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Privatisations
Le gouvernement
passe au porte-à-porte
A la veille de la
publication de l’organigramme du ministère de la Participation et de
la Promotion de l’investissement, Hamid Temmar annonçait
l’organisation, en Europe, d’un road show pour booster le processus
de privatisation. Retour sur un aveu d’échec, escamoté bien entendu
par la campagne en faveur de la charte pour la paix et la
réconciliation nationale.
Par définition,
n’importe quel publiciste en conviendra, un road show est un
spectacle démonstratif itinérant sur les places publiques. Dans le
cas qui nous préoccupe, il est question, à travers l’Europe, de
présenter le programme de privatisation en réunissant un public
ciblé d’hommes d’affaires, avec pour message tacite que si ceux-ci
ne viennent pas à la montagne, c’est cette dernière qui finalement
vient à eux. Ainsi, l’ancien-nouveau ministre de la Participation
semble prendre le taureau par les cornes, ne serait-ce qu’au point
de vue de la communication, en allant réduire at home les réticences
d’un capital trop frileux, sans doute pense-t-il par méconnaissance,
par désinformation ou tout simplement par méprise sur ses véritables
intérêts qui se trouvent dans l’Algérie des réformes profondément
engagées. Ce qu’il y a de révélateur dans cette initiative
volontariste – qui ne diminue en rien, bien au contraire, les
convictions ultra-libérales que l’on n’a eu de cesse d’attribuer à
Temmar – c’est qu’elle met à jour les insuffisances du processus de
privatisation des entreprises publiques tel qu’il a été mené
jusque-là. Cela pousse les observateurs à se poser la question de
savoir les raisons qui ont motivé une telle démarche, à laquelle
rares sont les gouvernements qui ont eu à y recourir.
Gageons, au
passage, qu’il sera des plus pénibles aux parties en Algérie
s’intéressant à la privatisation de disposer d’un compte rendu
fiable des péripéties européennes que va vivre le staff de Temmar et
d’avoir, en fin de compte, un bilan précis de l’opération de charme
annoncée. Ce scepticisme n’est pas forcément le produit d’un choix
délibéré. Il est animé par des faits.
Le train des
privatisations, qui a connu moult atermoiements, n’a démarré en
réalité qu’en 2004, alors que le premier texte sur le sujet a été
promulgué par Liamine Zeroual en 1995. Après la venue de la nouvelle
équipe mise en place par le président Bouteflika, il aura fallu
attendre deux années pour que s’opère un toilettage des textes
encadrant la privatisation, alors que les deux années qui ont suivi
ce haut fait juridique ont enregistré les pérégrinations de pas
moins de quatre-vingt-dix délégations d’hommes d’affaires d’une
trentaine de pays à qui la privatisation était expliquée en long, en
large et en travers. Or, qu’en est-il à ce jour ? C’est à Ahmed
Ouyhia, s’il faut une nouvelle fois croire les chiffres officiels,
que serait revenu le mérite de faire avancer les choses à travers la
privatisation de 172 entreprises publiques : 100 en 2004 et 72 en
2005, selon le dernier bilan communiqué par le chef du gouvernement.
M. Ouyahia donnait ces chiffres en réponse aux critiques de la
presse, s’étonnant de l’opacité du travail du Conseil des
participations de l’Etat (CPE), en soulignant que la privatisation,
quoi qu’on en dise, est un long processus et que ce qui compte
par-dessus tout, c’est qu’il soit effectivement mis en branle. Sur
ce point, on ne peut que convenir. Dans un pays dit capitaliste
comme l’Italie, la privatisation n’est toujours pas achevée à ce
jour. En Algérie, il s’en est trouvé pour dénoncer la panne du
processus durant les années 1990 et c’étaient, à dire vrai, les
mêmes qui dénonçaient la marche du processus une fois amorcé. En
revanche, indiquons que si Ahmed Ouyahia trouve qu’il se passe
tellement de choses au CPE qu’il faudrait une chaîne de télévision
rien que pour cela, il est des hommes d’affaires et des économistes
qui rétorquent que ce ne serait, à la réflexion, pas une mauvaise
chose, du moment qu’une entreprise publique est un bien public et
que toute décision se rapportant à son avenir doit être, de fait,
publiée. D’abord pour qu’on ne dise pas que l’on se rit de l’esprit
de la Constitution. Ensuite, pour permettre, le cas échéant, que
soient ouvertes les voies de recours pour diverses raisons : litige
sur la propriété (comme c’est le cas du feuilleton SPSRS-ENPS),
désaccord entre associés de la société de reprise, informations
décisives qui seraient détenues par le collectif des travailleurs,
probabilité du délit d’initié prévu par la loi, etc. Enfin, par
souci d’efficacité qui commande de communiquer le plus largement
possible si l’on a à cœur de provoquer un effet d’entraînement et
d’intérêt pour que réussisse la démarche de privatisation à laquelle
l’on attache tant de vertus, dont celle de s’apprêter à la fatalité.
