Semaine du  3 au 9 Août  2005

 

Assassinat de Belaroussi et Belkadi

Le piège à éviter

 

 
 
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Assassinat de Belaroussi et Belkadi

Le piège à éviter

Les deux diplomates algériens en poste en Irak ont été exécutés par El-Qaîda. Triste nouvelle que la presse a répandue, commentée et analysée. Ainsi, toutes les Unes des titres nationaux ont été consacrées à cet évènement tragique. En fait depuis l’annonce, le 21 juillet dernier, de leur enlèvement les quotidiens algériens n’ont eu de cesse de faire état des efforts consentis pour leur libération. “Alger s’active, le GSPC félicite”  rappelle El Watan du lundi 25 juillet.

Le lendemain, mardi 26 juillet, La Nouvelle République annonce “l’arrestation de deux suspects”. Le Soir d’Algérie traite également du sujet : “Alors que deux suspects impliqués dans l’enlèvement des deux diplomates algériens ont été arrêtés, annonce-t-il, l’ambassade algérienne est évacuée.” Cette  information est également reprise en Une des quotidiens arabophones El Khabar et El Youm. Tandis qu’El Watan, craignant d’ores et déjà le pire qui allait se produire, se fait l’écho de l’appel des  familles des deux diplomates enlevés : “Au nom de Dieu rendez-nous nos enfants.”

Le mercredi 27, Le Jour d’Algérie, partageant cette crainte, fait état, après la diffusion  sur internet des images vidéo, “d’inquiétudes sur le sort des diplomates algériens”. Le quotidien souligne que “les craintes sur le sort des diplomates algériens enlevés en Irak sont davantage justifiées, même si le communiqué attribué à Al-Qaîda annonçant la condamnation à mort de ces deux fonctionnaires algériens n’est pas encore authentifié”.

“Incertitudes !” est le titre du jour du Soir d’Algérie.

 

Après l’angoisse…

De son côté, El Watan du même jour se désole du “cauchemar des deux diplomates algériens”. La Tribune estime que la menace d’exécution des deux  hommes est “un odieux chantage”. Revenant sur les arguments des ravisseurs, la rédactrice rappelle que “les terroristes n’ont à aucun moment pris en considération le fait que l’Algérie et son peuple ont de tout temps soutenu le peuple irakien et condamné l’occupation des forces multinationales, voire appelé à maintes reprises à leur retrait et au respect  de la souveraineté du berceau de la civilisation”. Reste, est-il ajouté, que “le soutien de notre pays aux causes nobles et à l’autodétermination de tous les peuples ne signifie pas pour autant qu’il faille se taire sur les assassinats odieux commis sur des ressortissants des autres pays, dont certains ont des soldats stationnés non seulement en Irak mais aussi dans d’autres régions de la planète”. Et à La Tribune de conclure : “Rien ne peut justifier les tueries de civils ; dans une guerre on se bat quasiment à armes égales.”

Pour sa part, Le Jeune Indépendant a soulevé la question que tout un chacun se posait en son for intérieur, celle de savoir  “qui sauvera nos deux diplomates”, après que, comme le rapporte El Djazair News, “Al Zerqaoui ait décidé d’exécuter Belaroussi et Belkadi”. El Youm quant à lui rapporte en Une de son édition que “Aboudjerra impute la responsabilité du rapt au gouvernement irakien”.

... le choc

Jeudi 28 juillet, la nouvelle est à la Une de tous les titres. “Ils ont été assassinés” annonce Le Jour d’Algérie ; “Belaroussi et Belkadi assassinés” titre La Dépêche de  Kabylie ; “Al-Qaîda exécute le crime” estime El Khabar ; pour El Djazair News c’est tout simplement “le crime”. “Odieux !” est le terme par lequel Le Soir d’Algérie et La Nouvelle République ont qualifié cet assassinat des deux diplomates algériens. “Ali Belaroussi et Azzedine Belkadi martyrs de l’Algérie” considère La Tribune. “Al-Qaïda s’attaque à l’Algérie” estime El Watan. “L’Algérie sous le choc”, commente Al Fadjr, tandis que Le Jeune Indépendant estime “les Algériens poignardés dans leur amour-propre”.  L’éditorialiste de La Nouvelle République tente  d’expliquer “pourquoi des cibles algériennes”. De son point de vue, “beaucoup de raisons se recoupent pour constituer un argumentaire valable à ce sujet. La plus récente est en tout cas la médiatisation de l’Algérie et de son rôle éminent dans la lutte contre le terrorisme international”. Plus loin, il poursuivra en estimant que “c’est en tout cas un signe qui dot servir pour pousser notre pays à articuler sa posture  sécuritaire à cette nouvelle donne en adoptant ses dispositifs de surveillance et de protection des représentations diplomatiques dans les pays où celles-ci ne peuvent pas être bien protégées par les pays d’accueil”.

 

La leçon à tirer

Pour sa part, le commentateur du Soir d’Algérie estime que “ce crime inqualifiable que nous dénonçons de toutes nos forces vient à point pour rappeler à ceux qui se laissent aller aux errements d’une amnistie amnésiante que le terrorisme est un monstre qui ne changera pas”. C’est pourquoi, ajoute-t-il, “il est inutile de vouloir le canaliser à travers des opérations politiciennes teintées de reniements et marqués  par le recul de l’Etat de droit”. Dans un commentaire publié en page 24, El Watan rappelle que “la société algérienne a le devoir de poursuivre la résistance  et l’Etat est dans l’obligation de réunir toutes les conditions politiques, matérielles et psychologiques pour éradiquer définitivement ces groupes  qui veulent nous replonger dans le chaos et la terreur”. Le rédacteur conclura en  affirmant que “le combat contre le terrorisme doit être frontal. Il ne peut souffrir aucune ambiguïté. Car c’est bien un combat pour la modernité, la démocratie et le progrès qui est mené contre ces groupes terroristes”.

Le samedi 30 juillet, le sujet est toujours l’objet de moult commentaires. La veille, la prière de l’absent avait été observée sur l’ensemble du territoire national. Cela a été l’occasion de rendre un hommage national aux deux diplomates assassinés. 

Reste, souligne Le jour d’Algérie, qu’après  cette douloureuse épreuve, une nécessité s’impose, celle de “préserver la cohésion nationale”.  Car, rappelle son éditorialiste, “ce dernier mauvais coup porté à l’Algérie  à partir de la capitale irakienne n’est pas une agression parmi d’autres”.

Explication. “Elle ne vise pas uniquement à déstabiliser notre Etat et à porter atteinte à son aura, elle se veut également comme un moyen  d’influer sur les évènements les plus décisifs de notre vie politique et, notamment, sur la réconciliation nationale qui projette de ressouder un front intérieur gravement fissuré par le conflit idéologique, qui a servi de détonateur au terrorisme dans notre pays”. Plus explicite, il poursuivra en estimant que “la vague d’émotion qui a submergé le pays à la suite de cet acte barbare, indique, à elle seule, que le calcul était pertinent, qui estimait  possible de renverser la vapeur à quelques mois seulement d’un référendum qui doit consacrer l’unité de la nation autour des principes de tolérance et de non-recours à la violence”.

Nadia Kerraz

 

 

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