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Reconfiguration du champ politique
Une nouvelle
cartographie pour une nouvelle phase
De la
reconfiguration du champ politique algérien, il en est question
depuis plusieurs années déjà. Le premier à avoir lancé l’idée a été
le président de la République à l’occasion des élections locales et
législatives organisées en 2002. Abdelaziz Bouteflika, qui entamait
presque la troisième année de son premier mandat, avait estimé qu’il
était peut-être nécessaire de réviser la cartographie politique en
vigueur sur de nouvelles bases. Bouteflika avait ainsi émis l’idée
que seules les formations récoltant au moins 5% des suffrages
exprimés lors d’élections locales et législatives pourraient
continuer à faire de la politique et présenter des candidats. Les
autres verraient leurs agréments retirés. Il faut dire aussi que
Bouteflika ne manquait pas d’arguments pour faire valoir son idée.
En effet, les résultats obtenus à l’issue de chaque consultation
électorale organisée depuis l’avènement du pluralisme politique ne
pouvaient que le conforter dans sa démarche. Il y a lieu de
souligner que nombreux sont les partis qui présentent des listes de
candidats, en général, à l’occasion d’élections locales, et plus
précisément les APC, qui ne réussissent même pas à arracher un
siège. Les vainqueur de ces joutes sont quasiment toujours les
mêmes. Ce sont les candidats qui se présentent sous la bannière de
partis connus. Dans le désordre, on retrouve le RND, le FLN, le MSP,
le PT, El-Islah, le FNA, le FFS et le RCD (lorsqu’ils ne boycottent
pas) et le PRA. Parfois, d’autres partis, arrivent à sauver
l’honneur et obtiennent un tout petit siège dans une APC de
l’intérieur du pays. Pour ce qui des législatives, ces petits partis
n’ont aucune chance. La cour des grands leur est systématiquement
fermée. Pourtant, il faut savoir qu’officiellement, plus d’une
soixantaine de partis politiques a été agréée à la faveur de la
constitution du 23 février 1989, amendée en 1996. Des partis dont
les apparitions sont limitées dans le temps. Ils ne sortent de leur
hibernation qu’à l’occasion d’élections. Il n’en fallait pas plus
pour que des responsables de formations, à l’image de Aboudjerra
Soltani, se saisissent de cette occasion et relayent le président de
la République en reprenant à leur compte l’idée suggérée. C’est
devenu presque une exigence pour le patron du MSP. Mais cette idée
n’est pas pour déplaire. D’aucuns y ont vu tout simplement une
violation de la Constitution qui accorde le droit à l’exercice
politique. La disposition constitutionnelle ne conditionne pas,
toutefois, cette pratique à un taux minimal de voix qui doit être
récolté par les formations en lice. On pensait, depuis, que le
dossier sur la question était clos, d’autant qu’on donnait
l’impression d’être passé à autre chose.
Il est vrai que la
scène politique est, entre temps, agitée par d’autres
préoccupations. D’autres ? Pas si sûr que cela. En effet, à
l’occasion du débat sur la révision de la loi fondamentale, il
semblerait que l’on soit tenté de remettre la question sur la table.
L’initiative, ce qui est loin d’être étonnant, émane du FLN de
Belkhadem. Il est à souligner que la commission mise en place par
cette formation en vue de proposer une nouvelle mouture de la
Constitution avait, outre cette mission, celle de se pencher sur les
codes de la commune et de la wilaya. Mais aussi sur la loi
électorale en vigueur depuis 1997, date de son adoption. Et
connaissant le souci de ce parti d’anticiper les désirs du
Président, il ne serait pas surprenant que les amendements qui
seront proposés pour enrichir la loi électorale et sur les partis
politiques introduisent une clause d’exclusion des partis n’ayant
pas réussi, à l’issue des élections de 2007, à réunir 5% des voix
exprimées. La proposition sera présentée de sorte à ce qu’aucune
objection ne soit suscitée ou soulevée.
Tentation
hégémonique
En définitive, une
telle proposition obéit à la nature même du FLN. Cette formation,
qui a longtemps été seule sur la scène nationale du temps du
parti-pouvoir, ne conçoit que difficilement le fait d’être mise
dans l’obligation, après la promulgation de la Constitution de 1989,
de partager l’exercice du pouvoir avec d’autres formations
politiques, émanation de cette loi qui elle-même est le résultat des
évènements d’octobre 1988. Un partage que le FLN n’admettra jamais,
quand bien même il s’est trouvé dans l’obligation de faire avec.
