Semaine du  3 au 9 mai 2006

Le Sahara occidental toujours reconnu comme un cas de décolonisation

Kofi Annan démasqué par ses pairs

Comme pour le Timor de l’est…

Le Hamas étudie des scénarios de sortie de crise

L'émissaire du Quartet au Proche-Orient va démissionner

L’ultimatum de l’opposition au Kirghizstan

 

 
 
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Le Sahara occidental toujours reconnu comme un cas de décolonisation

Kofi Annan démasqué par ses pairs

Le vendredi 28 avril 2006, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité la résolution 1675 qui proroge pour 6 mois, jusqu'au 31 octobre prochain, le mandat de la Mission de l’ONU pour un référendum au Sahara occidental (Minurso). Retour à la case de départ comme l’affirment des commentateurs ou retour à une situation proche de celle ayant suivi le fameux rapport pessimiste de Kofi Annan de février 2000 qui avait enfanté de l’accord-cadre?

La question se pose en effet, après lecture de son dernier rapport du 19 avril au Conseil de sécurité. Le secrétaire général de l’ONU y préconise des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario, pour trouver une "solution juste, durable et mutuellement acceptable" par les parties. Contrairement à l’accord-cadre, mort-né parce qu’il était synonyme d’intégration au royaume marocain, Kofi Annan a innové cette fois, en voulant sortir bel et bien la question de décolonisation du Sahara occidental du cadre des Nations unies, en proposant que l’Algérie participe à ces négociations.

Préoccupé certainement par la situation d’impasse, M. Annan a cependant fait cette nouvelle offre, tout en étant conscient du renoncement par Rabat de ses engagements internationaux, après 1998, et son rejet du référendum d’autodétermination. D’ailleurs, il le précise dans son rapport en écrivant : « Le Maroc avait réitéré qu'il n'accepterait pas de référendum incluant l'option de l'indépendance. Il a préconisé la tenue de négociations visant à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, mais a bien précisé qu'elles porteraient sur l'autonomie du Sahara occidental ».

Mais, là où la surprise est grande, c’est lorsque le secrétaire général d’une organisation mondiale dont la raison d’être est d’apporter la paix et de défendre les pays colonisés, agressés et faibles, jette sa casquette onusienne, pour la remplacer par celle d’un politicien ayant déjà choisi son camp. Kofi Annan nous invite à la recherche d’un « compromis entre la légalité internationale et la réalité politique ». Cela d’autant qu’apparemment, « aucun pays ayant des liens étroits avec le Maroc (n’a) usé de son influence pour essayer de persuader ce dernier de revenir sur sa position. » Pire, le responsable suggère que l’ONU prenne « du recul » et qu’il « incombait désormais (aux deux parties) de trouver une solution ». Assistons-nous à un aveu en bonne et due forme de l’incapacité de l’ONU à régler les conflits dans le monde ? Si tel est le cas, pourquoi Kofi Annan et son envoyé personnel, Peter van Walsum, demandent-ils au Conseil de sécurité à reconnaître cette « réalité politique selon laquelle personne (ne va) obliger le Maroc à abandonner sa revendication de souveraineté sur le Sahara occidental » sous le prétexte de « l’impasse actuelle » ? Comment expliquer aussi leur empressement à condamner un éventuel retour à la lutte armée du peuple colonisé et colonial du Sahara occidental, qualifié d’emblée de « violence (qui) ne déboucherait pas sur l’indépendance du Sahara occidental, mais condamnerait plutôt une autre génération de Sahraouis à grandir dans les camps de Tindouf ». Ce n’est que plus loin, que le piège va se refermer sur les Sahraouis et leurs représentants. « Négocier sans conditions préalables signifiait, comme mon envoyé personnel l'avait souligné dans son compte rendu, que le Front Polisario n'aurait pas à reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental avant d'examiner la question de l'autonomie devant être « accordée » par le Maroc », écrit-il. Puis avec une désinvolture affolante, il se réfère encore à Peter van Walsum, pour noter que l'avis consultatif de la Cour internationale de Justice du 16 octobre 1975 « avait été rendu il y a plus de 30 ans » et que la résolution 1514 de l’Assemblée générale des Nations unies « n'avait toujours pas été appliquée. »

