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L’émir Khaled et
la citadinité à l’heure des grands choix
S’il
est une personnalité politique dont il est rarement question en
Algérie, c’est bien l’émir Khaled, fils d’al-Hachémi, lui-même fils
de l’émir Abdelkader. Et c’est loin d’être fortuit, convient-il de
souligner. Parler de cet homme qui aura marqué sensiblement la vie
politique en Algérie, c’est à l’évidence mettre en relief le rôle
moteur joué par la citadinité dans la prise de conscience nationale
et l’érection du mouvement de libération. Dans un pays où certains
esprits chagrins mettent outrageusement l’accent sur le fait combien
approximatif que la guerre de libération fut celle de la
paysannerie. Oubliant, une fois n’est pas coutume, que le triomphe
de la Révolution nationale aura été rendu possible grâce à une unité
des rangs au sein d’une société globale algérienne généreusement
irriguée par le sang de martyrs originaires des campagnes comme des
villes de ce merveilleux pays. Pourtant rien ne laissait présager
une évolution qualitative de la pensée politique de l’émir Khaled,
personnage exceptionnel à bien des égards. A fortiori lorsque ses
convictions correspondaient parfaitement, dès le départ, à la ligne
générale d’un mouvement politique appelé plus communément alors les
Jeunes-Algériens.
Un
mouvement constitué, on s’en doute, par la jeune élite
intellectuelle de l’Algérie musulmane formée dans les écoles
françaises et les éléments indépendants de l’Administration, croit
savoir l’historien français Charles-Robert Ageron. Du reste, le
petit-fils de l’émir Abdelkader mettait à profit chacune de ses
sorties médiatiques pour mettre en avant les prises de position des
éléments lettrés, généralement favorables à l’assimilation et à une
représentation plus étendue et plus authentique des musulmans dans
les assemblées locales. Combattu par l’Administration coloniale et
la presse locale de l’époque, mais soutenu en France par une pléiade
d’hommes politiques libéraux à la tête desquels se trouvaient,
Georges Clémenceau, le mouvement des Jeunes-Algériens n’en était pas
moins dans une position fort inconfortable. Surtout lorsqu’il
tentait de faire admettre à l’opinion musulmane hostile le service
militaire obligatoire (imposé en 1912) en vue de mériter l’octroi de
droits politiques. En France, selon toujours la même source, les
esprits politiques les plus sérieux sentaient et disaient qu’il
fallait admettre dans la cité française ces évolués pour ne pas en
faire les révoltés de demain. C’est certainement pour cette raison,
et pour bien d’autres, que l’émir Khaled entreprend, à la fin de
l’année 1913, une tournée dans la capitale française à l’effet de
sensibiliser les Parisiens autour des conditions politiques et
sociales de la société globale algérienne, croient savoir al-Islam
et al-Akhbar dans leur édition de décembre 1913. Les deux
hebdomadaires bilingues paraissant à Alger en ont même proposé des
comptes-rendus dont voici quelques extraits : « Nous sommes les fils
d’une race qui a eu son passé, sa grandeur et qui n’est pas une race
inférieure. Elle prouverait cependant une grande incapacité de
jugement en refusant de s’engager dans les voies d’avenir que vous
lui ouvrez. Mais elle ne refuse pas de le faire. Les Musulmans ne se
plaignent que du trop peu d’instruction qui leur est consenti et du
régime d’exception qui leur est imposé. Instruisez-nous,
assistez-nous comme vous pouvez le faire en temps de paix.
Associez-nous à votre prospérité et à votre justice. Nous serons
avec vous aux heures de danger. » Un discours qu’il n’aura de cesse
de tenir des années durant, mais en vain.
