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Egypte
Le
taux de participation, principal enjeu de la présidentielle
La
menace d'un fort taux d'abstention plane sur la présidentielle
egyptienne de ce 7 septembre à en croire la plupart des
observateurs. Estimant que les dés sont pipés à l'avance, Hosni
Moubarak étant assuré de rafler la mise, beaucoup d'égyptiens ne
feront pas le déplacement pour ce qu'ils estiment n'être qu'une
simple formalité.
Tout
au long de sa campagne électorale, le "raïs", qui brigue un
cinquième mandat consécutif ne s'est pas ménagé pour appeler les
quelques 32 millions d'électeurs inscrits à aller voter. Jusqu'à
présent, les électeurs acceptaient ou rejetaient, lors d'un
référendum, un seul candidat présidentiel choisi par le Parlement
dominé par le Parti national démocrate (PND, au pouvoir).
le
taux de paricipation est donc le principal enjeu de cette élection,
la première multipartite et au suffrage universel. il sera de ce
fait révélateur et permettra de jauger de la crédibilité de ce
scrutin.
"Les
juges s'attendent à ce qu'il ne dépasse pas les 20 à 25%, or le
régime a besoin d'atteindre les 50% pour avoir la légitimité
nécessaire ", note Dhia Rachwane, analyste au centre d'études
stratégiques Al Ahram. Et si ce pourcentage est annoncé, dit-il, "ce
sera la preuve d'une fraude massive.
Désabusés par des années d'autocratie , des Egyptiens , en tête
desquels d'éminents intellectuels, estiment que cette élection
pluraliste ne sera su'une "farce" destinée aux Occidentaux, qui ont
fait pression sur Hosni Moubarak pour l'adoption de réformes.
"Ca,
des élections ? C'est plutôt une farce dont le résultat est connu
d'avance" affirme la célèbre féministe Nawal al Saadaoui. "Je ne
participerai certainement pas à ce jeu". Un avis partagé par le
cinéaste Youcef Chahine. Le poète et critique Mohamed Abdel Moutaleb
estime lui que "pour qu'il y ait une véritable compétition,
l'article 77 de la Constitution qui permet au président de se
représenter autant de fois que possible aurait dû être amendé".
l'appel au boycottage a été relayé aussi par des partis, comme
Tagammou (marxiste) ainsi que par le mouvement Kefaya, qui a mené
une campagne énergique contre le pouvoir, multipliant les
manifestations de rue dans un pays où elles sont officiellement
interdite. "Nous avons appelé nos parisans à boycotter le scrutin
pour lui ôter toute légitimité" affirme le secrétaire général de
Tagammou, Hussein Abdel Razek. Il estime que les candidats qui
affrontent Hosni Moubarak n'ont au aucune chance de faire le pids:
ils ont eu 19 jours pour mener leur campagne face au président qui
est au pouvoir depuis 24 ans. "Ce scrutin n'est qu'une tromperie
destinée à l'opinion publique, car il s'agit en réalité d'un
référendum pour le président actuel", dit-il.
D'autres contestataires du régime ont lié leur décision de
participation à celle du club des magistrats chargés de la
supervision du scrutin. Ce dernier a finalement décidé de superviser
le scrutin tout en adressant des demandes à la Commission électorale
pour en garantir la transparence.
Reste
à savoir maintenant si les Egyptiens se rendront en masse pour
voter...
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Une élection sous le signe de promesses mirobolantes
Sans
souci de réalisme, les candidats à la présidentielle ont multiplié
les promesses mirobolantes pour allécher les électeurs dans un pays
où la pauvreté et le chômage étouffent la population.
Sûr
d'être élu, le président Hosni Moubarak à égréné des engagements à
donner le vertige : création de plus de 4 millions d'emplois, hausse
de 75 à 100% des salaires des 5 à 7 millions de fonctionnaires,
construction de 500 000 logements sociaux pour les familles à faible
revenu.
Les
infrastructures qu'il promet s'il est élu pour un cinquième mandat
de six ans sont tout aussi impressionnants: 12.000 kms de routes,
500 ponts, 3500 écoles, des milliers de chambre d'hôtels ou de 1000
à 2000 usines, selon ses discours de campagne.
le
chômage "continuera d'être le défi le plus important que
j'affronterai avec vous" a calmé l'actuel chef d'état. Le taux de
chômage est estimé à 10,5% selon les chiffres officiels et à plus de
20% selon les estimations indépendantes.
Le
quart de la population vit sous le seuil de la pauvreté, avec
environ deux dollars par jour , selon le ministère de la
planification, et de telles promesses ne peuvent manquer de frapper
les 32 millions d'électeurs.
Le
principal rival de Hosni Moubarak, le chef du parti Al-Ghad, le
libéral Ayman Nour , a proposé une aide mensuelle de 150 livres
égyptiennes (environ 26 dollars) à chaque chômeur sur une période de
deux ans. "Pendant ce temps-là, un programme de créations d'emplois
sera mis en place , en plus de la lutte contre la corruption",
a-t-il dit lors de sa campagne . Ayman Nour a également promis de
faire libérer "immédiatement les prisonniers de la pauvreté, qui ont
été mis en prison pour n'avoir pas pu payer les crédits contractés
pour acheter un réfrigérateur, des meubles ou une cuisinière".
Les
effets du chômage sont accentués par ceux de la corruption et du
népostisme généralisés. Certains assurent que les emplois dans
l'administration et les organismes publics se négocient à prix
forts.
les
promesses de Hosni Moubarak de mettre fin à ces pratiques laissent
plus d'un sceptique, d'autant qu'il s'est engagé à prendre de
nouvelles mesures de libéralisation économique.
3pourquoi Moubarak n'a pas crée les emplois qu'il promet
aujourd'hui, pendant les 24 ans qu'il a passé au pouvoir?", s'est
interrogé son rival du parti néo-Wafd.
Pour
les experts, le programme du président risque d'emballer l'inflation
qui est déjà de 4,7%, selon les chiffres officiels, mais de 8,5%
selon le fonds monétaire international (FMI). Beaucoup d'engagements
durant cette campagne électorale mais qui risquent bien de rester
lettres mortes.
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Washington ménage Moubarak
les
Etats-Unis ont exercé une pression mesurée sur le président égyptien
en ce qui concerne le caractère démocratique du scrutin
présidentiel, cherchant avant tout à ménager un de leurs principaux
alliés au Proche-Orient.
Ils
voient dans cette élection à candidatures multiples une évolution
positive, mais se sont refuser de juger le caractère démocratique
électorale, marquée notamment par un accès trés difficile aux médias
pour les opposants au président égyptien.
Hosni
Moubarak est l'un des alliés arabes les plus sûrs des Etats-Unis
dans la région et Washington a tout intérêt à ce qu'il emporte comme
prévu ce scrutin. Côté israélien, même position. Mais les
responsables politiques s'abstiennent de tout commentaire pour ne
pas paraître s'ingérer dans les affaires intérieures égyptiennes.
bien
que la politique étrangère joue un rôle relativement mineur dans la
campagne électorale, les adversaires du président dénoncent avec
véhémence la politique israélienne, la poursuite de son occupation
des territoires palestiniens , et ne sont pas loin de demander la
révocation de l'accord de paix entre les deux pays signé en 1979.
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