charlatan qui
prétend connaître votre vie, vos soucis et problèmes, mais aussi
votre avenir. Il affirme qu’il détient des solutions magiques pour
que votre avenir soit le plus intéressant possible. Il est à même,
dit-il, moyennant une somme d’argent, de vous assurer la fortune et
le grand amour. Oubliée la mère décédée et la grande peine affichée
il y a un moment. Notre ami, piètre comédien, est pourtant un fin
psychologue. A travers ses pérégrinations, il ne s’adresse qu’aux
femmes et fuit les hommes comme la peste. Mais il faut croire que
cette méthode n’est pas mauvaise, car cela fait des années que ce
jeune homme déambule à travers les quartiers d’Alger.
Ils sont nombreux
ceux et celles qui s’inventent une vie pour gagner la pitié des
gens. Comme les quatre enfants qui demandaient la charité à
Ben-Aknoun. Ils se disaient orphelins. D’après eux, c’est leur sœur
aînée, âgée d’une vingtaine d’années, qui s’occupe d’eux. Ces
enfants, qui mendiaient chacun de son côté, devant les lycées
Amara-Rachid et El-Mokrani, ainsi que devant la faculté de droit,
ont gagné tellement d’argent que leurs parents qui, en réalité,
étaient vivants et en très bonne santé, ont pu construire une
coquette villa.
L’exemple du jeune
homme qui se faisait passer pour aveugle et mendiait dans plusieurs
quartiers d’Alger (Didouche-Mourad, Larbi-Ben-M’hidi,
Hassiba-Ben-Bouali, boulevard Amirouche) pendant tant années qu’il a
fini par faire partie du décor, est édifiant. Quand, à l’issue d’une
journée bien remplie, des passants l’ont vu ramasser sa besace et
monter dans une voiture flambant neuve, ils sont tout bonnement
restés pantois. Certains se sont même juré qu’ils ne donneraient
plus un sou aux mendiants.
Voir le nombre des
mendiants qui se multiplie chaque jour à une vitesse effarante, on
comprend que c’est un gagne-pain facile, mais aussi et surtout
rentable.
Cette scène, vécue
dans un magasin de tissus à Bab-Azzoun est des plus significatives.
Il est un peu plus de midi, la rue grouille de tous ces gens qui
vont et viennent, font leurs courses. A l’intérieur du magasin,
c’est plutôt calme. Quelques clientes palpent plusieurs tissus,
l’air concentré. Elles demandent les prix, les trouvent un peu
élevés, négocient avec le vendeur. Au milieu de ces négociations,
entre dans la boutique une femme âgée d’une cinquantaine d’années.
Son hidjab a depuis longtemps perdu sa couleur. Elle, les tissus ne
l’intéressent pas. Elle interpelle le vendeur qu’elle semble bien
connaître, lui demande de ses nouvelles, se dirige vers la caisse et
déverse sur le comptoir le contenu d’un sachet noir. Des pièces de
monnaie en tombent. Sonnantes et trébuchantes, c’est le cas de le
dire. Le vendeur les compte et lui remet des billets. Il nous dira
plus tard qu’elle est venue échanger ses pièces contre 4 000 DA en
billets. Et ce n’était que la demi-journée. D’après le vendeur, à
qui d’autres mendiants recourent pour échanger leur argent, il y en
a même qui gagnent jusqu’à 6 000 DA par jour, s’ils activent dans
des quartiers commerçants.
Le gain facile
pousse ces mendiants à imaginer tout de qui est possible pour
attirer l’attention des passants et gagner leur pitié, et c’est
ainsi qu’on en retrouve beaucoup qui se font accompagner de très
jeunes enfants, parfois même de bébés, leur faisant prendre beaucoup
de risques. Des risques qu’ils tombent malades à passer des journées
entières dans la rue, par toutes les saisons, mangeant n’importe
quoi. Des risques qu’à leur tour deviennent mendiants et soient
livrés ainsi à tous les dangers de la rue.