Mais loin de
vouloir verser dans cette surenchère, il faut bien que l’on sache
qui a acheté quoi, combien, à la lumière de quel business plan et
avec quelles perspectives. C’est là la moindre des exigences d’un
marché transparent où les différents opérateurs sont en droit
d’accéder à l'information qui leur permette de prendre les
décisions les mieux édifiées et arrêter de se mettre martel en tête.
Est-il si difficile pour la chefferie du gouvernement, d’apparence
débordée, de publier ne serait-ce que l’ordre du jour des réunions
du CPE ? Pourquoi le site Internet du MPPI
(www.mddpi.dz),
considéré comme "très bien" par 70% des visiteurs sondés, a-t-il
cessé d’être mis à jour depuis le départ de Yahia Hamlaoui, sans que
l’on ne distingue les EPE encore en vente de celles déjà cédées ?
Et,
pour conclure ce chapitre, comment se fait-il que certaines
opérations considérées comme de la privatisation (du moment qu’une
privatisation implique un changement de propriétaire, passant de
l’Etat au privé) aient vu des entreprises publiques rachetées par
des communes ou par… d’autres entreprises publiques ? Comment
expliquer, comme c’est le cas de la cimenterie de Béni Saf, qu’une
entreprise soit donnée en contrat de gestion à des étrangers (une
firme saoudienne dans ce cas de figure), qui n’auront acheté que 10%
du capital social à titre de participation financière ? A ces
questions faut-il attendre, à défaut d’une communication
systématisée, que le chef du gouvernement réponde sous la forme
d’une mise au point culpabilisante à la presse qui, sous cet angle,
exclut tout débat sur la manière dont s’opère la privatisation en
Algérie ?
Mais
revenons au road show de Temmar. Si pareille opération était
complémentaire d’un processus qui aurait connu libre carrière, elle
aurait trouvé sa place bien séante. Mais il est permis d’en douter,
et dans une large mesure.
Dans
une déclaration intrigante que seul un confrère a repris, un expert
fonctionnaire du MPPI, a révélé que sur les 1 200 entreprises
publiques proposées à la cession, seules… 64 d’entre elles étaient
éligibles à la privatisation. Il a évoqué, dans ce sens, le handicap
de la profonde déstructuration financière qui mine le secteur public
dans son écrasante majorité.
Produit d’une thèse de doctorat à la Sorbonne sur la privatisation
en Algérie (2003), le juriste spécialisé en droit des affaires
Lyès Hamidi, aux opinions
libérales déclarées, n’en disait pas moins. En dehors des unités de
matériaux de construction, des hôtels et des entreprises portuaires,
le restant des entreprises des autres secteurs économiques tout
bonnement sont inéligibles à la privatisation. Nous nous permettons
de simplifier son travail en nous limitant à citer l’un des
arguments qu’il a fournis : trop d’entreprises publiques ont été
créées par simple décision administrative et lancées, avec
injonction, sur la base d’un découvert que l’on a obligé les banques
de l’Etat à leur accorder. De cette déstructuration financière,
l’unique échappatoire possible a été l’assise d’un caractère
monopolistique dans le marché local qui a fini par donner un intérêt
relatif à certaines entreprises aux yeux du repreneur. Voilà en
quelque sorte ce qui ramène la marge de manœuvre de l’agence de
privatisation qu’est le MPPI à sa plus simple expression : la
communication.
Avec le road show
de Temmar, le gouvernement passe donc au porte-à-porte. Il ne s’agit
pas de bradage, loin s’en faut, mais l’opération n’est pas sans
risques. La virée européenne risque de provoquer, cela dit, l’effet
contraire et intriguer davantage les milieux d’affaires qui ont déjà
leur propre idée sur le poids de la bureaucratie, de la corruption
et du déficit en moyens de recours en Algérie. Elle témoigne surtout
des obstacles que rencontre la privatisation en Algérie, dont le
plus manifeste reste le manque de transparence qui fait qu’au jour
d’aujourd’hui, le plus téméraire des investisseurs préférerait
monter son affaire de zéro plutôt que d’adhérer à un processus à
première vue très peu rassurant.
Nabil Benali
Haut
Khalifa, BCIA,
Tonic…
Pas de réconciliation pour les affaires
?
Que sont devenues les affaires qui ont
secoué l’Algérie ? Depuis Khalifa, les événements se sont succédés
comme s’il s’agissait d’en finir avec des situations nées du chaos
engendré par la décennie noire. Il reste que si scandale il y a eu,
on a rarement vu les suites judiciaires prendre le relais des ragots
et des décisions qui tranchent, qui surprennent et qu’on ne comprend
pas.
