Semaine du 6 au 12 septembre 2006

Surenchères politiciennes

Madani Mezrag veut son FIS

Le FLN risque d'être le grand absent des prochaines échéances politiques

La voie est elle libre ?

Drogue et chômage

Les deux font la paire

 

 
 
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Surenchères politiciennes

Madani Mezrag veut son FIS

Habitué à être un « chef », Madani Mezrag s’agite ces derniers jours en appelant au « retour du FIS » comme condition sine qua non au « retour de la paix et de la stabilité » et comme « accomplissement de la réconciliation nationale ». L’ex-« émir » de l’AIS fait de la surenchère alors que même les chefs historiques du parti dissous, en l’occurrence Abassi Madani et Ali Benhadj, ne réclament pas ce retour à la scène politique.

La démarche de Mezrag cache mal son désir de redevenir un « chef » dix ans après avoir déposé les armes. Pour avoir soutenu la démarche présidentielle de la « Charte pour la paix et la réconciliation », Mezrag a peut être tous les droits d’émettre des observations et des recommandations concernant l’application sur le terrain des textes de la Charte. Il peut juger que les conditions d’application des textes de la réconciliation nationale n’étaient pas favorables pour permettre la reddition à un plus grand nombre de terroristes. Il peut disserter sur les entraves ayant, selon lui, empêché d’obtenir de meilleurs résultats. Il peut proposer et, même, souhaiter le prolongement du délai de reddition. Il n’est, d’ailleurs, pas le seul puisque même l’ex-chef du gouvernement et SG du RND, Ahmed Ouyahia, estime qu’« on ne peut rejeter la repentance d’un terroriste qui rend ses armes au mois d’octobre ou même en décembre sous prétexte que le délai de six mois à expiré ».

Le problème réside dans le fait que Madani Mezrag profite de l’occasion qui lui est donnée dans le cadre du débat sur le bilan de la politique de réconciliation national, pour revendiquer le retour du FIS dissous s’apparente beaucoup plus à du « marchandage politicien ».

Selon lui, « la Charte n’est qu’une partie du processus de réconciliation qui a démarré par une trêve et qui devra, impérativement (remarquez l’assurance ! ndlr), aboutir à une amnistie générale et le recouvrement par les frères de tous leurs droits civiques et politiques », a déclaré Madani Mezrag à la presse reprochant à la Charte d’avoir « incriminé l’ex-FIS et évacué la responsabilité de l’Etat dans la crise des années 90 ».

Pourtant, l’ex-chef de l’AIS a soutenu et a même fait campagne en faveur du « Oui » lors du référendum lancé par le président de la république. Il sait donc pertinemment que le retour du FIS n’est pas à l’ordre du jour de la réconciliation.

Habitué aux tractations secrètes, Mezrag peut-il espérer obtenir ce qu’on lui aurait promis (selon lui), c’est-à-dire le retour du parti dissous ? Il sait parfaitement que cela est impossible, et que les hypothétiques « promesses » qu’il dit avoir arraché à ses interlocuteurs lors des « négociations » précédant la trêve ne sont pas applicables. Il n’a qu’à bien lire le texte de la Charte qui interdit explicitement à tous les responsables du parti dissous de retourner sur la scène politique.

Alors pourquoi remettre en scène une telle revendication (dont même les ex-militants du FIS ne semblent plus intéressés). En fait, la sortie médiatique de Madani Mezrag s’apparente plutôt à une campagne pour convaincre ses « partisans » au sein de la mouvance (ses anciens acolytes) qu’il reste bien un « chef » et qu’il « fait tout » pour leur permettre de revenir sur la scène politique, sous s a houlette bien évidemment.

