Semaine du 5 au 11 octobre 2005

 

Dernière ligne droite avant le jour J

Une semaine décisive

 

 
 
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Dernière ligne droite avant le jour J

Une semaine décisive

La campagne référendaire a été clôturée. Le 29 septembre est enfin arrivé. "L'administration se mobilise", annonce El Watan du dimanche 25 septembre. Selon les chiffres avancés par ce quotidien, "400 000 fonctionnaires ont été mobilisés pour encadrer le référendum, 18 313 594 électeurs sont attendus aux urnes jeudi et 40 424 bureaux de vote seront ouverts à travers le territoire national".

Début du vote

Les nationaux résidents en Algérie pourront s'exprimer sur le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale. Mais avant eux, ceux qui résident à l'étranger ont entamé le scrutin le samedi 24 septembre. Les quotidiens du dimanche 25 ont traité de l'évènement. "Un début prometteur" note Le Jour d'Algérie, se fiant aux dépêches envoyées par les correspondants de l'APS. El Watan souligne que "Paris (a) voté un peu, mais bien". De son côté, Le Soir d'Algérie relève, toujours au sujet du vote dans la capitale française, que "ce n'est pas le rush".  Selon la correspondante de ce quotidien,  "le démarrage du vote a été laborieux, très laborieux même".

Des constats qui sont loin de ce que rapporte La Tribune, en Une de son édition du jour, qui affirme qu'"une affluence record des Algériens sur les urnes en France" a été enregistrée au premier jour du vote de la communauté à l'étranger. Selon l'envoyé spécial à Marseille, "le quartier Sainte-Marguerite se souviendra longtemps de cette matinée du 24 septembre". Et pour cause est-il ajouté, "la foire internationale de Marseille revient à la même période dans le coin, mais l'historique  référendum pour la paix et la réconciliation lui a volé la belle cette année". A le croire, "l'engouement des Algériens de Marseille a été tel que les agents de sécurité, des bénévoles pour la plupart, ont dû fermer momentanément les portes de la salle pour contenir la déferlante". Cet engouement, circonscrit aux électeurs de Marseille, est également rapporté par L'Authentique qui titre, en Une de son édition du jour, "Marseille ouvre la voie à la paix et la réconciliation". Le correspondant de ce quotidien souligne que "très tôt, en ce matin du 24 septembre, le centre de vote du Palais des sports a été pris d'assaut par une foule grandissante venant des quatre coins de la circonscription de Marseille (Bouches du Rhône et Vaucluse). Autant dire donc que les lecteurs ne sauront qui croire.

Les confirmations

Mais ce qui est sûr, selon El Djazair News du dimanche 25 c'est qu'Abdelahek Ayada, l'ancien émir du GIA, qui  se trouve en prison, ira voter. "Je serais parmi les premiers  votants par oui" aurait-il déclaré. Une déclaration qui a fait la Une de ce quotidien.

Abrika, lui, ne s'est pas encore prononcé sur son intention.  Il est vrai aussi que pour l'heure, il est confronté à un autre souci, engendré par le refus catégorique de Bouteflika de procéder à l'officialisation de tamazight. La Nouvelle République, qui rapporte la réponse des aârouch au président de la République, reprend en Une de son édition du jour cette déclaration : "Nous ne céderons pas sur tamazight." Selon le commentateur de ce quotidien, "la déclaration faite par le président de la République (…) vraisemblablement en réaction à ceux qui lui reprochaient, la veille, de ne pas avoir évoqué la crise de Kabylie lors de  son passage à  Tizi Ouzou, est de nature à relancer, voire détourner le débat entamé dans l'opacité la plus totale entre le chef du gouvernement et les délégués du mouvement citoyen de Kabylie". Le rédacteur poursuit en estimant que "s'il est vrai que la question linguistique dans notre pays mérite une prise en charge plus soutenue e  surtout dépassionnée, à l'ère des grandes manipulations d'opinions, rien n'indique, pour l'heure, que la consécration de la langue amazighe constitue une priorité vitale, même pour cette Kabylie meurtrie où les préoccupations sont aussi diverses que diffuses". C'est pourquoi, conclura le commentateur, qu'"aux militants culturels et aux chercheurs de réclamer plus de moyens pour sa promotion à tous les niveaux de la vie pédagogique, scientifique et culturelle, et aux politiques d'éviter d'en faire un abcès de fixation ou un instrument d'encanaillement". Car, comme a tenu à le souligner Le jeune Indépendant dans son édition du mardi 20 septembre, donc au lendemain du meeting de Tizi Ouzou,  "Bouteflika ne s'est pas renié". Ainsi, rappelle ce quotidien, "ceux qui espéraient un revirement de la part du Président ont déchanté". Et puis, affirme La Dépêche de Kabylie qui rapporte en Une de son édition du mercredi 21 septembre des déclarations de Bouteflika lors de son meeting de Batna, "la Kabylie se porte bien". L'éditorialiste, qui revient sur ces propos, écrit que "c'est de Batna que Bouteflika a donné les bonnes nouvelles de la Kabylie".

Bouteflika en phase avec la charte

Il poursuit en s'interrogeant : "Pouvait-il en être autrement et le Président pouvait-il repartir avec des sentiments autres que ceux du réconfort ?" Il y répondra en affirmant que "sa visite l'aura édifié sur la levée de tous les malentendus qui ont nourri durant trois années la tristement célèbre crise de Kabylie".

En réalité, le discours de Batna n'aura pas été rassurant que pour la Kabylie. Et pour cause, de l'avis de l'éditorialiste du Jour d'Algérie (édition du jeudi 21), ce discours "a si nettement changé de ton et de contenu qu'il était difficile de ne pas en être (agréablement) surpris". Pour le rédacteur, il n'y a aucun doute à avoir : ce discours est  " une intervention franche qui tranche grandement avec celles qui l'ont précédée jusque-là et notamment avec celles de Béchar, Oran et Tizi Ouzou ". Il poursuit en affirmant que l'impression qu'il a donné  est comme si "un peu le chef de l'Etat venait enfin de rentrer un peu mieux dans le texte du projet de la charte pour la paix et la réconciliation nationale et qu'il acceptait un peu plus la réalité, tant politique que philosophique, qui l'a imposé". Plus loin le rédacteur ajoute que Bouteflika "aura très certainement compris, ce faisant, que personne ni aucune partie ne cherchent à lui forcer la main dans un processus qui s'impose à toutes et à tous".

Pourtant, il y a encore des personnes  qui mettent en garde contre le projet. La déclaration de Abdelahamid Mehri a fait la Une d'El Khabar de ce même jeudi. Selon le quotidien, l'ancien SG du FLN "met en garde  contre le fait de faire de la charte la seule référence pour le règlement de la crise".  La veille, El Youm, reprenant les affirmations de Bouteflika, annonçait en Une "le FIS ne reviendra pas".

Al Fadjr rapportait dimanche cette même affirmation réitérée lors du discours prononcé à Laghouat : "Aux dirigeants du FIS d'abandonner la politique. "

La veille, El Khabar rapportait que "le terrorisme a frappé à Jijel, Skikda et Biskra".

Nadia Kerraz

 

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