Au commencement était Khalifa. Une
naissance et une évolution aussi rapide que la chute et le
démantèlement. Près de 10 000 employés à la rue et la fameuse
question des petits déposants faisant le pied de grue devant les
agences Khalifa Bank ou des sit-in devant l’APN pour récupérer leurs
dus. Aujourd’hui, les clameurs se sont tues et les petits déposant
ont récupéré au moins le principal.
Si à un moment on s’était demandé
pourquoi Khalifa n’avait pas suscité de doutes, la Banque d’Algérie
est venue expliquer, un peu plus d’un année après l’éclatement du
scandale, qu’elle était "handicapée" dans l’exercice de sa mission
de contrôle et de supervision. En cause, l’absence d’arrêté et
d’adoption des comptes annuels des exercices 1999, 2000 et 2001 par
les organes sociaux de la banque (conseil d’administration et
assemblée générale) ainsi que l’absence des rapports de
certification des commissaires aux comptes. Khalifa Bank avait pu
user d’un article du Code de commerce pour obtenir de la justice la
possibilité des reports successifs de la tenue des assemblées
générales devant statuer sur les comptes sociaux.
Au passage, l’affaire Khalifa a
éclaboussé du monde, notamment l’ancien gouverneur de la Banque
d’Algérie, inculpé dans une des affaires.
Mais il n y pas que les procédures
légales et de contrôle qui sont en cause. La réussite de Khalifa a
été aussi fulgurante que sa chute, jetant dès lors un sérieux doute
sur la nature des affaires qui réussissent en Algérie. Pour
l'administration, les dispositifs légaux rendaient toute évolution
normale et rapide suspectes. Par ailleurs, l’Affaire Khalifa avait
des pendants en France. Outre la compagnie aérienne qui desservait
la France, le sponsoring de l’Olympique de Marseille, la chaîne de
télévision qui avait son siège à Paris, il y avait la demande du
député vert Noël Mammère pour statuer sur la nature des fonds que
Khalifa injectait en France. Une demande rejetée par la commission
des finances de l’Assemblée nationale française quelques mois avant
le scandale. Depuis, la France est aussi intéressée par Khalifa et
le liquidateur du groupe avait été auditionné par une commission
d’enquête française. Pour les élus français, ce n’était certes pas
une inquiétude pour les affaires algériennes mais une approche qui
consistait à voir exporter les luttes de clans qui ensanglantaient
l’Algérie (en rapport avec la décennie 1990) sur le territoire
français. D’autant qu’il était admis, dans les milieux des affaires
et politique français, que la réussite ne pouvait se faire sans des
appuis sérieux au plus haut niveau. Depuis, Moumène Khalifa, en exil
ou en fuite, n’est pas plus inquiété que cela.
En juillet 2005, lors d’une conférence
de presse, Kim Howell, le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires
étrangères, avait annoncé la conclusion prochaine d’accords dans le
domaine de la coopération judiciaire et rendait l’extradition de
Moumène Khalifa envisageable. Envisageable mais annoncée de loin, et
si l’homme devait être inquiété, on doit se demander s’il n’aura pas
les ressources nécessaires pour trouver refuge dans un pays qui n’a
pas d’accord d’extradition avec l’Algérie. Etait-ce là juste un
effet d’annonce, une expression de la bonne volonté algérienne de
faire le ménage dans ses affaires qui a dépêché Abdekader Messahel à
Londres pour annoncer conjointement avec les responsables
britannique cette éventualité ? Cela est d’autant plus vrai que
l’Algérie cherchait d’abord un accord d’extradition pour les
responsables terroristes planqués à Londres.
On se souvient aussi comment l’opinion
algérienne a été carrément menée en bateau alors que l’on annonçait,
dès la fuite de Khalifa, le lancement un mandat international par la
police alors que l’on a su, après, que c’était à la justice de le
faire.
Tonic, un géant de papier
Si elle n’a rien de comparable,
l’affaire Tonic a surtout le tort de surgir après celle de Khalifa,
de la BCIA, de Union Bank. En fait, après le démantèlement des
nouveaux empires nés dans la confusion post-décennie noire.
Tonic, qui arbore aussi un P-DG jeune –
comme Khalifa –, des contrats mirifiques et l’immense enseigne du
plus grand imprimeur d’Afrique, se retrouve dans une situation pour
le moins difficile alors que sa trésorerie accuse le coup et qu’elle
fait face à un malaise social. Une apparition soudaine de problèmes
alors que le groupe affichait une santé financière sans faille. Un
Contrat avec LVMH, l'acquisition de machines chez le constructeur de
presses d'imprimerie allemand KBA (le contrat portait sur13 presses
d'imprimerie) et d’autres grands investissements.