Et puis, pourquoi se lancer dans une telle surenchère alors que même les dirigeants historiques de l’ex-FIS (hormis, peut être, Anouar Haddam) ne semblent pas favorables à une reprise du service ? Abassi Madani, de son exil volontaire à Qatar, et Ali Benhadj n’ont, en effet, pas exprimé un tel vœu. Cette remarque vaut autant pour les ex-militants du parti dissous qui, eux aussi, n’ont pas montré, y compris durant cette crise, aucun emballement pour cette revendication. Beaucoup, en tout cas, parmi ces ex-militants n’accepteraient pas de rouler sous la bannière de Mezrag. En particulier ceux parmi eux concernés par la question des disparus et qui se rappellent que l’ex-chef de l’AIS n’a fait aucun effort pour les aider sur ce dossier. Mezrag est même soupçonné d’avoir juste « sauvé sa peau » en acceptant de déposer les armes. D’ailleurs, des sources affirment que parmi les termes de l’accord conclu en 1997, il a été demandé au chef de l’AIS de passer outre la direction politique du parti dissous et de ne pas évoquer le dossier des disparus en échange d’une amnistie de fait qui prend effet depuis 1999 même sans avoir été concrétisée par un décret.

Sur ce dossier au moins, Madani Mezrag ne peut pas prétendre défendre les intérêts des militants de l’ex-FIS. D’ailleurs, certaines familles des disparus lui reprochent d’avoir cautionné la Charte pour la paix et la réconciliation qui met fin à ce dossier sans toutefois le résoudre.

Pour d’autres ex-responsables de l’AIS les positions dans ce débat portant sur le bilan de la réconciliation nationale semblent être plus logiques et touchent à des problèmes précis et sans surenchères politiciennes. Parmi les problèmes posés par des ex-acolytes de Madani Mezrag (dont ceux de l’Ouest), il y a la question de la situation sociale des repentis qui pour la plupart, selon les dires de Aoued Bouabdallah, « vivent dans des conditions difficiles ». Cet ex-numéro deux de l’AIS évoque la nécessité réinsertion des repentis à leurs anciens postes de travail, tout en posant le problème des garanties à donner aux futurs repentis pour les encourager à déposer les armes.

Devant ces véritables problèmes et des drames humains qu’a engendré la crise des années 90, poser la question du retour de l’ex-FIS comme une solution parait pour le moins indécent. D’autant plus que l’état de l’activité politique dans ce pays et la léthargie ambiante n’encourage pas à créer des partis ni même à faire de la politique. Nous le constaterons tous certainement à travers les thèmes des prochaines campagnes électorales (locales et nationales) prévues pour 2007. Lorsque le principal de l’actualité algérienne sociale et économique est créé par les syndicats et les mouvements sociaux, la politique on peut s’en passer, et du FIS aussi !

Abdelkader Djalil

 

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Le FLN risque d'être le grand absent des prochaines échéances politiques

La voie est elle libre ?

Le FLN n'aura pas obtenu ce sur quoi il s'est engagé corps et biens. La prolongation de délais pour la reddition des derniers irréductibles afin qu'ils bénéficient des dispositions de la réconciliation nationale, n'aura pas lieu et si on peut s'interroger sur le sort des derniers terroristes ou des chefs politiques fondamentalistes à l'étranger, on doit se poser la question urgemment du sort du FLN qui vient de subir un revers de taille alors qu'il considérait, à juste titre d'ailleurs, avoir le vent en poupe.

Le dépit de Abdelaziz Belkhadem, qui a convoqué en urgence une conférence de presse lundi 28 août au soir quelques heures avant la fin du délai octroyé par la charte sur la réconciliation nationale, était visible. Interrogé sur une éventuelle prolongation de délai pour l'application des dispositions de la charte pour la réconciliation nationale,   il renvoyait la balle dans le camps du président pour trancher la question confirmant que ce qui n'était qu'une rumeur est restée en l'état.

Est-ce la première grande défaite politique du FLN en attendant les autres ? Cela est probable car sans cet échec, le vieux parti pouvait se targuer d'être effectivement la première force politique du pays et surtout d'être un parti qui a les moyens d'influer sur le cours des événements.  En fait, l'image du parti omniprésent et à qui tout réussissait aura duré.

Aujourd'hui le FLN risque d'imploser alors que son secrétaire général  peine à faire aboutir sa vision des choses et sa démarche. La situation s'est compliquée un peu plus   alors que les tiraillements internes se font jours après les sorties publiques de Boualem Ben Hamouda et de Mouloud Hamrouche (1) qui doutent de la nécessité du second grand chantier entamé par le FLN la révision de la constitution. Si cette nouvelle constitution ne voit pas le jour et même si elle était présentée sans les accommodement présentée jusque là par le seul FLN la débâcle sera totale à l'approche des élection législatives et locales et avant elles, les sénatoriale à la fin de l'année. Le parti aujourd'hui majoritaire à l'assemblée et dans les collectivités locales aura du mal à se replacer en aussi bonne position sauf miracle.