L’ancien parti unique désigné du doigt était, aux yeux de l’opinion,
la principale cause du retard enregistré dans la démocratisation du
pays. Le FLN était ce boulet qui retardait tout. Preuve en est tous
les changements intervenus et toutes les réformes introduites dans
le sillage de la Constitution de 1989. Obligé d’adopter un profil
bas, voire d’être surclassée au profit d’une formation nouvellement
créée, le RND en l’occurrence, le parti drivé par Belkhadem estime à
n’en pas douter que l’heure de la revanche a sonné. Aujourd’hui,
tous les signaux émis, notamment à partir de la Présidence,
permettent de penser que le FLN tient sa revanche sur l’histoire. Il
tentera de la matérialiser par des propositions d’amendements qui
aboutiront à une remise en cause du pluralisme politique. C’est dans
la nature même de ce parti. Mais dans un premier temps, il ne pourra
que s’accommoder de partis ayant fait leurs preuves sur le terrain.
En effet, il sera difficile de trouver une justification légale pour
éliminer les partis qui pourront, à titre d’exemple, prouver leur
représentativité et par conséquence leur ancrage au sein de la
société. Eliminer le RND, pour ne citer que celui-là, ne sera pas
une mince affaire. Pourtant, l’envie ne doit pas manquer. Il suffit
pour s’en convaincre de se remémorer l’épisode de la tentative de
redressement fomentée au lendemain des élections perdues de 2002.
Après ces joutes, la majorité au sein du Parlement et dans les APC
était revenue à l’ancien parti unique. Cet échec n’aura pas dissuadé
les tenants de l’élimination de la formation de Ouyahia du champ.
Après sa démission du gouvernement et son remplacement par Belkhadem,
mouvement qui intervient à la veille de nouvelles consultations
électorales, prévues pour 2007, les vieux démons
ressurgissent.
Les «redresseurs»
de 2002 ont tenté de revenir à la charge, mais leur tentative fut
mort-née. En fait, ce qui est certain, c’est que le FLN, bien que
rien ne permette d’affirmer qu’il est l’instigateur de cette
opération, ne lâchera pas prise. Tout concourt à accréditer une
telle thèse. La nouvelle ère politique qui s’entrouvre pour le pays,
pour peu que la nouvelle Constitution soit adoptée, ne peut
s’accommoder de la présence d’une nuée de formations politiques.
Désormais, les jeux seront fait d’avance. Car une lecture de la
mouture du projet laisse entrevoir le dessein hégémonique du FLN qui
revient sous la houlette de Belkhadem, plus nostalgique que jamais
des années 1970. Mais le pays et ses forces démocratiques risquent
d’en payer le prix. Et la question qui s’impose est pourquoi
avons-nous perdu tout ce temps à vouloir faire croire que l’Algérie
était capable de passer à une autre phase de son histoire ?
Nadia Kerraz
Haut
Nouveau coup de gueule du président Bouteflika
Vers quel cap
s’achemine-t-on ?
Le président de la
République n'est pas satisfait des résultats du gouvernement et des
walis. Il a encore exprimé son mécontentement, rejetant la
responsabilité et les échecs sur les autres. Mais là n’est pas la
nouveauté. L’originalité de son discours du 25 juin dernier réside
dans le fait qu’au-delà de l’approche du «père contrarié» qui prend
à témoin l’opinion publique sur les imperfections, ce dernier a
abordé avec des accents nationalistes et menaçants des sujets
fâcheux suscitant interrogations, défiance et suspicion. Bouteflika
serait-il en train d’imposer de nouveaux «équilibres» au sein du
sérail ?
Outre la question
de l'hymne et de l'emblème nationaux, obéissant beaucoup plus à des
aspects techniques, qu’il a trouvé incorrectement intégrée dans la
Constitution, le premier magistrat du pays s'en est pris vertement à
des ministres et des walis, de même qu’aux Algériens binationaux,
reprochant à ces derniers de jouer sur divers registres au gré de
leurs intérêts. Cette digression a surpris plus d’un, d’autant que
le code de la nationalité reconnaissant la double nationalité, comme
tout le monde sait, a été révisé en mars 2005 par ordonnance
présidentielle. D’aucuns l’ont même comparée à «un dérapage»
rappelant justement l’étiquette hizb frança (parti de la
France) collée depuis des années par les milieux
islamo-nationalistes et ultranationalistes à des «émigrés»
binationaux ainsi qu’aux francophones et aux «éradicateurs»
de la société algérienne.
La démarche du
premier magistrat du pays suscite des interrogations, d’autant
qu’elle s’écarte à chacune de ses sorties médiatiques de l’objectif
rassembleur et donne une piètre image d’un Etat géré par des
«incompétents» après avoir été la cible privilégiée des
intégristes-terroristes.
Sur un autre plan,
cette démarche conforte ceux qui estiment que les régimes
despotiques et coloniaux ont pour devise «diviser pour régner»
et qui préviennent contre les effets néfastes des manipulations
de l’identité nationale et de la diabolisation du voisin français et
du monde occidental pouvant faire, selon eux, le lit des fanatiques
et des tenants du conflit des civilisations.
