Semaine du 31 août au 6 septembre 2005

 

Egypte

Le taux de participation, principal enjeu de la présidentielle

Une élection sous le signe de promesses mirobolantes

Washington ménage Moubarak

 

 
 
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Le taux de participation, principal enjeu de la présidentielle

La menace d'un fort taux d'abstention plane sur la présidentielle egyptienne de ce 7 septembre à en croire la plupart des observateurs. Estimant que les dés sont pipés à l'avance, Hosni Moubarak étant assuré de rafler la mise, beaucoup d'égyptiens ne feront pas le déplacement pour ce qu'ils estiment n'être qu'une simple formalité.

 Tout au long de sa campagne électorale, le "raïs", qui brigue un cinquième mandat consécutif ne s'est pas ménagé pour appeler les quelques 32 millions d'électeurs inscrits à aller voter. Jusqu'à présent, les électeurs acceptaient ou rejetaient, lors d'un référendum, un seul candidat présidentiel choisi par le Parlement dominé par le Parti national démocrate (PND, au pouvoir).

le taux de paricipation est donc le principal enjeu de cette élection, la première multipartite et au suffrage universel. il sera de ce fait révélateur et permettra de jauger de la crédibilité de ce scrutin. 

"Les juges s'attendent à ce qu'il ne dépasse pas les 20 à 25%, or le régime a besoin d'atteindre les 50% pour avoir la légitimité nécessaire ", note Dhia Rachwane, analyste au centre d'études stratégiques Al Ahram. Et si ce pourcentage est annoncé, dit-il, "ce sera la preuve d'une fraude massive.

Désabusés par des années d'autocratie , des Egyptiens , en tête desquels d'éminents intellectuels, estiment que cette élection pluraliste ne sera su'une "farce" destinée aux Occidentaux, qui ont fait pression sur Hosni Moubarak pour l'adoption de réformes.

"Ca, des élections ? C'est plutôt une farce dont le résultat est connu d'avance" affirme la célèbre féministe Nawal al Saadaoui. "Je ne participerai certainement pas à ce jeu". Un avis partagé par le cinéaste Youcef Chahine. Le poète et critique Mohamed Abdel Moutaleb estime lui que "pour qu'il y ait une véritable compétition, l'article 77 de la Constitution qui permet au président de se représenter autant de fois que possible aurait dû être amendé".

l'appel au boycottage a été relayé aussi par des partis, comme Tagammou (marxiste) ainsi que par le mouvement Kefaya, qui a mené une campagne énergique contre le pouvoir, multipliant les manifestations de rue dans un pays où elles sont officiellement interdite. "Nous avons appelé nos parisans à boycotter le scrutin pour lui ôter toute légitimité" affirme le secrétaire général de Tagammou, Hussein Abdel Razek. Il estime que les candidats qui affrontent Hosni Moubarak n'ont au aucune chance de faire le pids: ils ont eu 19 jours pour mener leur campagne face au président qui est au pouvoir depuis 24 ans. "Ce scrutin n'est qu'une tromperie destinée à l'opinion publique, car il s'agit en réalité d'un référendum pour le président actuel", dit-il.

D'autres contestataires du régime ont lié leur décision de participation à celle du club des magistrats chargés de la supervision du scrutin. Ce dernier a finalement décidé de superviser le scrutin tout en adressant des demandes à la Commission électorale pour en garantir la transparence.

Reste à savoir maintenant si les Egyptiens se rendront en masse pour voter...

 

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Une élection sous le signe de promesses mirobolantes

Sans souci de réalisme, les candidats à la présidentielle ont multiplié les promesses mirobolantes pour allécher les électeurs dans un pays où la pauvreté et le chômage étouffent la population.

Sûr d'être élu, le président Hosni Moubarak à égréné des engagements à donner le vertige : création de plus de 4 millions d'emplois, hausse de 75 à 100% des salaires des 5 à 7 millions de fonctionnaires, construction de 500 000 logements sociaux pour les familles à faible revenu.

Les infrastructures qu'il promet s'il est élu pour un cinquième mandat de six ans sont tout aussi impressionnants: 12.000 kms de routes, 500 ponts, 3500 écoles, des milliers de chambre d'hôtels ou de 1000 à 2000 usines, selon ses discours de campagne.

le chômage "continuera d'être le défi le plus important que j'affronterai avec vous" a calmé l'actuel chef d'état. Le taux de chômage est estimé à 10,5% selon les chiffres officiels et à plus de 20% selon les estimations indépendantes.

Le quart de la population vit sous le seuil de la pauvreté, avec environ deux dollars par jour , selon le ministère de la planification, et de telles promesses ne peuvent manquer de frapper les 32 millions d'électeurs.

Le principal rival de Hosni Moubarak, le chef du parti Al-Ghad, le libéral Ayman Nour , a proposé une aide mensuelle de 150 livres égyptiennes (environ 26 dollars) à chaque chômeur sur une période de deux ans. "Pendant ce temps-là, un programme de créations d'emplois sera mis en place , en plus de la lutte contre la corruption", a-t-il dit lors de sa campagne . Ayman Nour a également promis de faire libérer "immédiatement les prisonniers de la pauvreté, qui ont été mis en prison pour n'avoir pas pu payer les crédits contractés pour acheter un réfrigérateur, des meubles ou une cuisinière".

Les effets du chômage sont accentués par ceux de la corruption et du népostisme généralisés. Certains assurent que les emplois dans l'administration et les organismes publics se négocient à prix forts.

les promesses de Hosni Moubarak de mettre fin à ces pratiques laissent plus d'un sceptique, d'autant qu'il s'est engagé à prendre de nouvelles mesures de libéralisation économique.

3pourquoi Moubarak n'a pas crée les emplois qu'il promet aujourd'hui, pendant les 24 ans qu'il a passé au pouvoir?", s'est interrogé son rival du parti néo-Wafd.

Pour les experts, le programme du président risque d'emballer l'inflation qui est déjà de 4,7%, selon les chiffres officiels, mais de 8,5% selon le fonds monétaire international (FMI). Beaucoup d'engagements durant cette campagne électorale mais qui risquent bien de rester lettres mortes.

 

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Washington ménage Moubarak

les Etats-Unis ont exercé une pression mesurée sur le président égyptien en ce qui concerne le caractère démocratique du scrutin présidentiel, cherchant avant tout à ménager un de leurs principaux alliés au Proche-Orient.

Ils voient dans cette élection à candidatures multiples une évolution positive, mais se sont refuser de juger le caractère démocratique électorale, marquée notamment par un accès trés difficile aux médias pour les opposants au président égyptien.

Hosni Moubarak est l'un des alliés arabes les plus sûrs des Etats-Unis dans la région et Washington a tout intérêt à ce qu'il emporte comme prévu ce scrutin. Côté israélien,  même position.  Mais les responsables politiques s'abstiennent de tout commentaire pour ne pas paraître s'ingérer dans les affaires intérieures égyptiennes.

bien que la politique étrangère joue un rôle relativement mineur dans la campagne électorale, les adversaires du président dénoncent avec véhémence la politique israélienne, la poursuite de son occupation des territoires palestiniens , et ne sont pas loin de demander la révocation de l'accord de paix entre les deux pays signé en 1979.   

 

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