Puis on apprend que Tonic licencie 600
personnes d’un coup, alors que le crédit fournisseur se réduisait
dangereusement pour Tonic. En fait, dès février, alors que la BADR,
banque accompagnatrice de Tonic, avait lâché le groupe, les fonds
propres de l’entreprise ne suffisaient plus à assurer la suite des
activités gigantesques et le rythme de croissance extrêmement rapide
de Tonic. La BADR avait expliqué sa décision par les retards dans
les remboursements. Mieux, la banque avait exigé le remboursement
immédiat de ses créances alors que Tonic ne pouvait répondre
positivement à cette demande.
Tonic avait bénéficié d’un crédit de
départ de 9 milliards de dinars de la BADR et de 6 milliards de
dinars en consortium avec la CNEP pour une durée de cinq ans.
Démarrant avec trois machines, Tonic Emballage (une sarl, entreprise
familiale malgré son ampleur) se retrouve trois ans plus tard leader
continental en matière d’impression.
Dans l’affaire Tonic, on évoque aussi
des protections et des appuis qui seraient partie, ce qui explique
le succès fulgurant. Aujourd’hui, on veut finalement que prévale le
respect des clauses du cahier des charges, un respect élastique qui
était permis jusque-là par on ne sait quel habile tour de
passe-passe.
Amine Esseghir
Haut
Pacte
économique et social
L’alternative
des syndicats autonomes
Sans l’ombre d’une
illusion de se faire entendre par le gouvernement Ouyahia, les
syndicats autonomes ont, malgré tout, franchi le pas en faisant des
propositions d’un "pacte social alternatif". Alternatif à celui qui
va naître d’une union sacrée, mais néanmoins illégitime,
gouvernement-UGTA, car ne respectant pas le minimum de ce que
devrait être un "dialogue social", le document élaboré par le
Conseil national des libertés syndicales (CNLS) mériterait un large
débat, dans la mesure où il évoque les problèmes essentiels posés
par le monde du travail.
Le CNLS pose
d’emblée la problématique du "contrat social" en la décrivant comme
"la conséquence d’un dialogue soutenu entre le gouvernement, les
représentants du patronat et tous les représentants des travailleurs
sans exclusion". Ce n’est après accord entre toutes ces parties
qu’une "trêve" est déclarée "pour mieux appréhender l’avenir du
pays" et "permettre un climat favorable à une relance économique,
nécessaire pour l’avenir des travailleurs". Cette définition, le
Conseil ne l’a pas inventée. Elle a été pratiquée partout dans le
monde où des nations ont dû recourir à l’élaboration d’un pacte
social pour baliser une démarche socio-économique consensuelle et
éviter des turbulences. Des turbulences qui ont peu de chance de se
produire puisque tous les acteurs sont supposés avoir donné leur
aval à cette démarche. Ces acteurs ont, bien évidemment, procédé à
un large débat au sein de leurs bases respectives avant de signer un
document d’une si haute importance.
En réponse à la
démarche menée par le gouvernement et l’UGTA, le CNLS estime qu’un
pacte social "ne doit pas avoir pour but l’achat d’une paix sociale
au détriment des travailleurs. Il ne doit en aucun cas être un moyen
de verrouillage des revendications socioprofessionnelles. Un pacte
social ne doit pas être synonyme de paix sociale où les travailleurs
vivent leur misère et où les autres fructifient leur richesse".
Au fil du document
du CNLS apparaissent les différences fondamentales avec la
conception du pacte social de l’UGTA. Ceci explique, par ailleurs,
l’entente entre le gouvernement et la Centrale. Pour les syndicats
autonomes, il y a une série de conditions "incontournables" pour la
réussite d’un pacte social. Est placée en première position la
question du pouvoir d’achat des citoyens. Et d’expliquer
qu’au-dessous d’un certain niveau de vie, les citoyens ne peuvent
adhérer à un tel projet. Au moment où l’UGTA présente la dernière
augmentation du SMIG comme une révolution, le CNLS explique qu’"en
dinar constant, le salaire des travailleurs ne représente que le
dixième de ce qu’il était vers la fin des années 1980". Et que,
compte tenu de la dévalorisation du dinar et de l’augmentation des
prix, "le travailleur moyen qui percevait cinq fois le SMIG vers la
fin des années 1980, ne perçoit qu'un SMIG et demi en 2005".
Si cette situation
pouvait être acceptable au moment de l’application Programme
d’ajustement structurel (PAS) infligé par le FMI en vue de "rétablir
les équilibres macro-économiques", elle devient insupportable
maintenant que la situation financière de l’Algérie s'est largement
améliorée.
