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Retour de Rabah Kébir en
Algérie
Ce qu’en
pensent le MSP et Djaballah
Comment est
apprécié le retour de Rabah Kébir en Algérie par les dirigeants des
formations islamistes qui ont continué à activer légalement durant
ce qu’il est convenu d’appeler la décennie noire ? La question
mérite d’être posée alors que ce retour marque la reconfiguration
politique attendue depuis quelques années, intégrant la
réhabilitation politique des anciens cadres du FIS dissous.
Reconnaîtrons-nous
un jour le travail pédagogique engagé par la formation de feu Nahnah,
malgré son entrisme avéré ? Le même travail a été accompli par
Djaballah dont les desseins politiques ont été contrariés plus d’une
fois alors qu’il a su maintenir son parti et ses militants à flot,
contre vents et marées, tout en assurant une crédibilité autant à
son mouvement qu’à la scène politique. Travail pédagogique car ces
partis imposaient l’image d’un islamisme politique moins radical,
acceptant le jeu démocratique malgré les perturbations.
Cette possibilité
d’action n’a été possible qu’une fois le FIS disparu de la scène
politique, libérant le champ à des formations classées malgré tout
parmi les «schtroumpfs politiques» (sanafir) par le premier
dirigeant du parti dissous.
L’absence de
l’ombre du FIS a permis à ces partis d’agir et il est clair que ce
qu’ils redoutaient le plus, notamment le MSP d’aujourd’hui, serait
un retour impromptu de ce parti sur scène.
A croire que la
menace n’a plus court. Bouguerra Soltani a non seulement agi pour le
succès de la Charte pour la réconciliation nationale, mais il a même
plaidé pour une prolongation des mesures de la Charte devant
permettre autant aux terroristes dans les maquis qu’aux dirigeants
du FIS à l’étranger de retourner au bercail sans enfreindre les
lois. Le seul retour aujourd’hui enregistré est certes celui, hors
délai, de Kébir.
Au même moment, il
est intéressant d’entendre le patron du MSP déclarer sur les ondes
de la Radio nationale que «le terrorisme idéologique qui voulait
fonder un Etat n’existe plus. Ce
qui subsiste, ce sont des terroristes irréductibles, des bandits et
des criminels qui agissent sous l’étiquette du terrorisme».
Prompt à
établir un «diagnostic» très optimiste des multiples crises qui
secouent le pays, Soltani indique : «Nous avons désormais en Algérie
une expérience, une sorte de vaccin qui nous prémunira contre toute
velléité d’une remontée du terrorisme politique.»
Le vaccin aura été
bien entendu les effets de la tragédie nationale si bien qu’on se
demande sur quelles bases se fonde Soltani pour estimer qu’un tel
«remède» a été efficace ? Qu’est-ce qui fait que la peur du retour
du FIS ait disparu ? Quelles garanties ont été données au dirigeant
de ce parti islamiste modéré et proche du pourvoir actuel pour
s’assurer que le retour des anciens terroristes parmi les leurs
comme le retour des anciens dirigeants politiques du FIS ne présente
aucun danger ? Soltani fait-il preuve de naïveté en affirmant que
l’Etat «ne peut fermer la porte devant quelqu’un qui dépose les
armes et admet son erreur» tout en appelant à laisser revenir sur
la scène politique «les personnes qui se plient à
la Constitution et
aux lois de la République» ? Pour lui, «interdire à quelqu’un à
jamais d’avoir une activité politique est contraire à la
Constitution».
Il précise
toutefois au passage que «ceux qui demeureront figés dans la
mentalité des années 1990 seront combattus par les forces de
sécurité et l’Armée nationale populaire».
L’affront
Bien entendu, ces
déclarations, toutes empreintes de fidélité à ligne initiale du MSP
(engagé dans l’alliance présidentielle) sont intervenus avant le
dernier discours du président Bouteflika devant les magistrats. Il
faut bien reconnaître que ce discours a été un véritable affront
autant pour Belkhadem, SG du FLN et chef du gouvernement, que pour
Soltani, notamment à propos d’un prolongement indéterminé des délais
de grâce accordés par la Charte pour la réconciliation nationale.
