Semaine du 6 au 12  juillet 2005

 

La presse, ce miroir

Dure est la vie désormais

 

 
 
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La presse, ce miroir

Dure est la vie désormais

L’annonce de Tayeb Louh, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, reprise par la majorité des titres de la presse nationale paraissant le jeudi 30 – Le Jour d’Algérie, La Tribune, El Watan, Le jeune Indépendant, Le Maghreb, La Nouvelle République, La Dépêche de Kabylie, L’Authentique, Al Fadjr et El Khabar –relative à l’augmentation des pensions de retraite aurait pu constituer la bonne nouvelle du mois. Mais il n’en sera rien si l’on en croit le quotidien arabophone El Khabar qui rapporte que “les retraités considèrent cette revalorisation comme un non-évènement, soutenant qu’elle est insuffisante”. A ces derniers, les futurs retraités pourraient dire qu’ils devraient s’estimer heureux car eux au moins perçoivent à la fin du mois un pécule.

El Khabar du dimanche 3 juillet rapporte que “25 000 travailleurs sont sans salaires depuis des mois”. Et au quotidien de rappeler que “le gouvernement a clos le dossier depuis mars 2004”. Le rédacteur a puisé ces statistiques auprès du service des conflits sociaux de la Centrale syndicale UGTA. “Ces travailleurs, est-il souligné, sont pour la plupart dans les secteurs du textile, des cuirs, de la construction, des travaux publics et des zones industrielles réparties à travers les wilayas”.

Pour sa part, notre confrère Al Fadjr a rapporté, en Une de son édition du jeudi 30 juin, qu’”un million de travailleurs dans le secteur privé est non déclaré”.

Cupidité

Ce chiffre, rappelle-t-on, a été rendu public par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale. C’est dire qu’à chacun son malheur, quand bien même L’Authentique du même jour annonce que le président de l’Organisation nationale du patronat et des entrepreneurs a promis, à l’occasion de la tenue de son 1er congrès, d’apporter son aide à l’une des franges les plus touchées par les retombées de la situation économique et sociale du pays. Ainsi, pour lutter contre le chômage, le président a déclaré que “nous aiderons les jeunes à créer leurs propres micro-entreprises”.

En dépit de la situation de précarité vécue par un grand nombre de leurs concitoyens, des commerçants n’hésitent pas à les saigner en profitant au maximum. C’est le cas de certains bouchers. Ainsi, selon Le Jeune Indépendant du 3 juillet, bien que “la sécheresse et la concurrence de la viande d’importation ont inversé la courbe des prix des viandes rouges en Algérie” puisque le kilogramme de la viande d’agneau est cédé à 500 DA au niveau des abattoirs, les bouchers continuent à la vendre à 680 DA ! Ce quotidien rapporte que “depuis plus d’un mois,des baisses historiques sont enregistrées au niveau des abattoirs sans que cela se traduise par une diminution des prix chez la majorité des bouchers”. Le Jeune Indépendant poursuit en ajoutant que “le smicard, qui doit sacrifier entre 7 et 9% de son budget pour un kilogramme de viande rouge, est toujours pénalisé par l’entente déloyale pour maintenir les prix élevés, loin de ce qui est affiché aux abattoirs”. Ce même quotidien met en garde, dans son édition du jeudi 30 juin, contre les dangers que présente la consommation de la viande congelée, les produits laitiers et la pâtisserie dans le cas où ces produits s’avèrent douteux.

Intoxications et vacances

Même “l’accès aux établissements scolaires” pour les enseignants aux fins de passer quelques jours de détente mérités a été réglementé, rapporte Le Jour d’Algérie dans son édition du samedi 2 juillet. D’autant, souligne le rédacteur, que ces vacances “sont soumises désormais à un cahier des charges draconien”. Ainsi est-il rapporté que “la nouvelle formule exige, entre autres conditions, une caution dépassant les 200 000 DA par établissement pour les camps de famille et en plus d’une police d’assurance avoisinant les 1500 DA par personne pour les colonies de vacances”.

El Djazair News fait quant à lui état, dans son édition du samedi 2 juillet, d’une augmentation de 50% du prix du ticket des transports urbains de l’ETUSA. Une augmentation refusée par les usagers, qui arguent la précarité de leur condition matérielle.

Liberté du même jour annonce en Une cette information qui ruinera bien des espoirs : “Véhicules de moins de trois ans : c’est fini.” Cette décision, annoncée précédemment par le premier magistrat du pays, sera rendue officielle, est-il précisé, par la promulgation par ordonnance de la loi de finances complémentaire.

La justice n’est pas en reste

La Tribune du même jour annonce en Une la mise en branle, à Sétif, de l’appareil judiciaire. Son correspondant sur place annonce que, dans le cadre de la lutte contre la maffia administrative, “l’exécutif semble décidé à s’appuyer sur la justice pour la faire respecter par tous”. Ce quotidien rapporte qu’”à Sétif, l’action se concrétise sur le terrain par la prise en charge de trois gros dossiers dévoilés par la brigade de recherche de la gendarmerie nationale”.

Le Soir d’Algérie du 3 juillet annonce la visite de “l’IGF chez Air Algérie”. Selon ce quotidien, “les enquêteurs avaient, entre autres missions, d’entendre le technicien qui a supervisé le contrôle de l’Airbus 320 immatriculé FGZZZ”.

El Watan de la même date revient en Une sur “l’affaire des cadres écartés à Sonatrach”. Le quotidien s’interroge : ne seraient-ce pas “les relents d’un complot international ?”. Le rédacteur précisera que “depuis la mise à l’écart, le 21 juin dernier, par télécopie, de nombreux cadres de Sonatrach à travers le territoire national, l’affaire semble prendre des proportions surréalistes”.

Que cache l’affaire ?

Et de poursuivre : “Une affaire qui commence à prendre les relents d’un véritable complot international.” C’est du moins son avis. “En effet, commentera-t-il, tout laisse croire que les déclaration, samedi 25 juin, du ministre de l’Energie et des Mines demandant à la presse de ne pas aider à gérer cette polémique qui ne sera pas dans l’intérêt du pays est un autre élément qui conforte cette thèse de groupes internationaux qui se livrent une lutte féroce pour accaparer le marché de la pièce de rechange des différentes plateformes pétrolières du pays.”

Mais il faut dire cependant qu’aucun secteur en Algérie n’épargne le pauvre citoyen qui ne sait plus comment faire pour prétendre à une vie digne. Liberté du même jour rapporte le constat établi par le président de la CNCPPDH, Me Farouk Ksentini, qui estime que “les décisions de justice sont de mauvaise qualité”. Ces propos et d’autres, tenus lors du séminaire ont inspiré l’éditorialiste de ce quotidien, qui souligne que les intervenants “ont une nouvelle fois pointé nombre d’anachronismes qui empêchent le troisième pouvoir chez nous d’être au diapason des défis imposés par l’ambition de s’inscrire de plain-pied dans la dynamique des réformes”.

A contre-courant de toute cette réalité, le patron d’Orascom Télecom Holding, Naguib Sawaris, nourrit, rapporte Le Maghreb du 30juin, “de nouvelles ambitions”. Il voudrait atteindre le nombre de “70 millions d’abonnés d’ici 2008” à travers le monde.

Nadia Kerraz

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