Chiffres à
l’appui, la coalition syndicale explique que "le ratio masse
salariale/PIB est en constante baisse depuis 2000. Ce ratio de 30%
dans les années 1980 chute à 20% en 1995 pour aboutir à 10% en 2005
et il ira en constante chute pour avoisiner approximativement les
7%". Précisant, à titre de comparaison, qu’"un ratio témoignant de
la bonne santé d’une économie doit se situer vers 30 à 33%".
Les syndicats
autonomes ne souhaitent pas que l’argent des recettes pétrolières
soit distribué, mais ils notent seulement, à juste titre, que cette
aisance financière se traduit par "l’incapacité des pouvoir publics
à relancer l’activité économique".
En outre, le CNLS
voit dans l’assurance à tous les travailleurs algériens "les
conditions adéquates pour participer à l’essor social et économique
du pays", une autre condition pour la réussite du pacte social,
"sans quoi un tel pacte ne peut qu’accentuer les inégalités source
de rancœurs du monde du travail, prélude à des explosion sociales".
Entre autres
"lignes directrices", la raison d’être d’un pacte social est, selon
les syndicats autonomes, d’"améliorer les conditions
socioprofessionnelles des travailleurs", de "préserver les postes
d’emploi", "développer l’esprit d’entreprise et la création
d’emplois", "renforcer les politiques d’égalité des chances d’accès
à l’emploi entre les femmes et les hommes", "lutter contre les
évasions et fraudes fiscales", "combattre la corruption"
et "préserver le secteur public et améliorer ses services".
De ces objectifs
découlent, selon le CNLS, des engagements que les parties
signataires du pacte doivent respecter, chacun suivant ses
prérogatives. Aux pouvoirs publics et au patronat de "surseoir à
toute compression des personnels durant les cinq années à venir", de
mettre en place "une politique des salaires adéquate en harmonie
avec le pouvoir d’achat des travailleurs", mais aussi de "prendre en
considération les avis des partenaires sociaux dans le cadre des
réformes à engager par les pouvoirs publics".
Quant aux
travailleurs algériens, ils s’engagent à travers leurs représentants
à "accompagner les réformes préalablement soumises aux partenaires
sans exclusion", à "soutenir les initiatives des entreprises publics
et privées en matières d’emploi et de formation en vue de réaliser
les objectifs du pacte" et "d’observer une trêve (sociale, ndlr)
dans la durée sera fixée conjointement pour la concrétisation des
objectifs de ce pacte".
Le pacte social
doit être "évalué annuellement" par un "comité de suivi et de
concertation économique et sociale" qui doit être installé à cet
effet.
Reste que le nœud
gordien du pacte alternatif proposé par la coalition des syndicats
autonomes évoque la question lancinante du respect des libertés
syndicales, à la base de tout contrat social. Car on n’imagine pas
fonder un pacte et vouloir qu’il soit respecté par tout le monde
sans l’existence de véritables libertés syndicales.
A ce titre, le
CNLS trouve urgent primordial que le gouvernement "concrétise le
droit à la négociation", "veille au respect des libertés
syndicales", "cesser toutes les pressions contre les syndicalistes
et les organisations syndicales" et s’abstient de toute ingérence
"dans les affaires internes des syndicats".
Mais, qu’il soit
permis de rêver aux syndicalistes des organisations membres du CNLS.
Pas plus ! Une chose est sûre : le gouvernement ne semble pas
disposé pour discuter avec les syndicats autonomes. Et pourquoi le
ferait-il alors qu’il dispose d’un "syndicat" docile, dont les
positions sont en décalage complet par rapport aux aspirations de la
base qui, d’ailleurs, se rejoignent avec celles des autres
formations syndicales. Un syndicat maison dont le cheval de bataille
est le changement du week-end, mais qui ne bouge pas le petit doigt
lorsque le gouvernement semble ignorer, à travers les dispositions
du projet de loi de finances 2006, toute augmentation salariale.
Abdelkader
Djalil
Haut
Le FLN dans ces oeuvres
Quel avenir pour les redresseurs ?
Le fait est que le mouvement des
redresseurs, tout en faisant apparaître sur la scène politique
nationale un courant politique nouveau, bien qu’ancien en terme
d’individualités, allait passablement changer l’équilibre des forces
au sein du pouvoir, faisant planer à présent une très grave menace
sur l’ancien parti unique, celle de l’implosion pure et simple.
