Semaine du 4 au 10 octobre 2006

Retour de Rabah Kébir en Algérie

Ce qu’en pensent le MSP et Djaballah

Kebir tue son FIS

Un FIS bis, est-ce possible ?

 

 
 
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Retour de Rabah Kébir en Algérie

Ce qu’en pensent le MSP et Djaballah

Comment est apprécié le retour de Rabah Kébir en Algérie par les dirigeants des formations islamistes qui ont continué à activer légalement durant ce qu’il est convenu d’appeler la décennie noire ? La question mérite d’être posée alors que ce retour marque la reconfiguration politique attendue depuis quelques années, intégrant la réhabilitation politique des anciens cadres du FIS dissous.

Reconnaîtrons-nous un jour le travail pédagogique engagé par la formation de feu Nahnah, malgré son entrisme avéré ? Le même travail a été accompli par Djaballah dont les desseins politiques ont été contrariés plus d’une fois alors qu’il a su maintenir son parti et ses militants à flot, contre vents et marées, tout en assurant une crédibilité autant à son mouvement qu’à la scène politique. Travail pédagogique car ces partis imposaient l’image d’un islamisme politique moins radical, acceptant le jeu démocratique malgré les perturbations.

Cette possibilité d’action n’a été possible qu’une fois le FIS disparu de la scène politique, libérant le champ à des formations classées malgré tout parmi les «schtroumpfs politiques»  (sanafir) par le premier dirigeant du parti dissous.

L’absence de l’ombre du FIS a permis à ces partis d’agir et il est clair que ce qu’ils redoutaient le plus, notamment le MSP d’aujourd’hui, serait un retour  impromptu de ce parti sur scène.

A croire que la menace n’a plus court. Bouguerra Soltani a non seulement agi pour le succès de la Charte pour la réconciliation nationale, mais il a même plaidé pour une prolongation des mesures de la Charte devant permettre autant aux terroristes dans les maquis qu’aux dirigeants du FIS à l’étranger de retourner au bercail sans enfreindre les lois. Le seul retour aujourd’hui enregistré est certes celui, hors délai, de Kébir.

Au même moment, il est intéressant d’entendre le patron du MSP déclarer sur les ondes de la Radio nationale que  «le terrorisme idéologique qui voulait fonder un Etat n’existe plus. Ce qui subsiste, ce sont des terroristes irréductibles, des bandits et des criminels qui agissent sous l’étiquette du terrorisme».

Prompt à établir un «diagnostic» très optimiste des multiples crises qui secouent le pays, Soltani indique : «Nous avons désormais en Algérie une expérience, une sorte de vaccin qui nous prémunira contre toute velléité d’une remontée du terrorisme politique.»

Le vaccin aura été bien entendu les effets de la tragédie nationale si bien qu’on se demande sur quelles bases se fonde Soltani pour estimer qu’un tel «remède» a été efficace ? Qu’est-ce qui fait que la peur du retour du FIS ait disparu ? Quelles garanties ont été données au dirigeant de ce parti islamiste modéré et proche du pourvoir actuel pour s’assurer que le retour des anciens terroristes parmi les leurs comme le retour des anciens dirigeants politiques du FIS ne présente aucun danger ? Soltani fait-il preuve de naïveté en affirmant que l’Etat «ne peut fermer la porte devant quelqu’un qui dépose les armes et admet son erreur» tout en  appelant à laisser revenir sur la scène politique «les personnes qui se plient à la Constitution et aux lois de la République» ? Pour lui, «interdire à quelqu’un à jamais d’avoir une activité politique est contraire à la Constitution». Il précise toutefois au passage que «ceux qui demeureront figés dans la mentalité des années 1990 seront combattus par les forces de sécurité et l’Armée nationale populaire».

L’affront

Bien entendu, ces déclarations, toutes empreintes de fidélité à ligne initiale du MSP (engagé dans l’alliance présidentielle) sont intervenus avant le dernier discours du président Bouteflika devant les magistrats. Il faut bien reconnaître que ce discours a été un véritable affront autant pour Belkhadem, SG du FLN et chef du gouvernement, que pour Soltani, notamment à propos d’un prolongement indéterminé des délais de grâce accordés par la Charte pour la réconciliation nationale.

