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La presse, ce
miroir
Dure est la vie
désormais
L’annonce de Tayeb
Louh, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, reprise par la
majorité des titres de la presse nationale paraissant le jeudi 30 –
Le Jour d’Algérie, La Tribune, El Watan, Le jeune Indépendant, Le
Maghreb, La Nouvelle République, La Dépêche de Kabylie, L’Authentique,
Al Fadjr et El Khabar –relative à l’augmentation des pensions de
retraite aurait pu constituer la bonne nouvelle du mois. Mais il
n’en sera rien si l’on en croit le quotidien arabophone El Khabar
qui rapporte que “les retraités considèrent cette revalorisation
comme un non-évènement, soutenant qu’elle est insuffisante”. A ces
derniers, les futurs retraités pourraient dire qu’ils devraient
s’estimer heureux car eux au moins perçoivent à la fin du mois un
pécule.
El Khabar du
dimanche 3 juillet rapporte que “25 000 travailleurs sont sans
salaires depuis des mois”. Et au quotidien de rappeler que “le
gouvernement a clos le dossier depuis mars 2004”. Le rédacteur a
puisé ces statistiques auprès du service des conflits sociaux de la
Centrale syndicale UGTA. “Ces travailleurs, est-il souligné, sont
pour la plupart dans les secteurs du textile, des cuirs, de la
construction, des travaux publics et des zones industrielles
réparties à travers les wilayas”.
Pour sa part,
notre confrère Al Fadjr a rapporté, en Une de son édition du jeudi
30 juin, qu’”un million de travailleurs dans le secteur privé est
non déclaré”.
Cupidité
Ce chiffre,
rappelle-t-on, a été rendu public par le ministre du Travail et de
la Sécurité sociale. C’est dire qu’à chacun son malheur, quand bien
même L’Authentique du même jour annonce que le président de
l’Organisation nationale du patronat et des entrepreneurs a promis,
à l’occasion de la tenue de son 1er congrès, d’apporter son aide à
l’une des franges les plus touchées par les retombées de la
situation économique et sociale du pays. Ainsi, pour lutter contre
le chômage, le président a déclaré que “nous aiderons les jeunes à
créer leurs propres micro-entreprises”.
En dépit de la
situation de précarité vécue par un grand nombre de leurs
concitoyens, des commerçants n’hésitent pas à les saigner en
profitant au maximum. C’est le cas de certains bouchers. Ainsi,
selon Le Jeune Indépendant du 3 juillet, bien que “la sécheresse et
la concurrence de la viande d’importation ont inversé la courbe des
prix des viandes rouges en Algérie” puisque le kilogramme de la
viande d’agneau est cédé à 500 DA au niveau des abattoirs, les
bouchers continuent à la vendre à 680 DA ! Ce quotidien rapporte que
“depuis plus d’un mois,des baisses historiques sont enregistrées au
niveau des abattoirs sans que cela se traduise par une diminution
des prix chez la majorité des bouchers”. Le Jeune Indépendant
poursuit en ajoutant que “le smicard, qui doit sacrifier entre 7 et
9% de son budget pour un kilogramme de viande rouge, est toujours
pénalisé par l’entente déloyale pour maintenir les prix élevés, loin
de ce qui est affiché aux abattoirs”. Ce même quotidien met en
garde, dans son édition du jeudi 30 juin, contre les dangers que
présente la consommation de la viande congelée, les produits
laitiers et la pâtisserie dans le cas où ces produits s’avèrent
douteux.
Intoxications
et vacances
Même “l’accès aux
établissements scolaires” pour les enseignants aux fins de passer
quelques jours de détente mérités a été réglementé, rapporte Le Jour
d’Algérie dans son édition du samedi 2 juillet. D’autant, souligne
le rédacteur, que ces vacances “sont soumises désormais à un cahier
des charges draconien”. Ainsi est-il rapporté que “la nouvelle
formule exige, entre autres conditions, une caution dépassant les
200 000 DA par établissement pour les camps de famille et en plus
d’une police d’assurance avoisinant les 1500 DA par personne pour
les colonies de vacances”.
El Djazair News
fait quant à lui état, dans son édition du samedi 2 juillet, d’une
augmentation de 50% du prix du ticket des transports urbains de l’ETUSA.
Une augmentation refusée par les usagers, qui arguent la précarité
de leur condition matérielle.
Liberté du même
jour annonce en Une cette information qui ruinera bien des espoirs :
“Véhicules de moins de trois ans : c’est fini.” Cette décision,
annoncée précédemment par le premier magistrat du pays, sera rendue
officielle, est-il précisé, par la promulgation par ordonnance de la
loi de finances complémentaire.
La justice
n’est pas en reste
La Tribune du même
jour annonce en Une la mise en branle, à Sétif, de l’appareil
judiciaire. Son correspondant sur place annonce que, dans le cadre
de la lutte contre la maffia administrative, “l’exécutif semble
décidé à s’appuyer sur la justice pour la faire respecter par tous”.
Ce quotidien rapporte qu’”à Sétif, l’action se concrétise sur le
terrain par la prise en charge de trois gros dossiers dévoilés par
la brigade de recherche de la gendarmerie nationale”.
Le Soir d’Algérie
du 3 juillet annonce la visite de “l’IGF chez Air Algérie”. Selon ce
quotidien, “les enquêteurs avaient, entre autres missions,
d’entendre le technicien qui a supervisé le contrôle de l’Airbus 320
immatriculé FGZZZ”.
El Watan de la
même date revient en Une sur “l’affaire des cadres écartés à
Sonatrach”. Le quotidien s’interroge : ne seraient-ce pas “les
relents d’un complot international ?”. Le rédacteur précisera que
“depuis la mise à l’écart, le 21 juin dernier, par télécopie, de
nombreux cadres de Sonatrach à travers le territoire national,
l’affaire semble prendre des proportions surréalistes”.
Que cache
l’affaire ?
Et de poursuivre :
“Une affaire qui commence à prendre les relents d’un véritable
complot international.” C’est du moins son avis. “En effet,
commentera-t-il, tout laisse croire que les déclaration, samedi 25
juin, du ministre de l’Energie et des Mines demandant à la presse de
ne pas aider à gérer cette polémique qui ne sera pas dans l’intérêt
du pays est un autre élément qui conforte cette thèse de groupes
internationaux qui se livrent une lutte féroce pour accaparer le
marché de la pièce de rechange des différentes plateformes
pétrolières du pays.”
Mais il faut dire
cependant qu’aucun secteur en Algérie n’épargne le pauvre citoyen
qui ne sait plus comment faire pour prétendre à une vie digne.
Liberté du même jour rapporte le constat établi par le président de
la CNCPPDH, Me Farouk Ksentini, qui estime que “les décisions de
justice sont de mauvaise qualité”. Ces propos et d’autres, tenus
lors du séminaire ont inspiré l’éditorialiste de ce quotidien, qui
souligne que les intervenants “ont une nouvelle fois pointé nombre
d’anachronismes qui empêchent le troisième pouvoir chez nous d’être
au diapason des défis imposés par l’ambition de s’inscrire de
plain-pied dans la dynamique des réformes”.
A contre-courant
de toute cette réalité, le patron d’Orascom Télecom Holding, Naguib
Sawaris, nourrit, rapporte Le Maghreb du 30juin, “de nouvelles
ambitions”. Il voudrait atteindre le nombre de “70 millions
d’abonnés d’ici 2008” à travers le monde.
Nadia Kerraz
Haut
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