Cela étant sommes nous réellement dans l'impasse, comme le pense Florence Beaugé spécialiste de l'Algérie au quotidien français Le monde ? (2)

Cette impasse si elle existe, est surtout celle du régime actuel et du parti FLN. Le système politique en entier se doit de fonctionner et aller de l'avant. Au-delà de toutes les hésitations et des horizons bouchés il y'a les prochaines échéances électorales qui auront tôt fait de débloquer la situation. Un parti en  lambeau aura du mal à réaffirmer sa suprématie sur le système politique. Un FLN affaibli, voire absent, n'est pas forcément la plus mauvaise chose qui puisse arriver dans le contexte actuel au pays. La politique, comme la nature, ayant horreur du vide, il y'aura urgence à combler le vide, reste à chercher qui sont ceux à même de le faire ?

Quelles forces politiques ?

La difficulté est bien entendue de combler l'espace politique actuellement désert. Une classe politique laminée dont les derniers faits d'armes, tiennent de frasques, qui remontent à avril 2004. Depuis l'opposition telle qu'elle a été configurée depuis 1989 n'est plus que l'ombre d'elle-même et le jeu s'est fait entre la seule composante de ce qui a été appelé l'alliance présidentielle   avec quelques entremises d'islamistes de l'ex Fis qui ont animé de temps à autre la scène. Le MRN de Abdallah Djballah a eu aussi les honneurs de unes à l'occasion aussi de conflits interne qui apparemment ont mis la machine politique de Djaballah KO.

Aujourd'hui le RCD, ébaubi après la débâcle de 2004 se terre dans un mutisme quasi total. Au FFS la base a bougé pour des questions d'ordre interne, mais sans plus. Reste le RND qui semble très bien se porter mais qui est trop proche du pouvoir pour faire réellement la différence et signaler le changement attendu.

Par ailleurs, des partis politiques et des leaders qui ne s'animent qu'à l'occasion des élection ont-ils encore grâce aux yeux d'un électorat un peu trop souvent convoqué depuis quelques temps et qui depuis longtemps se démène seul pour résoudre ses problèmes vivant quasiment en marge de sa classe politique.

Apparemment, l'erreur serait de chercher le renouveau dans la vieille classe politique. Certes il est difficile de mettre en lumière des organisations qui n'existent pas encore mais il y a « les vestiges » d'un mouvement associatif toujours dynamique, des associations de défense des droits des femmes, des coordinations plus ou moins légales qui ont failli bloquer le pays en entier, l'exemple des arouchs est significatif par sa capacité à cristalliser des énergies et des capacités de mobilisation qui existent dans la société et qui peuvent se manifester à tout moment.    

L'exemple du  milieu syndical (3) est également là pour rappeler que les forces dans le monde du travail se retrouvent au moment opportun. Les intersyndicales ont démontré une aptitude à mobiliser dans un contexte plus efficace que les organisations traditionnelles.

L'apparente stérilité de la société en matière d'idées et de capacité de rassemblement n'est pas si vraie et en quête de renouveau il n'y a pas lieu d'aller puiser toujours  dans les mêmes bassins de l'action militante, les leaders ou les figures rassembleuses autour de projets politiques sérieux. Reste à trouver le moment idoine pour que ces figures, ces idées se révèlent. De toute évidence alors, l'absence du FLN aux prochains rendez vous politiques si elle se confirme, tiendra lieu de convocation   pour les intellectuels désabusés, les militants déçus pour occuper, dans une configuration totalement nouvelle, la scène politique. 

