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30 ans après le
Vietnam
Les Américains
confrontés à une nouvelle guérilla
Trente ans après
avoir quitté le Vietnam par la petite porte, les Etats-Unis sont à
nouveau confrontés à une guérilla et à des interrogations sur la
mission de leurs militaires dans une autre partie du monde, l’Irak.
La question reste
de savoir s’ils vont quitter Baghdad sous la pression sans cesse
accrue des opérations de guérilla.
En 2004, le
sénateur démocrate Edward Kennedy avait affirmé : “L’Irak est le
Vietnam de George Walker Bush”. “Nous pensions au début du conflit
au Vietnam que nous étions en train de gagner… Aveuglés, nous avons
continué cette guerre pendant trop longtemps. Nous n’avions pas
compris que notre présence créait de nouveaux ennemis et
contrecarrait nos objectifs”, a une nouvelle fois précisé le
sénateur américain en janvier.
La présence
militaire américaine en Irak rend vulnérables troupes et civils à
des attaques de guérilla, qui sont devenues si courantes qu’elles ne
font plus la Une des journaux.
La question de
savoir si l’Irak peut devenir stable sans la présence massive de
troupes américaines et sans tomber dans la violence qui a conduit
les Etats-Unis à se retirer du Vietnam reste ouverte.
Plus de trois
millions de militaires américains ont servi au Vietnam, dont 543 000
au plus fort de la guerre, la plupart appelés sous les drapeaux dans
le cadre d’une conscription impopulaire. 3 000 d’entre eux, en
moyenne, ont été tués par mois en 1968 et 1969, pour un total de
58 235 morts américains.
Aujourd’hui, plus
de 1 500 Américains ont été tués en Irak depuis l’invasion du 20
mars 2003, y compris dans des accidents, soit un bilan plutôt réduit
par rapport à celui du Vietnam.
La différence de
coût est aussi significative. En tenant compte de l’inflation, les
contribuables américains ont payé 500 milliards de dollars pour le
Vietnam ; le coût de la guerre en Irak atteint à présent plus de 200
milliards de dollars. En 1969, des centaines de milliers de
manifestants avaient convergé sur Washington pour réclamer la fin de
l’engagement américain au Vietnam. Des manifestations ont été
organisées aux Etats-Unis pendant plusieurs années. Une telle
mobilisation ne s’est pas encore produite pour l’Irak.
Pour George W.
Bush, l’une des leçons tirées du Vietnam est “la nécessité d’un
objectif clair que tout le monde comprenne”. En Irak, il s’agit,
dit-il, de “la création d’un Irak démocratique” et “les gens
comprennent le lien entre cet objectif et l’avenir”.
Mais affirmer que
la population américaine est persuadée que la guerre en Irak est un
élément-clé de la lutte contre le terrorisme aux Etats-Unis reste à
prouver.
Haut
Vie politique à Hong Kong
La Chine
réaffirme son ascendant
Le Parlement
chinois a décidé de réduire de cinq à deux années la durée du mandat
du prochain chef de l’Exécutif de Hong Kong, une mesure critiquée
par l’opposition démocrate comme une atteinte à l’autonomie et à
l’Etat de droit dans l’ancienne colonie britannique.
Cet arrangement
permet à Pékin de réaffirmer qu’il reste le maître du calendrier
politique à Hong Kong, après avoir fixé l’an dernier les modalités
des élections à venir, en 2007 et 2008.
Le comité
permanent de l’Assemblée nationale populaire (ANP, Parlement
chinois) a ainsi répondu à la requête de l’actuel chef de
l’Exécutif par intérim, Donald Tsang, qui gouverne la Région
administrative spéciale (RAS) depuis la démission, le 10 mars, à
mi-mandat, de son prédécesseur Tung Chee-Hwa.
Si le gouvernement
de Hong Kong applaudit, l’opposition estime que “c’est un coup
mortel porté à l’Etat de droit”. “Un précédent dangereux qui permet
désormais à la Chine de modifier n’importe quel article de la
législation dans le sens sui lui convient.”
Donald Tsang
s’était adressé à Pékin alors que l’opposition démocrate menaçait
d’attaquer, devant les tribunaux, sa décision de réduire le prochain
mandat à deux ans, risquant de faire dérailler le processus de
désignation du prochain chef de l’Exécutif.
Un collège
électoral de 800 membres acquis aux vues de Pékin doit se réunir le
10 juillet pour désigner le futur chef de la RAS. L’an dernier, le
Parlement chinois avait interprété la Loi fondamentale en refusant
l’élection au suffrage universel du chef de l’Exécutif en 2007,
ainsi que l’élection par l’ensemble de la population de tous les
députés du Parlement, le Conseil législatif, en 2008.
A la suite de
cette décision, aucune élection au suffrage universel ne serait en
principe possible à Hong Kong avant 2012.
Haut
Cambodge
La nécessité
d’un procès des chefs khmers fait toujours débat
Les financements
du tribunal du génocide sont quasiment bouclés, mais le temps presse
pour juger les anciens chefs khmers rouges vieillissants.
Trente ans après
la prise du pouvoir par les ultra-maoistes et le déclenchement d’un
génocide qui allait entraîner la mort de près de deux millions de
personnes, un procès semble enfin en vue ; il devrait se tenir l’an
prochain. Mais Pol Pot est mort en 1998, échappant à la justice, et
seulement deux anciens chefs Khmers rouges sont en prison, tandis
que les autres vivent en liberté à Phnom Penh ou dans les anciens
bastions de la guérilla, dans le nord-ouest du Cambodge.
Les pays donateurs
se sont engagés à fournir près de 39 millions de dollars pour le
procès, qui est prévu sur trois ans, moins que les 43 millions
attendus de la communauté internationale.
Le Cambodge, un
pays qui ne parvient pas à s’extraire de la pauvreté, doit apporter
les 13 millions manquants et a lancé un appel aux donateurs.
Les Nations unies
et le Cambodge avaient fini par s’accorder, en 2003, après plus de
six ans de négociations souvent acrimonieuses, sur l’organisation
d’une cour spéciale mixte cambodgienne mais à “caractère
international”.
Mais cet accord a
été mal accueilli par les organisations de défense des droits de
l’homme, qui ont estimé notamment que le tribunal, au sein duquel un
juge international doit s’entendre avec une majorité de juges
cambodgiens pour décider d’une condamnation, est trop sujet aux
pressions politiques, dans un pays où la justice est accusée d’être
corrompue.
Beaucoup de
parties n’ont aussi aucun intérêt à un procès des Khmers rouges.
Des membres du
gouvernement cambodgien – qui, bien qu’officiellement appelle de ses
vœux un procès – préféreraient que celui-ci n’ait jamais lieu : ils
ont été nombreux à avoir eu des liens avec les “polpotistes” avant,
après, voire pendant leur règne.
Parmi les cinq
membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, la Chine a été
l’alliée idéologique et le soutien des Khmers rouges et les
Etats-Unis, qui ont refusé de s’engager financièrement pour le
procès, les ont réarmés après leur défaite au nom des impératifs
géostratégiques de la Guerre froide.
L’ONU elle-même a
laissé le siège du Cambodge aux Khmers rouges des années après
qu’ils aient été chassés du pouvoir par les Vietnamiens, alors que
la longue liste de leurs atrocités était déjà connue.
La plupart des
Cambodgiens souhaitent un procès sous une forme ou une autre, afin
que nul n’oublie.
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