Sachant ce que signifie le terme implosion dans un pays qui a vu
disparaître quantité de partis du fait des luttes intestines qui ont
conduit à un dédoublement de leurs directions. Cependant, l’élément
le plus intéressant à analyser, ici, est celui qui réside dans la
fameuse problématique, vieille de plus de 30 ans maintenant, dite de
la rénovation du FLN. Les redresseurs sauront-ils faire mieux que
leurs aînés de l’aile gauche de l’ancien parti unique et sont-ils à
proprement parler les continuateurs des anciens "démocrates
révolutionnaires" chers au PAGS des années 1970 ? Les deux
dénominations ayant été mises au point, à cette époque, pour
désigner les éléments qui, dans le pouvoir, étaient considérés comme
progressistes et susceptibles d’être des partenaires dans une
alliance politique tacite. Il faut souligner à ce propos que si
l’expression "démocrates révolutionnaires" – DR dans le langage codé
des militants communistes – avait vocation à englober l’ensemble des
hommes et femmes politiques du pouvoir dans son sens le plus large,
celle "d’aile gauche du FLN" ne désignait évidemment que ceux ou
celles activant dans le parti unique de l’époque. La difficulté dans
le maniement de ces deux concepts résidant évidemment dans le fait
que l’ensemble des responsables, tant civils que militaires, à
quelque niveau que ce soit, étaient supposés être militants du FLN.
En vérité, le terme de DR servait à distinguer la catégorie de
responsables qui, aussi bien dans l’armée, dans l’administration
que dans le secteur économique, étaient au parti plus par obligation
que par conviction.
La gauche du FLN, par contre,
regroupait alors des cadres qui, tout en y étant par appartenance
politique, venaient généralement de l’ancien parti communiste ou
des organisations d’extrême gauche. Cette gauche-là ayant fait le
chemin exactement inverse de celui qu’allaient accomplir, un peu
plus tard, les cadres qui fonderont le RND. C’est-à-dire qu’au lieu
de suivre leurs principes et les risques de précarité que cela
entraîne inévitablement, ils préféreront le confort d’être du bon
côté du manche quitte à écorner plus ou moins gravement leurs
principes. Tous, à une ou deux exceptions près, finiront à la tête
de véritables fortunes en bon rentiers qu’ils avaient envie de
devenir après quelques années passées à tirer le diable par la
queue. Une gauche qui, dans le meilleur des cas, ne fera pas de mal
à ses anciens camarades, mais qui ne leur fera pas beaucoup de bien
non plus.
Ce qui ne sera pas le cas des DR qui,
eux, se lanceront à corps perdu dans la bataille pour l’édification
du pays en prenant à bras-le-corps aussi bien la révolution agraire
que la gestion socialiste des entreprises ou la démocratisation de
l’enseignement. Autant de tâches qui seront méthodiquement sabotées
par le FLN, toutes tendances confondues. Seuls quelques militants
isolés, ayant réussi à nouer des liens étroits avec les différents
commandements militaires, oseront braver les directives
bureaucratiques de l’appareil central du parti pour faire alliance,
à la base, avec les militants communistes et les volontaires de la
révolution agraire intelligemment encadrés par les éléments de la
sécurité militaire. Il va sans dire que ces militants isolés ne
connaîtront aucune promotion interne digne d’être relevée ou seront
pour la plupart impitoyablement évincés dès la disparition subite
de Houari Boumediène. Les premiers finiront pour la plupart au RND,
tandis que les seconds formeront l’ossature de la quasi-totalité
des partis nés au cours de l’année qui a suivi l’adoption de la
Constitution de 1989.
C’est dire qu’il est assez délicat de
vouloir établir une filiation directe entre les redresseurs apparus
au lendemain du 8e congrès du FLN de 2003 et les
démocrates révolutionnaires ou avec l’ancienne gauche du FLN. Il
suffit d’ailleurs d’étudier le profil des différents chefs de file
de ce mouvement de redressement pour s’apercevoir de la fragilité de
tout lien éventuel en ce sens. Abelkader Hadjar étant plutôt connu
pour être un panarabiste pur et dur, fervent adepte d’une
arabisation totale et opposant notoire à la politique du président
Boumediène en matière d’éducation, mais très proche de l’institution
militaire du fait de son parcours ultérieur d’ambassadeur.
Abdelhamid Si Affif a, pour sa part, suivi une carrière de commis de
l’Etat en tant que chef de daïra et est donc plus proche de la
filière administrative que politique du FLN, mais a noué d’étroites
relations avec l’armée du fait de son passage à l’APN en tant que
président de la Commission des affaires étrangères. Saïd Bouhadjar,
ancien général à la retraite, ne cache pas ses liens étroits avec
son institution d’origine. Mais les cas les plus intéressants dans
ce mouvement sont évidemment ceux de Saïd Barkat, Amar Tou, Tayeb
Louh et Mourad Redjimi. Quatre ministres qui se caractérisent tous
par une même propension à sortir des canons populistes du FLN et qui
n’ont jamais caché leurs penchants libéraux nettement affirmés.