Au nom de la realpolitik, Kofi Annan emprunte à son envoyé personnel des termes utilisés par des politiques : « Il semblait toutefois que deux facteurs soient en jeu dans la plupart des capitales : a) le Sahara occidental n'était pas au premier rang des préoccupations politiques; et b) grand cas était fait du maintien des bonnes relations tant avec le Maroc qu'avec l'Algérie ».

Et c’est seulement à ce moment précis que M. Annan pense que le Conseil et ses Etats membres devraient « se montrer à la hauteur », en usant de « leur pouvoir pour contribuer au lancement des négociations ». C’est également à cet instant que le secrétaire général s’est inquiété du risque de détérioration de la situation au Sahara occidental, donnant pour comme preuves « les manifestations continues et les allégations de violation des droits de l'homme ».

« Je suis préoccupé en particulier par les rapports faisant état de réactions brutales aux manifestations récentes dans le territoire, notamment l'arrestation et la mise en détention de plusieurs personnes », insiste-t-il.

Il est pour le moins bizarre qu'à la fin de leur mandat, les secrétaires généraux de l’ONU, que ce soit Pérez de Cuellar, Boutros Boutros Ghali et aujourd’hui Kofi Annan, finissent par prendre le parti du plus fort, à savoir l’occupant marocain. Sur quel compte, doit-on mettre tous ces avantages accordés à de Cuellar, qui s'est vu offrir un poste dans la société marocaine « Omnium Nord » et à Boutros Ghali, devenu secrétaire général de l'organisation internationale de la Francophonie ? Qu’a-t-on promis à l’actuel secrétaire général ?

Pour ce qui nous intéresse aujourd’hui, notons que la proposition de Kofi Annan a été rejetée par la partie sahraouie. La déviation de ce responsable de l’ONU, certes déjà pressentie, a été très mal accueillie par notamment la dernière conférence internationale de Madrid pour la décolonisation du Sahara occidental, le Sénat espagnol, des sénateurs et parlementaires américains et des ONG, de même que par l’Algérie et l’Afrique du sud. Celle-ci a fait savoir que le continent africain ne pouvait progresser tant que le territoire non autonome du Sahara occidental « demeure sous le joug colonial, et les droits de son peuple à la liberté et à l’existence (sont) bafoués ». Regrettant que sa position n’ait pas été « comme c’est la pratique, reflétée dans le corps du rapport » du secrétaire général, l’Algérie a critiqué cette "dérive" de la légalité internationale et réaffirmé que seule la mise en oeuvre du plan de paix, « compromis délicat entre les positions des deux protagonistes », est de nature à assurer un règlement juste et définitif de la question sahraouie.

Le Conseil de sécurité a réagi, en faisant marche arrière. Point positif de ce round : la question du Sahara reste du ressort des Nations unies et l’application du plan Baker, adopté à l’unanimité il y a trois ans et incluant la consultation référendaire reste l’objectif à atteindre. Et, pour paraphraser notre confrère du quotidien français Le Monde : « Petite consolation pour le Maroc et la France, principal allié du royaume à l'ONU, la résolution du Conseil de sécurité ne mentionne pas les atteintes aux droits de l'homme perpétrées au Sahara occidental, selon le Polisario, par les forces de sécurité marocaines. »

Z’hor Chérief

 

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Comme pour le Timor de l’est…

Le Sahara Occidental est un territoire colonisé par l’Espagne en 1884. Il a été classé au début des années 1960 parmi les territoires non autonomes dans la liste des Nations Unies. Depuis, celles-ci ont adopté des résolutions qui appellent à sa décolonisation. Même après l’invasion marocaine au Sahara occidental en 1975, puis le partage du territoire entre le Maroc et la Mauritanie de Ould Daddah.

