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Tsunami contre
raz de marée
Jamais Hocine Aït
Ahmed, le Président du FFS, n’aura analysé la situation politique
algérienne avec autant de justesse et un choix si heureux des mots.
En qualifiant de tsunami politique, puis de tsunami électoral le
référendum du 29 septembre, il nous rappelle malheureusement qu’il
n’avait pas trouvé d’épithètes aussi forts pour décrire ce qu’était
en train d’infliger le Fis à notre pays en 1990 et en 1991. Mais
passons, bien que le parallèle ne soit pas fortuit. Car l’enjeu
principal de ce dernier scrutin était essentiellement d’annihiler
dans les mêmes formes légales et constitutionnelles les effets du
scrutin de décembre 1991 qui nous avait conduit dans la situation
tragique que nous connaissons. Comment neutraliser les effets d’un
raz de marée électoral, si n’est par un autre raz de marée
électoral Sauf que celui-ci s’est tout de même tenu dans des
conditions politiques, sécuritaires et civiques nettement plus
détendues, et sans la violence exercée en 1990 et en 1991 par un
parti totalitaire discrètement épaulé par un ancien parti unique.
Pas un seul incident n’a été signalé sur l’ensemble du territoire
national, dans ou à proximité d’un bureau de vote, excepté dans la
région de Kabylie où bizarrement c’est justement le parti de Aït
Ahmed qui tient le haut du pavé. Pas un seul recours n’a été
introduit non plus, avant et après la proclamation des résultats du
scrutin. Ce qui n’a pas été tout à fait le cas en 1991 par exemple,
où plus de huit cent recours ont été présentés au Conseil
Constitutionnel, sans compter les innombrables incidents dans la
quasi-totalité des bureaux de vote dus aux méthodes d’intimidation
et à la fraude généralisée usitées par les militants du Fis
dissous. Cette fois, les bureaux de vote n’étaient peut-être pas
pris d’assaut par les électeurs, mais le calme régnait et la
suspicion n’était pas visible. Aucun parti, ni aucune partie
soucieuse de la régularité des opérations de vote n’a éprouvé le
besoin d’aller sur place, vérifier quoi que ce soit. Seule la
presse, dans toute sa diversité a eu le mérite de faire correctement
son travail et ses compte rendus ne sont guère de nature à entacher
d’irrégularité la moindre opération liée au scrutin. Les rares
journaux qui se hasardent à émettre des doutes, ne le font pas sur
la base de faits avérés, mais sur celle de déductions. Ce qui ne
signifie évidemment pas que tout ait été pour le mieux dans le
meilleur des mondes, mais bien malin serait celui qui pourrait
faire la démonstration irréfutable que la volonté populaire ait été
détournée de son sens ce jeudi 29 septembre , comme elle l’a
gravement été le jeudi 26 décembre 2005. En tout cas au niveau des
bureaux de vote, il est certain qu’il n’y a eu aucune fraude avérée,
en tout cas pas au sens de bourrage des urnes. C’est dire que ni du
côté de l’administration, ni du côté du corps électoral, les urnes
n’ont constitué un enjeu suffisamment important pour que s’y
exerce ni violence, ni surveillance. Tout se passant en vérité comme
si la quasi-totalité des algériens s’était entendue dans un même
élan de survie pour laisser émerger ce score de 97, 38 % qui se veut
effectivement comme un authentique tsunami, seul capable de
dépasser en importance le raz de marée du Fis dissous. Un raz de
marée, qui rappelons-le une fois encore, n’a été obtenu que grâce à
une loi électorale insensée, la complicité active du ministère de
l’intérieur de l’époque et la fraude imposée par la force des
milices islamistes.
Le seul problème
avec Hocine Aït Ahmed c’est sa fâcheuse et constante tendance à
inverser les rôles et les situations au gré de ses intérêts et de
ceux de l’internationale socialiste. C’est ainsi que dans sa
logique, les terroristes sont des victimes et les forces de sécurité
qui les combattent des bourreaux ; un parti totalitaire comme le
Fis, un élément de la démocratie et la presse pluraliste qui le
dénonce un appendice du pouvoir, des élections menées à la pointe du
couteau, une victoire électorale écrasante et un scrutin paisible et
sans la moindre tension palpable un tsunami. Ainsi va le FFS à sa
perte, lentement mais sûrement au fil de ses reniements
démocratiques et de ses lectures tronquées de l’histoire en faisant
passer le départ de ses militants vers des horizons plus honnêtes
pour les prouesses quotidiennes de la « police politique ».
A. M.
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