Cette exploitation
des enfants prendra-t-elle fin avec cet arrêt du ministère de la
Justice qui prévoit d’enlever ces enfants et de les placer dans des
centres spécialisés ? Tout porte à croire que cette décision ne sera
pas lettre morte. En effet, suite à des rapports établis par les
services de la DGSN et qui font état de plusieurs mères qui
accompagnent leurs jeunes enfants pour mendier ou, pire encore, les
louent à d’autres personnes qui parfois les emmènent dans d’autres
wilayas, les juges des mineurs ont maintenant toute latitude pour
placer ces enfants dans des centres spécialisés et ester en justice
les parents irresponsables. Car la loi est claire et stipule que les
sanctions seront sévères à l’encontre de quiconque exploite un
enfant ou n’assure pas sa protection. Or il est avéré que les
enfants qui mendient par eux-mêmes, ou ceux qui accompagnent des
adultes, ne sont nullement protégés. Ces enfants qui ne vont pas à
l’école, ou y vont de façon irrégulière, ont peu de chance
d’apprendre à lire et écrire. Et c’est les condamner d’avance à
vivre dans l’ignorance. Ces enfants vivent dans des conditions
déplorables, contraints qu’ils sont de déambuler toute la journée,
quelle que soit la saison. Ils ne connaissent aucune stabilité.
Mais l’appât du
gain facile est grand chez ces mendiants qui refusent dur comme fer
d’aller dans des centres des œuvres sociales. A Constantine, la
direction des affaires religieuses a offert à certains d’entre eux
des emplois, et à d’autres de leur verser chaque mois une aide
puisée dans “sendouk ezzakat”, mais ils ont tous refusé fermement.
Les sommes qu’ils gagnent en quémandant dans les rues sont nettement
supérieures, et ce n’est pas pour rien que souvent des bagarres se
déclenchent entre mendiants parce que l’un d’eux, nouveau dans le
métier, a empiété sans le savoir sur les plates-bandes d’un ancien…
Khadidja
Mohamed Bouziane
Haut
La réconciliation sur
fond de guerre mondiale contre le terrorisme
L’Algérie
est-elle en phase avec le monde ?
Le phénomène
terroriste dans les relations extérieures de l’Algérie a évolué en
deux étapes distinctes. Les années 1990 ont été celles de
l’isolement de l’Algérie dans sa guerre à l’insurrection intégriste,
pendant que les puissances occidentales ne bridaient en rien
l’internationale islamiste. La tendance s’est totalement inversée
après le 11 septembre 2001, mettant l’Algérie en retrait dans un
sujet sur lequel elle était à l’avant-garde : le monde fait la
guerre au terrorisme, l’Algérie se dirige vers la réconciliation
nationale.
L’annulation du
second tour des élections législatives, en janvier 1992, n’a pas été
sans poser un dilemme pour les dirigeants de la communauté
internationale. Dans le même temps, ils ne pouvaient convaincre leur
opinion que cette mesure est démocratique et ne pouvaient soutenir
ouvertement l’ex-FIS, professant une violente critique de
l’Occident, notamment depuis la guerre du Golfe en 1991. Mais à
Paris comme à Washington, le temps était à la certitude que, tôt ou
tard, le FIS allait arriver au pouvoir. Force était pour les
chancelleries étrangères, à partir de cette logique, de maintenir le
contact avec lui même après son interdiction. Le principe directeur
de cette politique du double langage, qui sera longtemps appliquée
en direction des acteurs de la crise algérienne, est qu’il fallait à
tout prix éviter l’erreur commise avec la révolution iranienne, le
mouvement d’opposition ayant fini par renverser le régime en place.