Verra-t-on, après
cela, Soltani se dédire, se remettre en question ? Jusqu’à quand le
MSP évitera de révéler sa véritable terreur de voir l’ex-FIS, à
travers ses militants ou ses dirigeants, réhabilités, venir marcher
sur ses platebandes – ou plutôt tapis de prières ? Qu’on ne s’y
trompe pas : le MSP aura joué jusqu’au dernier moment la carte du
parti islamiste fréquentable pour offrir à cette mouvance, qui
existe effectivement dans la société et qui agit, une possibilité
d’expression dans le cadre très limité des libertés publiques et
politiques telles que définies en Algérie. Certainement parce qu’il
n’avait pas le choix, mais s’il se voit spolié de sa place au sein
du système, il risque de disparaître, créant un vide préjudiciable
aux équilibres tels que maintenus jusque-là.
Djaballah
outsider ?
S’il est un autre
parti islamiste dont le sort demeure incertain, c’est bien le MRN de
Djaballah. Reconstitué après une crise et des divisions, Djaballah
avait montré sa capacité à mobiliser derrière lui des militants, à
créer un parti politique crédible et surtout à prouver sa capacité
d’adaptation. Djaballah s’était muré dans un silence qui en disait
long. Alors que son parti traverse une énième crise et une énième
division, il semble pris de spasmes et tente, de temps à autre, de
réémerger certes sans réel succès, si ce n’est qu’il glane un
repêchage au sein d’une nouvelle alliance. Porbablement celle qui
verrait le FLN rallier à lui tous les partis islamistes, même ceux
nés post-réconciliation nationale. Djaballah, pourtant, n’a pas
souhaité officiellement la bienvenue à Kébir, il n’a pas parlé de
prolongation des délais pour la réconciliation nationale. Mais il
s’est exprimé sur la révision constitutionnelle. Il imagine un
système qui verrait le pays sans Conseil de la nation, sans Sénat
pouvant empêcher une déferlante islamiste qui, si elle obtenait la
majorité des sièges, serait loin de réunir l’unanimité autour d’elle
chez les Algériens. Mort, le MRN de Djaballah ? Certainement pas. Il
s’active à préparer son congrès afin de se mettre en conformité avec
la loi. Constant et conscient des deals politiques, même s’il n’a
participé à crédibiliser les élections, prenant part active à chaque
rendez-vous électoral, il est jusque-là demeuré loin du pouvoir. Il
semble que cela a changé.
Amine
Esseghir
Haut
Kebir tue son FIS
Moins de deux
semaines après son retour en grande pompe, Rabah Kebir dévoile
l’essentiel de ses ambitions et celles de promoteurs. Il n’est plus
question, pour lui, de ressusciter le défunt Front islamique du
salut, mais de lui trouver une version soft, délestée des plus
gênants parmi ses anciens «frères» de la nébuleuse. Kebir tue son
FIS pour en adopter un autre.
Parmi tous ceux
qui ont apporté leur caution à la Charte pour la réconciliation
nationale, le président de l’ex-instance exécutive du FIS dissous
est celui qui bénéficie le plus de facilités. Conférences de presse,
interviews, photos en Une… C’est à croire qu’il n’a jamais été un
des dirigeants du parti à qui on incombe toute la crise de la
décennie 1990. Pour des raisons historiques, Kebir reste le «bon
choix» pour ceux qui ont décidé d’aborder la problématique de l’ex-FIS
par une reconversion en douce, nettement moins coûteuse et plus
avantageuse dans la mesure où elle aboutirait à la domestication
définitive d’une des principales tendances de l’islamisme algérien.
Kebir et
ses alliés de l’ancienne instance exécutive de l’ex-FIS à
l’étranger comme Ould Adda et Ghemati semblent avoir bel et bien
enterré leur ancien parti. Ils ont eux-mêmes clos le dossier, contre
l’avis de leurs anciens camarades. L’ex-exilé du FIS s’est même
livré récemment, dans un entretien accordé à L’Expression (30
septembre 2006) à une autocritique, un peu tardive certes, mais qui
renseigne bien sur les projets de Kebir qui se présente ici comme un
«modéré».
