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Près de quatre
années après la campagne militaire lancée par les Etats-Unis
L’Afghanistan
toujours en proie à l’insécurité
Moment décisif
pour l’avenir politique de l’Afghanistan que celui des élections
législatives et provinciales prévues pour le 18 septembre, près de
quatre années après la campagne militaire lancée par les Etats-Unis
contre ce pays.
Un scrutin qui
devrait parachever le processus de transition mis en place, mais qui
est grandement compromis par l’aggravation de la situation au plan
sécuritaire, notamment dans le sud du pays. Les combattants talibans
semblent avoir repris leur souffle depuis leur déroute en 2001, en
témoignent les opérations menées ces trois derniers mois dans
plusieurs provinces.
“Le pays est
confronté à une escalade tant dans le nombre que dans la gravité des
incidents”, reconnaît Jean Arnault, représentant spécial du
secrétaire général des Nations unies pour l’Afghanistan.
Signe du retour en
force sur la scène afghane des talibans : pour la première fois
depuis la chute de la milice fondamentaliste, l’armée américaine a
reconnu que des “tirs ennemis” pouvaient être à l’origine de
l’accident d’un hélicoptère avec 17 militaires à bord, la semaine
dernière, à l’est de Kaboul. Cet accident est le neuvième d’un
appareil de la coalition et le premier pour lequel la possibilité de
“tirs ennemis” est évoquée.
La résurgence des
violences relance les inquiétudes sur la capacité des Américains à
assurer la sécurité avant la prochaine échéance électorale.
Le calme relatif
qui avait régné durant l’élection présidentielle d’octobre et
l’accalmie hivernale de la guérilla avaient amené les responsables
militaires à assurer qu’ils avaient “brisé les reins” des talibans.
Au cours du moins
de juin, cinq soldats américains et au moins 187 personnes, pour la
plupart des talibans présumés, ont été tuées dans une série
d’embuscades, d’attentats ou d’attaques diverses, contre 116 en juin
2004. Le mois de juin avait commencé avec un spectaculaire
attentat-suicide contre une mosquée de Kandahar, l’ancien bastion
des talibans, qui avait fait 21 morts, dont le chef de la police de
Kaboul.
Il y a une
quinzaine de jours, une vaste opération menée dans le “triangle
noir” des confins des provinces de Kandahar, Kaboul et Oruzgan avait
fait entre 77 morts, selon l’armée américaine, et 176 tués, selon
les autorités afghanes, dont des talibans supposés. Cette opération,
présentée comme un grand succès par les autorités afghanes, montre
pourtant que les talibans sont capables de se regrouper en grand
nombre.
Depuis plusieurs
mois, le gouvernement afghan, avec l’aide de la diplomatie
américaine, s’efforce de mettre en place une “réconciliation” avec
des responsables de l’ancien régime. Le Président afghan lui-même a
proposé un accord “armes contre amnistie” aux talibans, à
l’exception d’un noyau de quelque 150 d’entre eux, considérés comme
des criminels de guerre ou suspectés de liens avec le réseau
Al-Qaîda d’Oussama ben Laden. L’ancien ministre taliban des Affaires
étrangères, Wakeel Ahmed Mutawakil, joue un rôle-clé dans ce
processus de “réconciliation”, selon les déclarations d’un
porte-parole de la présidence afghane.
Mais cette
politique ne paraît pas avoir porté ses fruits. La résurgence des
violences coïncide également avec l’exaspération de la population
face à la lenteur de la reconstruction. L’affaire de la profanation
du Coran par des soldats américains sur la base de Guantanamo avait
provoqué, en mai 2005, d’importantes manifestations, réprimées dans
le sang par les forces de l’ordre, faisant au moins 15 morts.
Au-delà de la protestation contre la profanation du livre sacré, la
population a aussi exprimé son ressentiment à l’égard des autorités
afghanes et américaines.
Selon un analyste
politique afghan, Habibullah Rafi, “le déséquilibre des politiques
de reconstruction a porté la population à tourner le dos au
gouvernement et à revenir vers les talibans”.
La situation en
Afghanistan commence à ressembler étrangement à celle qui prévaut en
Irak.
l’élargissement du
Conseil de sécurité de l’ONU constitue son prochain grand test de
vitalité.
