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Semaine du 4 au 10 octobre 2006

Iran

Maintient du cap sur le dossier nucléaire

Georgie - Russie

Rien ne va plus

Etats-Unis

George Bush accusé de dissimuler l'ampleur des violences en Irak

Selon l’ONU

Israël a fait obstruction dans l'enquête sur la mort de quatre observateurs au Liban

 

 
 
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Iran

Maintient du cap sur le dossier nucléaire

L'Iran a  une nouvelle fois affirmé sa détermination à poursuivre ses activités nucléaires, maintenant ainsi inchangée sa ligne dure face aux exigences de l'Europe et des Etats-Unis et s'exposant à de possibles sanctions de l'ONU. Ce nouveau refus a été exprimé au lendemain de discussions sans accord à Berlin entre le négociateur en chef du nucléaire iranien, Ali Larijani, et le représentant de la diplomatie de l'Union européenne, Javier Solana, qui cherche à convaincre Téhéran de suspendre l'enrichissement d'uranium.

"L'Iran ne voit aucune raison pour suspendre ses activités nucléaires", a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki. Avant lui, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait donné le ton en affirmant que son pays "ne cèderait pas d'un pouce face à la pression".

Les Occidentaux, à leur tête les Etats-Unis, font de l’Iran un abcès de fixation. Ils affirment  craindre que l'Iran puisse utiliser son programme nucléaire civil à des fins militaires. Téhéran souligne que le Traité de non-prolifération nucléaire l'autorise à enrichir son uranium à des fins civiles. Larijani et Solana ont conclu, le 28 septembre, leur troisième série d'entretiens sur un simple constat de "progrès" et ont convenu d'un nouveau "contact" la semaine prochaine. Selon des diplomates européens, le but de la rencontre était de savoir si Téhéran était prêt à suspendre son enrichissement d'uranium en échange de mesures économiques et diplomatiques et de l'engagement du groupe 5+1 – les membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, France, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne – à ne pas faire adopter des sanctions à l'ONU. Mais selon le département d'Etat américain, l'Iran n'a pas accepté une telle suspension à Berlin.

L'Iran a jusque-là refusé de suspendre l'enrichissement d'uranium, malgré une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies le sommant de le faire au 31 août. Pour Manouchehr Mottaki, les pays occidentaux "ont compris que le langage de la menace et un recours au Conseil de sécurité de l'ONU ne sont pas efficaces et qu'il ne leur reste pour le moment que le choix de la négociation". Les Etats-Unis ont néanmoins averti que le temps était compté pour les négociateurs européens pour conclure un accord avec l'Iran afin qu'il renonce à l'enrichissement. Selon le porte-parole du département d'Etat, une nouvelle date limite sera fixée pour que l'Iran renonce à ces activités, le principe de cette date butoir ayant été accepté la semaine dernière par les 5+1. Au-delà de cette date, les six pays pourraient décider d'imposer des sanctions à Téhéran. "Personne ne veut s'engager dans la voie de sanctions, ce n'est pas notre premier choix. Mais nous sommes prêts, avec les 5+1, à aller sur cette voie si c'est celle-là que le régime iranien veut choisir", a-t-il dit. La date limite n'a jamais été officiellement annoncée mais selon des diplomates européens, elle est prévue pour le courant de la semaine prochaine.

Cependant, des divergences subsistent sur la façon de procéder entre les pays occidentaux d'un côté, et la Russie et la Chine de l'autre, ces deux dernières s'opposant à "des ultimatums". Il y a quelques jours, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, les grandes puissances ont indiqué souhaiter une réponse d'ici début octobre au plus tard de l'Iran sur une reprise des négociations sur son programme nucléaire et une suspension de ses activités sensibles. Dans ce contexte, le chef de la diplomatie iranienne a aussi réaffirmé que son pays "n'utilisera pas le pétrole comme une arme politique", au moment où les prix du pétrole ont continué de rebondir. Des analystes pétroliers étrangers évoquent l'hypothèse d'une possible interruption par l'Iran de ses exportations.

 

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Georgie - Russie

Rien ne va plus

La Russie a évacué une partie de son personnel diplomatique en Géorgie en réaction à la mise en détention, à Tbilissi, d'officiers russes accusés d'espionnage, les deux pays s'enfonçant dans une crise grave. Depuis la chute de l'URSS, le seul précédent d'évacuation d'une représentation diplomatique russe remonte à 1999 à Belgrade, lors des frappes de l'Otan en Yougoslavie. L'ordre de rappeler pour consultations l'ambassadeur et d'évacuer l'ambassade de Russie à Tbilissi, qui ne délivre plus depuis le 28 septembre de visas russes aux ressortissants géorgiens, est la première conséquence directe de la crise grave qui oppose ce pays du Caucase du sud à son puissant voisin russe. L'escalade verbale entre les deux pays a commencé la semaine dernière après l'annonce par les autorités géorgiennes de l'interpellation de quatre officiers russes soupçonnés d'espionnage militaire et de liens avec les organisateurs d'un attentat en février 2005. Dans la foulée, Moscou a répondu avec virulence, qualifiant de "débiles et inventées" les accusations d'espionnage, et exigé la libération des militaires. Mais la détention provisoire des quatre officiers russes, des agents "des services de renseignements militaires" selon Tbilissi, a été prolongée pour deux mois.

