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Quelles ouvertures dans les pays Arabes ?
Des régimes
bloqués
Le monde arabe se
caractérise aujourd’hui par sa propension à concentrer pratiquement
les dernières dictatures de l’ère moderne. Même dans les pays qui
présentent les prémices d’une ouverture politique, les sociétés
ont du mal à franchir le Rubicon comme si l’impérieuse nécessité
d’une autorisation de l’autorité suprême se faisait sentir. Alors
qu’un processus politique et historique est engagé depuis des
années, les changements réels, en profondeurs tardent à voir le
jour. L’élite politique, les partis d’oppositions, la presse rasent
les murs lorsqu’ils ne font pas le dos rond soutenant une docilité
et une « entente » avec le pouvoir à toute épreuve. Mais ces
régimes Arabes sont menacés de toute part. Par leur propre société
civile qui essaye de se défaire de leur joug. Par les médias lourds
assujettis aux régimes du golf, devant abattre les républiques et
les régimes constitutionnels. Par les puissances occidentales,
notamment les Etats-Unis qui échafaudent des plans de longue date
pour les réduire. Mais aussi par eux même, par leur incapacité à se
renouveler ou à donner des perspectives à leurs peuples.
Il ne s’agit bien
entendu dans ce cas que des dites républiques modernes ou d’une
monarchie dite constitutionnelle comme celle du Maroc.
Effectivement, il n y a pas lieu de parler des émirats et monarchies
du golf qui suivent un processus propre ou encore des expériences
politiques inclassables comme celle de la Libye. Dans tout cela
saute aux yeux une évidence : l’entité arabe tenue pour vraie par
ces mêmes gouvernants n’est en aucune manière traduite sur le
terrain par une cohésion socio culturelles entre les sociétés dites
arabes. Le sentiment arabe s’est finalement dissous dans les
sociétés probablement à force d’être galvaudé par les dirigeants.
Dans le même
temps, alors que l’on évoque le Grand Moyen Orient et des
possibilités de démocratisation embedded (à l’exemple de l’Irak),
les systèmes politique arabes, pressés de présenter un visage de
démocratisation en marche, s’arrangent pour étaler aux yeux du monde
une classe politique pluraliste mais totalement stérilisée et
insipide. L’absence d’une société civile crédible ne rend la
situation que plus suspecte. De toute évidence, les pays arabes
seront en fait les derniers à se libérer et à instaurer des
démocraties. En attendant, les Etats occidentaux présentés depuis la
chute du mur de Berlin et la fin du bloc de l’Est en modèle de
démocratie et de libération des initiatives, semblent ne pas prêter
attention au processus lent qui se joue dans les pays arabes, plus
préoccupés par un islam politique, aux forts relents terroristes,
nés justement dans le confrontation avec ces systèmes politiques ou
sévit corruption et clientélisme, honnis par les populations.
Mais en fait les
systèmes politiques arabes n’en sont pas à cette unique
contradiction. Vouloir les énumérer toutes rend l’opération
difficile mais on peut toutefois citer une des plus criarde. Tous
les Etats arabes modernes (les républiques) possèdent des
institutions parlementaires. Pourtant, ces mêmes parlements, autant
il est évident qu’ils ne font que soutenir et perpétuer les systèmes
qui les font fait naître, autant ils deviennent un facteur de
blocage. Caution «démocratique» ou pluraliste, les représentants des
ces institutions maintiennent une façade qu’ils sont les premiers à
outrager.
Le 8eme congrès
l’Association Française de Sciences Politiques tenu en septembre
2005 à l’université de Lyon (France) avait consacré un atelier au
rôle des institutions parlementaires dans le monde Arabe. On y
avait souligné : « parce qu’aucun changement des régimes en place,
aucune inflexion dans leur marche vers l’autoritarisme ne semblait
pouvoir provenir ou être suscité par l’action des institutions et
des acteurs politiques habituels, on eut tôt fait de poser
l’équation de l’inefficacité voire de l’absurdité même des
institutions représentatives en situation autoritaire.» (1)
On le voit bien,
l’énumération des contradictions comme l’établissement du
diagnostique des ces systèmes deviennent ardu, tant les imbrications
sont multiformes dans ces pays.
