Semaine du 6 au 12 septembre 2006

Nucléaire

UE et Russie veulent continuer les négociations avec l'Iran

Darfour

Khartoum se dit prêt à faire face à une "intervention étrangère"

 

 
 
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UE et Russie veulent continuer les négociations avec l'Iran

Diverses voix se sont élevées pour que le dialogue continue avec Téhéran et que la crise soit réglée par la négociation, Moscou estimant notamment que des sanctions contre la République islamique ne mèneraient qu'à une impasse. "Nous tirons les enseignements du passé et ne pouvons accorder crédit aux ultimatums, qui, tous, mènent à une impasse", a déclaré ainsi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. "Oui, les orientations de certains pays laissent planer des doutes et suscitent le mécontentement, mais nous vivons tous dans le même monde et nous devons les inciter au dialogue, au lieu de parler d'isolement et de sanctions", a-t-il ajouté. Le point de vue de Moscou prend à contre-pied celui de Washington, qui fait pression en faveur de l'instauration rapide de sanctions contre la République islamique, laquelle, a déclaré l'AIEA, n'a pas interrompu ses activités d'enrichissement d'uranium à la date butoir du 31 août, comme cela lui était demandé par la communauté internationale. Téhéran continue d'arguer de sa bonne foi. "La République islamique d'Iran pense que la seule manière possible de parvenir à des résultats équitables et acceptables pour toutes les parties prenantes, c'est de négocier et de respecter les droits légitimes de l'Iran", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. "Les activités de l'Iran sont transparentes, publiques et ne servent que des objectifs pacifiques, loin de toute ambiguïté et la question peut être résolue par des négociations", a-t-il assuré. L'Occident accuse l'Iran de chercher à mettre au point des armes atomiques, ce que nie catégoriquement Téhéran. Dans son dernier rapport, l'Agence internationale pour l'énergie atomique a indiqué que l'Iran avait récemment repris l'enrichissement de petites quantités d'uranium et estimé que le manque de coopération de la part de Téhéran gênait ses investigations. Mais faut-il se fier aux déclarations et aux rapports de l’agence internationale dont les précédents notamment concernant le dossier irakien n’ont guère fait preuve d’impartialité. Alors que Washington multiplie injonctions et menaces, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, réunis en Finlande pour 48 heures, veulent privilégier la voie de la négociation. "Pour l'Union européenne, la diplomatie est toujours la voie numéro un pour aller de l'avant", a dit lors d'une conférence de presse à Lappeenranta le ministre finlandais des Affaires étrangères, Erkki Tuomioja, dont le pays préside actuellement l'UE.  Le premier ministre français, Dominique de Villepin, a regretté de son côté que l'Iran n'ait pas respecté l'ultimatum du 31 août mais a estimé qu'un dialogue était toujours possible avec ce pays. Jugeant la réponse de Téhéran "insuffisante", il a jugé important que la communauté internationale montre à l'Iran la nécessité de modifier sa position. La Grande-Bretagne, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères Margaret Beckett, a fait part aussi de sa volonté de persévérer dans la recherche d'une solution négociée. Le porte-parole de la politique étrangère européenne, Javier Solana, a déclaré espérer rencontrer le chef des négociateurs iraniens, Ali Larijani, dans les jours à venir pour essayer d'obtenir de lui une réponse claire aux mesures d'incitation proposées par les grandes puissances en échange d'un arrêt de l'enrichissement de l'uranium par Téhéran. L'application de sanctions contre l'Iran ne serait pas sans conséquences sur les économies européennes et ainsi, la Chambre de commerce allemande a évalué qu'elles pourraient mettre en péril, en Allemagne, plus de 10.000 emplois. L’unité de l’Occident face au dossier iranien semble se lézarder, les Européens refusant  avec Téhéran, face à des Américains qui continue de brandir la menace de sanctions.

 

 

Darfour

Khartoum se dit prêt à faire face à une "intervention étrangère"

Le gouvernement soudanais s'est déclaré prêt à faire face à toute "intervention étrangère" au lendemain de son rejet de la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu sur le déploiement d'une force de l'Onu au Darfour. "Nous avons des options et des plans pour faire face à l'intervention étrangère", a affirmé le vice-président soudanais Ali Osman Taha, sans donner davantage de détails sur ces options et plans. Selon lui, "la bataille avec la communauté internationale requiert de la patience et de strictes précautions" Khartoum a rejeté la résolution 1706, adoptée le 31 août par le Conseil de sécurité, qui prévoit l'envoi de Casques bleus supplémentaires au Darfour, région de l'ouest du Soudan déchirée depuis plus de trois ans par un conflit meurtrier qui a fait jusqu'à 300.000 morts et plus de 2,4 millions de déplacés et d'immigrés. Les autorités soudanaises ont  estimé que la résolution était "totalement inacceptable", avertissant qu'elle pourrait "inciter à la sédition".Le seul groupe rebelle du Darfour qui a signé un accord de paix, en mai, avec le gouvernement soudanais a favorablement accueilli la résolution 1706. "Nous accueillons favorablement" cette résolution, a déclaré Mahjoub Hussein, porte-parole de la faction du Mouvement de libération du Soudan dirigée par Minni Minawi signataire de l'accord de paix."Ceux qui la rejettent expriment leurs intérêts personnels et sont loin (de défendre) les intérêts du peuple du Darfour", a ajouté Mahjoub Hussein, cité dernièrement par le quotidien indépendant al-Soudani. "Cette résolution est une planche de salut pour les déplacés et les immigrés du Darfour", a-t-il affirmé. En dépit de son rejet de la résolution du Conseil de sécurité, le gouvernement soudanais reste vague sur les moyens auxquels il compte avoir recours pour empêcher son application. Le vice-président soudanais a toutefois fait allusion à une éventuelle confrontation armée avec les forces de l'ONU. "Nous avons vu ce que le Hezbollah (libanais) a fait dans les rangs de l'armée de l'ennemi sioniste grâce à la détermination, la patience et la volonté politique que le parti (le Hezbollah) affiche". La résolution 1706 prévoit de faire passer les effectifs de la Mission de l'Onu au Soudan (Minus) de 12.273 Casques bleus (pour l'instant déployés au sud-Soudan) à 17.300 soldats et 3.300 policiers, pour relayer la mission de l'Union africaine (UA) au Darfour. Placés sous le chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui autorise le recours à la force en cas de menace à la paix, les Casques bleus seront autorisés à user de tous moyens pour protéger les personnels de l'ONU. La résolution stipule que le déploiement des Casques bleus au Darfour sera "fondé sur un accord avec le gouvernement (soudanais)". Mais Washington a estimé que l'accord de Khartoum n'était pas nécessaire pour renforcer la Minus. La résolution "invite à obtenir l'accord du Soudan" mais rien dans le texte "ne l'exige", a dit la secrétaire d'Etat adjointe aux Organisations internationales, Kristen Silverberg. "N'oubliez pas que cette résolution comprend le mandat de protéger les civils au titre du chapitre VII", a indiqué la responsable américaine. "Et ce qui compte avec le chapitre VII, c'est que même s'il est fréquemment appliqué avec l'accord du gouvernement concerné, il ne nécessite pas l'accord ni la coopération du gouvernement concerné", a-t-elle poursuivi. Mais il semble improbable  que l’Onu déploie de nouvelles forces sans l’accord du gouvernement soudanais, au risque d’un affrontemen.t

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