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Algérie-France
Un article de
loi contre un traité
La
loi qui suscite aujourd’hui débats et polémiques et pourrait même
retarder la signature du traité d’amitié entre l’Algérie et la
France n’ rien d’une nouveauté. En 2003, alors que l’on célébrait en
France l’année de l’Algérie en France, un texte d’un seul article
était proposé par un groupe de 108 députés pour la reconnaissance
par la France à l’œuvre des français qui ont vécu en Algérie durant
la colonisation pour le développement du pays.
Le
texte ne dit pas plus que cela : « L'œuvre positive de l'ensemble de
nos concitoyens qui ont vécu en Algérie pendant la période de la
présence française est publiquement reconnue. » (1) Une phrase sous
laquelle sont reconnus tous les actes positifs à inscrire au
bénéfice de certains individus concomitamment avec toutes les
abominations qu’a connu le pays du fait de la colonisation.
Autant dans la forme que dans le fond l’exposé des motifs frise
l’absurdité. S’il distingue deux périodes, la guerre de la conquête
et la guerre de libération durant la période de colonisation, il
n’est enregistré entre les deux période à l’actif des français
d’Algérie qu’une oeuvre de développement. La colonisation, crime
contre l’humanité, devenait une œuvre civilisatrice dans des propos
à peine différents des slogans dont été friands les colonisateurs
alors que les algériens vivaient sous le joug d’un apartheid qui ne
disait pas son nom.
Les
députés soulignent que «pendant cette période (la colonisation Ndlr),
la République a cependant apporté sur la terre d'Algérie son
savoir-faire scientifique, technique et administratif, sa culture et
sa langue ».Ils tombent dans l’amalgame dès lors qu’ils font
supporter au peuplement européen massif organisé par la colonisation
ce dit effort de développement. « C'est en grande partie grâce à
leur courage et leur goût d'entreprendre que le pays s'est
développé.»
Quant
aux justifications de cette reconnaissance pour les députés
« Le
temps de la mémoire et de la reconnaissance précède et accompagne le
temps de la réconciliation, du respect et de la coopération. »
comble de l’ironie, le texte est pondu au moment où on célèbre
l’année de l’Algérie en France. Par ailleurs il repose en termes
politiques ce qui est appelé l’histoire officielle.
Si
parmi les députés ont retrouvé des descendants de pieds noirs ou de
pied noirs ou encore d’autres qui ont des liens particuliers avec
l’Algérie (le comédien Daniel Prévost entre autre) le groupe est
mené par Jean Léonetti et par Philippe Douste Blazy nommé en 2005
ministre des Affaires étrangères. (2)
Pourtant, celui qui mène le groupe de députés n’a rien d’un émule de
Le Pen et s’éloigne complètement des idées que l’on peut se faire
d’un néocolonialiste.
Jean
Léonetti est un député de droit qui a surtout des préoccupations
d’ordre social. Ainsi il était reçu récemment par le premier
ministre français afin de lui présenter le rapport du comité de
suivi et d’évaluation de la journée de solidarité pour l’autonomie.
Un comité qui active et réfléchi pour permettre plus d’autonomie
pour les handicapés et les personnes âgées.
Le
même Léonetti est l’auteur de « Vivre ou laisser mourir. Respecter
la vie, accepter la mort ». Un livre qui fait suite au débat en
France sur l’euthanasie. Léonetti étant aussi médecin a participé au
débat qui a rassemblé religieux médecins et philosophes autour de
cette douloureuse question.
Comment un homme autant à l’écoute des besoins des plus démunis ou
des questions humaines les plus profondes, mais aussi parmi les plus
avant-gardistes, a pu adhérer à une démarche à la limite du
révisionnisme ?