De 1992 à 1995,
soit jusqu’à la présidentielle sanctionnée par l’élection de Liamine
Zeroual, la communauté internationale affichait une attitude
distante envers Alger. Officieusement, des dirigeants du FIS étaient
reçus de temps à autre en Europe ou aux Etats-Unis. L’exemple le
plus édifiant dans ce sens étant le soutien officiel de Washington
au contrat national (début 1995) et son appel à la réconciliation
entre le gouvernement et le FIS. Cette position ne manquera pas de
s’infléchir, cependant, à la suite de l’élection de Zeroual. De ce
dernier, il sera attendu la reprise du processus électoral et du
dialogue avec les dirigeants du FIS. Ce dialogue, on le sait,
achoppe sur le refus de ces derniers de condamner le terrorisme,
exigence première du pouvoir. Mais la suite des événements montrera
les limites de l’édifice institutionnel tel que reconstruit qui
empêchent l’Etat de résoudre et de dépasser la crise au double plan
politique et sécuritaire. La persistance de la violence et la
mobilisation permanente de l’opposition pro-FIS a grandement réduit
la marge de manœuvre du gouvernement qui, malgré l’achèvement du
processus électoral reconduit (1995-1997), n’est toujours pas
parvenu à briser l’embargo diplomatique édifié sur la demande
express de réintégrer les islamistes dans le jeu politique. Le moyen
de pression le plus récurrent pour ce faire s’est traduit par un
traitement médiatique particulier à l’Algérie, grandement dominé par
les médias français diffusant des documentaires fortement orientés
et une charge incessante des ONG de défense des droits de l’homme
qui se chargeaient surtout de défendre partialement les rangs des
islamistes.
Enfin, autre moyen
de pression, le plus pervers sans doute, et ce n’est pas la suite
des événements qui nous contredira, les capitales étrangères,
notamment Londres, refusaient systématiquement les demandes
d’extradition des individus reconnus coupables de terrorisme en
Algérie, avec cette particularité de permettre aux activistes, comme
c’était au grand jour à Londres, de faire leur propagande et de
procéder la collecte des fonds au bénéfice des “moudjahidine” en
Algérie.
La première erreur
d’analyse des capitales occidentales a été de surestimer le poids
réel des islamistes en Algérie. Pensant que l’influence des
dirigeants politiques islamistes était sur le terrain autant que
celle issue du scrutin de 1991, ce sera la trêve unilatérale de l’AIS
en 1997 qui inversera totalement les données : non seulement au sein
de l’ex-FIS – c’était l’aile armée qui détenait l’initiative sur des
politiques en retrait – mais de surcroît la défaite de celle-ci
était parfaitement consommée.
Au plan de la
compréhension de la situation interne, la trêve suscite une réaction
positive de Washington qui soutient la lutte antiterroriste, accepte
de reparler de fourniture d’armes et joue en sous-main un rôle
décisif au niveau de l’ONU pour l’envoi d’un panel de diplomates
développant une thèse nettement plus favorable à Alger que ne
l’avait élaboré la troïka de l’Union européenne de 1998.
A vrai dire, le
changement dans les relations extérieures de l’Algérie
n’interviendra qu’au printemps 1999, avec l’élection à la présidence
de Abdelaziz Bouteflika. Le scrutin lui-même relève plutôt de la
farce, mais du moins l’Algérie a-t-elle enfin pour Président un
homme dont la première qualité est qu’il n’est pas un acteur direct
dans la crise et recèle des atouts diplomatiques indéniables.
Retenons, à ce propos, quelques actes lourds qui ont certainement
décrispé les cercles auprès desquels il était possible de faire un
premier lobbying : caution des dirigeants arabes, poignée de main
avec Barak, prise de contact avec le nouveau souverain marocain,
dégel avec Chirac ou encore rencontre non protocolaire avec Bill
Clinton aux funérailles de Hassan II. Et contrairement à l’ancien
Président américain, Bush recevra par deux fois, en 2001, Abdelaziz
Bouteflika.