A l’inverse
d’autres ex-dirigeants de l’ex-FIS comme feu Hachani, Haddam et
Benhadj, Rabah Kebir a montré patte blanche dès 1997 en accordant
son soutien à l’accord de trêve conclu entre l’AIS et l’ANP, puis à
la Charte pour la réconciliation nationale. Il n’hésite pas aussi,
dans un clin d’œil au président de la République, à s’exprimer en
faveur de la révision de la Constitution. Pour lui (entretien paru
le 27 septembre dans El Bilad), la Constitution actuelle «n’est pas
le Coran» et trouve même des vertus à la non-limitation du nombre de
mandats présidentiels.
Kebir
se place donc en «valeur sûre» sur laquelle le pouvoir doit miser
pour canaliser la masse des islamistes qui n’ont été séduits ni par
le MSP ni par El-Islah.
A moins d’une
lecture particulière des textes de la Charte par les promoteurs de
Rabah Kebir au sein du pouvoir, il est interdit aux ex-dirigeants du
FIS d’exercer la politique «sous quelque forme que ce soit», comme
l’a souligné jeudi dernier Me Farouk Ksentini lors d’une émission de
radio. Mais Kebir reste confiant. Il pense que le temps joue en sa
faveur. A-t-il reçu des assurances en ce sens ?
«Quant à l’idée de
créer un parti, et qui a suscité un large débat, je vous dis qu’elle
n’est pas pour demain ni dans nos priorités...», dit-il. Il rassure
aussi : «Je tiens à rassurer autant notre base et nos partenaires
politiques que les autorités elles-mêmes que notre action, dans le
futur, s’inscrira dans ce cadre précis, conformément aux normes et
aux règles politiques du pays.»
Mais lorsque Kebir
affirme que «le FIS a commis de graves fautes» (on le croit
volontiers), il ne va pas dans le détail des choses. Il ne dit pas
qui parmi les dirigeants a commis ces fautes ni pourquoi au sein de
l’ex-FIS personne, y compris lui et ses alliés, n’ont pas levé le
petit doigt pour dénoncer ces dérives. Kebir a raison d’accuser les
autres (il cite Anouar Haddam sans le nommer) de ne pas avoir le
courage de reconnaître leurs torts, mais en réalité, il ne fait
qu’essayer de jouer sur le registre de la sympathie pour se
présenter comme la meilleure alternative parmi ses anciens
co-partisans.
Kebir fait
table rase du passé. «Ce moyen qu’était le FIS a fait son chemin, a
eu son temps et a pris fin», lance-t-il. Pour ceux qui émettraient
encore des doutes, Kebir rassure : «Je vous dis que les donnes ont
changé et notre discours et notre action ont évolué de manière
positive. Après des années passées dans les démocraties
occidentales, nous avons élaboré de nouvelles idées, avec de
nouveaux moyens, et ce sera désormais la confrontation politique,
pacifique et légale.»
Il a échangé son
qamis contre un costume-cravate au point même de ne plus faire
semblant de défendre la base (militants et sympathisants) de l’ex-FIS,
comme c’est le cas pour les familles des disparus dont des membres
ont été arrêtés pour leur appartenance à ce parti. Comme il ne
s’adresse à aucun moment aux familles victimes du terrorisme, ne
serait-ce que pour demander pardon puisqu’il avoue que son ex-parti
est pour quelque chose dans la crise.
Il aurait été
souhaitable d’en dire plus sur ces «graves fautes». Expliquer étape
par étape quelles ont été les mauvaises décisions qui ont été prises
et par qui. Quelles sont les responsabilités des chouyoukh et celles
des autres dirigeants à l’étranger. Dix ans de crise, 200 000 morts
et des milliers de disparus méritent plus de courage et
d’explications.
Un nouveau
parti, pour quoi faire ?
La seule question
à laquelle Rabah Kebir ne répond pas, c’est l’utilité d’un nouveau
parti politique. Si l’on peut être d’accord avec lui sur
l’enterrement définitif du FIS, on ne comprend pas son insistance à
revenir sur la scène politique.
Que ramenerait un
nouveau parti islamiste ? Il est aisé de constater que la base de
l’ex-FIS ne semble pas enthousiasmée par un retour (sous quelque
forme que ce soit) de ce parti. Aussi bien dans les mosquées que
dans les fiefs de l’ex-FIS, les gens n’accordent aucune importance à
ce sujet. Après plus d’une décennie de crise, on se fait une autre
idée de la politique.
