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Frik écope de
huit ans de prison ferme, le procès d’El-Para reporté et le front
social s’anime
Le FLN revient
cette semaine
“Je pars.” Cette
déclaration de Belkhadem était à la majorité des Unes de la
semaine. Raison invoquée : “Pour me consacrer au parti.”
L’éditorialiste de
Djazaïr El-Youm le regrette un peu : “Il est difficile de réussir
l’expérience de la réconciliation nationale si on venait de se
séparer des hommes qui croient en cette réconciliation comme
instrument politique pour dépasser les obstacles.” Il va plus loin
dans son analyse en exprimant son penchant pour “un gouvernement qui
doit prendre en compte qu’il ne peut y avoir réconciliation
effective sans des hommes de la réconciliation, détenteurs de vison
stratégique, un courage politique et une compétence technique”.
Le Jour d’Algérie
voit les choses autrement ; d’abord, “il est impensable, écrit
l’éditorialiste, que le ministre d’Etat et ministre des Affaires
étrangères et secrétaire général du FLN puisse évoquer un sujet
aussi sérieux qu’un remaniement ministériel sans être certain de son
fait. Pas au point, en tout cas, d’annoncer y compris son propre
départ”. Faisant le lien avec la question de retrait des élus de
Kabylie, Le Jour d’Algérie se pose la question de savoir “pourquoi
les deux processus tardent autant à être concrétisés alors que les
objectifs sont clairs ?” La réponse, il va la chercher chez “les
autres forces qui disputent au Président son pouvoir ou, en tout
cas, l’empêchent de l’exercer entièrement”.
Liberté titre son
édito “A la soupe” en s’attaquant à la question de l’amnistie, non
sans se poser des questions sérieuses quant à l’intention des
membres de la fameuse Commission nationale d’amnistie générale
(CNAG) minée au passage par “une guerre sans merci pour le contrôle
de sa direction”. Le quotidien El Youm exclut de son côté la
programmation d’une quelconque loi portant amnistie générale pour le
courant de cette année, eu égard aux “difficultés objectives qui
sont apparues en cours de route”. La préoccupation se trouve être
depuis dirigée vers “la concrétisation du programme de soutien à la
relance économique afin de répondre aux véritables besoins” des
citoyens, dont “la réalisation du programme d’un million de
logements”. Mais c’est Le Jeune Indépendant qui va jeter le pavé
dans la mare, cette semaine, en donnant la parole au président de la
commission défense de l’APN qui va réfuter le droit aux députés
d’introduire la “la proposition de loi portant levée d’état
d’urgence”. Benzaïm est catégorique : la proposition du MSP
s’achemine “vers la tendance du rejet” de cette proposition. Selon
lui, “la question relève des prérogatives du président de la
République”.
Foncier et
justice
“La mafia du
foncier avale 30 hectares”, le titre de Une de El Bilad fait état de
l’octroi de 1 100 décisions illégales dans la commune d’El-Achour.
Cette affaire fait suite à celle de Birkhadem où les brigades de
Gendarmerie nationale étudient le cas des trois coopératives où sont
construites près de 400 villas qui s’avèrent anarchiques.
“Des personnes ont
été placées sous contrôle judiciaire à Boumerdes”, selon La Tribune,
qui se demande “où la justice situera-t-elle les responsabilités ?”
dans les raisons de l’effondrement “de la quasi-totalité des
habitations” de la wilaya de Boumerdes suite au séisme du 21 mai
2001. Le quotidien rapporte la teneur de l’enquête diligentée par la
gendarmerie sur plainte du ministre de l’Habitat, qui a abouti à “la
convocation de 513 personnes, l’audition de 44 témoins et 292
victimes du sinistre”. Le Jour d’Algérie s’est intéressé à d’autres
affaires, celles notamment de Khalifa, des métaux ferreux et non
ferreux et du foncier agricole, en rapportant la déclaration d’une
haute autorité de la gendarmerie qui a engagé sa “parole d’officier”
pour dire que “toutes les personnes sans exception impliquées dans
les grands dossiers, seront entendues”. On saura ainsi que le
dossier relatif à la dilapidation des terres agricoles de Bouchaoui
“avance à grandes enjambées” et que les ventes des EAC et EAI “sont
illégales car ces terres appartiennent à l’Etat”.