Verra-t-on, après cela, Soltani se dédire, se remettre en question ? Jusqu’à quand le MSP évitera de révéler sa véritable terreur de voir l’ex-FIS, à travers ses militants ou ses dirigeants, réhabilités, venir marcher sur ses platebandes – ou plutôt tapis de prières ? Qu’on ne s’y trompe pas : le MSP aura joué jusqu’au dernier moment la carte du parti islamiste fréquentable pour offrir  à cette mouvance, qui existe effectivement dans la société et qui agit, une possibilité d’expression dans le cadre très limité des libertés  publiques et politiques telles que définies en Algérie. Certainement parce qu’il n’avait pas le choix, mais s’il se voit spolié de sa place au sein du système, il risque de disparaître, créant un vide préjudiciable aux équilibres  tels que maintenus jusque-là.

Djaballah outsider ?

S’il est un autre parti islamiste dont le sort demeure incertain, c’est bien le MRN de Djaballah. Reconstitué après une crise et des divisions, Djaballah avait montré sa capacité à mobiliser derrière lui des militants, à créer un parti politique crédible et surtout à prouver sa capacité d’adaptation. Djaballah s’était muré dans un silence qui en disait long. Alors que son parti traverse une énième crise et une énième division, il semble pris de spasmes et tente, de temps à autre, de réémerger certes sans réel succès, si ce n’est qu’il glane un repêchage au sein d’une nouvelle alliance. Porbablement celle qui verrait le FLN rallier à lui tous les partis islamistes, même ceux nés post-réconciliation nationale. Djaballah, pourtant, n’a pas souhaité officiellement la bienvenue à Kébir, il n’a pas parlé de prolongation des délais pour la réconciliation nationale. Mais il s’est exprimé sur la révision constitutionnelle. Il imagine un système qui verrait le pays sans Conseil de la nation, sans Sénat pouvant empêcher une déferlante islamiste qui, si elle obtenait la majorité des sièges, serait loin de réunir l’unanimité autour d’elle chez les Algériens. Mort, le MRN de Djaballah ? Certainement pas. Il s’active à préparer son congrès afin de se mettre en conformité avec la loi. Constant et conscient des deals politiques, même s’il n’a participé à crédibiliser les élections, prenant part active à chaque rendez-vous électoral, il est jusque-là demeuré loin du pouvoir. Il semble que cela a changé.

Amine Esseghir

 

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Kebir tue son FIS

Moins de deux semaines après son retour en grande pompe, Rabah Kebir dévoile l’essentiel de ses ambitions et celles de promoteurs. Il n’est plus question, pour lui, de ressusciter le défunt Front islamique du salut, mais de lui trouver une version soft, délestée des plus gênants parmi ses anciens «frères» de la nébuleuse. Kebir tue son FIS pour en adopter un autre.

Parmi tous ceux qui ont apporté leur caution à la Charte pour la réconciliation nationale, le président de l’ex-instance exécutive du FIS dissous est celui qui bénéficie le plus de facilités. Conférences de presse, interviews, photos en Une… C’est à croire qu’il n’a jamais été un des dirigeants du parti à qui on incombe toute la crise de la décennie 1990. Pour des raisons historiques, Kebir reste le «bon choix» pour ceux qui ont décidé d’aborder la problématique de l’ex-FIS par une reconversion en douce, nettement moins coûteuse et plus avantageuse dans la mesure où elle aboutirait à la domestication définitive d’une des principales tendances de l’islamisme algérien.

Kebir et ses alliés de l’ancienne instance exécutive de l’ex-FIS à l’étranger comme Ould Adda et Ghemati semblent avoir bel et bien enterré leur ancien parti. Ils ont eux-mêmes clos le dossier, contre l’avis de leurs anciens camarades. L’ex-exilé du FIS s’est même livré récemment, dans un entretien accordé à L’Expression (30 septembre 2006) à une autocritique, un peu tardive certes, mais qui renseigne bien sur les projets de Kebir qui se présente ici comme un «modéré».