Aujourd’hui, il est demandé au peuple sahraoui de se soumettre à la « réalité politique » et de trouver un compromis entre cette réalité et le droit international.

Est-il pensable de demander à la partie sahraouie d’entrer dans des négociations directes avec le Maroc et d’accorder de nouvelles concessions à l’occupant, alors qu’elle a accepté, dès 1988 d’inclure l’option d’intégration au royaume chérifien aux côtés de l’indépendance lors du référendum ? Est-il encore possible de relancer des négociation après tous les pourparlers secrets et directs qui ont eu lieu toutes ces années, dont les négociations ayant conduit à l’acceptation par le Maroc et le Polisario du plan de règlement de 1990 et plus tard le « compromis » de Boutros Ghali et les accords de Houston en 1997. Ces deux derniers événements ont semble-t-il cherché à corriger « la bévue » de Rabat qui avait reconnu le recensement espagnol de 1974, en ouvrant la voie à l’élargissement des critères d’identification du corps électoral aux « tribus contestées » par les Sahraouis et enfin aux Marocains installés dans les territoires occupés du Sahara occidental de 1975 à décembre 1999.

Pourquoi Kofi Annan demande-t-il alors aux Sahraouis de négocier directement avec le Maroc quand la seule solution « acceptable » pour Rabat est celle de l'intégration ou le partage, alors que le plan Baker a été présenté comme la « solution médiane et optimale » ?

Le 24 avril dernier, le Conseil de sécurité a tenu une réunion informelle sur le Sahara occidental, pour débattre du rapport de Kofi Annan. Après une série de tractations entre les membres de ce Conseil et entre celui-ci et chacune des parties en conflit, il a fini par rejeter, quatre jours plus tard, l’approche défaitiste et injuste contenu dans le rapport du secrétaire général, en priant ce dernier de lui présenter un nouveau texte avant le 31 octobre prochain, soit avant la fin du mandat de la Minurso.

Dans sa résolution 1675, le Conseil de sécurité s’est appuyé sur « toutes ses résolutions antérieures » relatives à la décolonisation de l’ex-colonie espagnole, dont la résolution 1495 du 31 juillet 2003 qui a avalisé le « plan de paix pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Il a également exprimé sa volonté d’aider le Maroc et le Polisario à « une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable » non sans rappeler leurs « responsabilités » dans le processus de paix. L’organe décisionnel s’est en outre prononcé pour plein respect des « accords militaires de cessez-le-feu » conclus avec la Minurso. En désavouant Kofi Annan, l’ONU tente de se ressaisir. C’est là une opportunité pour son Conseil de sécurité de remettre sur les rails le processus de paix, en commençant par amener le Maroc à accepter le principe démocratique et donc l'organisation d'un référendum d'autodétermination sous les auspices de la Minurso. Comme cela a été le cas au Timor de l’est…

Z. C

 

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Le Hamas étudie des scénarios de sortie de crise

