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Le Sahara occidental toujours reconnu
comme un cas de décolonisation
Kofi Annan
démasqué par ses pairs
Le vendredi 28
avril 2006, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à
l'unanimité la résolution 1675 qui proroge pour 6 mois, jusqu'au 31
octobre prochain, le mandat de la Mission de l’ONU pour un
référendum au Sahara occidental (Minurso). Retour à la case de
départ comme l’affirment des commentateurs ou retour à une situation
proche de celle ayant suivi le fameux rapport pessimiste de Kofi
Annan de février 2000 qui avait enfanté de l’accord-cadre?
La question se
pose en effet, après lecture de son dernier rapport du 19 avril au
Conseil de sécurité. Le secrétaire général de l’ONU y préconise des
négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario, pour
trouver une "solution juste, durable et mutuellement acceptable" par
les parties. Contrairement à l’accord-cadre, mort-né parce qu’il
était synonyme d’intégration au royaume marocain, Kofi Annan a
innové cette fois, en voulant sortir bel et bien la question de
décolonisation du Sahara occidental du cadre des Nations unies, en
proposant que l’Algérie participe à ces négociations.
Préoccupé
certainement par la situation d’impasse, M. Annan a cependant fait
cette nouvelle offre, tout en étant conscient du renoncement par
Rabat de ses engagements internationaux, après 1998, et son rejet du
référendum d’autodétermination. D’ailleurs, il le précise dans son
rapport en écrivant : « Le Maroc avait réitéré qu'il n'accepterait
pas de référendum incluant l'option de l'indépendance. Il a
préconisé la tenue de négociations visant à parvenir à une solution
politique juste, durable et mutuellement acceptable, mais a bien
précisé qu'elles porteraient sur l'autonomie du Sahara occidental ».
Mais, là où la
surprise est grande, c’est lorsque le secrétaire général d’une
organisation mondiale dont la raison d’être est d’apporter la paix
et de défendre les pays colonisés, agressés et faibles, jette sa
casquette onusienne, pour la remplacer par celle d’un politicien
ayant déjà choisi son camp. Kofi Annan nous invite à la recherche
d’un « compromis entre la légalité internationale et la réalité
politique ». Cela d’autant qu’apparemment, « aucun pays ayant des
liens étroits avec le Maroc (n’a) usé de son influence pour essayer
de persuader ce dernier de revenir sur sa position. » Pire, le
responsable suggère que l’ONU prenne « du recul » et qu’il « incombait
désormais (aux deux parties) de trouver une solution ».
Assistons-nous à un aveu en bonne et due forme de l’incapacité de
l’ONU à régler les conflits dans le monde ? Si tel est le cas,
pourquoi Kofi Annan et son envoyé personnel, Peter van Walsum,
demandent-ils au Conseil de sécurité à reconnaître cette « réalité
politique selon laquelle personne (ne va) obliger le Maroc à
abandonner sa revendication de souveraineté sur le Sahara
occidental » sous le prétexte de « l’impasse actuelle » ? Comment
expliquer aussi leur empressement à condamner un éventuel retour à
la lutte armée du peuple colonisé et colonial du Sahara occidental,
qualifié d’emblée de « violence (qui) ne déboucherait pas sur
l’indépendance du Sahara occidental, mais condamnerait plutôt une
autre génération de Sahraouis à grandir dans les camps de
Tindouf ». Ce n’est que plus loin, que le piège va se refermer sur
les Sahraouis et leurs représentants. « Négocier sans conditions
préalables signifiait, comme mon envoyé personnel l'avait souligné
dans son compte rendu, que le Front Polisario n'aurait pas à
reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental avant
d'examiner la question de l'autonomie devant être « accordée » par
le Maroc », écrit-il. Puis avec une désinvolture affolante,
il se réfère encore à Peter van Walsum, pour noter que l'avis
consultatif de la Cour internationale de Justice du 16 octobre 1975
« avait été rendu il y a plus de 30 ans » et que la résolution 1514
de l’Assemblée générale des Nations unies « n'avait toujours pas été
appliquée. »
Au nom de la
realpolitik, Kofi Annan emprunte à son envoyé personnel des termes
utilisés par des politiques : « Il semblait toutefois que deux
facteurs soient en jeu dans la plupart des capitales : a) le Sahara
occidental n'était pas au premier rang des préoccupations
politiques; et b) grand cas était fait du maintien des bonnes
relations tant avec le Maroc qu'avec l'Algérie ».