Amine Esseghir

 

1- Mouloud Hamrouche, très discrète figure du FLN réformé, est sorti de son silence  pour dire qu'il préférait attendre avant de se prononcer sur le contenu de la constitution, devenu l'arlésienne depuis que tout le monde en parle, notamment au FLN, sans l'avoir vu. Pour cet ancien chef du gouvernement si cette constitution «vise à perpétuer le règne d'une personne, d'un clan » il la rejette mettant en évidence ce qui a été le plus dit sur ce texte, c'est-à-dire qu'il ne faisait que   un troisième et éventuellement d'un quatrième mandat  au président Bouteflika. Pour Mouloud Hamrouche il faut changer le système puisque « la politique que mène le régime actuellement n'arrive pas à se concevoir en dehors de la sphère de l'échec ». La critique à l'adresse du pouvoir concerne aussi le parti, son parti, le FLN qui échouera avec le système dont il est l'essence.

L'autre critique fut celle de Boualem Benhamouda,  ancien secrétaire général du FLN, qui   considère que « cette révision n'est pas une urgence et ce n'est pas une revendication des militants et des travailleurs, qui ont d'autres préoccupations. » Plus que tout Benhamouda met en évidence que ce texte n'est en rien l'émanation du parti ou des militants du FLN.  

 

2- Edition datée du mercredi 30 août 2006.

 

3 – Les intersyndicales qui se sont multipliées au printemps ont confirmé que les syndicalistes pouvaient trouver des issues pour leurs organisation en dehors des cadres préétablis donnant un sacré coup de jeune à l'action syndicale dans un contexte marqué par l'omniprésence de l'UGTA et le marasme dans lequel se débat le monde du travail.   Ce sont les menaces de grèves menées par les syndicats des ports, des douanes, de la santé ou des enseignants qui ont fait l'évènement quand l'UGTA a tenté de négocier des augmentations de salaires qui n'ont pas encore vu le jour.

 

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Drogue et chômage

Les deux font la paire

Ne dit-on pas depuis toujours que l’oisiveté est mère de tous les vices ? En effet, quand on passe son temps à se rouler le pouces, il va de soi que l’on se retrouve enchaîné, parfois dangereusement, à des activités nocives aussi bien pour sa propre santé que pour la société. Une enquête réalisée par la FOREM, dont les résultats ont été publiés cet été, prouve que cette citation est toujours d’actualité et montre que 64% des chômeurs se droguent. Pis encore, 31,1% parmi eux ne regrettent pas cette voie et se disent prêts à passer aux drogues dures. L’enquête révèle aussi que les femmes ne sont pas en reste, puisque 25,70% ont déclaré avoir consommé au moins une fois de la drogue.

L’enquête, réalisée entre mai et juin 2006 à travers les wilayas d’Alger, Tizi Ouzou, Béjaïa et Laghouat, est révélatrice de la tendance générale qui est en train de s’imprimer de plus en plus fort dans notre société par rapport à un fléau que l’on croyait limité à une certaine tranche de la  société. Celle des marginaux et des SDF. Pendant des années, on croyait dur comme fer que la toxicomanie ne constituait pas un grand danger tant qu’elle était le fait d’une poignée de gens. Voilà que ces croyances volent en éclats et que la sonnette d’alarme est tirée, un peu partout, pour signifier que la réalité est plus grave qu’on ne le pensait. Et que même des enfants sont touchés par ce fléau.

En fait, l’Algérie, qui a été pendant longtemps un pays de transit, est devenu consommateur, et c’est à partir de ce moment que le danger s’est fait menaçant. Selon la Gendarmerie nationale, plus de 10.000 affaires de trafic de stupéfiants ont été enregistrées et traitées durant les dix dernières années. Cela démontre, si besoin est, que le marché est des plus rentables. Le chanvre indien transformé en cannabis, qui est la drogue la plus utilisée en Algérie, nous vient du Maroc, premier pays producteur au monde avec 134 000 hectares cultivés et qui donnent 4 000 tonnes de kif traité par an. Cette production génère pour les trafiquants la faramineuse somme de 12 millions de dollars. Selon des experts algériens, sur 100 tonnes de cannabis qui proviennent du Maroc et transitent par l’Algérie pour être expédiés en Europe, seuls 12 tonnes sont saisies par les différents services de lutte contre les stupéfiants. La même quantité est saisie, au moins une fois par mois, par les services marocains. Le reste est distribué à travers des réseaux tellement bien organisés que la vente des stupéfiants continue à la même cadence, même quand des saisies importantes sont enregistrées.