Sur le front diplomatique, la Russie a saisi le Conseil de sécurité de l'ONU, alors que des responsables politiques russes évoquent la perspective d'une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays voire le spectre de la "guerre".

De son côté, Mikhaïl Saakachvili, qui a imprimé une politique atlantiste à son pays en arrivant au pouvoir en janvier 2004, a défendu sa politique en affirmant que son pays n'était pas un "champ" où les Russes pouvaient faire ce qu'ils voulaient.

"Tous doivent comprendre que la Géorgie n'est pas un champ où celui qui veut se servir, se sert", a déclaré M. Saakachvili.

La presse russe affirme que la Géorgie a "tendu un piège" à Moscou pour l'impliquer dans un bras de fer avec les Etats-Unis et la communauté internationale autour des républiques séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, dont la Russie est accusée de soutenir les velléités séparatistes.

Le quotidien Kommersant rappelle aussi que l'affaire d'espionnage intervient une semaine après le début d'un "dialogue intensifié" entre la Géorgie et l'Otan, qui aurait été considéré par Tbilissi "comme une carte blanche pour des agissements anti-russes".

 

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Etats-Unis

George Bush accusé de dissimuler l'ampleur des violences en Irak

Le journaliste américain Bob Woodward affirme, dans un nouveau livre-enquête, que l'administration Bush dissimule le degré de violence auquel sont exposées les forces américaines en Irak. Dans un entretien accordé à la chaîne CBS, il souligne qu'en moyenne, les soldats américains essuient une attaque toutes les 15 minutes. "On arrive au point où 800 à 900 attaques sont recensées chaque semaine. Cela fait plus de cent par jour", insiste-t-il dans cette interview. "Les experts du renseignement estiment que l'année prochaine sera pire mais, en public, notre président et le Pentagone disent que non, non, les choses vont s'améliorer", poursuit-il. Toujours d'après le journaliste – dont les révélations sur le Watergate avec Carl Bernstein ont contribué à la démission de Richard Nixon – le président Bush serait absolument convaincu de la justesse de sa politique en Irak.

Dans son livre, State of Denial (Etat de Déni), Woodward rapporte ainsi une phrase que Bush aurait prononcée devant des élus républicains invités à la Maison-Blanche pour discuter de la situation. "Je ne me retirerai pas (d'Irak) même si Laura et Barney sont les derniers à me soutenir", aurait-il dit, en faisant allusion à son épouse et à leur chien.

La situation en Irak est au centre de la campagne pour les élections de mi-mandat, le 7 novembre, dont les démocrates espèrent qu'elles leur permettront de redevenir majoritaires au Congrès.

 

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Selon l’ONU

Israël a fait obstruction dans l'enquête sur la mort de quatre observateurs au Liban

Israël n'a pas autorisé des enquêteurs désignés par l'ONU à interroger les commandants qui pourraient avoir été responsables du bombardement qui a coûté la vie à quatre observateurs onusiens, en juillet au Liban, lors de la guerre dévastatrice menée par Israël contre ce pays. Israël a déclaré que le bombardement du poste d'observation le long de la frontière libano-israélienne était "une erreur survenue au niveau opérationnel". Mais l'équipe enquêtant sur la mort des observateurs n'a pas été autorisée à interroger les commandants à cet échelon pour déterminer ce qui s'était produit, a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole de l'ONU.

Les quatre observateurs ont été tués dans l'explosion d'une bombe israélienne qui a détruit le bunker où ils avaient trouvé refuge après que leur poste d'observation à Khiam eut essuyé de violents tirs. En raison du refus d'Israël, les enquêteurs ont "été dans l'impossibilité de déterminer pourquoi les attaques sur la position de l'ONU n'ont pas été arrêtées en dépit des démarches répétées du personnel de l'ONU auprès des autorités israéliennes", a précisé Stéphane Dujarric. Les enquêteurs, qui ont mené des investigations sur l'attaque, ont soumis un rapport confidentiel contenant leurs conclusions aux Nations unies et aux quatre pays dont étaient originaires les observateurs : l'Autriche, le Canada, la Chine et la Finlande.

 

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