Et c’est seulement
à ce moment précis que M. Annan pense que le Conseil et ses Etats
membres devraient « se montrer à la hauteur », en usant de « leur
pouvoir pour contribuer au lancement des négociations ». C’est
également à cet instant que le secrétaire général s’est inquiété du
risque de détérioration de la situation au Sahara occidental,
donnant pour comme preuves « les manifestations continues et les
allégations de violation des droits de l'homme ».
« Je suis
préoccupé en particulier par les rapports faisant état de réactions
brutales aux manifestations récentes dans le territoire, notamment
l'arrestation et la mise en détention de plusieurs personnes »,
insiste-t-il.
Il est pour le
moins bizarre qu'à la fin de leur mandat, les secrétaires généraux
de l’ONU, que ce soit Pérez de Cuellar, Boutros Boutros Ghali et
aujourd’hui Kofi Annan, finissent par prendre le parti du plus fort,
à savoir l’occupant marocain. Sur quel compte, doit-on mettre tous
ces avantages accordés à de Cuellar, qui s'est vu offrir un poste
dans la société marocaine « Omnium Nord » et à Boutros Ghali, devenu
secrétaire général de l'organisation internationale de la
Francophonie ? Qu’a-t-on promis à l’actuel secrétaire général ?
Pour ce qui nous
intéresse aujourd’hui, notons que la proposition de Kofi Annan a été
rejetée par la partie sahraouie. La déviation de ce responsable de
l’ONU, certes déjà pressentie, a été très mal accueillie par
notamment la dernière conférence internationale de Madrid pour la
décolonisation du Sahara occidental, le Sénat espagnol, des
sénateurs et parlementaires américains et des ONG, de même que par
l’Algérie et l’Afrique du sud. Celle-ci a fait savoir que le
continent africain ne pouvait progresser tant que le territoire non
autonome du Sahara occidental « demeure sous le joug colonial, et
les droits de son peuple à la liberté et à l’existence (sont)
bafoués ». Regrettant que sa position n’ait pas été « comme c’est la
pratique, reflétée dans le corps du rapport » du secrétaire général,
l’Algérie a critiqué cette "dérive" de la légalité internationale et
réaffirmé que seule la mise en oeuvre du plan de paix, « compromis
délicat entre les positions des deux protagonistes », est de nature
à assurer un règlement juste et définitif de la question sahraouie.
Le Conseil de
sécurité a réagi, en faisant marche arrière. Point positif de ce
round : la question du Sahara reste du ressort des Nations unies et
l’application du plan Baker, adopté à l’unanimité il y a trois ans
et incluant la consultation référendaire reste l’objectif à
atteindre. Et, pour paraphraser notre confrère du quotidien français
Le Monde : « Petite consolation pour le Maroc et la
France, principal allié du royaume à l'ONU, la résolution du Conseil
de sécurité ne mentionne pas les atteintes aux droits de l'homme
perpétrées au Sahara occidental, selon le Polisario, par les forces
de sécurité marocaines. »
Z’hor Chérief
Haut
Comme pour le Timor de l’est…
Le Sahara
Occidental est un territoire colonisé par l’Espagne en 1884. Il a
été classé au début des années 1960 parmi les territoires non
autonomes dans la liste des Nations Unies. Depuis, celles-ci ont
adopté des résolutions qui appellent à sa décolonisation. Même après
l’invasion marocaine au Sahara occidental en 1975, puis le partage
du territoire entre le Maroc et la Mauritanie de Ould Daddah.
Aujourd’hui, il
est demandé au peuple sahraoui de se soumettre à la « réalité
politique » et de trouver un compromis entre cette réalité et le
droit international.
