Semaine du 6 au 12 avril 2005

 

L’actualité vue par la presse

Des évènements majeurs

 

 
 
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L’actualité vue par la presse

Des évènements majeurs

Trois  évènements majeurs ont constitué l’essentiel de l’actualité de cette dernière semaine : le  décès du pape Jean-Paul II, le rapport sur les disparus et la décision de Bouteflika de suspendre le visa pour les ressortissants marocains.

Le pape Jean-Paul II est décédé

Ainsi quelques  titres paraissant samedi 2 avril ont consacré leur manchette à l’état de santé du pape.  “Jean-Paul II agonise” a annoncé El Watan. Le quotidien, qui lui a consacré ses deux pages “Evènement”, rappelle quelques positions “inflexibles”  du souverain pontife. Il est connu, souligne ce  titre, “pour être un partisan du dialogue des religions” ; reste, rappelle-t-il dans un autre article, que “s’il est respecté et salué pour ses actions en faveur de la paix, des droits de l’homme, du dialogue entre religions et de la démocratie, le Pape est, en revanche, très critiqué en Europe à cause de certaines de ses positions considérées à contre-courant de l’évolution des mœurs”.  “ C’est le cas notamment, est-il ajouté, de ses positions se rapportant à la sexualité”. Ainsi,  “Jean-Paul II s’oppose à l’avortement. Il a mené  une guerre contre les préservatifs et est hostile à toute forme de contraception”. Reste, est-il précisé, que c’est “le premier souverain pontife à avoir nommé un Palestinien  comme patriarche à El-Qods”.

El Watan estime  que “le pape  Jean-Paul II aura particulièrement marqué ses vingt-six  ans de règne pontifical comme peu de papes l’ont sans doute fait”.

Bien que son décès  officiel n’ait été annoncé par la presse écrite que dimanche, La Tribune aura été le seul titre à l’avoir annoncé dans son édition de samedi, alors que Le Soir d’Algérie et El Djazaïr News  se sont intéressés à son successeur. “Qui succèdera à Jean-Paul II ?”, se sont demandé les deux titres cités. Rappelant qu’il a été “le premier pape non italien depuis 455 ans”, Le Soir d’Algérie souligne que “trois cardinaux sont souvent cités”. Deux Italiens et un Allemand prétendent à la succession du pape décédé. Ces mêmes titres reviennent, dans leur édition du dimanche 3 avril, sur le sujet.

En raison d’impératifs de bouclage qui font que souvent on finalise l’édition vers 18 heures,  seuls  El Watan et La Tribune ont eu  le temps d’annoncer la mort du pape. “Après une agonie qui aura duré plusieurs jours, le pape s’est éteint hier”, a publié en Une le premier quotidien cité.”Un homme de paix nous quitte”, a renchéri le second.

Le Soir d’Algérie fait état de “la longue agonie”, alors qu’El Djazaïr News  nous apprend qu’à l’instar d’autres pays, “des Algériens prient pour le pape”.

L’éditorialiste du Jour d’Algérie rappelle pour sa part que “le pape Jean-Paul II a clairement laissé entendre (…) qu’il ne voulait pas être hospitalisé et qu’il souhaitait mourir tranquillement dans son lit, sans la moindre assistance médicale”.   Reste, souligne le rédacteur, que “cette soudaine compassion chrétienne à l’égard de ce très grand homme du XXe siècle s’applique aussi à ces millions de femmes qui souhaitent s’éviter une grossesse non désirée ou à cette multitude de malades grabataires qui ne supportent pas de vivre à l’état de légume”.

Seule l’amnistie…

Le second évènement abondamment traité a trait au dossier des disparus. Il a fait la Une de la majorité des titres paraissant le samedi 2 avril. La remise du rapport, annoncée pour le 31 mars, était des plus attendue. Rappelant que désormais le rapport est entre les mains du président Bouteflika, les titres reviennent surtout sur ce qu’ils appellent “les chiffres de Ksentini”. 

La Nouvelle République souligne que “le rapport établi par la commission ad hoc chargée du dossier des personnes disparues a rendu publiques ses conclusions en revoyant à la baisse le chiffre avancé par les associations des familles concernées”. Le commentateur, qui fait un rappel du contexte dans lequel le dossier est né, en arrive au souhait exprimé par le président de la Commission qui consiste à ce que “l’amnistie générale se fasse dans les délais les plus brefs pour éviter de potentielles fractures que peut générer un dossier qui représente une épine au pied d’un pays qui se relève”. Il ajoute que c’est là “une manière d’appeler les deux parties à aller de l’avant pour une homogénéité dont profitera la nation entière dans la démarche qu’elle entreprend dans le sens d’une stabilisation aux fins d’un décollage”. 

Si l’Etat faisait son mea culpa, ne serait-ce pas là, de l’avis du commentateur, “un gage de bonne volonté de la part de ce même Etat pour se rapprocher de ses administrés” ?

El Youm, pour sa part, a préféré axer sur la position des  associations concernées, qui se disent soulagées par les déclarations de Ksentini. “Nous voulons la vérité et les poursuites judiciaires ne conduiront pas à la réconciliation nationale”, tel est le titre de Une de son édition du jour.  Al Fadjr, de son côté, se demande si “les indemnités sont la seule  solution ou un moyen de surenchère”. Reste, rappelle Le Jour d’Algérie, que “le dossier dépend désormais de Bouteflika”. C’est pourquoi, estime ce quotidien, “il  reste maintenant à savoir ce qu’en fera le président Bouteflika”. Le rédacteur rappelle que “ce dernier avait promis aux familles des disparus qu’elles seront informées et peuvent compter sur la solidarité de l’ensemble de la nation pour alléger leurs souffrances”.

La suppression, et après ?

Mais, sans conteste, c’est la décision de supprimer le visa pour les Marocains qui a fait l’unanimité dans les rédactions ; elle est à la Une de tous les quotidiens du dimanche 3 avril. “L’Algérie supprime le visa pour les Marocains”, annonce Le Jeune Indépendant. Selon ce quotidien, “la mesure de suppression du visa, 11 ans après qu’il fut entré en vigueur, a été annoncée par le président de la République  en personne au roi Mohamed VIl. Alger espère qu’avec cette suppression, les deux pays   retrouveront la confiance réciproque pour poursuivre la normalisation”.

De son côté, Le Maghreb souligne que “la décision intervient quelques jours seulement après la tenue à Alger du Sommet arabe”. “Un sommet, est-il ajouté, caractérisé notamment par le dégel des relations tumultueuses entre les deux pays voisins et la tenue d’un tête-à-tête entre le président Abdelaziz Bouteflika et le roi Mohamed VI, à la clôture du Sommet arabe, que d’aucuns ont qualifié d’historique dans la mesure où il marque un tournant capital dans les relations entre l’Algérie et le Maroc”.

La Dépêche de Kabylie se demande  si  l’on peut s’attendre à “d’autres décisions plus importantes” avant de conclure que “rien n’est exclu maintenant que le processus de normalisation a bel est bien commencé”. El Khabar estime que cette décision est “le début de l’application par l’Algérie des résultats du deuxième sommet de Zéralda”.

Nadia Kerraz

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