Rien d’étonnant à ce que les gens soient de plus en plus touchés par ce mal incurable. En effet, selon les résultats de l’enquête réalisée par la FoREM, sur un échantillon de 4 080 personnes interrogées, il ressort que 37% ont reconnu avoir eu l’occasion de consommer de la drogue sans devenir dépendantes. Mais cela signifie que le mal est plus ancré qu’on ne le croyait. Mais ce que l’enquête a fait ressortir de façon évidente et en même temps inquiétante, c’est que 64% des chômeurs se droguent fréquemment, pour oublier leur triste réalité. Ces jeunes chômeurs se retrouvent dans un cercle vicieux, car il va de soi que la drogue coûte cher et que le besoin d’en consommer souvent est impérieux. Autrement dit, il faut toujours avoir sur soi une dose au cas où le besoin se ferait sentir. Cela veut dire aussi qu’il faut avoir les moyens financiers pour pouvoir s’acheter sa dose. Mais quand on est chômeur, comment faire pour ne pas être à court de stupéfiants ? Le problème réside là, car ces drogués recourent toujours à des moyens pour se procurer de l’argent et se retrouvent inévitablement dans des situations illégales. 29% d’entre eux avouent recourir au vol pour s’acheter la drogue. Ces vols peuvent aller du petit larcin jusqu’à l’affaire en or qui fait la Une des journaux et propulse ces petits voleurs en professionnels. Pour 17% des personnes interrogées, leur source de financement est la revente de la drogue. Ainsi, le consommateur devient fournisseur afin de pouvoir lui-même acheter la drogue qu’il lui faut. Ainsi, la boucle est bouclée et jamais ce drogué ne pourra se sortir de cette situation, car il lui faut sa dose régulièrement. Mais il faut croire que ce commerce est des plus rentables, même s’il comporte le risque d’être arrêté et jeté en prison, car tout le monde le sait, y compris le concerné, que l’usage et le trafic de stupéfiants est interdit par la loi et est passible de peines de prison.

Mais quand on est pris dans ce tourbillon, on ne pense à rien d’autre qu’aux plaisirs que procure l’usage de la drogue, même s’ils sont de courte durée, et aussi aux gains importants que génère le commerce des stupéfiants.

Donc la triste réalité est là et personne ne peut l’occulter. Le chômage est lui aussi un fléau difficile à combattre, car malgré les formules trouvées par les pouvoirs publics pour intégrer les jeunes dans le monde du travail, le mal est fait. Les chômeurs sont toujours plus nombreux, même si les chiffres officiels annoncent chaque année une régression de leur nombre.

La réalité reste celle que nous voyons au quotidien. Les vendeurs à la sauvette envahissent toujours les trottoirs et obligent les piétons à utiliser la voie qui est normalement à l’usage des voitures. Les voleurs de portables et de bijoux prolifèrent à tel point que les femmes enlèvent leurs bijoux quand elles sortent de chez elles, ou alors elles se rabattent sur les articles de fantaisie qui tentent un peu moins ces voleurs. Quant à utiliser son portable dans une rue très fréquentée ou un quartier populaire, cela relève du défi, car nombreux sont ceux et celles à qui l’on a tout bonnement subtilisé ce moyen de communication indispensable.

Il est donc tout à fait vrai que l’oisiveté est mère de tous les vices, mais il faut croire que l’appât du gain est aussi pour beaucoup dans cette situation. Y a-t-il des chances pour que ces jeunes retrouvent un jour une vie saine, loin de ce poison qui ne fait que les détruire à petit feu ? L’espoir est permis, même si l’enquête révèle que 34% des chômeurs interrogés affirment n’avoir jamais eu accès à des informations sur les dangers de la drogue. Ou peut-être préfèrent-ils ignorer ces dangers et vivre l’euphorie que leur procurent les psychotropes et autres, plutôt que d’affronter la routine quotidienne, l’oisiveté et le manque de perspectives. Maintenant que l’on sait que dans ce cas précis, ces deux phénomènes sont intimement liés, par où faut-il commencer pour les éliminer ?

Khadidja Mohamed Bouziane

 

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