Adeptes d’un libéralisme réel, ils n’avaient aucun atome crochu avec
la doctrine social-démocrate de Ali Benflis et n’ont donc pas hésité
un seul instant à s’opposer frontalement à lui, non pas seulement
pour soutenir la candidature de Abdelaziz Bouteflika à l’élection de
2004, mais aussi pour faire avancer leurs propres vues doctrinales
en matière d’économie et dans le domaine social. Ces quatre hommes
ont tous eu également à nouer des liens assez étroits, au cours de
leur parcours, avec l’institution militaire dont ils se sentent plus
proche que de leur propre parti. Restent alors les cas particuliers
de Abdelaziz Belkhadem, Mohamed Seghir Kara, Boudjemaâ Haichour et
Mahmoud Khoudir, qui constituent pour leur part la branche
ultra-politique du FLN et qui sont au mouvement de redressement ce
que l’eau est à l’huile. Cadres fidèles et permanents du parti, ils
ne sont évidemment porteurs d’aucune vision novatrice ou moderniste
d’aucune sorte et leur mission semble plutôt d’avoir à encadrer un
mouvement de redressement qui, tout en contestant les choix de Ali
Benflis, risquait d’aller trop loin dans l’œuvre de rénovation du
FLN. S’ils ont choisi Abdelaziz Bouteflika plutôt que Ali Benflis,
ces quatre hommes le feront plus pour sauver le FLN que pour sauver
Bouteflika, ce qui n’a en soi rien de condamnable, bien au
contraire. Aussi seront-ils également les principaux artisans de la
mainmise de Abdelaziz Belkhadem sur le parti, alors que tout
prédestinait Abdelkader Hadjar à ce poste.
Pour finir, nous ne pouvions évidemment
pas passer sous silence le rôle important de Abdelkader Messahel,
qui est le seul "redresseur" à être issu en même temps de l’ancienne
gauche du FLN et du courant des démocrates révolutionnaires et dont
la présence dans ce mouvement n’étonnera donc personne. C’est dire
qu’à l’exclusion de Belkhadem, Kara, Haïchour et Khoudir, l’ensemble
des chefs de file du mouvement de redressement du FLN ont des
attaches nettement plus importantes avec l’institution militaire et
la haute administration du pays qu’avec leur propre parti. Une
donnée fondamentale qui permet de comprendre comment Ali Benflis a
pu être mis en échec alors qu’il tenait entre ses mains tous les
leviers de commande qui donnent habituellement un pouvoir absolu au
secrétaire général du parti. Cette mise en échec n’étant en rien
comparable à un simple changement de direction organique, comme
celle qui a été affublée du pompeux qualificatif de "coup d’Etat
scientifique" et qui a vu Boualem Benhamouda succéder à Abdelhamid
Mehri en 1997. Bien que là aussi, le rôle de l’institution militaire
n’ait pas été négligeable à travers la personne de Abdelkader Hadjar
qui a réussi là aussi à déloger un secrétaire général du FLN
considéré comme un véritable danger pour le pays après sa
participation à la conclusion du fameux contrat national signé à
Rome. Cette fois, l’ANP aura frappé très fort en faisant peser sur
le FLN le risque de disparition pure et simple du fait de
l’apparition d’une fracture qui a coupé le parti en deux, du sommet
à la base. Une menace qui pour être très grave et très sérieuse
butera malheureusement sur une carte politique très désavantageuse
où l’inexistence d’un parti du pouvoir fort et de grande envergure
contraindra l’armée à retenir son coup.
La suite dans
notre prochain numéro
Abderrahmane
Mahmoudi
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Réconciliation nationale
Réactions internationales
Le projet de charte pour la paix et la
réconciliation nationale qui a été finalement voté avec près de 80%
de voix, a suscité beaucoup de reproches et de critiques de la part
des observateurs et des ONG internationales qui estiment que cette
charte risque de perpétrer un climat d'impunité, qui finira,
peut-être, par encourager d'autres violences en Algérie.
En effet, beaucoup de reproches ont été
formulés par les observateurs sur le contenu de la charte pour la
paix et la réconciliation nationale. Un article récemment paru dans
New York Times n'y est pas allé de main morte pour dire qu'à travers
ce texte, les responsables algériens cherchent en fait une amnistie
pour ceux qui ont commis les pires violences. Dans son analyse, le
journaliste rappelle que l'Algérie, qui n'est pas le seul pays à
avoir connu la violence, ne s'achemine pas sur la bonne voie pour la
réconciliation. Pour conforter ses dires, il nous cite l'exemple de
l'Afrique du Sud, du Rwanda, de l'Argentine et de l'ex-URSS, des
pays qui ont durement souffert par le passé, mais qui sont arrivés à
rétablir la paix et ce, à travers des débats publics, mais aussi et
surtout en ayant le courage de faire des révélations publiques des
actes du passé. Le hic pour les Algériens, précise l'auteur de
l'article, c'est que les responsables ont demandé à leur peuple de
tout simplement oublier et pardonner des années de folie meurtrière.