La
visite du Président de la République Française Etienne Alexandre
Millerand en Algérie donnera l’occasion au petit-fils du grand
résistant algérien de rebondir et d’attirer d’une manière plus
spectaculaire l’attention, souligne Charles-Robert Ageron, sur la
revendication des Jeunes-Algériens : « L’émir Khaled obtint du
gouverneur-général Steeg, malgré les démarches hostiles du préfet
d’Alger, l’autorisation de s’adresser au Président de la République.
Ce qu’il fit le 20 avril 1922, au lieu choisi par l’Administration,
à la mosquée de Sidi Abderrahmane à Alger. L’émir Khaled voulait
voir dans le déplacement du chef de l’Etat sa volonté de proclamer
que les habitants de l’Algérie, sans distinction de confession ni de
race, étaient également les enfants de la France et avaient un droit
égal à son foyer. »
Et la goutte fit
déborder le vase et
l’imagination fertile de
la caste coloniale
La
même source estime qu’au nom des sacrifices consentis par les
Musulmans pendant la Première Guerre mondiale, comme de « la lente
et sûre association des intérêts et des idées », l’émir Khaled
entendait revendiquer « le développement des libertés déjà si
généreusement accordées, afin de prendre définitivement rang dans la
grande famille française. » A cette revendication, le Président
Etienne Alexandre Millerand répondit ainsi : « Je ne doute pas qu’un
jour où les droits politiques déjà si considérables des indigènes
soient augmentés encore… Je crois prudent d’attendre que la loi de
1919 ait porté ses fruits. »
Alors que la presse française, certainement offusquée par une
revendication pourtant mesurée, allait crier au scandale et
qualifier l’initiative de l’émir Khaled « de hautaine et
d’irrespectueuse », les hebdomadaires al-Islam et al-Akhbar
mettaient expressément l’accent sur le fait que la réponse de
Etienne Alexandre Millerand ne fermait nullement la porte aux
revendications des autochtones, et jugeaient que le Président
français ne pouvait pas s’exprimer autrement sans sortir de son rôle
et des faibles prérogatives telles que définies par les pouvoirs
constitutionnels.
C’est assurément dans ce contexte politique qu’intervint la décision
de l’émir Khaled de confier la direction du premier conservatoire de
musique arabe à un Algérien de confession israélite, Edmond Nathan
Yafil, alors qu’au même moment il était sévèrement reproché au
descendant de l’émir Abdelkader de revendiquer l’enseignement de
l’arabe dialectal et de promouvoir des actions allant dans le sens
de la construction d’une grande école libre arabe.
Et
c’est la goutte qui fera déborder le vase et l’imagination fertile
autant que machiavélique de la presse coloniale qui accusera l’élu
municipal algérien de « fomenter des troubles contre la France et
d’exciter à la guerre civile et au séparatisme ». C’est ainsi que le
Code de l’indigénat, remis déjà au goût du jour pour 2 ans en 1920,
sera prorogé de 5 ans, le parti des Jeunes-Algériens contraint à une
débâcle électorale savamment orchestrée et l’émir Khaled poussé vers
la retraite, d’abord et le chemin de l’exil, ensuite.
Evoquant cette retraite, les hebdomadaires algérois al-Islam et
al-Akhbar proposeront à leurs lecteurs quelques extraits d’une
lettre de l’émir Khaled adressée à la presse le 11 avril 1923 :
« Fatigué par une longue carrière militaire, réformé à 100%
d’incapacité, désirant prendre un repos indispensable à ma santé
devenue précaire, je me retire de la politique, tout en renonçant à
mes mandats de délégué financier, de conseiller général et
municipal. » A l’évidence, cette lettre ne trompera
personne. A commencer par le général Louis Hubert Gonzalve Lyautey
qui n’avait pas manqué de tirer la sonnette d’alarme, dès le 26 mars
de la même année plus précisément, dans une correspondance privée :
« J’ai été effaré, pendant mon séjour à Alger dans mes conversations
avec mes vieux amis indigènes, de l’évolution survenue… Je n’avais
jamais constaté cette profondeur d’amertume, de découragement et de
rancune. C’est une politique vraiment criminelle. »
Ce
qui n’empêchera pas pour autant l’officier supérieur français de
pourfendre par la suite l’émir et de le vouer aux gémonies unissant
sa voix à celles des représentants par trop zélés de la caste
coloniale.