Ceux parmi les
militants du parti dissous qui avaient 20 ans en 1992 en ont 34 ans
maintenant. Ceux qui en avaient 25 et 30 en ont 39 et 44 en 2006.
C’est dire que leurs besoins ont radicalement changé depuis. Ils
leur importe peu de savoir si les anciens dirigeants du parti
dissous seront autorisés ou non à revenir sur la scène politique.
Ils savent aussi (comme le reste des Algériens) que l’exercice de la
politique, en Algérie, n’est pas forcément faite pour le bien des
citoyens. Cela n’est pas spécifique aux militants islamistes.
La situation de
léthargie généralisée de l’actuelle scène politique n’incite pas à
militer dans des partis incapables de tenir à jour un site Web ou de
créer leurs propres journaux et encore moins de s’investir dans une
nouvelle formation politique dirigée par des gens qui ont fait
preuve d’un échec patent dans de précédentes expériences.
L’islamisme doit
faire une révision générale de son mode de pensée et d’action. Ceci
est également valable pour les autres courants politiques. La
politique intéresse de moins en moins les citoyens, dont les plus
actifs voient dans l’émeute la seule issue pour trouver des
solutions à leurs problèmes.
Abdelkader
Djalil
Haut
Un FIS bis, est-ce possible ?
Décidément, Rabah
Kébir privilégie la méthode directe pour annoncer la nature de ses
projets en Algérie. Il s’agit ni plus ni moins que de la création
d’un parti politique qui sera présent sur la scène politique au même
titre que les autres existants déjà. Cet ancien dirigeant du parti
dissous n’y va pas par quatre chemins pour annoncer la couleur et
nous préparer à ce qui va suivre ses déclarations. Mais si l’on fait
abstraction du fait que la création d’un tel parti est en violation
avec les dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation
nationale, il reste à se demander si telle chose est du domaine du
possible même après l’épisode sanglant que nous a fait vivre le
parti dissous.
La promptitude
avec laquelle cet ancien dirigeant du parti dissous annonce le
pourquoi de son retour en Algérie, après une absence qui a duré de
nombreuses années, laisse-t-elle planer encore un doute sur le
retour des islamistes extrémistes sur la scène politique et toutes
les ramifications qui en découlent ?
Car qui dit
formation politique dit aussi une organisation et un organisme qui
veilleront à appliquer ses orientations et aussi son idéologie. Donc
si Rabah Kébir affirme que leur retour, ses compagnons et lui, sur
la scène politique est acquis, cela signifie que tout a été étudié
et préparé et qu’il ne reste plus que simples formalités pour mettre
en pratique ce qui a été mûrement réfléchi.
Mais que signifie
un retour des islamistes sur la scène politique, surtout après
l’expérience catastrophique vécue avec le FIS ? Rappelons que ce
parti a chamboulé l’ordre des choses, a introduit en Algérie un mode
de pensée jusque-là inconnu et des tenues vestimentaires qui ne
ressemblent en rien à ce que nous avons connu depuis toujours. Mais
ce parti a surtout essayé d’introduire une religion qui ne reflète
nullement cet islam qui a été transmis de génération en génération,
ce qui n’a pas manqué de dérouter beaucoup de monde.
En effet, il a
fallu qu’un parti islamiste voie le jour pour que de nombreux
Algériens se mettent à douter de leur foi, de la façon dont ils ont
toujours fait la prière, du fait qu’ils ne portent pas la barbe pour
les hommes et le hidjab pour les femmes, alors que jusque-là aucune
de ces incertitudes n’était là pour leur empoisonner l’existence.
Mais il faut croire que ceux qui étaient à l’origine de ce parti
savaient parfaitement que la peur est un bon catalyseur et que le
doute permet à toutes les idées, aussi nouvelles soient-elles, de
s’installer et de s’ancrer par la suite. En l’absence d’une culture
islamique profonde dans notre société, cela n’a pas été très
difficile.
Résultats :
nombreux sont ceux et celles, surtout les jeunes, à avoir suivi
cette voie ainsi tracée. Autant dire suivre aveuglément, car ces
jeunes se sont mis à prendre comme vérité tout ce qu’on voulait leur
faire croire. Même ceux qui étaient des plus instruits n’ont pu
faire face à ce déferlement et ont été pris au piège.