A l’inverse d’autres ex-dirigeants de l’ex-FIS comme feu Hachani, Haddam et Benhadj, Rabah Kebir a montré patte blanche dès 1997 en accordant son soutien à l’accord de trêve conclu entre l’AIS et l’ANP, puis à la Charte pour la réconciliation nationale. Il n’hésite pas aussi, dans un clin d’œil au président de la République, à s’exprimer en faveur de la révision de la Constitution. Pour lui (entretien paru le 27 septembre dans El Bilad), la Constitution actuelle «n’est pas le Coran» et trouve même des vertus à la non-limitation du nombre de mandats présidentiels.

Kebir se place donc en «valeur sûre» sur laquelle le pouvoir doit miser pour canaliser la masse des islamistes qui n’ont été séduits ni par le MSP ni par El-Islah.

A moins d’une lecture particulière des textes de la Charte par les promoteurs de Rabah Kebir au sein du pouvoir, il est interdit aux ex-dirigeants du FIS d’exercer la politique «sous quelque forme que ce soit», comme l’a souligné jeudi dernier Me Farouk Ksentini lors d’une émission de radio. Mais Kebir reste confiant. Il pense que le temps joue en sa faveur. A-t-il reçu des assurances en ce sens ?

«Quant à l’idée de créer un parti, et qui a suscité un large débat, je vous dis qu’elle n’est pas pour demain ni dans nos priorités...», dit-il. Il rassure aussi : «Je tiens à rassurer autant notre base et nos partenaires politiques que les autorités elles-mêmes que notre action, dans le futur, s’inscrira dans ce cadre précis, conformément aux normes et aux règles politiques du pays.»

Mais lorsque Kebir affirme que «le FIS a commis de graves fautes» (on le croit volontiers), il ne va pas dans le détail des choses. Il ne dit pas qui parmi les dirigeants a commis ces fautes ni pourquoi au sein de l’ex-FIS personne, y compris lui et ses alliés, n’ont pas levé le petit doigt pour dénoncer ces dérives. Kebir a raison d’accuser les autres (il cite Anouar Haddam sans le nommer) de ne pas avoir le courage de reconnaître leurs torts, mais en réalité, il ne fait qu’essayer de jouer sur le registre de la sympathie pour se présenter comme la meilleure alternative parmi ses anciens co-partisans.

Kebir fait table rase du passé. «Ce moyen qu’était le FIS a fait son chemin, a eu son temps et a pris fin», lance-t-il. Pour ceux qui émettraient encore des doutes, Kebir rassure : «Je vous dis que les donnes ont changé et notre discours et notre action ont évolué de manière positive. Après des années passées dans les démocraties occidentales, nous avons élaboré de nouvelles idées, avec de nouveaux moyens, et ce sera désormais la confrontation politique, pacifique et légale.»

Il a échangé son qamis contre un costume-cravate au point même de ne plus faire semblant de défendre la base (militants et sympathisants) de l’ex-FIS, comme c’est le cas pour les familles des disparus dont des membres ont été arrêtés pour leur appartenance à ce parti. Comme il ne s’adresse à aucun moment aux familles victimes du terrorisme, ne serait-ce que pour demander pardon puisqu’il avoue que son ex-parti est pour quelque chose dans la crise.

Il aurait été souhaitable d’en dire plus sur ces «graves fautes». Expliquer étape par étape quelles ont été les mauvaises décisions qui ont été prises et par qui. Quelles sont les responsabilités des chouyoukh et celles des autres dirigeants à l’étranger. Dix ans de crise, 200 000 morts et des milliers de disparus méritent plus de courage et d’explications.

Un nouveau parti, pour quoi faire ?

La seule question à laquelle Rabah Kebir ne répond pas, c’est l’utilité d’un nouveau parti politique. Si l’on peut être d’accord avec lui sur l’enterrement définitif du FIS, on ne comprend pas son insistance à revenir sur la scène politique.

Que ramenerait un nouveau parti islamiste ? Il est aisé de constater que la base de l’ex-FIS ne semble pas enthousiasmée par un retour (sous quelque forme que ce soit) de ce parti. Aussi bien dans les mosquées que dans les fiefs de l’ex-FIS, les gens n’accordent aucune importance à ce sujet. Après plus d’une décennie de crise, on se fait une autre idée de la politique.