En
fait, plus que jamais se pose la question du lobbying de certains
cercles pieds noirs. Ceux ci très proche de la droite traditionnelle
ont certainement approché des députés notamment au moment où une
détente était enregistrée dabs les relations entre l'Algérie et la
France. Certaines associations de pieds noirs (3) dont l'action
désuète et nostalgique est souvent négligée par les médias reste
tout de même écoutée et assez efficace auprès des politiques. Par
ailleurs ces mêmes mouvements peuvent effectivement s'allier aussi
l'extrême droite alors que la France a été secouée par l'élection de
2002. Dès lors s'explique cette propension de la droite modérée à
vouloir récupérer à son compte un combat d'arrière garde et une
approche à la limite révisionniste pour au moins la soustraire au
programme et actions à venir de l'extrême droite parait souvent dans
le discours des hommes de droite. Il est à croire donc que la
question de la reconnaissance de l'oeuvre bienfaitrice de la
colonisation de Algérie est une affaire franco-française qui a
débordé sur la méditerranée.
Amine Esseghir
1-
En 1962, le résultat de l’oeuvre de développement de la colonisation
se résumait à un taux d’analphabétisme de plus 80%, l’absence totale
d’infrastructures dans les régions qui n’avait aucun intérêt pour la
colonisation. L’Algérie indépendante avait un besoin énorme en
écoles en hôpitaux, en logements. Quant à la vie sous la
colonisation même les principes fondateurs de la république
française ont été considéré comme un luxe inaccessible pour les
algériens considérés dès lors comme moins humains que les colons (la
déclaration des droits de l’homme de la révolution de 1789 devenue
universelle étant claire à ce propos, puisque elle stipule que tous
les hommes naissent libres et égaux). Après avoir été gérés par le
code de l’indigénat il ne pouvaient pas non plus aspirer aux mêmes
droits civiques que les citoyens français. Le texte a toutefois le
mérite de distinguer les deux populations portant dans ses lignes l’abbération
qui l'a inspiré.
2-
Douste Balzy a beau crier récemment qu’il n y aura jamais d’histiore
officielle en France, il reste qu’il a soutenu un texte légilatuf
qui justement permet à cette même histoire officielle de trouver un
appui puiqu'il apporte comme un éclairage nouveau et offgciellement
admis à l’action des colons en Algérie d’autant qu’aucun texte ne
condamne les actes barbares dont ont été victimes les algériens qui
ont eu lieu durant la guerre de conquête et même après. Si la
reconnaisance publique de l’oeuvr de développment existe dans les
textes légsitaifs français cela ouvre grand la porte devant les
dénis de mémoires et les interprétations rapides qui prévalent déjà
chez de nombreux historiens français.
3-
Les plus modérees de ces associations sont "le cercle algérianiste",
"SOS Outre mer", "Veritas" ou "souvenir des français disparus en
Algérie". D'autres, sont carrément des associations qui véhiculent
un discours à caractère xénophobe et liée à l'extrème droite peuvent
recruter chez les pieds noirs ou ceux qui leurs portent de la
sympathie. L'USDIFRA à ce propos en est le plus éloquent exemple.
Haut
Finances
Prise de contrôle par le haut
La
faible mesure des changements opérés à la tête des banques publiques
en début d’été s’est vite révélée. Aujourd’hui, il est question
d’asseoir une mainmise totale et surtout définitive du ministère des
Finances sur un secteur où se télescopent trop d’intérêts.
Le
vent de changement dans le secteur des finances auquel l’on assiste
est présenté comme un coup dans la fourmilière dicté par les besoins
du gouvernement d'aller de l'avant dans une réforme qui n'a que trop
tardé. Ainsi, les banques publiques ont connu cette semaine leur
deuxième mouvement de P-DG en moins de six mois. Après un premier
jeu de chaises musicales qui n'avait de vrai but que d'escamoter
l'éviction de Farouk Bouyakoub de la direction de la BADR, c'est à
une série de limogeages-sanctions que l'on assiste aujourd'hui dans
le secteur financier, ponctuée par des changements dans le staff
direct de Mourad Medelci. Staff marqué par la venue de Miloud
Boutabba au poste de secrétaire général du ministère et
l'installation d'un certain nombre de hauts cadres à la tête
d'organismes de création récente, à l'image du Fond national de
développement et d’équipement.
