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Eradicateurs qui êtes-vous ?
Un
danger mortel guette aujourd’hui le prochain référendum autour de la
charte pour la paix et la réconciliation nationale ; le réveil des
vieux démons et des vieilles haines autour de faux clivages et de
conflits artificiels. Alors que c’est une société déjà en voie
d’apaisement qui est appelée à entériner ce 29 septembre à venir la
fin d’une époque douloureuse dans l’histoire de notre jeune Nation,
voilà que tentent de ressurgir des mots et des expressions qui
appartiennent à un lexique et à une époque bien particuliers. Un
temps où des forces politiques bien précises ont essayé de masquer
les véritables enjeux de cette terrible tragédie, pour les faire
passer par des grilles de lecture déformant gravement la réalité. Le
FFS, le FLN de Mehri, les dirigeants du Fis dissous et
l’Internationale Socialiste dans son ensemble ont ainsi tenté
d’enfermer notre pays dans des problématiques fausses pour nous
condamner à ne jamais trouver de solution. Alors que l’Algérie était
en butte à ce que le projet de charte pour la paix et la
réconciliation nationale qualifie d’ « agression criminelle sans
précédent », le FFS et l’Internationale Socialiste ont quant à eux
préféré parler de guerre civile mettant aux prises des
réconciliateurs à de soit disant éradicateurs. Ce terme n’existant
pas dans la langue française, ni encore moins dans la langue arabe
il a évidemment fallu le forger de toute pièces pour en faire une
partie agissante dans un conflit pourtant d’une tout autre
dimension. Le but étant sans conteste de contourner l’obstacle
constitué par l’engagement résolu de la totalité des forces de
sécurité et de l ‘écrasante majorité de la population dans le combat
anti-terroriste. Sachant qu’il est plus aisé de dénoncer des
éradicateurs supposés animés d’une folie meurtrière contre les
islamistes, que des forces de sécurité engagées dans le
rétablissement de l’ordre. Ce qui permettait ainsi de régler un
autre gros problème qui consistait à trouver des protagonistes
crédibles à une guerre civile qui autrement n’en serait plus une.
L’absence objective de forces de gauche et de laïcs s’avérant
désastreux pour quiconque aurait souhaité les mettre au banc des
accusés. La plupart des militants de gauche ayant soit été contraint
à l’exil dés les premiers mois ayant suivi l’interruption du
processus électoral en janvier 1992, soit assassinés. Le peu qui
resteront ne constituant pas un bloc suffisamment menaçant pour
l’opposer à la déferlante terroriste, il fallait donc bien trouver
autre chose. Ce stratagème politique d’une grande perversité ne
réussira cependant pas à prendre au piége un haut commandement
militaire doué d’une remarquable capacité de discernement, puisque
loin de se complaire dans une position éradicatrice aussi
dangereuse, il développera dés les premiers mois de la crise, en mai
1992, les premiers signes d’ouverture en direction d’une solution
politique en soutien à la solution sécuritaire. Cela donnera le
premier général dialoguiste qui s’exprimera sous le sceau de
l’anonymat dans le quotidien arabophone Essalem. Ce général
dialoguiste, sera plus tard identifié comme étant le général Khaled
Nezzar, en personne. Quelques mois plus tard à peine, ce sera au
tour du général Touati de développer une longue analyse sur les
colonnes de la revue El Djeich, dans laquelle il trace avec un
indéniable talent, les lignes forces du rôle et de la place de l’ANP
dans le règlement du conflit qui prenait déjà des proportions
inquiétantes. Des lignes forces qui confirmaient la démarche
dialoguiste du général anonyme tout en précisant bien que l’Armée ne
fléchirait pas d’un iota sur le caractère républicain de l’Etat
algérien et qu’elle ne permettrait jamais à une insurrection quelle
que soit sa nature de mettre en péril les institutions de la
République. Et il faut bien admettre que l’armée algérienne ne
déviera pas de cette ligne, malgré les horreurs commises par les
terroristes. Mieux que cela, elle sera à l’origine de la mise sur
pied dés 1993 d’une commission nationale du dialogue national qui
comportera en son sein deux généraux, le général Mohamed Touati et
le général Ahmed Senhadji qui feront tout leur possible pour tenter
de ramener à la table du dialogue les dirigeants du Fis dissous en
liberté. Quant à Abassi Madani et Ali Belhadj, ils seront placés en
1994, par le Président Liamine en résidence surveillée et invités à
lancer des appels à la paix. Chose qu’ils ne feront évidemment pas,
interprétant cette initiative comme un signe de faiblesse qu’il
fallait au contraire capitaliser en un regain de radicalisme.
La
seule réalité de ces soi-disant éradicateurs sera alors les
multiples déclarations de personnalités connues pour leurs
sympathies islamistes, telles que Taleb Ibrahimi, Abdelhamid Mehri
Ali Yahia Abdennour, Aït Ahmed ou Abdelaziz Belkhadem, qui tout en
dénonçant de mythiques éradicateurs essayaient d’introduire le doute
au sein même de l’armée et l’amener ainsi à prendre ses distances
dans la lutte anti-terroriste. Un stratagème qui n’a pas eu les
effets escomptés puisque le projet de charte pour la paix et la
réconciliation nationale stipule clairement que : « Pour les
citoyennes et les citoyens, pour les familles algériennes, il est
vital de transcender définitivement cette tragédie qui ne réside pas
dans des débats théoriques, abstraits ou idéologiques, donnant lieu
à des échanges de vues entre acteurs ou organisations, agissant à
l’intérieur ou hors du territoire national.
Cette
question vitale concerne la sécurité des biens et celle des
personnes et même leur honneur, c’est-à-dire tout ce que l’Islam
sacralise et que la Loi protège et garantit. »
A. M.
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