Aussi est-il
légitime de se demander si Bouteflika, le casseur des tabous et
néanmoins président de la République algérienne devant disposer de
qualités de vision et de sérénité, entretient sciemment les
amalgames, les clivages et la politique d’exclusion, la polémique et
l’esprit de conservatisme sur des questions sensibles, y compris
celles appartenant au domaine des libertés individuelles. Si tel est
le cas, à quelles fins ? Si son discours ne s’identifie pas plutôt à
un appel à la vindicte, comme le supposent certains, ou si son
intention est de cibler les binationaux occupant de hautes fonctions
dans les rouages névralgiques de l'Etat, dont des ministres, comme
le soutiennent d’autres. Dans un cas comme dans l’autre, la question
qui se pose est de savoir pourquoi Bouteflika a lui-même fait appel
à la compétence de deux hommes bénéficiant de la double nationalité
en leur cédant les ministères stratégiques de l’Energie et des
Participations et de la Promotion des investissements ?
Positions
tranchées ou sautes d’humeur ?
De l’avis des
observateurs, le chef de l’Etat a vraisemblablement extériorisé son
irritation après la révélation faite par les officiels français que
100 000 Algériens sont demandeurs de la nationalité française.
D’aucuns justifient son coup de gueule par la sortie «inexpliquée»
de l’ancien président Ahmed Ben Bella qui, lui, a fini par se
réapproprier ses origines marocaines au moment où des pressions
extérieures sont exercées sur l’Algérie pour lui faire renoncer à
ses positions internationales, notamment envers la décolonisation du
Sahara occidental. Si ces points de vue s’avéraient justes, les
propos du chef de l’Etat exprimeraient-ils des positions tranchées
ou seulement des sautes d’humeur ?
Mais il ne faut
pas non plus écarter, comme le conseillent certains milieux, l’idée
que Bouteflika a peut-être saisi la gravité d’un choix porté sur des
hommes que l’on dit proches des intérêts du «capital international»
ou celle de la loi sur la richesse pétrolière. Surtout après son
aveu sur l’impossibilité de sa génération de créer «une économie
alternative au secteur des hydrocarbures».
La récente sortie
de Louisa Hanoune, la responsable du Parti des travailleurs (PT),
qui a applaudi «au droit des générations futures à bénéficier des
richesses naturelles», va dans ce sens. Si l’on en croit le
leader du PT, le président de la République a pris conscience du
«danger qui menace la
souveraineté nationale et a mesuré l'ampleur des conséquences
dévastatrices en cas d'application de cette loi».
Pourtant, ce
revirement et les décisions portant augmentation des salaires et
relèvement des retraites peuvent obéir à des logiques différentes.
Ils peuvent être le prélude d’un rééquilibrage au sommet de l’Etat
ou au sein du pouvoir. Les mesures sociales, certes tant attendues,
sont par ailleurs annoncées avant même la tenue de la tripartite
gouvernement-patronat-UGTA, prévue pour septembre prochain.
Obéissent-elles à la logique d’apaisement du front social, à celle,
électoraliste, en prévision des élections de 2007 et 2009 ou
viennent-elles appuyer le discrédit d’Ahmed Ouyahia et de
l’organisation de Sidi-Saïd ? A défaut de rallier la conception de
certains ministres, — en particulier celle du ministre de
l'intérieur, Yazid Zerhouni — fermement opposés à la nouvelle loi
sur les hydrocarbures, le président Bouteflika peut être amené à
adopter une position tactique ou carrément renégocier un nouveau
compromis. Reste à savoir, dans ce cas de figure, la teneur de
l’arrangement et si, foncièrement, le chef de l’Etat est prêt à
engager l’alternance démocratique au pouvoir.
Le départ d’Ouyahia
de la chefferie du gouvernement et son remplacement par le patron du
FLN montrent hélas que la crise autour du projet de société est
toujours là. La désignation du «redresseur» Belkhadem, partisan du
contrat de Rome, peut révéler le rapport de force actuel, lui-même
tributaire d’une vision archaïque de la globalisation aux couleurs
de l’infitah (ouverture ultralibérale).
Ahmed Ouyahia
toujours sur la défensive
Mais ce rapport de
force n’est pas figé, même avec le maintien du gouvernement, quoique
l’alliance naturelle entre les forces patriotiques et démocratiques,
formée sur le terrain de la lutte antiterroriste est à présent
étouffée par celle, dominante dans les sphères du pouvoir, des
islamo-conservateurs.
A partir de là, on
a du mal à comprendre un Ouyahia poussé vers la sortie qui refuse
d’entrer dans l’opposition et de se battre, alors la lutte est
(ré)engagée au sommet de l’Etat autour de l’avenir de l’Algérie.