Ceux parmi les militants du parti dissous qui avaient 20 ans en 1992 en ont 34 ans maintenant. Ceux qui en avaient 25 et 30 en ont 39 et 44 en 2006. C’est dire que leurs besoins ont radicalement changé depuis. Ils leur importe peu de savoir si les anciens dirigeants du parti dissous seront autorisés ou non à revenir sur la scène politique. Ils savent aussi (comme le reste des Algériens) que l’exercice de la politique, en Algérie, n’est pas forcément faite pour le bien des citoyens. Cela n’est pas spécifique aux militants islamistes.

La situation de léthargie généralisée de l’actuelle scène politique n’incite pas à militer dans des partis incapables de tenir à jour un site Web ou de créer leurs propres journaux et encore moins de s’investir dans une nouvelle formation politique dirigée par des gens qui ont fait preuve d’un échec patent dans de précédentes expériences.

L’islamisme doit faire une révision générale de son mode de pensée et d’action. Ceci est également valable pour les autres courants politiques. La politique intéresse de moins en moins les citoyens, dont les plus actifs voient dans l’émeute la seule issue pour trouver des solutions à leurs problèmes.

Abdelkader Djalil

 

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Un FIS bis, est-ce possible ?

Décidément, Rabah Kébir privilégie la méthode directe pour annoncer la nature de ses projets en Algérie. Il s’agit ni plus ni moins que de la création d’un parti politique qui sera présent sur la scène politique au même titre que les autres existants déjà. Cet ancien dirigeant du parti dissous n’y va pas par quatre chemins pour annoncer la couleur et nous préparer à ce qui va suivre ses déclarations. Mais si l’on fait abstraction du fait que la création d’un tel parti est en violation avec les dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, il reste à se demander si telle chose est du domaine du possible même après l’épisode sanglant que nous a fait vivre le parti dissous.

La promptitude avec laquelle cet ancien dirigeant du parti dissous annonce le pourquoi de son retour en Algérie, après une absence qui a duré de nombreuses années, laisse-t-elle planer encore un doute sur le retour des islamistes extrémistes sur la scène politique et toutes les ramifications qui en découlent ?

Car qui dit formation politique dit aussi une organisation et un organisme qui veilleront à appliquer ses orientations et aussi son idéologie. Donc si Rabah Kébir affirme que leur retour, ses compagnons et lui, sur la scène politique est acquis, cela signifie que tout a été étudié et préparé et qu’il ne reste plus que simples formalités pour mettre en pratique ce qui a été mûrement réfléchi.

Mais que signifie un retour des islamistes sur la scène politique, surtout après l’expérience catastrophique vécue avec le FIS ? Rappelons que ce parti a chamboulé l’ordre des choses, a introduit en Algérie un mode de pensée jusque-là inconnu et des tenues vestimentaires qui ne ressemblent en rien à ce que nous avons connu depuis toujours. Mais ce parti a surtout essayé d’introduire une religion qui ne reflète nullement cet islam qui a été transmis de génération en génération, ce qui n’a pas manqué de dérouter beaucoup de monde.

En effet, il a fallu qu’un parti islamiste voie le jour pour que de nombreux Algériens se mettent à douter de leur foi, de la façon dont ils ont toujours fait la prière, du fait qu’ils ne portent pas la barbe pour les hommes et le hidjab pour les femmes, alors que jusque-là aucune de ces incertitudes n’était là pour leur empoisonner l’existence. Mais il faut croire que ceux qui étaient à l’origine de ce parti savaient parfaitement que la peur est un bon catalyseur et que le doute permet à toutes les idées, aussi nouvelles soient-elles, de s’installer et de s’ancrer par la suite. En l’absence d’une culture islamique profonde dans notre société, cela n’a pas été très difficile.

Résultats : nombreux sont ceux et celles, surtout les jeunes, à avoir suivi cette voie ainsi tracée. Autant dire suivre aveuglément, car ces jeunes se sont mis à prendre comme vérité tout ce qu’on voulait leur faire croire. Même ceux qui étaient des plus instruits n’ont pu faire face à ce déferlement et ont été pris au piège.

