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Assassinat de
Belaroussi et Belkadi
Le piège à
éviter
Les deux
diplomates algériens en poste en Irak ont été exécutés par El-Qaîda.
Triste nouvelle que la presse a répandue, commentée et analysée.
Ainsi, toutes les Unes des titres nationaux ont été consacrées à cet
évènement tragique. En fait depuis l’annonce, le 21 juillet dernier,
de leur enlèvement les quotidiens algériens n’ont eu de cesse de
faire état des efforts consentis pour leur libération. “Alger
s’active, le GSPC félicite” rappelle El Watan du lundi 25 juillet.
Le lendemain,
mardi 26 juillet, La Nouvelle République annonce “l’arrestation de
deux suspects”. Le Soir d’Algérie traite également du sujet : “Alors
que deux suspects impliqués dans l’enlèvement des deux diplomates
algériens ont été arrêtés, annonce-t-il, l’ambassade algérienne est
évacuée.” Cette information est également reprise en Une des
quotidiens arabophones El Khabar et El Youm. Tandis qu’El Watan,
craignant d’ores et déjà le pire qui allait se produire, se fait
l’écho de l’appel des familles des deux diplomates enlevés : “Au
nom de Dieu rendez-nous nos enfants.”
Le mercredi 27, Le
Jour d’Algérie, partageant cette crainte, fait état, après la
diffusion sur internet des images vidéo, “d’inquiétudes sur le sort
des diplomates algériens”. Le quotidien souligne que “les craintes
sur le sort des diplomates algériens enlevés en Irak sont davantage
justifiées, même si le communiqué attribué à Al-Qaîda annonçant la
condamnation à mort de ces deux fonctionnaires algériens n’est pas
encore authentifié”.
“Incertitudes !”
est le titre du jour du Soir d’Algérie.
Après
l’angoisse…
De son côté, El
Watan du même jour se désole du “cauchemar des deux diplomates
algériens”. La Tribune estime que la menace d’exécution des deux
hommes est “un odieux chantage”. Revenant sur les arguments des
ravisseurs, la rédactrice rappelle que “les terroristes n’ont à
aucun moment pris en considération le fait que l’Algérie et son
peuple ont de tout temps soutenu le peuple irakien et condamné
l’occupation des forces multinationales, voire appelé à maintes
reprises à leur retrait et au respect de la souveraineté du berceau
de la civilisation”. Reste, est-il ajouté, que “le soutien de notre
pays aux causes nobles et à l’autodétermination de tous les peuples
ne signifie pas pour autant qu’il faille se taire sur les
assassinats odieux commis sur des ressortissants des autres pays,
dont certains ont des soldats stationnés non seulement en Irak mais
aussi dans d’autres régions de la planète”. Et à La Tribune de
conclure : “Rien ne peut justifier les tueries de civils ; dans une
guerre on se bat quasiment à armes égales.”
Pour sa part, Le
Jeune Indépendant a soulevé la question que tout un chacun se posait
en son for intérieur, celle de savoir “qui sauvera nos deux
diplomates”, après que, comme le rapporte El Djazair News, “Al
Zerqaoui ait décidé d’exécuter Belaroussi et Belkadi”. El Youm quant
à lui rapporte en Une de son édition que “Aboudjerra impute la
responsabilité du rapt au gouvernement irakien”.
... le choc
Jeudi 28 juillet,
la nouvelle est à la Une de tous les titres. “Ils ont été
assassinés” annonce Le Jour d’Algérie ; “Belaroussi et Belkadi
assassinés” titre La Dépêche de Kabylie ; “Al-Qaîda exécute le
crime” estime El Khabar ; pour El Djazair News c’est tout simplement
“le crime”. “Odieux !” est le terme par lequel Le Soir d’Algérie et
La Nouvelle République ont qualifié cet assassinat des deux
diplomates algériens. “Ali Belaroussi et Azzedine Belkadi martyrs de
l’Algérie” considère La Tribune. “Al-Qaïda s’attaque à l’Algérie”
estime El Watan. “L’Algérie sous le choc”, commente Al Fadjr, tandis
que Le Jeune Indépendant estime “les Algériens poignardés dans leur
amour-propre”. L’éditorialiste de La Nouvelle République tente
d’expliquer “pourquoi des cibles algériennes”. De son point de vue,
“beaucoup de raisons se recoupent pour constituer un argumentaire
valable à ce sujet. La plus récente est en tout cas la médiatisation
de l’Algérie et de son rôle éminent dans la lutte contre le
terrorisme international”. Plus loin, il poursuivra en estimant que
“c’est en tout cas un signe qui dot servir pour pousser notre pays à
articuler sa posture sécuritaire à cette nouvelle donne en adoptant
ses dispositifs de surveillance et de protection des représentations
diplomatiques dans les pays où celles-ci ne peuvent pas être bien
protégées par les pays d’accueil”.
La leçon à
tirer
Pour sa part, le
commentateur du Soir d’Algérie estime que “ce crime inqualifiable
que nous dénonçons de toutes nos forces vient à point pour rappeler
à ceux qui se laissent aller aux errements d’une amnistie amnésiante
que le terrorisme est un monstre qui ne changera pas”. C’est
pourquoi, ajoute-t-il, “il est inutile de vouloir le canaliser à
travers des opérations politiciennes teintées de reniements et
marqués par le recul de l’Etat de droit”. Dans un commentaire
publié en page 24, El Watan rappelle que “la société algérienne a le
devoir de poursuivre la résistance et l’Etat est dans l’obligation
de réunir toutes les conditions politiques, matérielles et
psychologiques pour éradiquer définitivement ces groupes qui
veulent nous replonger dans le chaos et la terreur”. Le rédacteur
conclura en affirmant que “le combat contre le terrorisme doit être
frontal. Il ne peut souffrir aucune ambiguïté. Car c’est bien un
combat pour la modernité, la démocratie et le progrès qui est mené
contre ces groupes terroristes”.
Le samedi 30
juillet, le sujet est toujours l’objet de moult commentaires. La
veille, la prière de l’absent avait été observée sur l’ensemble du
territoire national. Cela a été l’occasion de rendre un hommage
national aux deux diplomates assassinés.
Reste, souligne Le
jour d’Algérie, qu’après cette douloureuse épreuve, une nécessité
s’impose, celle de “préserver la cohésion nationale”. Car, rappelle
son éditorialiste, “ce dernier mauvais coup porté à l’Algérie à
partir de la capitale irakienne n’est pas une agression parmi
d’autres”.
Explication. “Elle
ne vise pas uniquement à déstabiliser notre Etat et à porter
atteinte à son aura, elle se veut également comme un moyen
d’influer sur les évènements les plus décisifs de notre vie
politique et, notamment, sur la réconciliation nationale qui
projette de ressouder un front intérieur gravement fissuré par le
conflit idéologique, qui a servi de détonateur au terrorisme dans
notre pays”. Plus explicite, il poursuivra en estimant que “la vague
d’émotion qui a submergé le pays à la suite de cet acte barbare,
indique, à elle seule, que le calcul était pertinent, qui estimait
possible de renverser la vapeur à quelques mois seulement d’un
référendum qui doit consacrer l’unité de la nation autour des
principes de tolérance et de non-recours à la violence”.
Nadia Kerraz
Haut
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