Modernité ou sa négation (intégrisme religieux) ? Sauf si la
recherche ou la préservation d’un consensus autour de l’arrêt de
l’affrontement sanglant avec l’islamisme radical, auquel est venue
se greffer la promesse (vraie ou fausse) d’un nouveau partage de la
rente pétrolière maintient le cap sur les errements et les alliances
contre nature. L’attitude défensive du patron du Rassemblement
national démocratique, du moins telle qu’elle se présente
aujourd’hui, risque d’influer négativement sur les échéances futures
et les recompositions à venir de la classe politique. Après
l’annonce (non démentie) par la presse de la révision
constitutionnelle, à quoi faut-il s’attendre ? A un troisième mandat
de Bouteflika ou/et au changement «dans la continuité» ? L’interview
du responsable du bureau national du RND, Seddik Chihab, publiée par
Le Jour d’Algérie (édition du 28 juin 2006),
apporte quelques réponses, en indiquant les préoccupations de la
formation d’Ouyahia : rester sur l’échiquier politique, les
institutions de l’Etat, les deux chambres du Parlement et l’alliance
présidentielle, quitte à cautionner la révision de la Constitution.
Le RND, par la voix de Chihab, se démarque des forces démocratiques,
même s’il appelle ces dernières à s’organiser en «pôles politiques»,
ainsi que les partis autres que ceux de la coalition présidentielle
à participer à l’émergence d’une «classe politique forte».
Tout comme l’UGTA,
il semble affirmer son appartenance au pouvoir et décidé à conserver
ses espaces dans le sérail, en demeurant à la disposition du
président de la République, qui incarne «la souveraineté et la
volonté populaire». Est-il vraiment disposé à sacrifier tous ses
soutiens dans l’Algérie qui résiste et qui veut avancer ?
Z’hor Chérief
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Grands projets
Au ralenti…
Annoncés en grande
pompe au début de son deuxième mandat présidentiel, les grands
projets du Président, qui devaient donner au pays un visage plus
moderne, traînent toujours en longueur. A tel point que beaucoup de
gens ne croient plus en leur réalisation. Ce sont ces lenteurs et le
manque de sérieux qui ont fait réagir le Président, lors de la
rencontre qui a regroupé les membres du gouvernement et les walis.
Le constat est des plus accablants, l’état des lieux n’a rien de
réjouissant et la machine d’Etat fonctionne au ralenti.
Le président de la
République n’a pas hésité à sermonner les responsables de ces
lenteurs et a relevé aussi des malfaçons et des surcoûts.
Ministres et walis
sont portés responsables de toutes sortes de lenteurs qui font que
les projets du Président risquent de ne pas être livrés dans les
délais prévus, c’est-à-dire en 2009. D’autant plus que ces projets –
surtout celui qui prévoit la réalisation d’un million de logements –
sont attendus par les citoyens qui n’ont pas d’autre espoir de voir
un jour leurs vœux exaucés que la promesse présidentielle.
Donc beaucoup de
chantiers ont été lancés, à savoir donner du travail aux jeunes et
moins jeunes, relancer l’économie nationale, doper les
investissements étrangers… mais surtout arriver à rétablir la
confiance entre les Algériens et leurs dirigeants. Plus de 100
milliards de dollars ont été injectés, sur une période de cinq ans,
pour assurer la réalisation dans les délais de ces projets. Mais à
ce jour, rien de concret n’a encore vu le jour. Et les citoyens, qui
attendent à chaque fois une bouffée d’espoir qui leur fasse oublier
le marasme qu’ils vivent au jour le jour, finissent par ne plus
attendre cet espoir et ne plus croire aux promesses qu’on leur fait.
Une façon comme une autre de se préserver des désillusions qui ne
manquent pas de survenir. Donc le projet ambitieux de réaliser un
million de logements à l’horizon 2009, s’il a fait rêver tous les
Algériens en quête d’un toit, a soulevé, dès le départ, des avis
contradictoires.
Si pour le
gouvernement le projet est réalisable, beaucoup de spécialistes se
sont évertués à dire que sa réalisation est à la fois coûteuse et
impossible, surtout si l’on tient compte de tous les problèmes qui
sont le lot du secteur du bâtiment, à commencer par la rareté du
foncier, les pénuries de plus en plus courantes des matériaux de
construction, mais aussi et surtout l’état dans lequel se trouvent
les entreprises du bâtiment. Le meilleur exemple qu’ont donné ces
spécialistes pour étayer leurs affirmations est celui du projet de
location-vente lancé par l’Agence pour l’amélioration et le
développement du logement (AADL) en 2001, dont la réalisation a été
accordée à des entreprises chinoises, qui ont déjà fait leurs
preuves, et qui traîne à ce jour. Ce projet, dont l’objectif était
d’arriver à loger un plus grand nombre de citoyens, n’a pas été
atteint et nombreux sont ceux qui ont déposé leur dossier en 2001,
attendant toujours un logement qui ne vient pas. Cette expérience,
lancée en grande pompe elle aussi, et les résultats peu concluants
qu’elle a enregistrés, aurait dû alerter les autorités sur les
difficultés que connaît le secteur du bâtiment et, par la même, la
nature des obstacles que connaîtra le projet d’un million de
logements.