Légitimité
historique
Petit rappel
historique, les républiques Arabes modernes présentent des
velléités de changements et de réformes dicté d’en haut et
cadencées par les régimes en place tous détenteurs d’une légitimité
révolutionnaire quelconque. L’arrivée au pouvoir s’est faite dans la
liesse populaire parce qu’on opérait un changement violent espéré
par toute la population attendu. Indépendances pour les uns
(Algérie, Maroc, Tunisie) changement d’un régime monarchique
corrompu pour les autres (Irak, Syrie, Egypte) ou parfois
successivement les deux (Tunisie), et probablement parce qu’ils
maîtrisent au plus près les conditions qui prévalent aux changements
brutaux, ces régimes quoi durent et résistent savent comment mieux
s’en prémunir.
Cette même
légitimité était soutenue par les slogans véhiculés par ces mêmes
pouvoirs dans leur capacité à protéger d’une part la collectivité
des menaces extérieures et d’autre part de distribuer équitablement
biens et services (2). Leur capacité de durer et de faire face avec
la bénédiction des puissances occidentales les rend justement prompt
à décider comment et de quelle manière se feront les changements -
si tant est qu’ils doivent s’opérer - et qui ne sont jamais portés
par des mouvements révolutionnaires populaires. Mieux les seuls
mouvements d’opposition à même d’ébranler les régimes sont un danger
autant pour les sociétés Arabes que pour le monde (les extrémistes
islamistes) si bien que le deal proposé par les régimes est
déterminé par cette seule proposition : «nous ou les intégristes
musulmans».
Ainsi au moment où
le monde change et se remet en question, les pays Arabes sont
immuables. Face à la mondialisation rampante les régimes arabes
étaient prêts à faire des concessions en présentant à leurs opinions
le déterminisme du capital comme vérité absolue, une fois passée la
tempête, que la globalisation s’est trouvée remise en question par
l’alter mondialisme et même par un retour inattendu de la gauche en
Amérique du sud, les régimes Arabes, portés hier par les idées
Marxistes Léninistes, sont aujourd’hui les grands absents du débat,
préférant négocier leur perpétuation avec les pays occidentaux du
fait d’une proximité immédiate et d’une menace imminente. Il est
vrai que les nouveaux mouvements mondiaux ne sont pas portés par des
régimes révolutionnaires mais par les sociétés civiles, ce dont
manquent cruellement les pays arabes.
Des pays
menacés
Dans une situation
marquée par l’immuabilité, certains régimes entérinent le blocage.
L’exemple de la Syrie est édifiant. La mort de Hafez Al Assad devait
marquer un tournant décisif dans un pays qui ne manque ni de génie
ni d’idée mais qui étouffe sous la chape de plomb d’un parti du
baa’th éculé. Mieux en instaurant la « république héréditaire » on
innove et on donne un exemple séduisant à suivre, notamment par
l’Egypte ou l’on conçoit que le fils du président est le dauphin
garanti d’une élection remportée haut la main.
Mais probablement
que la Syrie est le contre exemple par essence, non seulement par
ses pratiques anti-démocratique mais aussi, comme le souligne le
sociologue Michel Seurat, parce qu’il ne faut pas prendre le régime
syrien pour ce qu’ils n’est pas. «D'abord, il faut prendre ses
distances par rapport au point de vue marxiste usuel considérant que
le régime syrien est le résultat de l'accession de la petite
bourgeoisie au pouvoir. Il est difficile d'aller à l'encontre de
cette lecture du conflit entre alaouites et sunnites, car elle
correspond à la fois au discours du pouvoir syrien et à celui des
partis d'opposition progressistes de ce pays. En fait, ce conflit ne
se résout pas à une opposition entre la «gauche» et la «droite» ou à
une opposition de classe. Mais dire cela c'est se faire taxer
d'orientalisme.» (3)
Inscrite dans
l’axe du mal tel que défini par Bush après les attentats du 11
septembre 2001, la Syrie semble profiter d’une répit du aux effets
désastreux de la guerre ne Irak et échappe pour le moment au sort
que lui réservent les puissances occidentales.
Contestation et
contre pouvoir
La contestation de
ces gouvernements existe. Certes malmenée et durement réprimée, mais
elle existe. En Tunisie la multiplication des sites Internet de
cyber-dissidents, d’opposants ou de militants des droits de l’homme
renseigne sur les limites de ces régimes aujourd’hui. Certes il ne
s’agit pas de contestations politiques structurées idéologiquement
ou organiquement. Les opposants tunisiens négocient les minima
d’expression. Mais dans le même temps ils présentent l’autre visage
d’une destination touristique de rêve ou d’un miracle économique et
social. Les avancées notables enregistrées par la société tunisienne
du fait de la «dictature éclairée» sont contrariées par la
propension du régime à vouloir se reproduire indéfiniment. En
Egypte, même si le modèle est différent et que l’expression et même
l’opposition politiques sont tolérées des mouvements de dissidence
modernes existent et se font bruyamment entendre. Que ce soit le
mouvement Kefaya ou les Moudawinine (les bloggers) sont
significatifs de cette volonté à vouloir rompre le silence. L’usage
de moyens de fortunes (caméras numériques amateurs, appareils photos
de téléphones) pour témoigner de certains événements tus par la
presse officielle et les médias lourds soulignent les difficultés
qu’il y a à s’exprimer librement ou rendre compte de ce qui se passe
en Egypte.
