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L’ECOLE PRIVEE
UN MAL
NECESSAIRE
Ce papier se
voudrait une modeste contribution pour une meilleure compréhension
du problème des écoles privées en Algérie, sans a priori, sans parti
pris, sans idée préconçue mais aussi sans complaisance.
Tout un chacun
sait qu’en plein milieu d’année scolaire, les pouvoirs publics ont
fermé nombre d’écoles privées au motif qu’elles activaient sans
avoir obtenu l’agrément préalable. On a ainsi pris en otage des
enfants, des adolescents, des jeunes gens, des adultes. Si vraiment
les écoles privées étaient en situation irrégulière, pourquoi les
avoir tolérées ? Ne pouvait-on pas attendre la fin de la présente
année scolaire ? La raison l’a finalement emporté : on a autorisé
les écoles privées à reprendre du service, du moins jusqu’en juin.
On a ainsi évité
une explosion dans la rue de jeunes au bord du désespoir. Ce qu’on
ne dit pas, ce qu’on n’a pas dit jusque-là, c’est que beaucoup
d’écoles privées sont fréquentées par les rejetons de gens aisés et
influents, de gens de la nomenklatura (ministres, walis, chefs de
daïras, etc.). «Touche pas à mon école privée» est une règle non
écrite mais en vigueur jusque-là.
C’est qu’on trouve
de tout dans les écoles privées : des élèves qui fuient
l’enseignement public dévalorisé et décrédibilisé, des élèves
rejetés par le système scolaire qui les a mis en situation d’échec,
des jeunes en quête d’une qualification professionnelle qui leur
permettrait de s’intégrer dans le monde du travail. Il y aussi, il
faut le dire, des jeunes qui ne sont pas pressés d’effectuer le
service national, qui n’ont pas envie d’étudier, que les parents
scolarisent pour se donner bonne conscience, des fils à papa qui se
définissent comme des SDF d’un nouveau genre – Sans difficulté
financière – qui ne viennent là que pour la frime.
L’aisance ou les
difficultés financières, parlons-en. Il y en a pour tous les
niveaux, pour tous les milieux. Il y a des établissements qui se
font payer grassement (jusqu’à 5000 DA uniquement pour les frais
d’inscription). Ceux-là recrutent en général des enseignants
formateurs d’un bon niveau et bien ou assez bien rémunérés. D’autres
établissements cassent les prix car la concurrence est féroce et
souvent déloyale. Les parents paient des frais d’écolage
relativement raisonnables. Mais les enseignants sont soit
sous-qualifiés sinon disqualifiés, soit mal rémunérés et parfois non
payés. Les pouvoirs publics feraient bien de contrôler, d’inspecter
les écoles privées (qui sont parfois privées de tout scrupule) sur
le plan matériel, sécuritaire, administratif, mais aussi sur le plan
pédagogique. Les pouvoirs publics en ont le droit et le devoir, pour
peu que l’on admette que les écoles privées présentent un intérêt
public.
Il convient aussi
de noter qu’il y aurait lieu de cesser de faire subir aux
responsables des écoles privées toutes sortes de tracasseries, la
plupart du temps inutiles et non fondées. Puisque ce papier se veut
une contribution positive, brisons les tabous. Les établissements
privés sont soumis à un véritable racket qui ne dit pas son nom,
Il y aurait
beaucoup à dire sur les écoles privées. Restons-en là pour
aujourd’hui. En guise de conclusion, disons que les écoles privées
doivent, à leur ouverture, bénéficier d’un préjugé favorable, de la
compréhension et de l’aide de la tutelle. La pensée unique n’a plus
cours. Les parents ont le droit d’inscrire leur progéniture dans
l’école de leur choix puisque l’Etat ne fait pas toujours face à ses
responsabilités. Si des gens courent après l’euro ou le dollar,
c’est parce que le dinar fait piètre mine à leur côté. Si des
parents courent après des diplômes étrangers, c’est parce que
l’école algérienne est toujours sinistrée, que les diplômes
algériens sont des sous-diplômes.
Cela fait mal à
dire et à entendre, mais il ne faut pas se voiler la face :
l’école Privée est peut-être pour certains un mal, mais c’est un mal
nécessaire.
N. Rahal
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