Pour ce qui est de
la création d’emplois, la situation est un peu moins accablante même
si elle n’est pas reluisante. Les chiffres fournis par l’Office
national des statistiques assurent que le taux du chômage a baissé,
chez nous, à moins de 15 %, ce qui signifie que des emplois ont été
créés. Mais cela est-il suffisant ? Surtout quand on voit ces jeunes
qui font de la vente à la sauvette leur gagne-pain et qui ne
bénéficient d’aucune couverture sociale pour se soigner en cas de
maladie ou d’accident.
Pour ce qui est
des investisseurs étrangers, il est facile de constater qu’ils
n’affluent pas. Les lenteurs administratives, la bureaucratie, les
impôts… beaucoup de contraintes font que ces investisseurs préfèrent
s’installer dans les pays voisins, la Tunisie ou le Maroc, où les
problèmes sont moins nombreux et rapidement pris en charge. Il est à
noter aussi que les investisseurs étrangers qui consentent à
s’installer chez nous s’orientent plus vers les prestations de
services : téléphonie mobile, concessions automobiles, etc. Ces
investisseurs offrent certes de l’emploi pour les jeunes, mais ne
consentent pas de lourds investissements, dans l’industrie par
exemple. Leur préférence va à des activités où le gain est rapide et
assuré, sans trop se ruiner. Une motivation purement commerciale.
Mais il faut
reconnaître tout de même que si beaucoup de secteurs semblent
ralentis, d’autres fonctionnent à un rythme respectable. Il n’y a
qu’à voir le secteur des travaux publics où, à travers tout le
territoire, des projets sont réalisés, surtout dans le secteur
routier. A Alger, par exemple, beaucoup d’infrastructures, et pas
des moindres, ont été réalisées. Routes, trémies, nouveaux
carrefours, nouvelles bretelles qui relient entre elles des régions
éloignées… tout ces projets ont un seul but : assurer une
circulation automobile plus fluide et mettre fin aux multiples
points noirs qui empoisonnaient l’existence des automobilistes.
Le projet de la
réalisation de l’autoroute Est-Ouest est lui aussi des plus
prometteurs. En effet, relier l’est et l’ouest du pays par des voies
qui ne seront pas encombrées n’est pas rien. Les routiers seront les
premiers à apprécier les bienfaits d’un tel projet, eux qui sont
perpétuellement sur les routes et connaissent les aléas des routes
nationales, devenues trop exiguës pour contenir le flux sans cesse
croissant des voitures, bus et camions qui les empruntent tous les
jours. L’autoroute Est-Ouest a, certes, connu des retards, voire des
interruptions, mais l’on sait que ces incidents sont surtout dus à
des problèmes de financement, et il a fallu faire plusieurs avis
d’appels d’offres internationaux pour enfin redémarrer des travaux
qui avancent tout de même à un rythme satisfaisant.
Enfin, pour
remédier à cet état de choses, le président Bouteflika prévoit de
lancer un nouveau plan de développement complémentaire pour 2006.
Doté d’une enveloppe de 150 milliards de dinars, dégagée au titre de
la loi de finances complémentaire pour 2006, ce plan donnera un
nouveau souffle au programme lancé en 2004 et dont les résultats ne
sont guère brillants. Il compte aussi élargir les compétences des
walis, afin qu’ils deviennent les ordonnateurs principaux, sans les
tracasseries et autres méandres bureaucratiques des directeurs de
wilaya. Ces mesures suffiront-elles pour faire regagner le temps
perdu et pour que les projets lancés soient enfin livrés dans les
délais ?
Khadidja
Mohamed Bouziane
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Les divisions internes refont surface
FLN : Belkhadem
est-il l’homme de la situation ?
La mission de
Belkhadem serait-elle de faire en sorte que l’avenir du FLN soit
toujours suspendu à la volonté du chef de l’Etat ? C’est cette
question qui se pose aujourd’hui chez la base du parti qui constate
que le secrétaire général n’a pratiquement rien réglé s’agissant de
la crise interne qui perdure et qui risque d’éclater à nouveau à
l’approche des législatives.