Un autre reproche que formule le
journaliste concerne l'absence de débats ou de critiques autour de
ce projet. Aucune critique n'a été émise, précise-t-il, car l'accès
aux chaînes étatiques de télévision et de la radio n'est pas aisé.
Cette charte, continue le journaliste du New York Times, offre à
chacun un petit quelque chose. Une amnistie pour les islamistes qui
ont tout commis, sauf les crimes les plus haineux, une indemnisation
pour les familles des victimes de la violence et celles des
personnes portées disparues, mais ce que la charte n'offre pas, ce
sont des réponses à ce qui s'est passé durant la dernière décennie,
mais aussi et surtout les responsabilités de cette violence.
Cet aspect des choses a fait réagir
l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights, qui
affirme que dans les faits, ce projet renforce l'impunité pour les
graves crimes commis contre le peuple. Si Human Rights a plus ou
moins bien accueilli certains volets de la charte, qu'elle estime
positifs, elle rejoint l'avis des observateurs quand elle parle de
l'absence de débats autour de cette charte. Autre reproche formulé
par l'organisation de défense des droits de l'homme : le fait que ce
texte évite de mentionner le droit des victimes, d'apprendre la
vérité sur les disparitions et autres atrocités commises tant par
les agents de l'Etat que par les groupes armés depuis 1992.
Amnesty
International n'est pas en reste et estime pour sa part que la
charte pour la paix proposée aux Algériens contient des dispositions
qui sont en parfaite contradiction avec les obligations de
l'Algérie, définies par le droit international. Ces dispositions,
qui visent à exonérer les forces de sécurité et les groupes armés de
leur responsabilité dans ce qui s'est passé en Algérie et qui doit
être considéré comme de graves atteintes aux droits de l'homme,
peuvent, d'après cette ONG, entraîner un déni de vérité et de
justice pour les centaines de milliers de victimes et leurs
familles.
Pour le Réseau euro-méditerranéen (REMDH)
qui s'exprime à travers son responsable, Michel Tubiana, les
critiques de la charte pour la paix et la réconciliation nationale
touchent un tout autre volet que ceux déjà cités par les autres
organisations. Michel Tubiana s'insurge contre la disposition de la
charte qui stipule que "nul, en Algérie ou à l'étranger, n'est
habilité à utiliser ou instrumentaliser les blessures de la tragédie
nationale pour porter atteinte aux institutions de la République,
fragiliser l'Etat, nuire à l'honorabilité de tous ses agents… ou
ternir l'image de l'Algérie sur le plan international". Cette
disposition semble réellement incommoder le responsable de REMDH,
qui conclut ainsi que "c'est le travail des historiens qui est ainsi
interdit".
M. Tubiana s'inquiète aussi du fait que
les défenseurs des droits de l'homme ne pourront plus, comme par le
passé, venir faire leur travail en Algérie, et que les familles des
disparus ne pourront plus manifester, car c'est désormais un dossier
clos.
Tous ces reproches ont été formulés dès
le jour où le chef de l'Etat a proposé au peuple de se prononcer sur
un projet qui, d'après lui, sortira l'Algérie de la crise qui n'a
que trop duré et permettra de tourner la page pour aller enfin vers
l'avant.
En substance, les reproches et les
critiques tournent surtout autour du manque de débats. Des débats
qui auraient pu enrichir ce texte.
Ceci rejoint la réaction des Etats-Unis
qui, après l'annonce des résultats du référendum, a fait dire, par
la voix de son porte-parole Sean McCormack : "A notre avis, il
aurait été important que tous les points de vue sur la question
vitale de la réconciliation nationale s'expriment publiquement",
dit-il. Faisait-il allusion au boycott par certains partis de
l'opposition ? Toujours est-il que malgré les réserves émises sur le
référendum, les Etats-Unis disent respecter le choix et la décision
du peuple algérien. "Chaque pays doit trouver sa propre voie pour
gérer ce genre de problèmes. C'est une voie particulière et si le
peuple algérien l'approuve, ce sera la meilleure pour l'Algérie",
conclut le porte-parole du département d'Etat.
Si Washington a tout de même émis
quelques réserves, il n'en va pas de même pour le Quai d'Orsay qui,
par la voix de son porte-parole, Jean-Baptiste Mattei, salue sans
réserve aucune, cette consultation qu'il qualifie de démocratique.
"Nous saluons cette consultation démocratique à laquelle ont
participé les Algériens, tant dans leur pays qu'à l'étranger, en
particulier en France", et d'ajouter que c'est au peuple que revient
le mérite d'avoir choisi la voie de la paix et la réconciliation
nationale.
Mais, critique ou pas, le projet de
paix approuvé par beaucoup d'Algériens, qui aspirent sincèrement à
vivre enfin en sécurité, saura-t-il tenir ses promesses ?
Khadidja
Mohamed Bouziane
Haut
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