En fait, ces
mouvements soulignent non pas l’absence d’une société civile active
et dynamique mais les obstacles mis devant sa libre expression ou
hors des sentiers clairement définis par les régimes. (4)
Cette même société
civile tente aussi de pallier aux défaillances des moyens
d’expression classique notamment après les collusions d’intérêts
constatés dans ces pays entre presse dite libre et système
politique. En fait, qu’est ce qui caractérise le mieux le pluralisme
de façade c’est surtout d’en parler. Les régimes Arabes qui ont des
velléités d’ouverture ont tôt fait de comprendre l’utilité des
médias dits libres prompt à donner du relief à des débats de
parlementaires godillots par exemple (5). Dans le même temps, ce
sont des médias (à l’exemple d’Al Jazeera) inféodés d’une part aux
monarchies du golf et prêts à en découdre avec les régimes
républicains arabes d’autre part qui s’accaparent des taux
d’audience surréalistes dans l’ensemble du monde arabe. Il est v rai
que des régimes bloqués sont terrorisés dès qu’il s’agit d’ouvrir
les vrais débats de société. Dès lors ce sont d’autres arabes qui
s’en chargent et avec talent.
Amine Essghir
1- Assia Boutaleb
- IEP Paris, CEDEJ et Jean-Noël Ferrié - MAE-CEDEJ animateurs de
l’atelier : Le travail parlementaire dans le monde arabe en
perspective comparée : l’ordre en pratique
2-«Soumission et
révolte renvoient à deux attitudes différentes face à l’Etat,
soutenu et rejeté en même temps par des populations simultanément
loyales et frondeuses. Les castes militaires qui ont pris le pouvoir
dans les années 1950 et 1960 (Egypte, Irak, Syrie, Algérie…) se sont
inscrites dans ces deux tendances en désignant l’impérialisme
occidental comme une menace à l’indépendance nationale, et en
choisissant le socialisme comme modalité de distribution étatique
des biens et services. L’anti-impérialisme et le socialisme ont été
acceptés comme langage parce qu’ils correspondaient à des
représentations de la culture locale. D’où le profond malentendu
entretenu par le contenu idéologique de ces notions originaires de
la critique philosophique du capitalisme et de la propriété privée
formalisée par Marx et Lénine. De ce point de vue, le socialisme
arabe n’a jamais été un projet post-capitaliste ; d’où la
reconversion facile à l’économie de marché (el infitah) prônée
désormais par ceux qui, hier, chantaient les vertus du secteur
public. » Lahouari Addi « Pluralisme politique
et autoritarisme
dans le monde arabe » in Le Quotidien d'Oran, 1 mars 2003
3- « Les
dirigeants syriens, dans leurs proclamations théoriques, affirment
dépasser l'État établi en instituant une relation entre la base
nationale syrienne et la nation arabe; ils prétendent d'autre part
dépasser les cycles absurdes des luttes périodiques entre bandes
rivales en prônant le développement et l'industrialisation. «Plus
arabiste que moi, tu meurs!» pourrait être leur premier slogan. Les
dirigeants du Ba'th s'opposent à Nasser, leur père spirituel honni:
Nasser voulait réaliser la ligue des peuples arabes, le Ba'th
proclame la réalité du peuple arabe. » Exposé de Michel Seurat au
groupe «Développement» de la revue Esprit, en 1984.
4-l’existence
d’une société civile au Maroc est toujours sujette à caution lorsque
les associations et autre ONG dénoncent à l’unisson des aspects liés
au conflit au Sahara Occidental. Les manifestations de l’été 2005
devant les ambassades d’Algérie en Europe sont significatives à ce
propos.