La sortie
médiatique de l’ancien chef de file des coordinateurs libres, Tayeb
Yennoune a tôt fait de révéler le malaise que l’on tente de taire
depuis de longs mois. Dans une lettre au SG de l’instance exécutive,
ce membre du conseil national du parti a annoncé son retrait de la
commission de supervision de Bab El Oued dont il était membre. Il
appelle par la même occasion le secrétaire général du parti à ouvrir
une enquête sur les entorses aux statuts avec lesquelles se
déroulent les opérations de restructuration interne, constatant
également une violation du règlement interne. M. Yennoune qui, lors
de la crise redresseurs/ pro-Benflis s’est positionné en troisième
protagoniste, a exige l’ouverture d’une enquête sur la distribution
des cartes pour les adhérents. «A travers cette opération, tous les
redresseurs ont été exclus. Ce constat n’a pas été fait à Bab El
Oued seulement mais il est valable pour toutes les mouhafadates au
niveau national» lit on dans sa lettre qu’il a choisi de rendre
publique quelques jours après l’avoir adressée à A. Belkhadem,
constatant sans doute que ce dernier n’a pas pris de décision en
conséquence. Pour Tayeb Yenoune, l’heure est grave. Il estime que
tant que l’exclusion est maintenue, le FLN ne va pas connaître la
stabilité, allusion clairement faite à l’égard des pro-Benflis qui,
même sans Ali Benflis, continuent de se poser en légalistes qui
n’acceptent aucunement de se faire dicter leur conduite par les
redresseurs, ne serait-ce que parce qu’ils ne voient aucune raison
de quitter des fonctions auxquelles ils estiment avoir accédé en
toute régularité. Mais pour M. Yenoune, il est temps de battre le
rappel des troupes, estimant surtout que «le redressement du parti
doit se poursuivre tant qu’il y a toujours des pratiques à
corriger». Cette affaire n’est pas à contenir dans la seule
mouhafada de Bab El Oued, si l’on en croit notre contestataire qui
rejette toute la responsabilité à la direction du parti quant aux
conséquences de cette exclusion «qui a touché les cadres pas de Bab
El oued uniquement mais au niveau de toutes les wilayas du pays».
La réaction de la
pression mise par Yenoune ne s’est fait attendre : Belkhadem aurait
décidé de dissoudre expéditivement la commission de coordination qui
chapeautait l’opération de restructuration dans la wilaya d’Alger,
promettant par là non pas de laisser les structures locales adopter
individuellement leur mode opératoire, mais la reprise en main
directe de toutes les opération par la direction du parti. C’est que
la situation est également explosive dans es kasmate : à Bourouba,
une réunion organique a failli en venir aux mains, alors qu’à Aïn
Benian, lors d’une simple formalité de constitution de la commission
électorale, des militants du parti assurent même qu’une députée
membre de cette structure locale a été insultée par ses collègues,
tandis qu’un élu APW a failli se voir retirer la carte d’adhérant.
La tournure que
prend la situation interne du parti n’est pas sans conséquence sur
la base qui, déjà, s’interroge sur la manière dont leur parti est
géré et pourquoi la direction actuelle peine autant à trouver les
compromis qui s’imposent à tous les niveaux afin de dépasser la
crise organique qui ne s’est jamais vraiment éteinte. Pour notre
édification, des sources parlementaires avancent qu’à la veille de
la présentation de son bilan par Ahmed Ouyahia (épreuve qui n’a
jamais eu lieu comme on le sait), pas moins de 160 députés du FLN,
étiquettés pro-Benflis durant la crise de 2004, étaient d’accord
pour un vote favorable à Ahmed Ouyahia. Si cette information était
fondée, sachant qu’il n’est plus possible de la vérifier, que
faut-il en déduire ? Les mêmes sources mettent cette information en
lien avec la mise en minorité progressive de l’aile des légalistes
(appellation de conjoncture des anciens pro-Benflis) et avec la mise
à l’écart de Abdelkrim Abada qui, malgré le fait qu’il dispose de a
qualité de chargé de l’organique, n’est plus en mesure de maîtriser
quoi que ce soit. Ce discret rééquilibrage en faveur des redresseurs
n’a pas été d goût de leurs adversaires qui craignent de ne plus
pouvoir faire le poids au moment où chacun tentera d’imposer ses
hommes dans les listes électorales pour les législatives.
On le devine, le
FLN peine sérieusement à aller au bout de sa restructuration
organique. Officiellement, une session de l’instance exécutive a été
récemment consacrée exclusivement pour le bilan organique ainsi que
les rapports des 11 ateliers de réflexion et la mise en place d’un
plan de travail pour le reste de l’an 2006 afin de ne pas finir en
reste sur les échéances à venir.