Le gouvernement palestinien envisage d'assouplir sa position vis-à-vis d'Israël pour sortir de l'isolement diplomatique mais exigerait en retour des concessions de la part de l'Etat hébreu et de la communauté internationale. Ses hypothèses de travail: une initiative de paix arabe datant de 2002, les résolutions de l'Onu sur le conflit israélo-palestinien et le programme national de l'Organisation de libération de la Palestine. Elles impliquent toutes la reconnaissance d'Israël. Selon un expert du Hamas, le politologue Bassem Izbidi, un adoucissement de sa position ne serait pas le reflet d'un changement profond de son idéologie mais un simple geste tactique. Il viserait au rétablissement de l'aide financière occidentale à l'Autorité palestinienne et à un rapprochement avec le président Mahmoud Abbas, auquel il s'oppose sur la qualification des pouvoirs du gouvernement. Le vice-Premier ministre palestinien Nasser Chaer, un responsable influent du mouvement islamiste qui est en outre proche du chef du gouvernement, Ismaïl Haniyeh, a indiqué que plusieurs idées étaient envisagées et seraient soumises à discussions au cours des prochains jours. "Aucune décision n'a encore été prise", a souligné Nasser Chaer. "Il est évident que la communauté internationale souhaite que ce gouvernement paie un certain prix politique ou adopte une certaine position. Quelle est-elle ? Dans quelle mesure peut-on s'y conformer?" Même son de cloche chez le ministre des Affaires religieuses, Nayef Radjoub. "Nous étudions et nous soupesons toutes sortes de propositions (...) mais cela ne signifie pas que nous ayons accepté quoi que ce soit pour le moment", dit-il. Des Etats arabes ont appelé le gouvernement palestinien à entériner l'initiative de paix proposant la paix à Israël en échange des territoires annexés pendant la guerre israélo-arabe de 1967. Le Hamas, a jusqu'ici rejeté les exigences des pays occidentaux lui intimant de renoncer à la lutte armée et de reconnaître l'Etat juif. Il a proposé en revanche une trêve à long terme en échange du retrait d'Israël des territoires pris en 1967 et de la reconnaissance du droit au retour, sur le territoire actuel d'Israël, des réfugiés palestiniens. Israël rejette cette base de négociation. "Nous voulons surmonter cette crise mais pas pour rien. Nous demandons des signaux clairs de la part d'Israël et de la communauté internationale prouvant qu'ils sont vraiment déterminés à mettre fin à la crise et acceptent de reconnaître les droits du peuple palestinien", a déclaré Chaer. S'adressant dernièrement à Gaza à 1.500 enseignants, Haniyeh a réaffirmé sa détermination à ne pas faire de concessions. Israël a suspendu ses relations avec l'Autorité palestinienne et juré de ne pas négocier avec le Hamas, une position qui n’est pas nouvelle Tel Aviv ayant de tout temps refusé de négocier hormis sous la pression de la précédente administration américaine. Israël a qualifié de "gymnastique verbale" les allusions du mouvement islamiste à un éventuel assouplissement de sa position. Le gouvernement palestinien est sous pression, particulièrement sur le front économique, le ministre des Finances évoquant une banqueroute imminente alors que 165.000 fonctionnaires attendent leur salaire depuis un mois. Des pays musulmans ont bien promis une aide financière mais des responsables palestiniens ont souligné que les banques, effrayées par les menaces de sanctions américaines, rechignaient à virer de l'argent à l'Autorité palestinienne. Au sein du gouvernement palestinien, des conseillers estiment que si ce dernier ne parvient pas à payer les fonctionnaires d'ici deux mois et que cela entraîne des troubles au sein de la population, Abbas demandera aux ministres de démissionner et formera une équipe composée de technocrates n'appartenant ni au Hamas ni au Fatah. Mais Chaer exclut toute démission. "La population ne se retournera pas contre le gouvernement palestinien. Si les gens descendent dans la rue, nous les y rejoindrons", promet-il.

 

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L'émissaire du Quartet au Proche-Orient va démissionner

L'émissaire du Quartet international au Proche-Orient, James Wolfensohn, a décidé de démissionner en raison des dissensions au sein du Quartet concernant son rôle après l'arrivée du Hamas à la tête de l'Autorité palestinienne. "Son mandat s'achève à la fin du mois et il n'a pas l'intention de rester", selon  un membre de son cabinet, qui précise qu'aucune annonce officielle n'est prévue. Nommé il y a un an, Wolfensohn avait à plusieurs reprises menacé de démissionner car il estimait que son mandat et ses soutiens étaient flous depuis la victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes de janvier dernier. Le départ de Wolfensohn va encore accroître l'isolement diplomatique des Palestiniens après la décision des Etats-Unis, et de l'Union européenne de rompre leurs liens diplomatiques avec l'Autorité palestinienne.