Est-il pensable de
demander à la partie sahraouie d’entrer dans des négociations
directes avec le Maroc et d’accorder de nouvelles concessions à
l’occupant, alors qu’elle a accepté, dès 1988 d’inclure l’option
d’intégration au royaume chérifien aux côtés de l’indépendance lors
du référendum ? Est-il encore possible de relancer des négociation
après tous les pourparlers secrets et directs qui ont eu lieu toutes
ces années, dont les négociations ayant conduit à l’acceptation par
le Maroc et le Polisario du plan de règlement de 1990 et plus tard
le « compromis » de Boutros Ghali et les accords de Houston en 1997.
Ces deux derniers événements ont semble-t-il cherché à corriger « la
bévue » de Rabat qui avait reconnu le recensement espagnol de 1974,
en ouvrant la voie à l’élargissement des critères d’identification
du corps électoral aux « tribus contestées » par les Sahraouis et
enfin aux Marocains installés dans les territoires occupés du Sahara
occidental de 1975 à décembre 1999.
Pourquoi Kofi
Annan demande-t-il alors aux Sahraouis de négocier directement avec
le Maroc quand la seule solution « acceptable » pour Rabat est celle
de l'intégration ou le partage, alors que le plan Baker a été
présenté comme la « solution médiane et optimale » ?
Le 24 avril
dernier, le Conseil de sécurité a tenu une réunion informelle sur le
Sahara occidental, pour débattre du rapport de Kofi Annan. Après une
série de tractations entre les membres de ce Conseil et entre
celui-ci et chacune des parties en conflit, il a fini par rejeter,
quatre jours plus tard, l’approche défaitiste et injuste contenu
dans le rapport du secrétaire général, en priant ce dernier de lui
présenter un nouveau texte avant le 31 octobre prochain, soit avant
la fin du mandat de la Minurso.
Dans sa résolution
1675, le Conseil de sécurité s’est appuyé sur « toutes ses
résolutions antérieures » relatives à la décolonisation de
l’ex-colonie espagnole, dont la résolution 1495 du 31 juillet 2003
qui a avalisé le « plan de paix pour l’autodétermination du peuple
du Sahara occidental ». Il a également exprimé sa volonté d’aider le
Maroc et le Polisario à « une solution politique juste, durable et
mutuellement acceptable » non sans rappeler leurs
« responsabilités » dans le processus de paix. L’organe décisionnel
s’est en outre prononcé pour plein respect des « accords militaires
de cessez-le-feu » conclus avec la Minurso. En désavouant Kofi Annan,
l’ONU tente de se ressaisir. C’est là une opportunité pour son
Conseil de sécurité de remettre sur les rails le processus de paix,
en commençant par amener le Maroc à accepter le principe
démocratique et donc l'organisation d'un référendum
d'autodétermination sous les auspices de la Minurso. Comme cela a
été le cas au Timor de l’est…
Z. C
Haut
Le Hamas étudie des scénarios de sortie
de crise
Le gouvernement
palestinien envisage d'assouplir sa position vis-à-vis d'Israël pour
sortir de l'isolement diplomatique mais exigerait en retour des
concessions de la part de l'Etat hébreu et de la communauté
internationale. Ses hypothèses de travail: une initiative de paix
arabe datant de 2002, les résolutions de l'Onu sur le conflit
israélo-palestinien et le programme national de l'Organisation de
libération de la Palestine. Elles impliquent toutes la
reconnaissance d'Israël. Selon un expert du Hamas, le politologue
Bassem Izbidi, un adoucissement de sa position ne serait pas le
reflet d'un changement profond de son idéologie mais un simple geste
tactique. Il viserait au rétablissement de l'aide financière
occidentale à l'Autorité palestinienne et à un rapprochement avec le
président Mahmoud Abbas, auquel il s'oppose sur la qualification des
pouvoirs du gouvernement. Le vice-Premier ministre palestinien
Nasser Chaer, un responsable influent du mouvement islamiste qui est
en outre proche du chef du gouvernement, Ismaïl Haniyeh, a indiqué
que plusieurs idées étaient envisagées et seraient soumises à
discussions au cours des prochains jours. "Aucune décision n'a
encore été prise", a souligné Nasser Chaer. "Il est évident que la
communauté internationale souhaite que ce gouvernement paie un
certain prix politique ou adopte une certaine position. Quelle
est-elle ? Dans quelle mesure peut-on s'y conformer?" Même son de
cloche chez le ministre des Affaires religieuses, Nayef Radjoub.
