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Bouteflika auditionne les ministres et le SNMG revalorisé
Politiquement
correct
En ce mois de
ramadan où l’on parle quasiment que des prix des fruits et légumes
dont les prix ont flambé – mais au fait faut-il s’en étonner
lorsque, comme le rappelle La Tribune dans son édition du 26
septembre, «l’activité informelle autour des marchés de gros dicte
sa loi» – El Watan du dimanche 1er octobre consacre sa
deuxième ouverture de Une à un aspect, voire un phénomène récurrent
auquel sont confrontés une grande partie des Algériens : comment
passer ses journées durant le mois sacré. Le titre retenu pour cet
article est sans équivoque : «Profession : tueur de temps.» Le
rédacteur souligne que «le matin commence avec des maux de tête et
les journaux qu’on ne trouve pas à partir de 11h, heure respectable
de réveil durant le mois sacré. En face des consciences décaféinées
s’étend l’espace aride des huit heures pleines avant la rupture du
jeûne». D’où la fameuse question posée : «Comment le traverser ? Car
selon la formule consacrée, il faut bien tuer le temps…» Deux voies
s’offrent : travailler ou poursuivre une occupation normale. En
première ouverture, le quotidien traitait d’un sujet déjà soulevé
par un confrère. Ce qui démontre que la matière tarit et que remplir
ses pages et trouver le papier d’ouverture n’est pas chose aisée.
Faut-il crier
victoire ?
Plus sérieux est
le sujet traité par Le Soir d’Algérie. Il concerne tous les
travailleurs et parle du relèvement du SNMG. L’impératif du
bouclage, du fait que la tripartite s’est tenue dans la soirée du
samedi et s’est achevée à une heure tardive, peut expliquer le
«ratage». En effet, alors que le quotidien annonce que s’agissant de
ce point, le relèvement du SNMG «le dernier mot (est) laissé à
Bouteflika , l’une des décisions prises lors de cette réunion est
justement le relèvement du salaire national minimum garanti à 12 000
DA. El Khabar a évité de tomber dans le même piège en se
contentant d’annoncer en Une «une hausse du SNMG». L’arbitrage du
Président annoncé par son confrère Le Soir est donné en point titre.
Plus prudente
encore, quitte à éviter d’ouvrir l’édition avec un titre informatif,
La Nouvelle République s’est contentée d’annoncer : «Tripartite : l’UGTA
confiante.» A défaut d’apporter un élément nouveau, le quotidien
évite de commettre une bévue qui aurait pour conséquence de lui
ôter tout crédit. Reste, souligne ce quotidien dans un commentaire,
que «la question qui peut légitiment être posée n’est pas celle de
savoir si oui ou non les différents interlocuteurs de l’UGTA, des
deux sphères économiques publique et privée, vont consentir à
concéder des augmentations de salaires, mais plutôt de savoir si ces
augmentations, au taux que nous connaissons, sont en mesure
d’affecter positivement le quotidien des familles qu’elles
toucheront». Et pour cause, est-il indiqué, «il est évident que la
dévaluation du dinar depuis le début de dernière décennie et la
hausse incessante du coût de la vie ont creusé un fossé énorme entre
la réalité peu reluisante des salaires et la réalité très affirmée à
la hausse, du coût à la consommation des produits». En fait, a
estimé nécessaire de rappeler La Nouvelle République, «ce n’est pas
l’augmentation des salaires qui est une misère, c’est, à la base, le
niveau des salaires qui est une misère».
Ces silences
pesants
Mais si les
questions liées aux salaires ont fait l’essentiel de l’actualité
cette semaine, il reste que le volet politique n’a pas été en reste.
«Bouteflika effectuera des visites à travers les wilayas après
ramadan», telle est l’annonce faite par le quotidien arabophone El
Youm dans son édition du dimanche 1er octobre. Ces
visites entrent dans le cadre de la campagne référendaire sur la
révision constitutionnelle est-il ajouté.
Le Jour d’Algérie
du même jour s’est penché sur «la nouvelle méthode» de travail du
président de la République. Il indique qu’«en évitant d’aborder les
sujets de l’heure à l’ouverture de l’année judiciaire, notamment la
révision de la Constitution, le chef d l’Etat confirme que c’est
volontairement qu’il s’astreint à une intervention publique
nettement moins présente». Mais cela n’empêche pas le journal de se
demander si cette méthode obéit à «une vision politique plus affinée
ou juste à une nouvelle stratégie d’image». A moins que, comme le
suggérait l’éditorialiste de ce même quotidien le 26 septembre, «il
y a un problème» revenant sur les déclarations du ministre de la
Communication perçues comme un moyen «d’informer et de rassurer
les Algériens à un moment où peu de choses sont de nature à les
rendre confiants en l’avenir». Pour Le Jour d’Algérie, «il était
bon qu’un responsable montre le bout de son nez et parle à ses
concitoyens, même si c’est juste pour maintenir le contact». Mais
en fin observateur de la scène politique, l’éditorialiste ne
manquera pas de lire cette sortie du ministre de la Communication.
L’une des pistes retenue est celle de «l’existence d’un courant qui,
au sein du pouvoir, tente tant bien que mal d’empêcher que
s’installent dans l’opinion le doute et la rumeur propices à toutes
les aventures». Il poursuivra en indiquant : «Ce qui signifie a
contrario qu’un autre courant, au sein de ce même pouvoir, favorise
par ses silences et ses manœuvres dilatoires la mise en place d’un
climat délétère susceptible de permettre les retournements
politiques les plus dangereux, à l’image de l’instauration d’un
débat fisso-fissiste public en pleine phase d’application de la
Charte pour la paix et la réconciliation nationale.»
De son côté, El
Djazaïr News du 25 septembre publie en Une la photo de l’ambassadeur
algérien en poste à Rabat avec ce titre : «Larbi Belkheir dément les
rumeurs sur sa maladie…»
Nadia Kerraz
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