Semaine du 04 au 10 mai 2005

 

Frik écope de huit ans de prison ferme, le procès d’El-Para reporté et le front social s’anime

Le FLN revient cette semaine

 

 
 
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Frik écope de huit ans de prison ferme, le procès d’El-Para reporté et le front social s’anime

Le FLN revient cette semaine

“Je pars.” Cette déclaration  de Belkhadem était à la majorité des Unes de la semaine. Raison invoquée : “Pour me consacrer au parti.”

L’éditorialiste de Djazaïr El-Youm le regrette un peu : “Il est difficile de réussir l’expérience de la réconciliation nationale si on venait de se séparer des hommes qui croient en cette réconciliation comme instrument politique pour dépasser les obstacles.” Il va plus loin dans son analyse en exprimant son penchant pour “un gouvernement qui doit prendre en compte qu’il ne peut y avoir réconciliation effective sans des hommes de la réconciliation, détenteurs de vison stratégique, un courage politique et une compétence technique”.

Le Jour d’Algérie voit les choses autrement ; d’abord, “il est impensable, écrit l’éditorialiste, que le ministre d’Etat et ministre des Affaires étrangères et secrétaire général du FLN puisse évoquer un sujet aussi sérieux qu’un remaniement ministériel sans être certain de son fait. Pas au point, en tout cas, d’annoncer y compris son propre départ”. Faisant le lien avec la question de retrait des élus de Kabylie, Le Jour d’Algérie se pose la question de savoir “pourquoi les deux processus tardent autant à être concrétisés alors que les objectifs sont clairs ?” La réponse, il va la chercher chez “les autres forces qui disputent au Président son pouvoir ou, en tout cas, l’empêchent de l’exercer entièrement”.  

Liberté titre son édito “A la soupe” en s’attaquant à la question de l’amnistie, non sans se poser des questions sérieuses quant à l’intention des membres de la fameuse Commission nationale d’amnistie générale (CNAG) minée au passage par “une guerre sans merci pour le contrôle de sa direction”. Le quotidien El Youm exclut de son côté la programmation d’une quelconque loi portant amnistie générale pour le courant de cette année, eu égard aux “difficultés objectives qui sont apparues en cours de route”. La préoccupation se trouve être depuis dirigée vers “la concrétisation du programme de soutien à la relance économique afin de répondre aux véritables besoins” des citoyens, dont “la réalisation du programme d’un million de logements”. Mais c’est Le Jeune Indépendant qui va jeter le pavé dans la mare, cette semaine, en donnant la parole au président de la commission défense de l’APN qui va réfuter le droit aux députés d’introduire la “la proposition de loi portant levée d’état d’urgence”. Benzaïm est catégorique : la proposition du MSP s’achemine “vers la tendance du rejet” de cette proposition. Selon lui, “la question relève des prérogatives du président de la République”.

Foncier et justice

“La mafia du foncier avale 30 hectares”, le titre de Une de El Bilad fait état de l’octroi de 1 100 décisions illégales dans la commune d’El-Achour. Cette affaire fait suite à celle de Birkhadem où les brigades de Gendarmerie nationale étudient le cas des trois coopératives où sont construites près de 400 villas qui s’avèrent anarchiques.

“Des personnes ont été placées sous contrôle judiciaire à Boumerdes”, selon La Tribune, qui se demande “où la justice situera-t-elle les responsabilités ?” dans les raisons de l’effondrement “de la quasi-totalité des habitations” de la wilaya de Boumerdes suite au séisme du 21 mai 2001. Le quotidien rapporte la teneur de l’enquête diligentée par la gendarmerie sur plainte du ministre de l’Habitat, qui a abouti à “la convocation de 513 personnes, l’audition de 44 témoins et 292 victimes du sinistre”. Le Jour d’Algérie s’est intéressé à d’autres affaires, celles notamment de Khalifa, des métaux ferreux et non ferreux et du foncier agricole, en rapportant la déclaration d’une haute autorité de la gendarmerie qui a engagé sa “parole d’officier” pour dire que “toutes les personnes sans exception impliquées dans les grands dossiers, seront entendues”. On saura ainsi que le dossier relatif à la dilapidation des terres agricoles de Bouchaoui “avance à grandes enjambées” et que les ventes des EAC et EAI “sont illégales car ces terres appartiennent à l’Etat”.