La caution
internationale à la politique de concorde civile, appuyée par un
référendum aux résultats incontestables, est totalement acquise et
rares sont les voix qui s’élèvent contre. Alger semble sur le bon
chemin. Assez d’ailleurs pour songer à prendre ses distances avec
l’Europe, avec qui elle a tôt fait de signer un Accord d’association
sans effet immédiat et d’envisager une coopération plus affirmée
avec les Etats-Unis. Ce qui se fera sans trop de difficulté.
Les raisons du
retournement de la Maison-Blanche sont fort simples : le pétrole et
la guerre contre le terrorisme. Les liens de la famille Bush avec
les compagnies pétrolières ne sont pas un secret et, au regard de
nombre d’observateurs, c’est ce facteur qui a été déterminant dans
le rapprochement entre Alger et Washington. Les événements du 11
septembre inverseront la donne, la guerre contre le terrorisme
islamiste, Al-Qaîda en tête, étant la ligne de démarcation entre les
amis et les ennemis des Etats-Unis et leurs alliés européens. Le
seul débat possible, en 2001, était d’être pour des actions
unilatérales de Washington ou le règlement des questions connexes
dans le cadre de l’ONU, comme ce fut le cas pour la guerre en
Afghanistan ou l’invasion de l’Irak.
Les positions des
uns et des autres étant connues, quel rôle pour Alger dans la
nouvelle équation mondiale ? Loin de nous arrêter à l’anecdotique
projection de La Bataille d’Alger dans les casernes US, la
coopération dans le renseignement et la lutte antiterroriste, déjà
bien engagée à l’étranger et dans le Sahel, a connu un cran de plus,
impulsée par la détermination des Américains et par la solide
expérience de l’Algérie dans ce domaine. A ce stade, l’idée
dominante était que les thèses d’Alger sur le caractère
international du terrorisme islamiste étaient enfin admises après
avoir été trop longtemps ignorées non pas par méconnaissance du
phénomène, mais par méfiance envers le gouvernement algérien à qui
l’on s’interdisait de prêter assistance.
Au détour du
dramatique épisode de l’enlèvement de deux diplomates algériens à
Baghdad, l’Algérie a dû mesurer la fausseté d’une telle croyance,
vérifiant par elle-même l’étendue de son isolement dans une épreuve
qui avait frappé pêle-mêle d’autres pays. Ni les officiels ni les
médias n’ont témoigné la solidarité à laquelle beaucoup croyaient
être en droit de s’attendre. Il est à remarquer également que, dans
la première phase comme dans la seconde, le déphasage de
l’orientation politique de l’Algérie par rapport au reste du monde
est inexplicablement patent, d’autant que dans les enjeux mobilisant
des forces opposées déterminées à en découdre, l’Algérie semble
s’agripper à une neutralité dont elle n’a ni les moyens (le
terrorisme continue de sévir selon ses possibilités) ni l’intérêt.
Nabil Benali
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Chronologie comparative
En Algérie…
1999
15 avril :
élection d’Abdelaziz Bouteflika, considéré comme le candidat de
l’armée. Les résultats officiels lui ont assuré 73,79% des suffrages
exprimés par 60,25% des inscrits.
Juin : l’Armée
islamique du salut (AIS), bras armé du FIS, confirme officiellement
l’abandon de la lutte armée annoncé en 1997, et se place sous
l’autorité de l’Etat. Le chef du FIS, Abassi Madani, annonce son
soutien à cette initiative le 11 juin.
Septembre : la loi
sur la “concorde civile”, qui prévoit une amnistie totale ou
partielle pour les islamistes armés non coupables de crimes de sang
ou de viols, est adoptée par référendum avec 98,6% de “oui”.
2000
Janvier :
expiration du délai accordé aux islamistes armés pour rendre les
armes dans le cadre de la loi sur la concorde civile. Le bilan est
mitigé.
Juillet : la
recrudescence de la violence fait 300 victimes en un mois ; depuis
la fin de l’application de la loi sur la concorde civile, le 13
janvier, plus de 1 000 personnes ont été tuées.