Il
sera, à partir de cette date, énormément question de retraite et
d’exil du petit-fils d’Abdelkader, cependant que la thèse
d’expulsion a été longtemps évoquée quand elle n’a pas irrigué de
nombreux débats. Débats que prendra à son compte le journal L’Humanité
qui ne manquera pas, dans une de ses éditions, d’affirmer qu’il
« avait été brutalement expulsé par le proconsul Steeg, sur l’ordre
formel de M. Raymond Poincaré. »
Pour
sa part, le Bulletin du Comité de l’Afrique française croit savoir
qu’il avait été éloigné d’Algérie, du fait qu’il se serait,
« laissé glisser, une fois de plus, à la politique d’agitation il
avait fallu l’éloigner d’Algérie. » C’est la version qui prévalut
peu à peu en Algérie où, de l’avis même de Charles-Robert Ageron,
l’on dut inventer pour cette peine nouvelle, inconnue en droit
algérien pour les sujets français, le mot d’« externer », par
allusion à la peine (supprimée) d’internement administratif.
Le plus formidable
réquisitoire qu’on n’ait jamais prononcé du colonialisme
C’est la mort dans l’âme que l’émir Khaled rejoindra l’Egypte où il
aura cependant tout le loisir d’assister, à Alexandrie, au retour
triomphal de Zaghloul Pacha que le gouvernement travailliste de Sa
Majesté la Reine d’Angleterre avait consenti à restaurer dans ses
droits.
Cette nouvelle donne confortée par la victoire électorale du cartel
des Gauches en mai 1924 allait lui permettre de nourrir les espoirs
les plus fous. Surtout que le nouveau Président français, Edouard
Herriot, était particulièrement connu tant pour ses sympathies à
l’égard de l’argumentaire développé par les Jeunes-Algériens que
pour son statut de premier responsable de la Ligue française pour
la représentation des indigènes algériens au Parlement.
Ce
qui explique peut-être les raisons qui ont poussé l’émir Khaled à
rejoindre la France à l’effet d’y mener, dès le mois de juillet, une
campagne de sensibilisation vite prise en charge par les communistes
français dont l’organe central, L’Humanité, s’empressa de publier sa
lettre programme adressée au Président Edouard Herriot. De
conférence en conférence l’orateur algérien aura tout le loisir de
développer un argumentaire particulièrement acerbe que d’aucuns,
allant vite en besogne, présenteront comme « le plus formidable
réquisitoire qu’on ait jamais prononcé du colonialisme. »
A
l’évidence, les contradictions secondaires à l’honneur au sein de la
gauche française auront quelques fâcheuses répercussions sur le
sentiment spontané d’attraction des animateurs de la Ligue française
pour la représentation des indigènes algériens présidée par Edouard
Herriot à l’égard des thèses du petit fils de l’émir Abdelkader .
Surtout après que le Bulletin du Comité de l’Afrique française eut
annoncé son « adhésion solennelle » au parti communiste. En réalité,
c’est l’interprétation de ses différentes interventions par les
foules qui provoquera l’ire de l’Administration française. Les
Mémoires de Ferhat Abbas sont, de ce point de vue, on ne peut plus
édifiantes : « Les émigrés nord-africains qui assistaient à la
réunion se seraient séparés au cri de Vive l’Afrique du Nord
indépendante. » Comme pour battre en brèche les griefs mis en avant
par la gauche réformiste française, Charles-Robert Ageron
relativisera les intentions prêtées au tribun et préfère autant dire
qu’il était plutôt dans la logique d’une politique d’assimilation et
rappeler qu’il trouva satisfaction entière dans les réformes de 1944
et le statut de 1947.
