Semaine du 6 au 12 septembre 2006

  Après l’expiration des délais de la charte

Le flou !

 

 
 
 Les Quotidiens en débat

Accueil.

Après l’expiration des délais de la charte

Le flou !

C’est ce jeudi 31 août à minuit que les délais d’application de la charte pour la paix et la réconciliation nationale ont expiré. Les spéculations sur leur prorogation ont alimenté la presse jusqu’à la dernière minute. Et au regard des analyses des titres de la presse écrites, les lecteurs n’auront pas réussi à se faire une idée définitive et ce même après l’expiration des délais accordés aux terroristes pour se rendre aux autorités et bénéficier ainsi des mesures contenues dans la loi adoptée par référendum le 29 septembre 2005.

Mardi 29 août, le quotidien arabophone El-Khabar annonçait en une de son édition du jour, que "le Président entre la prorogation et la promulgation de décrets en dehors de la renonciation". Un tel titre, faut-il en convenir, insinue au moins que la décision d’aller au-delà du 31 août est prise au sommet de l’Etat. Pourtant ce même quotidien revient sur le sujet le jeudi 31 août en annonçant également en une de son édition que "le flou entoure les délais et le bilan de la réconciliation".

Ainsi ce titre passe de la certitude en donnant aux lecteurs le choix qui se présentait devant le Président à l’incertitude en livrant aux lecteurs (les mêmes, faut-il le souligner) le seul sentiment qui est vrai. A savoir que nul au sein de la presse et même ailleurs, c’est en mesure de donner une information vraie. A commencer par la date à laquelle expire les délais. Si le Jour d’Algérie indique que la date butoir est fixée au 28 août, El Djazaïr News a indiqué, de son côté, que cette date a été arrêtée au 31 août. Seul point sur lequel les deux quotidiens sont d’accord, c’est l’heure. A savoir minuit.

Estimant que "la récréation est vraiment finie", l’éditorialiste du Jour d’Algérie (édition du 30 août) arrive à la conclusion que "le Président de la République a (…) choisi la voie de la légalité républicaine en s’abstenant de dénaturer le cours d’un processus qui est le seul à nous permettre de sortir durablement de la grave crise politique qui paralyse encore notre pays."

Le même rédacteur reviendra à la charge le lendemain en suggérant ce que d’aucuns, très nombreux du reste, pensent. A savoir qu’il est temps de passer "à autre chose". L’éditorialiste indiquera ainsi que "les Algériens savent à présent qu’il faut écarter de leur chemin des charlatans qui ne désespèrent pas e fourguer leur même éternelle camelote emballée autrement".

Plus haut, il rappellera que "six mois après la mise en œuvre de ladite charte, les choses sont plus claires et il est possible de dire que l’Algérie est en train de laisser derrière elle un épineux dossier que les générations à venir n’auraient pas encore à traîner comme un boulet au pied." Pourtant à en croire El Watan du mercredi 30 août, les choses sont loin d’être aussi claires ni aussi nettes que le donne à penser le Jour d’Algérie.

Ainsi un article signé de son commentateur maison, remet tout en cause et bat en brèche la certitude de l’éditorialiste. Ainsi, selon lui, le passage à la télé du chef du gouvernement qui a donné à croire au Jour d’Algérie que désormais les choses sont tranchées, est interprété autrement par El Watan. « C’est maintenant quasi-certain, écrit-il, la réconciliation nationale ira largement au-delà de sa date butoir formellement fixée par le pouvoir dans sa tentative de ramener à la raison les irréductibles parmi les groupes armés. »

Qui dit vrai ?

Ce même rédacteur affirmera de la sorte que "le faux suspense entretenu six mois durant autour d’une prétendue fermeté retrouvée du pouvoir dans son appréhension de l’équation sécuritaire vient d’être démasqué". Il poursuivra en ajoutant que "le fait est que même la date exacte de l’expiration du délai n’est pas assumée publiquement, du fait qu’elle n’est pas vraiment importante aux yeux d’un pouvoir qui a l’habitude de ne pas tenir compte, y compris de ses propres engagements." En enfonçant le clou, il rappellera que "loin d’être naïfs, les Algériens savaient que l’air de la réconciliation nationale sonnait le déjà entendu, eux qui connaissent la musique de la concorde".

Le Soir d’Algérie, de son côté, indiquera dans son édition du jeudi 31 août que « le MSP demande le prolongement de la réconciliation nationale vers une amnistie générale ». Cette demande fera remarquer la rédactrice, intervient « alors que le Président de la République a été catégorique lors de la campagne référendaire sur le projet de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, refusant de recourir à une amnistie générale en faveur des terroristes, à la place d’une réconciliation nationale ».

L’éditorialiste de la Dépêche de Kabylie s’interroge : « Le prolongement du délai peut-il encore servir lorsqu’on sait que depuis l’application des textes inhérents à la charte pour la paix et la réconciliation nationale, les personnes séduites par la proposition ne se sont pas fait supplier pour déposer les armes. » Et de conclure « Quant aux autres, seul le seïf el hadjadj »…

El Djazaïr News indiquera dans son édition que « 20 % des objectifs de la réconciliation n’ont pas été atteints ». Selon le quotidien, ce son là les propos tenus par Ksentini.

Le Maghreb rappellera que « restaurer la paix et la réconciliation nationale entre les Algériens reste le principal but » ; après six mois de mise en œuvre des dispositions de la charte.

La Nouvelle république du jeudi 31 août annonce en une de son édition que « l’ANP investit les monts de la Kabylie » et se demande « quels messages ? ». « Les autorités ont-elles perdu le monopole pour l’information sécuritaire, tant dans son contenu que dans l’opportunité de sa diffusion (…).

Autre interrogation, celle ayant trait aux délais de la charte. Le commentateur indiquera à juste titre que « le débat n’est pus du tout tranché sur les raisons qui justifieraient une prolongation des délais pour ce qui concerne les poursuites judiciaires ou alors qui en justifieraient la fermeture de la porte », et d’ajouter « quel serait l’impact sur les groupes armés du débat contradictoire qui a lieu entre ceux qui soutiennent une prolongation et ceux qui sont contre ».

Page tournée ?

En ce mois de septembre, sommes-nous vraiment passés à autre chose comme l’a suggéré l’éditorialiste du Jour d’Algérie ? A en croire La Tribune, la réponse à cette interrogation pouvait être positive. Ainsi dans son édition du jeudi 31 août, cette fameuse date qui a fait tant saliver, le quotidien indiquera que « les partis politiques font leur rentrée ».

Selon la rédactrice, « les vacances sont vraiment bel et bien terminées ». Mais après deux mois de vacances, les formations politiques ne risquent plus de chômer au regard de l’agenda retenu pour 2007.

Nadia Kerraz

Haut

e-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche