Semaine du 04 au 10 mai 2005

 

30 ans après le Vietnam

Les Américains confrontés à une nouvelle guérilla

Vie politique à Hong Kong

La Chine réaffirme son ascendant

Cambodge

La nécessité d’un procès des chefs khmers fait toujours débat

 

 
 
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30 ans après le Vietnam

Les Américains confrontés à une nouvelle guérilla

Trente ans après avoir quitté le Vietnam par la petite porte, les Etats-Unis sont à nouveau confrontés à une guérilla et à des interrogations sur la mission de leurs militaires dans une autre partie du monde, l’Irak.

La question reste de savoir s’ils vont quitter Baghdad sous la pression sans cesse accrue des opérations de guérilla.

En 2004, le sénateur démocrate Edward Kennedy avait affirmé : “L’Irak est le Vietnam de George Walker Bush”. “Nous pensions au début du conflit au Vietnam que nous étions en train de gagner… Aveuglés, nous avons continué cette guerre pendant trop longtemps. Nous n’avions pas compris que notre présence créait de nouveaux ennemis et contrecarrait nos objectifs”, a une nouvelle fois précisé le sénateur américain en janvier.

La présence militaire américaine en Irak rend vulnérables troupes et civils à des attaques de guérilla, qui sont devenues si courantes qu’elles ne font plus la Une des journaux.

La question de savoir si l’Irak peut devenir stable sans la présence massive de troupes américaines et sans tomber dans la violence qui a conduit les Etats-Unis à se retirer du Vietnam reste ouverte.

Plus de trois millions de militaires américains ont servi au Vietnam, dont 543 000 au plus fort de la guerre, la plupart appelés sous les drapeaux dans le cadre d’une conscription impopulaire. 3 000 d’entre eux, en moyenne, ont été tués par mois en 1968 et 1969, pour un total de 58 235 morts américains.

Aujourd’hui, plus de 1 500 Américains ont été tués en Irak depuis l’invasion du 20 mars 2003, y compris dans des accidents, soit un bilan plutôt réduit par rapport à celui du Vietnam.

La différence de coût est aussi significative. En tenant compte de l’inflation, les contribuables américains ont payé 500 milliards de dollars pour le Vietnam ; le coût de la guerre en Irak atteint à présent plus de 200 milliards de dollars. En 1969, des centaines de milliers de manifestants avaient convergé sur Washington pour réclamer la fin de l’engagement américain au Vietnam. Des manifestations ont été organisées aux Etats-Unis pendant plusieurs années. Une telle mobilisation ne s’est pas encore produite pour l’Irak.

Pour George W. Bush, l’une des leçons tirées du Vietnam est “la nécessité d’un objectif clair que tout le monde comprenne”. En Irak, il s’agit, dit-il, de “la création d’un Irak démocratique” et “les gens comprennent le lien entre cet objectif et l’avenir”.

Mais affirmer que la population américaine est persuadée que la guerre en Irak est un élément-clé de la lutte contre le terrorisme aux Etats-Unis reste à prouver.

 

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Vie politique à Hong Kong

La Chine réaffirme son ascendant

Le Parlement chinois a décidé de réduire de cinq à deux années la durée du mandat du prochain chef de l’Exécutif de Hong Kong, une mesure critiquée par l’opposition démocrate comme une atteinte à l’autonomie et à l’Etat de droit dans l’ancienne colonie britannique.

Cet arrangement permet à Pékin de réaffirmer qu’il reste le maître du calendrier politique à Hong Kong, après avoir fixé l’an dernier les modalités des élections à venir, en 2007 et 2008.

Le comité permanent de l’Assemblée nationale populaire (ANP, Parlement chinois) a ainsi répondu à la requête de l’actuel chef de l’Exécutif  par intérim, Donald Tsang, qui gouverne la Région administrative spéciale (RAS) depuis la démission, le 10 mars, à mi-mandat, de son prédécesseur Tung Chee-Hwa.

Si le gouvernement de Hong Kong applaudit, l’opposition estime que “c’est un coup mortel porté à l’Etat de droit”. “Un précédent dangereux qui permet désormais à la Chine de modifier n’importe quel article de la législation dans le sens sui lui convient.”

Donald Tsang s’était adressé à Pékin alors que l’opposition démocrate menaçait d’attaquer, devant les tribunaux, sa décision de réduire le prochain mandat à deux ans, risquant de faire dérailler le processus de désignation du prochain chef de l’Exécutif.

Un collège électoral de 800 membres acquis aux vues de Pékin doit se réunir le 10 juillet pour désigner le futur chef de la  RAS. L’an dernier, le Parlement chinois avait interprété la Loi fondamentale en refusant l’élection au suffrage universel du chef de l’Exécutif en 2007, ainsi que l’élection par l’ensemble de la population de tous les députés du Parlement, le Conseil législatif, en 2008.

A la suite de cette décision, aucune élection au suffrage universel ne serait en principe possible à Hong Kong avant 2012.

 

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Cambodge

La nécessité d’un procès des chefs khmers fait toujours débat

Les financements du tribunal du génocide sont quasiment bouclés, mais le temps presse pour juger les anciens chefs khmers rouges vieillissants.

Trente ans après la prise du pouvoir par les ultra-maoistes et le déclenchement d’un génocide qui allait entraîner la mort de près de deux millions de personnes, un procès semble enfin en vue ; il devrait se tenir l’an prochain. Mais Pol Pot est mort en 1998, échappant à la justice, et seulement deux anciens chefs Khmers rouges sont en prison, tandis que les autres vivent en liberté à Phnom Penh ou dans les anciens bastions de la guérilla, dans le nord-ouest du Cambodge.

Les pays donateurs se sont engagés à fournir près de 39 millions de dollars pour le procès, qui est prévu sur trois ans, moins que les 43 millions attendus de la communauté internationale.

Le Cambodge, un pays qui ne parvient pas à s’extraire de la pauvreté, doit apporter les 13 millions manquants et a lancé un appel aux donateurs.

Les Nations unies et le Cambodge avaient fini par s’accorder, en 2003, après plus de six ans de négociations souvent acrimonieuses, sur l’organisation d’une cour spéciale mixte cambodgienne mais à “caractère international”.

Mais cet accord a été mal accueilli par les organisations de défense des droits de l’homme, qui ont estimé notamment que le tribunal, au sein duquel un juge international doit s’entendre avec une majorité de juges cambodgiens pour décider d’une condamnation, est trop sujet aux pressions politiques, dans un pays où la justice est accusée d’être corrompue.

Beaucoup de parties n’ont  aussi aucun intérêt à un procès des Khmers rouges.

Des membres du gouvernement cambodgien – qui, bien qu’officiellement appelle de ses vœux un procès – préféreraient que celui-ci n’ait jamais lieu : ils ont été nombreux à avoir eu des liens avec les “polpotistes” avant, après, voire pendant leur règne.

Parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, la Chine a été l’alliée idéologique et le soutien des Khmers rouges et les Etats-Unis, qui ont refusé de s’engager financièrement pour le procès, les ont réarmés après leur défaite au nom des impératifs géostratégiques de la Guerre froide.

L’ONU elle-même a laissé le siège du Cambodge aux Khmers rouges des années après qu’ils aient été chassés du pouvoir par les Vietnamiens, alors que la longue liste de leurs atrocités était déjà connue.

La plupart des Cambodgiens souhaitent un procès sous une forme ou une autre, afin que nul n’oublie.

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