Novembre : le
gouvernement refuse de donner son agrément au nouveau parti
islamiste Wafa (Fidélité et Justice), fondé durant l’été 1999 par
l’ancien ministre Ahmed Taleb-Ibrahimi.
Hiver 2000-2001:
recrudescence des massacres qui font plusieurs centaines de
victimes.
2001
Février : le
témoignage d’un ancien officier des forces spéciales de l’armée,
Habib Souaïdia (La Sale guerre) suscite de vives réactions en
Algérie.
2002
Janvier : la
recrudescence des tueries fait 150 morts en un peu plus d’un mois.
Le 8, Antar Zouabri, chef des GIA, est abattu par l’armée à Boufarik
(Mitidja).
27 septembre : le
général Nezzar, qui a intenté un procès en diffamation à Habib
Souaïdia, est débouté par la justice française. Celle-ci estime dans
ses attendus qu’”il n’appartient pas au tribunal” de juger
l’Histoire.
2003
Janvier : une
brusque flambée de violence fait plus de 90 morts en quatre jours,
en majorité des membres des forces de sécurité, après une relative
accalmie de quelques mois. Depuis octobre, le nombre mensuel de
victimes était descendu en dessous de la centaine.
2 juillet : les
deux dirigeants de l’ex- FIS, Abassi Madani et Ali Benhadj,
condamnés en 1992 à 12 ans de prison pour atteinte à la sûreté de
l’Etat, sont libérés.
2004
8 avril :
Abdelaziz Bouteflika est réélu Président avec 84,99% des suffrages.
3 août : démission
du général Mohamed Lamari, chef d’état-major de l’armée algérienne.
1er novembre :
Abdelaziz Bouteflika évoque l’éventualité d’une amnistie générale
soumise à référendum. Soutien immédiat de Abassi Madani.
2005
31 janvier : les
associations de disparus se prononcent contre l’amnistie générale.
10 févier :
exclusion de Hassan Hattab du GSPC, ce dernier était supposé
préparer sa reddition.
31 mars : Farouk
Ksentini remet le rapport de la commission ad hoc sur les disparus
au président de la République.
4 juillet :
Abdelaziz Bouteflika annonce un prochain référendum sur la
réconciliation nationale, sans autre précision.
21 juillet : Ali
Belaroussi et Azzedine Belkadi sont enlevés à Baghdad. Surprise à
Alger. Revendication d’Al-Qaîda et approbation du GSPC. Condamnation
de Washington et de Paris.
28 juillet :
assassinat des deux diplomates algériens revendiqué par Al-Qaîda.
Nouvelle approbation du GSPC. Condamnation unanime en Algérie et à
travers le monde.
… et dans le monde
2001
9 septembre : en
Afghanistan, deux Marocains se faisant passer pour des journalistes
assassinent le commandant Ahmad Shah Massoud, chef de l’Alliance du
Nord, l’un des principaux groupes de la résistance afghane contre
les talibans. Son décès est annoncé officiellement quelques jours
plus tard, l’organisation Al-Qaîda est soupçonnée d’avoir commandité
cet assassinat.
11 septembre :
attentats à New York et sur le Pentagone.
13 septembre : le
Président des États-Unis, George W. Bush, désigne officiellement
Oussama Ben Laden, le chef d’Al-Qaîda, comme le responsable
principal des attentats. Il demande au régime des talibans son
extradition d’Afghanistan.
14 septembre : le
Congrès des Etats-Unis débloque 40 milliards de dollars et permet à
George W. Bush d’employer la force pour lutter contre les pays, les
organisations et les personnes qui ont participé de près ou de loin
aux attentats du 11 septembre.
17 septembre :
sept pays sont désignés par les Etats-Unis comme soutenant le
terrorisme : l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Libye, le Soudan, Cuba et
la Corée du Nord.
18 septembre : le
Conseil de sécurité des Nations unies ordonne aux Talibans de
remettre Oussama Ben Laden aux Etats-Unis.