Les vicissitudes de la diplomatie chinoise
Embargo européen
sur les armes maintenu, dossier nord-coréen gelé, le Japon qui agace
: la diplomatie chinoise est à la peine et la question de
l’élargissement du Conseil de sécurité de l’ONU constitue son
prochain grand test de vitalité.
“La politique
étrangère chinoise rencontre des revers qui mettent au jour à la
fois ses priorités et ses ambivalences”, explique Jean-Pierre
Cabestan, directeur du CNRS à Paris. Il est clair, ajoute ce
sinologue, que “Taiwan passe avant l’Europe” en référence à la loi
votée en mars à Pékin, qui autorise le recours à la force contre
l’île si elle déclarait son indépendance. Cet acte est en partie à
l’origine du report aux calendes grecques de la levée de l’embargo
américain sur les armes, espérée avant fin juin. Sur cette question,
de nombreux analystes relèvent des “erreurs d’appréciation” de la
diplomatie chinoise, contrainte il est vrai de composer avec les
impératifs du régime communiste.
“2004 devait être
l’année de l’Europe pour la Chine, mais elle a raté le coche. C’est
une preuve d’un manque de mobilité. Il y avait des concessions à
faire, notamment par rapport aux droits de l’homme, et elles n’ont
pas été faites”, suggère un diplomate occidental en poste à Pékin.
“Les priorités
intérieures handicapent les actions diplomatiques. Le régime doit
tenir bon sur les droits de l’homme et sur Taiwan, sinon on touché à
ses fondements. Il y a des vaches sacrées !”, ajoute ce même
diplomate.
Pour Shi Yinhong,
directeur du Centre de recherches sur les Etats-Unis à l’Université
du Peuple de Pékin, “la diplomatie chinoise fait face à des
problèmes mais n’est pas en panne”. “La levée de l’embargo est
seulement une question, de temps, les relations sino-européennes
sont bonnes dans l’ensemble”, affirme-t-il.
Difficile de dire,
en revanche, si les relations avec la Corée du Nord sont au beau
fixe tant l’opacité qui enveloppe les deux pays communistes ne
facilite pas le décryptage. Ce qui est néanmoins certain, c’est que
l’engagement de la Chine à trouver une solution à la menace
nucléaire du régime de Kim Jong-Il a montré ses limites, sauf à
considérer que l’investissement n’avait pour but que de maintenir un
statu-quo, jugé comme le moins mauvais des scénarios.
Pékin, qui chaque
semaine appelle les protagonistes des pourparlers multilatéraux sur
le nucléaire nord-coréen à reprendre le chemin des négociations,
prêche dans le vide depuis juin 2004. “Ces pourparlers sont un
casse-tête. Les Etats-Unis sont le principal responsable du blocage
car leur politique à l’égard de la Corée du Nord est trop rigide”,
estime le professeur Shi.
Pour d’autres
observateurs aussi, le durcissement de la politique américaine
vis-à-vis de la Chine depuis le second mandat de George W. Bush est
à l’origine des difficultés actuelles de la diplomatie chinoise.
C’est sans doute vrai sur la question du Japon, fidèle allié des
Etats-Unis, et dont la Chine veut empêcher l’accès à un siège
permanent au Conseil de sécurité de l’ONU en menant une croisade à
l’issue incertaine. “Si l’ONU approuve l’élargissement, la Chine
risque de se retrouver isolée”, parie Jean-Pierre Cabestan. Isolée
pour la première fois depuis longtemps, elle qui n’a utilisé son
veto onusien qu’à quatre reprises depuis 1971, année du remplacement
de Taiwan par la République populaire à New York. “Les relations
sino-japonaises sont l’un des grands problèmes posés à la diplomatie
chinoise. Si un jour la Chine doit utiliser son droit de veto, le
prix à payer sera énorme”, admet Shi Yinhong. Les chances de Pékin
de rallier suffisamment d’opposants à la candidature du Japon
paraissent élevées tant la mobilisation du ministère des Affaires
Etrangères est entière, estime le diplomate occidental, qui
relativise ce qui serait une possible perte de face à l’ONU.
“La Chine est
aujourd’hui un poids lourd. Elle est au cœur de tout et son rôle
incontournable adoucit les effets des échecs”, dit-il.
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