5- Au sein du
Parlement égyptien, les journalistes se sont constitués en groupe
doté d’un président : ils apparaissent dès lors comme des acteurs à
part entière de l’institution. Bien plus et au-delà de leurs
attributions professionnelles manifestes, l’objet de cette étude
porte sur les interactions implicites (transactions collusives) qui
se nouent entre journalistes, attachés parlementaires et députés. En
effet, il n’est pas rare de voir les journalistes conseiller les
députés, les informer sur l’ordre du jour, les forces en présence ou
encore la vie parlementaire en soi. Communication de Enrique Klaus
(IEP Aix-en-Provence), « Les journalistes parlementaires :
Attributions et culture professionnelles spécifiques » lors du 8eme
congrès de l’association française des sciences politiques tenue à
L’université de Lyon les 14-16 septembre 2005.
Haut
Israël œuvre à l’effondrement de l’Autorité palestinienne
La plupart de ses
ministres étant arrêtés par Israël ou réduits à la clandestinité, il
ne reste plus guère que son nom au gouvernement palestinien dirigé
par le Hamas. L'offensive militaire israélienne menée ces dernières
semaines contre les territoires palestiniens, menace de mettre un
terme à l'expérience gouvernementale du mouvement de la résistance
islamique, entamée il y a trois mois. Porté au pouvoir par un
raz-de-marée électoral auquel il ne s'attendait peut-être pas, le
gouvernement Hamas a été aussitôt mis au ban par l'Occident
(influencé par Israël), fragilisé par le blocus financier et
contesté par les nationalistes du Fatah. La campagne militaire
israélienne est selon toute vraisemblance destinée à lui porter le
coup de grâce si un règlement de la crise n'intervient pas à bref
délai. Le prétexte invoqué par Israël - libérer le soldat israélien
- pour déclencher une telle armada en est la preuve s’il en faut.
Mais, loin de relancer des perspectives de négociations
israélo-palestiniennes, un effondrement du gouvernement, qui a été
investi le 29 mars, créerait plutôt un vide du pouvoir que Mahmoud
Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, ne serait pas
certain de combler. Et risquerait d'enfoncer davantage encore les
territoires dans la violence. Une violence sans cesse alimentée par
Tel Aviv qui a toujours œuvré pour un affrontement inter-palestinien.
"La capacité du gouvernement est pratiquement nulle, mais il demeure
le gouvernement légitime", souligne l'analyste palestinien Ali
Djarbaoui, pour lequel "Abbas est aussi dans une situation très
précaire". En riposte à l'enlèvement d’un caporal israélien par un
commando palestinien comprenant des membres de la branche armée du
Hamas, Israël a déclenché sa plus grande offensive depuis son
retrait de l'étroit territoire côtier, en septembre 2005. Huit
ministres Hamas du gouvernement et des dizaines de responsables ont
été arrêtés en Cisjordanie. Craignant d'être la cible d'assassinats
ciblés, d'autres ministres Hamas, dans la bande de Gaza cette fois,
ont plongé dans la clandestinité. Pour le Hamas, l'objectif
d'Israël est clair: renverser le gouvernement palestinien issu des
urnes. "Nous pensons que cette agression contre notre peuple va
au-delà de la seule question du soldat capturé", a déclaré le
Premier ministre Ismaïl Haniyeh, issu du Hamas. "Ils visent
clairement à renverser le gouvernement Hamas en prenant en compte
l'échec du siège (financier) international et israélien", confirme
Radji al Sourani, du Centre palestinien des droits de l'homme basé à
Gaza. Peu de spécialistes soupçonnent en effet Haniyeh d'implication
dans la capture du caporal israélien. En revanche, la branche armée
du Hamas est plus proche des dirigeants en exil du Hamas (dont
Khaled Méchaal, qui vit en Syrie) qui ont eux moins à risquer en cas
d'échec de l'expérience gouvernementale. En admettant que le
gouvernement Haniyeh soit tout de même en mesure d'amener les
activistes à libérer le tankiste israélien qu'ils détiennent, il lui
serait politiquement difficile de le faire sous la pression
militaire des Israéliens. La chute de l'administration Hamas est le
véritable objectif d’Israël à qui les Etats-Unis ont accordé un
blanc-seing. Mahmoud Abbas est dans ce contexte dans une situation
fragile alors qu’il a tout fait pour faire avaliser par les
différents mouvements palestiniens, dont principalement le Hamas, le
document d’entente nationale qui reconnaît implicitement l’existence
d’Israël. La réponse du gouvernement Israélien a été, comme à
l’accoutumée le branle bas de combat et l’agression. Si la loi
fondamentale palestinienne autorise le président de l'Autorité
palestinienne à limoger à tout moment le gouvernement Hamas pour
mettre un terme à la crise politique, il a désormais les mains
liées. Si ce limogeage suit l'offensive israélienne, Abbas se
retrouvera en situation délicate pour mettre en place un nouveau
gouvernement, la population palestinienne risquant alors de
l'accuser de céder à Israël. "Abou Mazen (Abbas) est dans une
situation très difficile sur le plan intérieur", admet-on dans son
entourage. "Peut-être que dans deux ou trois semaines, et afin
d'éviter l'effondrement du système politique palestinien, il sera
contraint de proclamer l'état d'urgence et de former un gouvernement
totalement indépendant de toute faction", ajoute-t-on. La
constitution d'un gouvernement d'unité est de toute façon dans les
cartons depuis que Abbas et le Hamas sont parvenus, au moment où
l'armée israélienne entrait en action, à un accord visant à mettre
fin à la crise interpalestinienne. "Depuis le premier jour, nous
savons que ce gouvernement n'ira pas au terme de son mandat",
souligne un responsable du Hamas. Si le mouvement du cheikh Yassine
est éjecté du pouvoir, cela pourrait faire les affaires de certains
courants, notamment au sein de sa branche armée, qui trouveraient là
le prétexte d'un abandon de la trêve que le Hamas observe peu ou
prou depuis début 2005. Mais cela ferait surtout l’affaire d’Israël
qui œuvre désormais à un effondrement de l’Autorité palestinienne,
dans l’indifférence générale….