Mais là où les choses se sont détériorées le plus, c’est quand ce parti a été écarté de la scène politique. Autant priver un enfant capricieux d’un jouet tant convoité et auquel il tient encore. La réaction a été ces plus rapides et le pays a basculé dans une folie furieuse qui était en fait une violence incroyable. Comme on n’en n’avait jamais vu en Algérie. Assassinats, attentats, voitures piégées, tueries, faux barrages, viols… la situation était devenue invivable pour un peuple qui aspirait à un peu de liberté et de démocratie et ne se retrouvait pas à travers cette agressivité et cette violence qui faisaient de son quotidien un enfer. Donc il était clair que ces islamistes voulaient le pouvoir, quel qu’en soit le prix à payer.

L’émergence d’une violence  chaque jour exacerbée signifiait que tout cela avait été préparé ; il n’était un secret pour personne, à cette époque-là, que les islamistes s’entraînaient en Afghanistan et même en Algérie pour parer à toute éventualité.

Voilà en résumé l’expérience que nous avons eu à vivre avec un parti islamiste créé au tout début du multipartisme, quand la situation manquait encore de clarté. Mais aussi dans la fièvre et l’excitation que la fin de l’ère du parti unique motivait. C’est à travers cette effervescence que les islamistes ont joué leur jeu et injecté leur venin.

Maintenant que de l’eau a coulé sous les ponts et que l’intensité de la violence n’est plus la même, que les gens ont la liberté d’aller à la plage, de célébrer des mariages, d’assister à des concerts… en un mot, que notre vie ne ressemble plus en rien au cauchemar que nous avons vécu, sommes-nous prêts à accepter, encore une fois, que des islamistes extrémistes, car ce sont ceux-là même qui ont semé l’horreur en Algérie, se retrouvent sur le haut du podium, qu’ils se mêlent de la vie politique et nous proposent même un candidat comme futur président ?

Si l’on se réfère à ce que disaient les anciens dirigeants du parti dissous qui affirmaient que ce parti était la volonté d’un peuple, faut-il comprendre par là que la violence aussi était la volonté et le fait du peuple et que cette fois-ci il faut laisser le peuple s’exprimer pour dire réellement ce à quoi il aspire ?

Mais, si Rabah Kébir et ses compagnons arrivaient à concrétiser leur projet de créer un parti politique, sera-t-il une pâle copie de l’ancien parti ou le résultat d’une expérience qui ne les a pas menés loin, mais qui est tout de même une expérience avec ses points forts et ses points faibles ?

En tout cas, l’assurance avec laquelle Rabah Kébir annonce son retour sur la scène politique et la même assurance avec laquelle il balaye les contrainte qui pourraient bloquer ou même retarder la réalisation de son projet signifie qu’il a reçu des garanties et que son retour est réellement acquis. Il faut désormais se préparer à composer avec un nouveau parti islamiste et extrémiste, car les formations islamistes présentes sur la scène politique se font plutôt discrètes et ne se mêlent pas beaucoup de la vie sociale, sauf quand Hamas a exigé que la télévision algérienne arrête de diffuser l’émission Star Academy qui véhiculerait des messages et des idées contraires à notre religion et à nos traditions. Mais en général ces partis se tiennent tranquilles et se contentent de gérer leurs problèmes internes et leurs carrières politiques.

La présence d’un autre parti islamiste – car il ne fait presque pas de doute que ce parti sera agréé – ne risque-t-elle pas de chambouler les équilibres déjà fragiles ? Que compte apporter ce parti de plus, mis à part le projet de société islamiste que ses sympathisants ne cessent de claironner ?

Les jeunes, livrés à eux-mêmes, seront-ils les premiers à accourir comme le prétend Rabah Kébir ? Cette certitude signifie que l’endoctrinement n’a jamais cessé et qu’un travail de fourmi était en train de s’accomplir, en même temps que la violence était prônée. Cela signifie-t-il que nous allons nous retrouver au point de départ ? Certainement pas, car les choses ont beaucoup changé depuis et beaucoup de gens font la part entre le bon grain et l’ivraie.

Khadidja Mohamed Bouziane

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