"Nous étudions et nous soupesons toutes sortes de propositions (...)
mais cela ne signifie pas que nous ayons accepté quoi que ce soit
pour le moment", dit-il. Des Etats arabes ont appelé le gouvernement
palestinien à entériner l'initiative de paix proposant la paix à
Israël en échange des territoires annexés pendant la guerre
israélo-arabe de 1967. Le Hamas, a jusqu'ici rejeté les exigences
des pays occidentaux lui intimant de renoncer à la lutte armée et de
reconnaître l'Etat juif. Il a proposé en revanche une trêve à long
terme en échange du retrait d'Israël des territoires pris en 1967 et
de la reconnaissance du droit au retour, sur le territoire actuel
d'Israël, des réfugiés palestiniens. Israël rejette cette base de
négociation. "Nous voulons surmonter cette crise mais pas pour rien.
Nous demandons des signaux clairs de la part d'Israël et de la
communauté internationale prouvant qu'ils sont vraiment déterminés à
mettre fin à la crise et acceptent de reconnaître les droits du
peuple palestinien", a déclaré Chaer. S'adressant dernièrement à
Gaza à 1.500 enseignants, Haniyeh a réaffirmé sa détermination à ne
pas faire de concessions. Israël a suspendu ses relations avec
l'Autorité palestinienne et juré de ne pas négocier avec le Hamas,
une position qui n’est pas nouvelle Tel Aviv ayant de tout temps
refusé de négocier hormis sous la pression de la précédente
administration américaine. Israël a qualifié de "gymnastique
verbale" les allusions du mouvement islamiste à un éventuel
assouplissement de sa position. Le gouvernement palestinien est sous
pression, particulièrement sur le front économique, le ministre des
Finances évoquant une banqueroute imminente alors que 165.000
fonctionnaires attendent leur salaire depuis un mois. Des pays
musulmans ont bien promis une aide financière mais des responsables
palestiniens ont souligné que les banques, effrayées par les menaces
de sanctions américaines, rechignaient à virer de l'argent à
l'Autorité palestinienne. Au sein du gouvernement palestinien, des
conseillers estiment que si ce dernier ne parvient pas à payer les
fonctionnaires d'ici deux mois et que cela entraîne des troubles au
sein de la population, Abbas demandera aux ministres de démissionner
et formera une équipe composée de technocrates n'appartenant ni au
Hamas ni au Fatah. Mais Chaer exclut toute démission. "La population
ne se retournera pas contre le gouvernement palestinien. Si les gens
descendent dans la rue, nous les y rejoindrons", promet-il.
Haut
L'émissaire du Quartet au Proche-Orient
va démissionner
L'émissaire du
Quartet international au Proche-Orient, James Wolfensohn, a décidé
de démissionner en raison des dissensions au sein du Quartet
concernant son rôle après l'arrivée du Hamas à la tête de l'Autorité
palestinienne. "Son mandat s'achève à la fin du mois et il n'a pas
l'intention de rester", selon un membre de son cabinet, qui précise
qu'aucune annonce officielle n'est prévue. Nommé il y a un an,
Wolfensohn avait à plusieurs reprises menacé de démissionner car il
estimait que son mandat et ses soutiens étaient flous depuis la
victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes de
janvier dernier. Le départ de Wolfensohn va encore accroître
l'isolement diplomatique des Palestiniens après la décision des
Etats-Unis, et de l'Union européenne de rompre leurs liens
diplomatiques avec l'Autorité palestinienne.