Le
parti qui lui tenait à cœur, celui des Jeunes-Algériens en
l’occurrence, le défendit contre cette qualification de
nationaliste, tenue pour une calomnie de la colonisation et des élus
administratifs : « On a douté d’un soldat dont le passé devait
répondre et l’on donna alors créance à l’existence d’un nationalisme
algérien qui n’avait existé que dans l’esprit de certains faux
frères mais qui n’avait jamais trouvé asile dans le cerveau d’un
Khaled. » (in La Défense du 13 mars 1936.).
S’il
est vrai, compte tenu de la réalité concrète de l’époque dominée par
une répression féroce contre la société globale algérienne, que
l’énoncé de l’émir ne contenait aucune revendication à caractère
nationaliste, il va sans dire que certains thèmes qui y sont
développés seront largement repris par le mouvement national en
formation : la glorification du passé de l’Algérie, à travers les
centaines de millions de biens habous et les 300.000 élèves des
écoles coraniques d’avant la conquête, et la dénonciation sans
équivoque de l’accroissement du paupérisme induit par les
spoliations coloniales et une exploitation éhontée des masses
populaires.
Traité de tous les noms d’oiseaux, de « recrue peu banale » du
bolchévisme et d’agitateur anti-français, l’émir Khaled quittera la
France pour rejoindre l’Egypte avant de s’établir, jusqu’à sa mort
intervenue en janvier 1936, à Damas en Syrie. Organe des Jeunes
Algériens, le journal La Défense, que dirigeait alors Lamine Lamoudi,
lui rendit un vibrant hommage : « L’Algérie musulmane pleure en lui
le chevalier, le militant dont le grand nom reste étroitement lié à
ce mouvement jeune algérien qu’il a animé de son souffle puissant
et nourri de toute l’ardeur de sa foi. »
L’action politique de l’émir Khaled et de ses amis prouve, à
l’évidence, qu’elle a été, quelque part, à la base des premiers
balbutiements de l’expression politique du nationalisme algérien.
Même si telle n’est pas la conclusion de Charles-Robert Ageron qui
semble même l’avoir ignorée superbement. C’est du moins l’avis de
Mahfoud Kaddache, un avis que l’auteur de « La vie politique à Alger
de 1919 à 1939 » (Editions SNED Alger 1970) nuancera insistant même
sur le fait avéré, ou peu ou prou, que les prises de position, les
déclarations, les écrits du petit-fils de l’émir Abdelkader peuvent
en effet donner lieu à des interprétations différentes.
L’émir Khaled a
grandement contribué à l’éveil national
La
démarche un tant soit peu rigoureuse de Charles-Robert Ageron, une
démarche quelque peu dominée par une vision exogène de la société
globale algérienne, ne doit pas faire perdre de vue à l’observateur
averti que la personnalité charismatique de l’émir Khaled a
grandement contribué à l’éveil national. Il y avait dans son action,
soutient Mahfoud Kaddache, une référence constante à l’Islam :
« cette référence a une signification profonde en matière de
politique algérienne. Dans la mesure où légalement le nationalisme
politique ne pouvait s'exprimer ouvertement, c’est dans la religion,
dans la défense de la personnalité musulmane, qu’il puisait son
inspiration. Il ne faut pas oublier que durant toute la période de
l’occupation française, l’Islam a été la garantie première de la
personnalité algérienne. C’est dans le rattachement au vaste
mouvement de l’Islam et du monde musulman que le nationalisme
algérien trouvait son argumentation et sa première expression
politique. Khaled apparut comme un promoteur de la « Nahda ».