Liberté ouvre
aussi sur un autre scandale, celui des frigos à 20 euros.
“L’importateur a écopé de 4 ans de prison ferme, 4 cadres des
douanes ont été condamnés et 17 inspecteurs exerçant au port d’Alger
ont écopé de 6 mois et 1 an de prison”.
Durant la semaine,
il eut d’abord le tomber de rideau sur le procès Frik, laissant un
avant-goût d’inachevé pour El Watan qui, sous le titre “Frustration”
estime que la fin de ce procès “n’a pas tardé à faire se déchanter
les esprits crédules qui ont cru percevoir dans la liberté qui a
caractérisé les débats des signes d’un renouveau politique et
judiciaire dans le pays”.
La fin de ce
procès a donné lieu au commentaire du deuxième procès ouvert en
parallèle pour juger El-Para. Djazaïr El Youm ouvre sur le report du
procès du terroriste, et croit savoir qu’il aura lieu en automne
prochain. Le journal avance également les raisons de ce report, qui
seraient dues à l’état de fuite du concerné. Le commentateur
préfère, lui, se poser la question suivante : “El-Para va-t-il être
condamné ou sera-t-il gracié dans le cadre du processus d’amnistie
générale ?” Traduire ce terroriste en justice serait le fait d’une
raison d’Etat qui consiste à “s’en remettre à la justice, tenue de
consolider sa mission”afin d’éviter “les erreurs du passé”. El Fadjr
considère également que le report du procès était dû au fait que la
justice le considérait comme en état de fuite et qu’il était reporté
à la session criminelle prochaine. Le Jeune Indépendant considère le
report du procès comme “un coup de théâtre qui s’est produit à
l’audience de la chambre criminelle de la cour d’Alger”. Sous le
titre “Où est passé Abderrezak El-Para ?”, Le Jeune Indépendant se
réfère à “la logique qui veut que le transfert du détenu se fasse la
veille du procès”. Le journal donne la parole à un avocat qui se
demande “pourquoi la procédure n’a pas été respectée”.
L’UGTA
satisfaite, le SNAPAP proteste
La fin de la
semaine était consacrée au social. Hormis le satisfecit de L’UGTA
quant au plan de relance tel qu’évoqué par la presse nationale, il
est également rapporté les vœux du SG de l’UGTA qui demande à ce que
les 55 milliards de dollars consentis pour le plan de soutien à la
relance soient soigneusement contrôlés. Le Jour d’Algérie trouve
cette déclaration “plus que louable”, mais le chroniqueur rappelle
toutefois à Sidi Saïd “la véritable catastrophe financière
occasionnée à la Centrale syndicale par le placement de dizaines de
milliards de centimes appartenant aux œuvres sociales dans une
banque qui venait à peine de naître”. La tripartite de jeudi a, par
contre, bien alimenté les mécontentements des syndicats autonomes
qui montent au créneau et menacent de paralyser le secteur de
l’éducation, notamment. “Le spectre d’une grève nationale” – titre
de L’Authentique – est imminent vu que le SNAPAP et les syndicats
autonomes “ont décidé d’opter pour une action d’envergure” pour
revendiquer “le pluralisme syndical et sa concrétisation sur le
terrain”. Liberté regrette que “le pluralisme reconnu depuis une
quinzaine d’années ne puisse pas bénéficier de conditions de son
ancrage dans le monde du travail”. Comme il déplore par ailleurs
l’attitude du gouvernement à ne reconnaître que l’UGTA “comme seul
interlocuteur”. Liberté explique ce choix par “la stratégie de
containment qui consiste à limiter les voix indépendantes face à
celles de l’UGTA que le pouvoir veut faire apparaître comme seule
crédible”. Le Soir d’Algérie ouvrait sur le rassemblement devant le
palais de justice, ce lundi. Le journal rapporte que le CLA a appelé
les enseignants à un rassemblement massif ce lundi en vue de
protester “contre la répression des syndicalistes enseignants”.
Samira Mana
Haut
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