20 septembre :
George W. Bush déclare officiellement que les Etats-Unis sont en
guerre contre le terrorisme et tout particulièrement contre Al-Qaîda.
28 septembre : le
Conseil de sécurité de l’ONU vote une résolution pour faciliter le
gel des avoirs des groupes terroristes.
7 octobre : les
forces militaires américaines et britanniques commencent à bombarder
les positions des talibans et des camps d’entraînement d’Al-Qaîda en
Afghanistan. Cette opération est désignée sous le nom d’”opération
Liberté immuable”.
26 octobre : après
le vote favorable du Congrès des Etats-Unis, George W. Bush signe le
Patriot Act. Cette loi renforce considérablement les pouvoirs
d’investigation et d’intervention des agences gouvernementales, tout
en diminuant les pouvoirs de la défense des accusés.
7 décembre : le
régime des talibans s’effondre avec la prise de la ville de Kandahar
par l’Alliance du Nord, soutenue par les Etats-Unis.
2002
11 janvier : les
premiers prisonniers d’Afghanistan, présumés talibans, sont envoyés
dans la prison de Guantanamo, à Cuba.
29 janvier : lors
de son discours sur l’état de l’Union, George W. Bush présente
l’Iran, l’Irak, la Corée du Nord et, plus tard, la Syrie comme
l’”Axe du mal” (en référence à l’Axe et à l’Empire du mal de Ronald
Reagan, qui désignaient l’Union soviétique). Ces pays sont présentés
comme voulant posséder des armes de destruction massive avec pour
objectif de les vendre à des organisations terroristes. Les opinions
publiques européennes, hostiles à George W. Bush, s’inquiètent de ce
discours.
12 septembre :
lors d’un discours devant l’assemblée générale de l’ONU, George W.
Bush exprime la nécessité d’employer la force contre l’Irak si
Saddam Hussein ne détruit pas ses armes de destruction massive.
17 septembre :
l’Irak accepte le retour inconditionnel des experts en désarmement
de l’ONU. Hans Blix en est le chef.
21 septembre : une
commission d’enquête parlementaire est créée pour faire la lumière
sur les attentats du 11 septembre, ainsi que les dysfonctionnements
des agences de renseignement.
12 octobre : un
attentat à Bali, en Indonésie fait 183 morts.
2003
27 janvier : Hans
Blix et Mohamed El-Baradei, président de l’AIEA, présentent chacun
un rapport de leurs activités. La conclusion est que rien ne permet
encore d’affirmer ni d’infirmer que l’Irak dispose d’armes de
destruction massive.
7 mars : aucune
preuve de la présence d’armes de destruction massive n’a été trouvée
en Irak, déclare Hans Blix. Les investigations continuent.
L’invasion de
l’Irak débute dans la nuit du 19 mars au 20 mars. Les forces
militaires américaines et britanniques pénètrent sur le sol irakien.
Avec comme soutien étranger, les forces australiennes et polonaises
ainsi que les forces navales danoises et espagnoles.
9 avril : le
régime de Saddam Hussein prend fin par la prise de la capitale
irakienne, Bagdad.
13 décembre :
Saddam Hussein est capturé à Tikrit.
2004
11 mars :
attentats à Madrid.
16 juin : la
commission d’enquête déclare qu’”il n’y a pas de preuve crédible que
l’Irak et Al-Qaîda aient coopéré pour attaquer les Etats-Unis” et
qu’aucun gouvernement n’a financé les attentats du 11 septembre.
2005
7 juillet : à
Londres, des bombes explosent dans trois rames de métro et dans un
bus, au matin. Bilan : cinquante-sept personnes décédées et
plusieurs centaines de blessés. Qualifiée parfois de “Londonistan”
vu la facilité avec laquelle des militants extrémistes y vivent et y
professent, la capitale britannique est, elle aussi, touchée par la
vague terroriste.
21 juillet : un
attentat à la voiture piégée fait 68 morts à Charm el-Cheikh, en
Egypte.
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