L’intérêt accordé à l’émir Khaled est loin d’être fortuit, de
relever d’un simple exercice de style. Il procède, bien au
contraire, d’une volonté délibérée de prouver, une fois n’est pas
coutume, que la résistance s’est manifestée tout d’abord sur le
terrain de la culture où le petit-fils de l’émir Abdelkader se
distingua singulièrement par la création de nombreuses associations
culturelles et sportives dont les objectifs sont ainsi décrits par
Mahfoud Kaddache : « Ces associations à caractère social ou
politique furent créées au lendemain de la guerre. Quels que soient
les objectifs qu’elles se donnaient légalement et qui visaient
l’éducation sportive, la formation morale, la défense des intérêts
de Musulmans , le fait de regrouper uniquement les indigènes donnait
à ces associations un caractère politique qui n’échappa ni à
l’Administration ni aux affiliés. » Parmi les associations recensée
par l’historien algérien figurent « La Jeunesse Musulmane
d’éducation sociale », « La Fraternité algérienne », « Le Croissant
algérien », « L’Avant-garde » dont l’activité est axée sur le
développement de la pratique de la gymnastique, sans oublier le
doyen des clubs algériens, le Mouloudia Club Algérois qui joua un
rôle de premier ordre dans le domaine du raffermissement du
sentiment national, sans oublier celui intimement lié à la création
de nombreux clubs sportifs musulmans et de sociétés musicales
chargées de promouvoir la sauvegarde et la propagation de la musique
classique algéroise. A l’image de « La Fraternité algérienne », une
association présidée par l’émir Khaled, ces espaces d’expression et
d’épanouissement pluriels avaient, de l’avis même de Mahfoud
Kaddache, des objectifs cardinaux : la défense et l’amélioration
morale, matérielle, intellectuelle, économique et politique de la
population musulmane algérienne : « La Fraternité algérienne se
voulait combative, elle ne voulait pas rester indifférente devant
les manifestations d’hostilité à l’encontre des intérêts des
Musulmans français d’Algérie. Son objectif était de demander que
toutes les mesures d’exception auxquelles étaient soumis les
indigènes musulmans disparaissent. Pratiquement, elle chercha à
obtenir l’application intégrale de la loi du 4 février 1919 et la
représentation parlementaire des indigènes musulmans français. » Des
exigences grandement amplifiées par le journal L’Ikdam qui, dans son
édition du 11 août 1922, rapporte que ladite association estimait
criminelle l’inertie, au lendemain de la Première Guerre mondiale,
vis-à-vis des morts et vis-à-vis des vivants.
A
noter aussi que le petit-fils du grand résistant algérien a
contribué pleinement à l’éclosion, en 1919, du Club Sportif Algérien
(CSA) dont la première crise précipita la création du Mouloudia Club
Algérois en 1921. Durant la saison 1919-1920, le Conseil
d’administration du CSA était dirigé par Mohamed Branki, M’hamed
Kaïd-Hamoud, Ali-Chérif Zahar, Djillali Bentami, Mohamed Damerdji,
Mahmoud Adjali, Ahmed Kalla et Mohamed Bouali. C’est encore lui qui
insistera sur le rôle éminemment positif de l’expression théâtrale
dans le domaine de l’éveil des connaissances et du goût de la lutte
entraînant, en 1924, et ce dans le cadre de la troupe « El Hillal El
Djazaïri » (Le Croissant algérien), Djelloul Bachdjerrah, Allalou,
Dahmoun, et Rachid Ksentini, pour ne citer que les ténors de
l’époque. Le signifié des nombreux sketchs à l’honneur confirme les
intentions réelles de leur promoteur. Du moins si l’on se réfère à
« La Vie politique à Alger de 1919 à 1939 », un ouvrage d’une
importance capitale, où Mahfoud Kaddache nous apprend que c’est de
cette période aussi que date la création de « L’Amicale des
Etudiants Musulmans de l’Afrique du Nord », une création qui
intervient au moment même où « L’Association générale des Etudiants
d’Alger » prit la décision d’exclure de son bureau les Musulmans et
les Israélites.
Abdelhakim Meziani
e-mail :contact@lesdebats.com |