Semaine du 4 au 10 octobre 2006

  Bouteflika auditionne les ministres et le SNMG revalorisé

Politiquement correct

 

 
 
 Les Quotidiens en débat

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Bouteflika auditionne les ministres et le SNMG revalorisé

Politiquement correct

En ce mois de ramadan où l’on parle quasiment que des prix des fruits et légumes dont les prix ont flambé – mais au fait faut-il s’en étonner lorsque, comme le rappelle La Tribune dans son édition du 26 septembre, «l’activité informelle autour des marchés de gros dicte sa loi» –  El Watan du dimanche 1er octobre consacre sa deuxième ouverture de Une à un aspect, voire un phénomène récurrent auquel sont confrontés une grande partie des Algériens : comment passer ses journées durant le mois sacré. Le titre retenu pour cet article est sans équivoque : «Profession : tueur de temps.» Le rédacteur souligne que «le matin commence avec des maux de tête et les journaux qu’on ne trouve pas à partir de 11h, heure respectable de réveil durant le mois sacré. En face des consciences décaféinées s’étend l’espace aride des huit heures pleines avant la rupture du jeûne». D’où la fameuse question posée : «Comment le traverser ? Car selon la formule consacrée, il faut bien tuer le temps…» Deux voies s’offrent : travailler  ou poursuivre une occupation normale. En première ouverture, le quotidien traitait d’un sujet déjà soulevé par un confrère. Ce qui démontre que la matière tarit et que remplir ses pages  et trouver le papier d’ouverture n’est pas chose aisée.

Faut-il crier victoire ?

Plus sérieux est le sujet traité par Le Soir d’Algérie. Il concerne tous les travailleurs et parle du relèvement du SNMG. L’impératif du bouclage, du fait que la tripartite s’est tenue dans la soirée du samedi et s’est achevée à une heure tardive, peut expliquer le «ratage». En effet, alors que le quotidien annonce que s’agissant de ce point, le relèvement du SNMG  «le dernier mot (est) laissé à Bouteflika , l’une des décisions prises lors de cette réunion est justement le relèvement du salaire national minimum garanti à 12 000 DA.  El Khabar a évité de  tomber dans le même piège en se contentant d’annoncer en Une «une hausse du SNMG». L’arbitrage du Président annoncé par son confrère Le Soir est donné en point titre.

Plus prudente encore, quitte à éviter d’ouvrir l’édition avec un titre informatif, La Nouvelle République s’est contentée d’annoncer : «Tripartite : l’UGTA confiante.» A défaut d’apporter un élément nouveau, le quotidien évite de commettre une  bévue qui aurait pour conséquence de lui ôter tout crédit. Reste, souligne ce quotidien dans un commentaire, que «la question qui peut légitiment être posée n’est pas celle de savoir si oui ou non les différents interlocuteurs de l’UGTA, des deux sphères économiques publique et privée, vont consentir à concéder des augmentations de salaires, mais plutôt de savoir si ces augmentations, au taux que nous connaissons, sont en mesure d’affecter positivement le quotidien des familles qu’elles toucheront». Et pour cause, est-il indiqué, «il est évident que la dévaluation du dinar depuis le début de dernière décennie et la hausse incessante du coût de la vie ont creusé un fossé énorme entre la réalité peu reluisante des salaires et la réalité très affirmée à la hausse, du coût à la consommation des produits». En fait, a estimé nécessaire de rappeler La Nouvelle République, «ce n’est pas l’augmentation des salaires qui est une misère, c’est, à la base, le niveau des salaires qui est une misère».

Ces silences pesants

Mais si les questions liées aux salaires ont fait l’essentiel de l’actualité cette semaine, il reste que le volet politique n’a pas été en reste. «Bouteflika effectuera des visites à travers les wilayas après ramadan», telle est l’annonce faite par le quotidien arabophone El Youm dans son édition du dimanche 1er octobre. Ces visites entrent dans le cadre de la campagne référendaire sur la révision constitutionnelle est-il ajouté.

Le Jour d’Algérie du même jour s’est penché sur «la nouvelle méthode»  de travail du président de la République. Il indique qu’«en évitant d’aborder les sujets de l’heure à l’ouverture de l’année judiciaire, notamment la révision de la Constitution, le chef d l’Etat confirme que c’est volontairement qu’il s’astreint à une intervention publique nettement moins présente». Mais cela n’empêche pas le journal de se demander si cette méthode obéit à «une vision politique plus affinée ou juste à une nouvelle stratégie d’image». A moins que, comme le suggérait l’éditorialiste de ce même quotidien le 26 septembre, «il y a un problème» revenant sur les déclarations du ministre de la Communication  perçues comme un moyen  «d’informer et de rassurer les Algériens à un moment où peu de choses sont de nature à les rendre confiants en l’avenir».  Pour Le Jour d’Algérie, «il était bon qu’un responsable montre le bout de son nez et parle à ses concitoyens, même si c’est juste pour maintenir le contact».  Mais en fin observateur de la scène politique, l’éditorialiste ne manquera pas de lire cette sortie du ministre de la Communication. L’une des pistes retenue est celle de «l’existence d’un courant qui, au sein du pouvoir, tente tant bien que mal d’empêcher que s’installent dans l’opinion le doute et la rumeur propices à toutes les aventures». Il poursuivra en indiquant : «Ce qui signifie a contrario qu’un autre courant, au sein de ce même pouvoir, favorise par ses silences et ses manœuvres dilatoires la mise en place d’un climat délétère susceptible de permettre les retournements politiques les plus dangereux, à l’image de l’instauration d’un débat fisso-fissiste public en pleine phase d’application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.»

De son côté, El Djazaïr News du 25 septembre publie en Une la photo de l’ambassadeur algérien en poste à Rabat avec ce titre : «Larbi Belkheir dément les rumeurs sur sa maladie…»

Nadia Kerraz

 

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