Mais là où les
choses se sont détériorées le plus, c’est quand ce parti a été
écarté de la scène politique. Autant priver un enfant capricieux
d’un jouet tant convoité et auquel il tient encore. La réaction a
été ces plus rapides et le pays a basculé dans une folie furieuse
qui était en fait une violence incroyable. Comme on n’en n’avait
jamais vu en Algérie. Assassinats, attentats, voitures piégées,
tueries, faux barrages, viols… la situation était devenue invivable
pour un peuple qui aspirait à un peu de liberté et de démocratie et
ne se retrouvait pas à travers cette agressivité et cette violence
qui faisaient de son quotidien un enfer. Donc il était clair que ces
islamistes voulaient le pouvoir, quel qu’en soit le prix à payer.
L’émergence d’une
violence chaque jour exacerbée signifiait que tout cela avait été
préparé ; il n’était un secret pour personne, à cette époque-là, que
les islamistes s’entraînaient en Afghanistan et même en Algérie pour
parer à toute éventualité.
Voilà en résumé
l’expérience que nous avons eu à vivre avec un parti islamiste créé
au tout début du multipartisme, quand la situation manquait encore
de clarté. Mais aussi dans la fièvre et l’excitation que la fin de
l’ère du parti unique motivait. C’est à travers cette effervescence
que les islamistes ont joué leur jeu et injecté leur venin.
Maintenant que de
l’eau a coulé sous les ponts et que l’intensité de la violence n’est
plus la même, que les gens ont la liberté d’aller à la plage, de
célébrer des mariages, d’assister à des concerts… en un mot, que
notre vie ne ressemble plus en rien au cauchemar que nous avons
vécu, sommes-nous prêts à accepter, encore une fois, que des
islamistes extrémistes, car ce sont ceux-là même qui ont semé
l’horreur en Algérie, se retrouvent sur le haut du podium, qu’ils se
mêlent de la vie politique et nous proposent même un candidat comme
futur président ?
Si l’on se réfère
à ce que disaient les anciens dirigeants du parti dissous qui
affirmaient que ce parti était la volonté d’un peuple, faut-il
comprendre par là que la violence aussi était la volonté et le fait
du peuple et que cette fois-ci il faut laisser le peuple s’exprimer
pour dire réellement ce à quoi il aspire ?
Mais, si Rabah
Kébir et ses compagnons arrivaient à concrétiser leur projet de
créer un parti politique, sera-t-il une pâle copie de l’ancien parti
ou le résultat d’une expérience qui ne les a pas menés loin, mais
qui est tout de même une expérience avec ses points forts et ses
points faibles ?
En tout cas,
l’assurance avec laquelle Rabah Kébir annonce son retour sur la
scène politique et la même assurance avec laquelle il balaye les
contrainte qui pourraient bloquer ou même retarder la réalisation de
son projet signifie qu’il a reçu des garanties et que son retour est
réellement acquis. Il faut désormais se préparer à composer avec un
nouveau parti islamiste et extrémiste, car les formations islamistes
présentes sur la scène politique se font plutôt discrètes et ne se
mêlent pas beaucoup de la vie sociale, sauf quand Hamas a exigé que
la télévision algérienne arrête de diffuser l’émission Star Academy
qui véhiculerait des messages et des idées contraires à notre
religion et à nos traditions. Mais en général ces partis se tiennent
tranquilles et se contentent de gérer leurs problèmes internes et
leurs carrières politiques.
La présence d’un
autre parti islamiste – car il ne fait presque pas de doute que ce
parti sera agréé – ne risque-t-elle pas de chambouler les équilibres
déjà fragiles ? Que compte apporter ce parti de plus, mis à part le
projet de société islamiste que ses sympathisants ne cessent de
claironner ?
Les jeunes, livrés
à eux-mêmes, seront-ils les premiers à accourir comme le prétend
Rabah Kébir ? Cette certitude signifie que l’endoctrinement n’a
jamais cessé et qu’un travail de fourmi était en train de
s’accomplir, en même temps que la violence était prônée. Cela
signifie-t-il que nous allons nous retrouver au point de départ ?
Certainement pas, car les choses ont beaucoup changé depuis et
beaucoup de gens font la part entre le bon grain et l’ivraie.
Khadidja
Mohamed Bouziane
Haut
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