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Après l’expiration des délais de la charte
Le flou !
C’est ce jeudi 31
août à minuit que les délais d’application de la charte pour la paix
et la réconciliation nationale ont expiré. Les spéculations sur leur
prorogation ont alimenté la presse jusqu’à la dernière minute. Et au
regard des analyses des titres de la presse écrites, les lecteurs
n’auront pas réussi à se faire une idée définitive et ce même après
l’expiration des délais accordés aux terroristes pour se rendre aux
autorités et bénéficier ainsi des mesures contenues dans la loi
adoptée par référendum le 29 septembre 2005.
Mardi 29 août, le
quotidien arabophone El-Khabar annonçait en une de son édition du
jour, que "le Président entre la prorogation et la promulgation de
décrets en dehors de la renonciation". Un tel titre, faut-il en
convenir, insinue au moins que la décision d’aller au-delà du 31
août est prise au sommet de l’Etat. Pourtant ce même quotidien
revient sur le sujet le jeudi 31 août en annonçant également en une
de son édition que "le flou entoure les délais et le bilan de la
réconciliation".
Ainsi ce titre
passe de la certitude en donnant aux lecteurs le choix qui se
présentait devant le Président à l’incertitude en livrant aux
lecteurs (les mêmes, faut-il le souligner) le seul sentiment qui est
vrai. A savoir que nul au sein de la presse et même ailleurs, c’est
en mesure de donner une information vraie. A commencer par la date à
laquelle expire les délais. Si le Jour d’Algérie indique que la date
butoir est fixée au 28 août, El Djazaïr News a indiqué, de son côté,
que cette date a été arrêtée au 31 août. Seul point sur lequel les
deux quotidiens sont d’accord, c’est l’heure. A savoir minuit.
Estimant que "la
récréation est vraiment finie", l’éditorialiste du Jour d’Algérie
(édition du 30 août) arrive à la conclusion que "le Président de la
République a (…) choisi la voie de la légalité républicaine en
s’abstenant de dénaturer le cours d’un processus qui est le seul à
nous permettre de sortir durablement de la grave crise politique qui
paralyse encore notre pays."
Le même rédacteur
reviendra à la charge le lendemain en suggérant ce que d’aucuns,
très nombreux du reste, pensent. A savoir qu’il est temps de passer
"à autre chose". L’éditorialiste indiquera ainsi que "les Algériens
savent à présent qu’il faut écarter de leur chemin des charlatans
qui ne désespèrent pas e fourguer leur même éternelle camelote
emballée autrement".
Plus haut, il
rappellera que "six mois après la mise en œuvre de ladite charte,
les choses sont plus claires et il est possible de dire que
l’Algérie est en train de laisser derrière elle un épineux dossier
que les générations à venir n’auraient pas encore à traîner comme un
boulet au pied." Pourtant à en croire El Watan du mercredi 30 août,
les choses sont loin d’être aussi claires ni aussi nettes que le
donne à penser le Jour d’Algérie.
Ainsi un article
signé de son commentateur maison, remet tout en cause et bat en
brèche la certitude de l’éditorialiste. Ainsi, selon lui, le passage
à la télé du chef du gouvernement qui a donné à croire au Jour
d’Algérie que désormais les choses sont tranchées, est interprété
autrement par El Watan. « C’est maintenant quasi-certain, écrit-il,
la réconciliation nationale ira largement au-delà de sa date butoir
formellement fixée par le pouvoir dans sa tentative de ramener à la
raison les irréductibles parmi les groupes armés. »
Qui dit vrai ?
Ce même rédacteur
affirmera de la sorte que "le faux suspense entretenu six mois
durant autour d’une prétendue fermeté retrouvée du pouvoir dans son
appréhension de l’équation sécuritaire vient d’être démasqué". Il
poursuivra en ajoutant que "le fait est que même la date exacte de
l’expiration du délai n’est pas assumée publiquement, du fait
qu’elle n’est pas vraiment importante aux yeux d’un pouvoir qui a
l’habitude de ne pas tenir compte, y compris de ses propres
engagements." En enfonçant le clou, il rappellera que "loin d’être
naïfs, les Algériens savaient que l’air de la réconciliation
nationale sonnait le déjà entendu, eux qui connaissent la musique de
la concorde".
Le Soir d’Algérie,
de son côté, indiquera dans son édition du jeudi 31 août que « le
MSP demande le prolongement de la réconciliation nationale vers une
amnistie générale ». Cette demande fera remarquer la rédactrice,
intervient « alors que le Président de la République a été
catégorique lors de la campagne référendaire sur le projet de la
charte pour la paix et la réconciliation nationale, refusant de
recourir à une amnistie générale en faveur des terroristes, à la
place d’une réconciliation nationale ».
L’éditorialiste de
la Dépêche de Kabylie s’interroge : « Le prolongement du délai
peut-il encore servir lorsqu’on sait que depuis l’application des
textes inhérents à la charte pour la paix et la réconciliation
nationale, les personnes séduites par la proposition ne se sont pas
fait supplier pour déposer les armes. » Et de conclure « Quant aux
autres, seul le seïf el hadjadj »…
El Djazaïr News
indiquera dans son édition que « 20 % des objectifs de la
réconciliation n’ont pas été atteints ». Selon le quotidien, ce son
là les propos tenus par Ksentini.
Le Maghreb
rappellera que « restaurer la paix et la réconciliation nationale
entre les Algériens reste le principal but » ; après six mois de
mise en œuvre des dispositions de la charte.
La Nouvelle
république du jeudi 31 août annonce en une de son édition que «
l’ANP investit les monts de la Kabylie » et se demande « quels
messages ? ». « Les autorités ont-elles perdu le monopole pour
l’information sécuritaire, tant dans son contenu que dans
l’opportunité de sa diffusion (…).
Autre
interrogation, celle ayant trait aux délais de la charte. Le
commentateur indiquera à juste titre que « le débat n’est pus du
tout tranché sur les raisons qui justifieraient une prolongation des
délais pour ce qui concerne les poursuites judiciaires ou alors qui
en justifieraient la fermeture de la porte », et d’ajouter « quel
serait l’impact sur les groupes armés du débat contradictoire qui a
lieu entre ceux qui soutiennent une prolongation et ceux qui sont
contre ».
Page tournée ?
En ce mois de
septembre, sommes-nous vraiment passés à autre chose comme l’a
suggéré l’éditorialiste du Jour d’Algérie ? A en croire La Tribune,
la réponse à cette interrogation pouvait être positive. Ainsi dans
son édition du jeudi 31 août, cette fameuse date qui a fait tant
saliver, le quotidien indiquera que « les partis politiques font
leur rentrée ».
Selon la
rédactrice, « les vacances sont vraiment bel et bien terminées ».
Mais après deux mois de vacances, les formations politiques ne
risquent plus de chômer au regard de l’agenda retenu pour 2007.
Nadia Kerraz
Haut
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