Des responsables
américains ont annoncé aux dirigeants palestiniens qu'il était peu
probable que les membres du Quartet (Etats-Unis, Union européenne,
Russie et Nations unies) nomment immédiatement un remplaçant. James
Wolfensohn avait été initialement nommé par le Quartet pour aider à
la coordination du retrait israélien de la bande de Gaza et pour
mener les projets de reconstruction dans cette zone.
Haut
L’ultimatum de l’opposition
au Kirghizstan
Le Kirghizstan est-il à l'aube d'un
nouveau changement après celle la révolution dite "des tulipes" qui
avait chassé le président Askar Akaïev l'an dernier? L'opposition a
en tout cas lancé cinq jours de manifestations cette semaine pour
faire pression sur le chef de l'Etat, Kourmanbek Bakiev, accusé de
ne pas tenir ses promesses. Il y a comme une impression de déjà vu
ces jours-ci au Kirghizstan, avec une opposition de plus en plus
remontée, un président isolé et un large mécontentement populaire.
Des ingrédients déjà réunis lors de la révolte du 24 mars 2005, qui
avait conduit à la chute du président Akaïev, contraint à l'exil.
"Si le gouvernement ne comprend pas qu'il creuse sa tombe en ne
parlant pas à l'opposition, alors il y aura de tristes conséquences
comme un coup d'Etat", estime Zaïnidine Koumanov, analyste et
professeur d'histoire. L'opposition adresse à Kourmanbek Bakiev,
premier président démocratiquement élu de l'ancienne république
soviétique, des critiques déjà exprimées à l'encontre de son
prédécesseur. On lui reproche ainsi son autoritarisme et, plus
inquiétant, de permettre au crime organisé d'influer sur la
politique. Son mandat a déjà été marqué par plusieurs meurtres
retentissants, dont ceux de trois députés, et la détérioration de la
sécurité publique. Pour ne rien arranger, le président kirghize ne
s'entend plus avec ses anciens alliés du front anti-Akaïev, a des
relations conflictuelles avec le Parlement, et la situation
économique ne présente aucun signe d'amélioration. Les partis
d'opposition et organisations pour les droits civiques ont lancé
des cycles de manifestations pour presser Bakiev de tenir ses
promesses électorales: lutter contre la corruption et rééquilibrer
l'actuel régime présidentiel en amendant la Constitution au profit
du Premier ministre et du Parlement. Apparemment pas de quoi
provoquer un putsch. Sauf que, certains organisateurs de la
contestation laissent entendre que si Bakiev ne cède pas, les
manifestations se poursuivront jusqu'à sa démission. Les défenseurs
des droits civiques proches des organisateurs disent préparer une
liste de candidats pour les principaux portefeuilles ministériels.
Le député Omourbek Tekebaïev, qui a démissionné de son poste de
président du Parlement en février après avoir déclaré que le
président pouvait "aller se faire pendre" suite à des critiques
contre les élus, est l'un des dirigeants clés de la coalition anti-Bakiev.
Il attend plus de 10.000 personnes pour le premier jour de
manifestation et cela s’est déroulé selon ses voeux. Un député de
l’opposition a averti que les manifestants exigeront la démission du
gouvernement s'il ne donne pas une suite favorable à leurs
exigences. "Ce sera un test pour voir si le président est prêt à
écouter les gens et à tenir ses promesses." Michael Hall de
l'International Crisis Group, un centre d'étude basé à Bruxelles,
juge la situation préoccupante, aucune des deux parties n'étant
ouverte au dialogue. "Il ne semble pas qu'il y ait beaucoup
d'inclination ou d'intérêt pour le compromis et c'est ennuyeux",
dit-il. "Il y a toujours le risque de dérapages, de provocations."
Il y a un an, les meneurs de la contestation avaient prévu de rester
sur la principale place de Bichkek, la capitale, jusqu'à la
démission d'Askar Akaïev. Mais après des heurts avec des
manifestants progouvernementaux, quelque 5.000 personnes avaient
pris d'assaut le palais présidentiel. En moins d'une heure,
Kourmanbek Bakiev et ses partisans prenaient l'édifice et le
pouvoir.
Haut
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