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L’actualité vue par la
presse
Des évènements majeurs
Trois évènements majeurs ont
constitué l’essentiel de l’actualité de cette dernière semaine : le décès du
pape Jean-Paul II, le rapport sur les disparus et la décision de Bouteflika de
suspendre le visa pour les ressortissants marocains.
Le pape Jean-Paul II est
décédé
Ainsi quelques titres
paraissant samedi 2 avril ont consacré leur manchette à l’état de santé du
pape. “Jean-Paul II agonise” a annoncé El Watan. Le quotidien, qui lui a
consacré ses deux pages “Evènement”, rappelle quelques positions “inflexibles”
du souverain pontife. Il est connu, souligne ce titre, “pour être un partisan
du dialogue des religions” ; reste, rappelle-t-il dans un autre article, que
“s’il est respecté et salué pour ses actions en faveur de la paix, des droits de
l’homme, du dialogue entre religions et de la démocratie, le Pape est, en
revanche, très critiqué en Europe à cause de certaines de ses positions
considérées à contre-courant de l’évolution des mœurs”. “ C’est le cas
notamment, est-il ajouté, de ses positions se rapportant à la sexualité”.
Ainsi, “Jean-Paul II s’oppose à l’avortement. Il a mené une guerre contre les
préservatifs et est hostile à toute forme de contraception”. Reste, est-il
précisé, que c’est “le premier souverain pontife à avoir nommé un Palestinien
comme patriarche à El-Qods”.
El Watan estime que “le pape
Jean-Paul II aura particulièrement marqué ses vingt-six ans de règne pontifical
comme peu de papes l’ont sans doute fait”.
Bien que son décès officiel
n’ait été annoncé par la presse écrite que dimanche, La Tribune aura été le seul
titre à l’avoir annoncé dans son édition de samedi, alors que Le Soir d’Algérie
et El Djazaïr News se sont intéressés à son successeur. “Qui succèdera à
Jean-Paul II ?”, se sont demandé les deux titres cités. Rappelant qu’il a été
“le premier pape non italien depuis 455 ans”, Le Soir d’Algérie souligne que
“trois cardinaux sont souvent cités”. Deux Italiens et un Allemand prétendent à
la succession du pape décédé. Ces mêmes titres reviennent, dans leur édition du
dimanche 3 avril, sur le sujet.
En raison d’impératifs de
bouclage qui font que souvent on finalise l’édition vers 18 heures, seuls El
Watan et La Tribune ont eu le temps d’annoncer la mort du pape. “Après une
agonie qui aura duré plusieurs jours, le pape s’est éteint hier”, a publié en
Une le premier quotidien cité.”Un homme de paix nous quitte”, a renchéri le
second.
Le Soir d’Algérie fait état de
“la longue agonie”, alors qu’El Djazaïr News nous apprend qu’à l’instar
d’autres pays, “des Algériens prient pour le pape”.
L’éditorialiste du Jour
d’Algérie rappelle pour sa part que “le pape Jean-Paul II a clairement laissé
entendre (…) qu’il ne voulait pas être hospitalisé et qu’il souhaitait mourir
tranquillement dans son lit, sans la moindre assistance médicale”. Reste,
souligne le rédacteur, que “cette soudaine compassion chrétienne à l’égard de ce
très grand homme du XXe siècle s’applique aussi à ces millions de femmes qui
souhaitent s’éviter une grossesse non désirée ou à cette multitude de malades
grabataires qui ne supportent pas de vivre à l’état de légume”.
Seule l’amnistie…
Le second évènement
abondamment traité a trait au dossier des disparus. Il a fait la Une de la
majorité des titres paraissant le samedi 2 avril. La remise du rapport, annoncée
pour le 31 mars, était des plus attendue. Rappelant que désormais le rapport est
entre les mains du président Bouteflika, les titres reviennent surtout sur ce
qu’ils appellent “les chiffres de Ksentini”.
La Nouvelle République
souligne que “le rapport établi par la commission ad hoc chargée du dossier des
personnes disparues a rendu publiques ses conclusions en revoyant à la baisse le
chiffre avancé par les associations des familles concernées”. Le commentateur,
qui fait un rappel du contexte dans lequel le dossier est né, en arrive au
souhait exprimé par le président de la Commission qui consiste à ce que
“l’amnistie générale se fasse dans les délais les plus brefs pour éviter de
potentielles fractures que peut générer un dossier qui représente une épine au
pied d’un pays qui se relève”. Il ajoute que c’est là “une manière d’appeler les
deux parties à aller de l’avant pour une homogénéité dont profitera la nation
entière dans la démarche qu’elle entreprend dans le sens d’une stabilisation aux
fins d’un décollage”.
Si l’Etat faisait son mea
culpa, ne serait-ce pas là, de l’avis du commentateur, “un gage de bonne volonté
de la part de ce même Etat pour se rapprocher de ses administrés” ?
El Youm, pour sa part, a
préféré axer sur la position des associations concernées, qui se disent
soulagées par les déclarations de Ksentini. “Nous voulons la vérité et les
poursuites judiciaires ne conduiront pas à la réconciliation nationale”, tel est
le titre de Une de son édition du jour. Al Fadjr, de son côté, se demande si
“les indemnités sont la seule solution ou un moyen de surenchère”. Reste,
rappelle Le Jour d’Algérie, que “le dossier dépend désormais de Bouteflika”.
C’est pourquoi, estime ce quotidien, “il reste maintenant à savoir ce qu’en
fera le président Bouteflika”. Le rédacteur rappelle que “ce dernier avait
promis aux familles des disparus qu’elles seront informées et peuvent compter
sur la solidarité de l’ensemble de la nation pour alléger leurs souffrances”.
La suppression, et après ?
Mais, sans conteste, c’est la
décision de supprimer le visa pour les Marocains qui a fait l’unanimité dans les
rédactions ; elle est à la Une de tous les quotidiens du dimanche 3 avril.
“L’Algérie supprime le visa pour les Marocains”, annonce Le Jeune Indépendant.
Selon ce quotidien, “la mesure de suppression du visa, 11 ans après qu’il fut
entré en vigueur, a été annoncée par le président de la République en personne
au roi Mohamed VIl. Alger espère qu’avec cette suppression, les deux pays
retrouveront la confiance réciproque pour poursuivre la normalisation”.
De son côté, Le Maghreb
souligne que “la décision intervient quelques jours seulement après la tenue à
Alger du Sommet arabe”. “Un sommet, est-il ajouté, caractérisé notamment par le
dégel des relations tumultueuses entre les deux pays voisins et la tenue d’un
tête-à-tête entre le président Abdelaziz Bouteflika et le roi Mohamed VI, à la
clôture du Sommet arabe, que d’aucuns ont qualifié d’historique dans la mesure
où il marque un tournant capital dans les relations entre l’Algérie et le
Maroc”.
La Dépêche de Kabylie se
demande si l’on peut s’attendre à “d’autres décisions plus importantes” avant
de conclure que “rien n’est exclu maintenant que le processus de normalisation a
bel est bien commencé”. El Khabar estime que cette décision est “le début de
l’application par l’Algérie des résultats du deuxième sommet de Zéralda”.
Nadia Kerraz
Haut
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