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Nucléaire
UE et Russie
veulent continuer les négociations avec l'Iran
Diverses voix se
sont élevées pour que le dialogue continue avec Téhéran et que la
crise soit réglée par la négociation, Moscou estimant notamment que
des sanctions contre la République islamique ne mèneraient qu'à une
impasse. "Nous tirons les enseignements du passé et ne pouvons
accorder crédit aux ultimatums, qui, tous, mènent à une impasse", a
déclaré ainsi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. "Oui,
les orientations de certains pays laissent planer des doutes et
suscitent le mécontentement, mais nous vivons tous dans le même
monde et nous devons les inciter au dialogue, au lieu de parler
d'isolement et de sanctions", a-t-il ajouté. Le point de vue de
Moscou prend à contre-pied celui de Washington, qui fait pression en
faveur de l'instauration rapide de sanctions contre la République
islamique, laquelle, a déclaré l'AIEA, n'a pas interrompu ses
activités d'enrichissement d'uranium à la date butoir du 31 août,
comme cela lui était demandé par la communauté internationale.
Téhéran continue d'arguer de sa bonne foi. "La République islamique
d'Iran pense que la seule manière possible de parvenir à des
résultats équitables et acceptables pour toutes les parties
prenantes, c'est de négocier et de respecter les droits légitimes de
l'Iran", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires
étrangères. "Les activités de l'Iran sont transparentes, publiques
et ne servent que des objectifs pacifiques, loin de toute ambiguïté
et la question peut être résolue par des négociations", a-t-il
assuré. L'Occident accuse l'Iran de chercher à mettre au point des
armes atomiques, ce que nie catégoriquement Téhéran. Dans son
dernier rapport, l'Agence internationale pour l'énergie atomique a
indiqué que l'Iran avait récemment repris l'enrichissement de
petites quantités d'uranium et estimé que le manque de coopération
de la part de Téhéran gênait ses investigations. Mais faut-il se
fier aux déclarations et aux rapports de l’agence internationale
dont les précédents notamment concernant le dossier irakien n’ont
guère fait preuve d’impartialité. Alors que Washington multiplie
injonctions et menaces, les ministres des Affaires étrangères de
l'Union européenne, réunis en Finlande pour 48 heures, veulent
privilégier la voie de la négociation. "Pour l'Union européenne, la
diplomatie est toujours la voie numéro un pour aller de l'avant", a
dit lors d'une conférence de presse à Lappeenranta le ministre
finlandais des Affaires étrangères, Erkki Tuomioja, dont le pays
préside actuellement l'UE. Le premier ministre français, Dominique
de Villepin, a regretté de son côté que l'Iran n'ait pas respecté
l'ultimatum du 31 août mais a estimé qu'un dialogue était toujours
possible avec ce pays. Jugeant la réponse de Téhéran "insuffisante",
il a jugé important que la communauté internationale montre à l'Iran
la nécessité de modifier sa position. La Grande-Bretagne, par la
voix de sa ministre des Affaires étrangères Margaret Beckett, a fait
part aussi de sa volonté de persévérer dans la recherche d'une
solution négociée. Le porte-parole de la politique étrangère
européenne, Javier Solana, a déclaré espérer rencontrer le chef des
négociateurs iraniens, Ali Larijani, dans les jours à venir pour
essayer d'obtenir de lui une réponse claire aux mesures d'incitation
proposées par les grandes puissances en échange d'un arrêt de
l'enrichissement de l'uranium par Téhéran. L'application de
sanctions contre l'Iran ne serait pas sans conséquences sur les
économies européennes et ainsi, la Chambre de commerce allemande a
évalué qu'elles pourraient mettre en péril, en Allemagne, plus de
10.000 emplois. L’unité de l’Occident face au dossier iranien semble
se lézarder, les Européens refusant avec Téhéran, face à des
Américains qui continue de brandir la menace de sanctions.
Darfour
Khartoum se dit prêt à faire face à une
"intervention étrangère"
Le gouvernement
soudanais s'est déclaré prêt à faire face à toute "intervention
étrangère" au lendemain de son rejet de la résolution du Conseil de
sécurité de l'Onu sur le déploiement d'une force de l'Onu au
Darfour. "Nous avons des options et des plans pour faire face à
l'intervention étrangère", a affirmé le vice-président soudanais Ali
Osman Taha, sans donner davantage de détails sur ces options et
plans. Selon lui, "la bataille avec la communauté internationale
requiert de la patience et de strictes précautions" Khartoum a
rejeté la résolution 1706, adoptée le 31 août par le Conseil de
sécurité, qui prévoit l'envoi de Casques bleus supplémentaires au
Darfour, région de l'ouest du Soudan déchirée depuis plus de trois
ans par un conflit meurtrier qui a fait jusqu'à 300.000 morts et
plus de 2,4 millions de déplacés et d'immigrés. Les autorités
soudanaises ont estimé que la résolution était "totalement
inacceptable", avertissant qu'elle pourrait "inciter à la
sédition".Le seul groupe rebelle du Darfour qui a signé un accord de
paix, en mai, avec le gouvernement soudanais a favorablement
accueilli la résolution 1706. "Nous accueillons favorablement" cette
résolution, a déclaré Mahjoub Hussein, porte-parole de la faction du
Mouvement de libération du Soudan dirigée par Minni Minawi
signataire de l'accord de paix."Ceux qui la rejettent expriment
leurs intérêts personnels et sont loin (de défendre) les intérêts du
peuple du Darfour", a ajouté Mahjoub Hussein, cité dernièrement par
le quotidien indépendant al-Soudani. "Cette résolution est une
planche de salut pour les déplacés et les immigrés du Darfour",
a-t-il affirmé. En dépit de son rejet de la résolution du Conseil de
sécurité, le gouvernement soudanais reste vague sur les moyens
auxquels il compte avoir recours pour empêcher son application. Le
vice-président soudanais a toutefois fait allusion à une éventuelle
confrontation armée avec les forces de l'ONU. "Nous avons vu ce que
le Hezbollah (libanais) a fait dans les rangs de l'armée de l'ennemi
sioniste grâce à la détermination, la patience et la volonté
politique que le parti (le Hezbollah) affiche". La résolution 1706
prévoit de faire passer les effectifs de la Mission de l'Onu au
Soudan (Minus) de 12.273 Casques bleus (pour l'instant déployés au
sud-Soudan) à 17.300 soldats et 3.300 policiers, pour relayer la
mission de l'Union africaine (UA) au Darfour. Placés sous le
chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui autorise le recours à la
force en cas de menace à la paix, les Casques bleus seront autorisés
à user de tous moyens pour protéger les personnels de l'ONU. La
résolution stipule que le déploiement des Casques bleus au Darfour
sera "fondé sur un accord avec le gouvernement (soudanais)". Mais
Washington a estimé que l'accord de Khartoum n'était pas nécessaire
pour renforcer la Minus. La résolution "invite à obtenir l'accord du
Soudan" mais rien dans le texte "ne l'exige", a dit la secrétaire
d'Etat adjointe aux Organisations internationales, Kristen
Silverberg. "N'oubliez pas que cette résolution comprend le mandat
de protéger les civils au titre du chapitre VII", a indiqué la
responsable américaine. "Et ce qui compte avec le chapitre VII,
c'est que même s'il est fréquemment appliqué avec l'accord du
gouvernement concerné, il ne nécessite pas l'accord ni la
coopération du gouvernement concerné", a-t-elle poursuivi. Mais il
semble improbable que l’Onu déploie de nouvelles forces sans
l’accord du gouvernement soudanais, au risque d’un affrontemen.t
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