Liberté ouvre aussi sur un autre scandale, celui des frigos à 20 euros. “L’importateur a écopé de 4 ans de prison ferme, 4 cadres des douanes ont été condamnés et 17 inspecteurs exerçant au port d’Alger ont écopé de 6 mois et 1 an de prison”.

Durant la semaine, il eut d’abord le tomber de rideau sur le procès Frik, laissant un avant-goût d’inachevé pour El Watan qui, sous le titre “Frustration” estime que la fin de ce procès “n’a pas tardé à faire se déchanter les esprits crédules qui ont cru percevoir dans la liberté qui a caractérisé les débats des signes d’un renouveau politique et judiciaire dans le pays”.

La fin de ce procès a donné lieu au commentaire du deuxième procès ouvert en parallèle pour juger El-Para. Djazaïr El Youm ouvre sur le report du procès du terroriste, et croit savoir qu’il aura lieu en automne prochain. Le journal avance également les raisons de ce report, qui seraient dues à l’état de fuite du concerné. Le commentateur préfère, lui, se poser la question suivante : “El-Para va-t-il être condamné ou sera-t-il gracié dans le cadre du processus d’amnistie générale ?” Traduire ce terroriste en justice serait le fait d’une raison d’Etat qui consiste à “s’en remettre à la justice, tenue de consolider sa mission”afin d’éviter “les erreurs du passé”. El Fadjr considère également que le report du procès était dû au fait que la justice le considérait comme en état de fuite et qu’il était reporté à la session criminelle prochaine. Le Jeune Indépendant considère le report du procès comme “un coup de théâtre qui s’est produit à l’audience de la chambre criminelle de la cour d’Alger”. Sous le titre “Où est passé Abderrezak El-Para ?”, Le Jeune Indépendant se réfère à “la logique qui veut que le transfert du détenu se fasse la veille du procès”. Le journal donne la parole à un avocat qui se demande “pourquoi la procédure n’a pas été respectée”.

L’UGTA satisfaite, le SNAPAP proteste

La fin de la semaine était consacrée au social. Hormis le satisfecit de L’UGTA quant au plan de relance tel qu’évoqué par la presse nationale, il est également rapporté les vœux du SG de l’UGTA qui demande à ce que les 55 milliards de dollars consentis pour le plan de soutien à la relance soient soigneusement contrôlés. Le Jour d’Algérie trouve cette déclaration “plus que louable”, mais le chroniqueur rappelle toutefois à Sidi Saïd “la véritable catastrophe financière occasionnée à la Centrale syndicale par le placement de dizaines de milliards de centimes appartenant aux œuvres sociales dans une banque qui venait à peine de naître”.  La tripartite de jeudi a, par contre, bien alimenté les mécontentements des syndicats autonomes qui montent au créneau et menacent de paralyser le secteur de l’éducation, notamment. “Le spectre d’une grève nationale” – titre de L’Authentique – est imminent vu que le SNAPAP et les syndicats autonomes “ont décidé d’opter pour une action d’envergure” pour revendiquer “le pluralisme syndical et sa concrétisation sur le terrain”. Liberté regrette que “le pluralisme reconnu depuis une quinzaine d’années ne puisse pas bénéficier de conditions de son ancrage dans le monde du travail”. Comme il déplore par ailleurs l’attitude du gouvernement à ne reconnaître que l’UGTA “comme seul interlocuteur”. Liberté explique ce choix par “la stratégie de containment qui consiste à limiter les voix indépendantes face à celles de l’UGTA que le pouvoir veut faire apparaître comme seule crédible”.  Le Soir d’Algérie ouvrait sur le rassemblement devant le palais de justice, ce lundi. Le journal rapporte que le CLA a appelé les enseignants à un rassemblement massif ce lundi en vue de protester “contre la répression des syndicalistes enseignants”.

Samira Mana

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