Des responsables américains ont annoncé aux dirigeants palestiniens qu'il était peu probable que les membres du Quartet (Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations unies) nomment immédiatement un remplaçant. James Wolfensohn avait été initialement nommé par le Quartet pour aider à la coordination du retrait israélien de la bande de Gaza et pour mener les projets de reconstruction dans cette zone.

 

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L’ultimatum de l’opposition au Kirghizstan

Le Kirghizstan est-il à l'aube d'un nouveau changement après celle  la révolution dite "des tulipes" qui avait chassé le président Askar Akaïev l'an dernier? L'opposition a en tout cas lancé cinq jours de manifestations cette semaine pour faire pression sur le chef de l'Etat, Kourmanbek Bakiev, accusé de ne pas tenir ses promesses. Il y a comme une impression de déjà vu ces jours-ci au Kirghizstan, avec une opposition de plus en plus remontée, un président isolé et un large mécontentement populaire. Des ingrédients déjà réunis lors de la révolte du 24 mars 2005, qui avait conduit à la chute du président Akaïev, contraint à l'exil. "Si le gouvernement ne comprend pas qu'il creuse sa tombe en ne parlant pas à l'opposition, alors il y aura de tristes conséquences comme un coup d'Etat", estime Zaïnidine Koumanov, analyste et professeur d'histoire. L'opposition adresse à Kourmanbek Bakiev, premier président démocratiquement élu de l'ancienne république soviétique, des critiques déjà exprimées à l'encontre de son prédécesseur. On lui reproche ainsi son autoritarisme et, plus inquiétant, de permettre au crime organisé d'influer sur la politique. Son mandat a déjà été marqué par plusieurs meurtres retentissants, dont ceux de trois députés, et la détérioration de la sécurité publique. Pour ne rien arranger, le président kirghize ne s'entend plus avec ses anciens alliés du front anti-Akaïev, a des relations conflictuelles avec le Parlement, et la situation économique ne présente aucun signe d'amélioration. Les partis d'opposition et organisations pour les droits civiques ont lancé  des cycles de manifestations pour presser Bakiev de tenir ses promesses électorales: lutter contre la corruption et rééquilibrer l'actuel régime présidentiel en amendant la Constitution au profit du Premier ministre et du Parlement. Apparemment pas de quoi provoquer un putsch. Sauf que, certains organisateurs de la contestation laissent entendre que si Bakiev ne cède pas, les manifestations se poursuivront jusqu'à sa démission. Les défenseurs des droits civiques proches des organisateurs disent préparer une liste de candidats pour les principaux portefeuilles ministériels. Le député Omourbek Tekebaïev, qui a démissionné de son poste de président du Parlement en février après avoir déclaré que le président pouvait "aller se faire pendre" suite à des critiques contre les élus, est l'un des dirigeants clés de la coalition anti-Bakiev. Il attend plus de 10.000 personnes pour le premier jour de manifestation et cela s’est déroulé selon ses voeux. Un député de l’opposition a averti que les manifestants exigeront la démission du gouvernement s'il ne donne pas une suite favorable à leurs exigences. "Ce sera un test pour voir si le président est prêt à écouter les gens et à tenir ses promesses." Michael Hall de l'International Crisis Group, un centre d'étude basé à Bruxelles, juge la situation préoccupante, aucune des deux parties n'étant ouverte au dialogue. "Il ne semble pas qu'il y ait beaucoup d'inclination ou d'intérêt pour le compromis et c'est ennuyeux", dit-il. "Il y a toujours le risque de dérapages, de provocations." Il y a un an, les meneurs de la contestation avaient prévu de rester sur la principale place de Bichkek, la capitale, jusqu'à la démission d'Askar Akaïev. Mais après des heurts avec des manifestants progouvernementaux, quelque 5.000 personnes avaient pris d'assaut le palais présidentiel. En moins d'une heure, Kourmanbek Bakiev et ses partisans prenaient l'édifice et le pouvoir.

  

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