Pour minimiser la
crise, sans pour l’autant la nier, les cadres du parti avouent que
des difficultés subsistent toujours dans les trois grandes wilayas
pour leurs spécificités, s’agissant d’Alger, Oran et Constantine
(?), cependant que l’on avance un taux de 90% de kasmas qui auraient
élus la composante de leurs bureaux. Le reste à réaliser a été
promis pour le mois de mai. Nous en somme en juillet et tout indique
que la machine fonctionne plutôt à reculons à en croire les crises
qui éclatent ça et là. Aussi la question reste pleinement posée
quant aux limites de la solution d’urgence que s’est donné le parti,
juste pour obtenir la levée du gel de ses activités. Pour dépasser
cet écueil, Abdelaziz Belkhadem a fait de l’unité par l’action son
credo, s’attelant à retourner tout ce qui venait - serait-ce qu’à
demis mots - du président de la république pour l’employer au
service de la cohésion interne : réconciliation nationale, révision
constitutionnelle, etc. Mais à mesure que l’on s’approche de ce
grand rendez-vous qui, cinq ans auparavant a formalisé le retour du
FLN au premier plan, les efforts de colmatage semblent fondre comme
neige au soleil. Pour ce parti qui, objectivement, reste un des
viviers des cadres du pays, Belkhadem a tenté une réponse politique
à une crise organique, étant pourtant bien placé pour savoir que la
teneur idéologique du parti n’est composée de que demi-positions et
d’exploitation des contradictions profondes de la société. L’actuel
secrétaire général aura-t-il l’envergure nécessaire pour faire face
à ce double enjeu politique et organique ? La réponse est au niveau
de la base qui demeure dans sa bonne partie encore traversée par les
deux courants de l’opportunisme et d’une grogne sourde qui ne
demande qu’à revenir en surface.
Nabil Benali
Haut
Un nouveau volet social est annoncé à la CNAN
Le naufrage
continue
Conséquence
logique du plan de redressement qui a transformé la SNTM-CNAN en
CNAN Group avec pour objectif de vendre les vieux navires sans pour
autant investir dans l’achat de nouveaux bateaux, la Compagnie
nationale de transport maritime des marchandises s’apprête à faire
une compression de son personnel navigant. Une étape prévue par les
mesures décidées en 2003 par le Conseil des participations de l’Etat
et qui devra être appliquée par l’actuel directeur général, mais qui
ne semble rencontrer aucune résistance au sein des «représentants»
des travailleurs.
Dans une note
d’information datée du 16 avril 2006, le DG de CNAN Group, M.
Boumbar, informe l’ensemble des travailleurs qu’une décision a été
prise pour rationaliser les effectifs sous la forme de départs
volontaires ou de retraites anticipées. Dans l’exposé des motifs, le
premier responsable de la compagnie fait référence à «l’état
technique» de la flotte qui
«constitue aujourd’hui une source de perte importante pour le pays
et une raison sérieuse d’inquiétude pour l’avenir du pavillon
national».
Le constat (très
lucide) est tellement grave que la décision de faire partir en
retraite des marins parait secondaire. «Elle (la flotte, ndlr)
est dans une situation de quasi-inexistence et de ce fait,
inapte à assurer le minimum de la mission qui lui est dévolue»,
explique M. Boumbar à ses travailleurs.
«Notre
compagnie, avoue-t-il encore
pour justifier un nouveau plan social, dégage depuis des années
de lourds déficits et subit le poids d’un endettement
insupportable». Il admet implicitement que les mesures du CPE de
réorganiser CNAN Group autour «d’entités homogènes et autonomes,
saines, fiables et viables, axée chacune d’elle sur un seul métier»
n’ont pas eu l’effet escompté. Il a également rappelé que la
création de CNAN Group sur les cendres de la SNTM-CNAN a été
accompagnée par un effacement considérable d’une partie (plusieurs
milliards de dinars) de la dette de la compagnie et de l’entrée en
actionnariat, avec de l’argent frais, des entreprises portuaires
nationales. C’était sans compter avec la légendaire incapacité de
cette compagnie à naviguer convenablement sur le marché du transport
maritime pour des raisons qui ne s’expliquent pas uniquement par la
vétusté de ses navires, mais aussi par une mauvaise gestion criarde.
Et pour cause, plusieurs parmis les 27 navires qui ont été vendus à
des compagnies étrangères (dont des égyptiennes) ont été dépannés
sur place, avant de quitter les ports algériens, et reviennent
régulièrement pour décharger des marchandises importées !
Ainsi donc, après
trois années d’exercice, CNAN Group est dans une situation de
compression de personnel navigant. Après la vente de 27 navires et
l’immobilisation de 6 autres destinés également à êtres vendus, il
ne reste en exploitation que 14 navires. M. Boumbar fait état d’un
programme de renouvellement de la flotte sur la période 2007-2012
pour l’acquisition de 12 navires. Un programme qui est en stand-by,
car il dépend des négociations qui auront lieux avec les éventuels
partenaires intéressés par «l’ouverture du capital de CNAN Group
et de ses filiales», explique-t-il.