Haut
L'amnistie restrictive complique la réconciliation en Irak
Les sévères
conditions posées par le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki,
pour rallier les rebelles sunnites au processus politique rendent
difficile une réconciliation, ont estimé dernièrement les milieux
politiques. "La situation se complique du moment où Maliki a indiqué
qu'il ne pardonnerait pas à ceux qui ont tué des Irakiens", a
déclaré le député kurde Mahmoud Osmane, qui dit s'attendre en retour
à ce que les rebelles fassent de la surenchère pour accepter le
projet de réconciliation. Des doutes ont par ailleurs été émis sur
l'identité et la représentativité des groupes qui auraient approché
le gouvernement pour déposer les armes et s'insérer dans le jeu
politique. "Quand Maliki dit qu'il ne pardonnera pas à ceux qui ont
tué des Irakiens, avec qui va-t-il négocier?", s'est interrogé
Mahmoud Osmane. Le premier ministre irakien a précisé, qu'en plus de
ceux qui ont commis des crimes contre les Irakiens, il excluait de
l'amnistie les auteurs d'attaques contre la Force Multinationale,
les sociétés et les médias étrangers. "Cela laisse peu gens avec qui
négocier", a raillé le député kurde, en estimant que dans "toutes
les guerres, les gens meurent et quand on offre une trêve on doit
prendre en considération cet élément". "Certes ceux qui ont tué de
sang froid, comme les auteurs de décapitations et d'attentats à la
bombe, ne doivent pas être absous mais que faire avec ceux qui ont
participé à des combats", a ajouté l'homme politique kurde. Selon
Mahmoud Osmane, le refus des dirigeants irakiens de reconnaître des
groupes armés comme des "résistants" complique la recherche d'une
réconciliation. Le député kurde a récemment indiqué qu'il y avait
sept groupes armés qui étaient en contact, via des intermédiaires,
avec le président Jalal Talabani et qu'ils demandaient en priorité
un calendrier de retrait des forces étrangères. Mais selon les
observateurs, suivants de près ce dossier, "même les Américains et
les responsables irakiens sont sceptiques sur l'identité, la
représentativité et l'influence réelle de ces groupes". Selon ces
observateurs, certains d'entre eux ont demandé à participer à une
conférence de réconciliation proposée par la Ligue arabe début août
mais cette dernière a exigé d'eux une trêve de trois mois et la
nomination de négociateurs avec lesquels il soit possible de parler.
Un haut responsable du Comité des oulémas musulmans, principale
association de religieux sunnites en Irak, Mouthanna Hareth al-Dari
a estimé quant à lui que "l'initiative de Nouri el Maliki
s'adressait essentiellement à des organisations politiques, comme la
sienne", restées en marge du processus. "Ni les principaux groupes
armés, ni les organisations politiques, dont la sienne et les
nationalistes arabes, n'ont accepté ce plan de réconciliation parce
qu'il ne prévoit pas notamment un calendrier de retrait des forces
étrangères", a-t-il déclaré. "Cette pseudo-intitiave est une
campagne de relations publiques du gouvernement, et les groupes
armés qui auraient accepté d'ouvrir un dialogue sont inconnus en
Irak a-t- il ajouté. L’initiative de réconciliation, version Maliki
risque de faire long feu.
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