Par conséquent, en
attendant son redéploiement, l’entreprise a décidé de rationaliser
les ressources humaines au sein du Groupe et de ses filiales. Une
rationalisation qui ne touchera pas le personnel sédentaire du fait
des «départs à la retraite et du nombre important de contrats à
durée déterminée (CDD)», lit-on dans la note du DG de la CNAN.
Par contre, explique-t-il, «il n’en est pas de même pour le
personnel navigant, plus spécialisé, qui constitue 70% des
effectifs» de la compagnie.
Les marins de la
CNAN sont donc invités à «opter pour un départ volontaire, un
départ en retraite proportionnelle ou encore un départ en retraite
particulière», lit-on dans la lettre du DG accompagnée de
formulaires pour chaque cas de départ. Il est également indiqué que
«le travailleur qui choisit l’une de ces formules bénéficiera
d’un indemnisation fixée à un mois de salaire par année d’ancienneté
avec un maximum de 15 mois». Passé le délai fixé au mois de mai
dernier, «les salariés, toutes fonctions confondues, entrant dans
le cadre de la compression, ne pourront plus bénéficier de cette
mesure et se verront ainsi appliquer les seules dispositions prévues
par la loi (caisse de chômage et retraite anticipée)», avertit
le directeur général de la compagnie.
Ce n’est pas la
première fois que la CNAN effectue ce genre de dégraissage de ses
effectifs. Il y a eu, rappelons-le, celui de 1997-1998 où pas moins
de 80 marins ont été mis à la porte pour des raisons économiques. A
l’époque, l’entreprise connaissait de gros problèmes mais, sans
doute, moins importants que ceux qu’elle connaît actuellement. Il
faut donc s’attendre à des départs obligatoires massifs compte tenu
de la crise que vit la Compagnie nationale de transport maritime de
marchandises. Car il est évident que la santé financière et
structurelle de la CNAN ne plaide pas en sa faveur pour contracter
des accords de partenariat avec des compagnies étrangères, condition
nécessaire pour pouvoir acquérir de nouveaux bateaux et maintenir
les équipages.
Si la compression
de l’effectif des navigants de la CNAN paraît inévitable cette fois,
les responsables de l’entreprise doivent veiller à ce que les
pratiques frauduleuses utilisées en 1997/1998 par certains membres
du syndicat – qui ont donné lieu à un immense trafic – lorsque des
marins – qui demandent l’ouverture d’une enquête sur ce dossier –
ont été mis au chômage avec de faux documents, ne se reproduisent
plus.
C’est
vraisemblablement le naufrage de CNAN Group dont les dirigeants ne
présentent aucune perspective sérieuse de relance de la compagnie au
moment où l’Algérie connaît un extraordinaire boom dans le commerce
extérieur et, par conséquent, un important marché à saisir en
matière de transport maritime des marchandises. L’histoire de cette
compagnie nous enseigne que ce n’est pas l’âge de ses navires qui
explique les difficultés qu’elle rencontre actuellement. Il s’agit
bel et bien d’un problème de gestion qui semble impossible à
améliorer tant que les pratiques, les acteurs et les intérêts ne
changent pas. Les révélations faites lors du procès de l’ex-DG et
d’autres membres de la direction de CNAN Group, dans l’affaire du
Béchar, comme l’affaire de la gestion des œuvres sociales de la
compagnie (où sont impliqués les syndicalistes), ont montré qu’il y
a une profonde léthargie et de graves défaillances dans la gestion
de l’entreprise qui ont eu pour résultat la dégringolade et la perte
de parts de marché au profit de la concurrence. Des navires déclarés
inaptes à la navigation ont été vendus pour finalement revenir,
quelques mois plus tard, dans les ports d’Algérie chargés de
marchandises. Comme pour narguer les dirigeants de la CNAN.
Incapable de faire
correctement son métier de transport maritime de marchandise, la
compagnie s’est orientée, contre tout bon sens et avec l’assentiment
des pouvoirs publics, vers le transport de passagers dont les
résultats sont un échec sur toute la ligne et des pertes immenses en
devises en raison de la location des navires et des équipages
étrangers.
Y a-t-il un moyen
de stopper la dérive de cette compagnie ? En vérité, les pouvoirs
publics sont devant le choix suivant : placer à la tête de CNAN
Group des dirigeants compétents et qui ne soient pas otages des
syndicalistes et exiger d’eux des résultats, ou carrément liquider
l’entreprise afin de préserver le Trésor Public de pertes
supplémentaires. Car finalement, l’effacement en 2003 d’une partie
de la dette de la défunte STNM/CNAN et l’obligation faite aux
entreprises portuaires d’entrer dans le capital de la «nouvelle»
CNAN Group n’a pas sauvé le pavillon national du transport maritime
de marchandises. Les calculs des uns et des autres n’ont abouti qu’à
la poursuite du naufrage.
Abdelkader
Djalil
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