Aujourd'hui, le départ volontaire et prématuré de Ferhat Messibah de
la BADR donne tout lieu de penser à un fort malaise au sommet du
secteur bancaire, malaise conforté par le limogeage de Mourad Chikhi
(BNA), mais surtout celui de Ali Djendi, doyen des responsables dans
le secteur des assurances, de surcroît président de l'Union des
assureurs et réassureurs (UAR). C'est aux choses sérieuses que le
ministre des Finances semble être décidé à passer. Il est de
notoriété que l’UAR a de tout temps été une place imprenable,
indépendante, à laquelle le ministère lui-même n’arrivait pas à
dicter la conduite, l’Union étant une association patronale en fait
et renforcée dans son indépendance par des liens profonds avec ses
homologues étrangères, européennes notamment. En "décapitant" l’UAR,
c’est à une sorte d’ordre établi (sans que le propos ne soit
péjoratif) que le ministre des Finances s’attaque. Cela si l’on noue
un lien, indirect soit-il, avec les hommes qui ont eu la
responsabilité de la CAAR et les atermoiements dans son ouverture du
capital, annoncée par le ministère de Temmar… en 2000. Cette
démarche a, du reste, été précédée par un discret renouvellement
des conseils d'administration des compagnies publiques d'assurances
(suite logique à celui opéré au niveau des banques). Et si le
représentant du gouvernement avait alors motivé ces changements par
le souci de placer "des compétences sûres en leur sein", c’est qu’en
définitive il est obtenu la fin d’un dualisme dans la décision au
sein du secteur des assurances. Résultat : l’influence du Conseil
national des assurances (CNA) qui se cantonnait dans son rôle
d’organe consultatif, n’en sera que grandissante et c’est à ce
dernier qu’il sera désormais possible de conduire les réformes du
secteur tel qu’elles ont toujours été entrevues, c’est-à-dire par
une privatisation précédée non pas d’une mise à niveau, mais d’un
redimensionnement des compagnies. Les études du CNA, rejetées sans
le dire explicitement par l’UAR, préconisaient en effet de placer
les compagnies au même niveau de concurrence que les compagnies
privées qui, elles, ont imposé des seuils de rentabilité élevés,
tirés d’une organisation allégée des réseaux trop importants et des
frais d’exploitation lourds.
Le
privé, pour sa part, s’est basé sur la sous-traitance d’une armée de
courtiers et d’agents aux revenus indexés sur le chiffre d'affaires
réalisés, ce qui implique pour les compagnies publiques d’appliquer
une sévère compression de personnel que les études du CNA jugent
salutaires.
Autre
point de divergence : l’UAR a été plutôt en faveur d’une unification
des principales compagnies publiques (CAAR, SAA et CAAT) en une
seule, à qui serait accordée une mise à niveau et toutes les chances
de conserver ses parts monopolistiques du marché local comme étape
prélude à la privatisation au profit des investisseurs locaux. Ce
qui, aujourd’hui, est totalement contradictoire avec le programme de
libéralisation du secteur financier.
Ces
changements énumérés font suite, faut-il le rappeler, à la
promulgation d’une nouvelle loi sur les assurances qui modifie celle
de 1995, totalement dépassée par l’évolution de l’activité.
Pour
revenir aux banques, sujet des plus croustillants s’il en fut, le
ministère des Finances semble avoir choisi de resserrer son contrôle
de A à Z, dans l’optique d’accélérer l’assainissement des
portefeuilles des banques, de les rendre tout bonnement plus
"vendables". C’est ce qu’il faut comprendre lorsque le gouvernement
motive ce retour au centralisme en évoquant, lors d’un récent
conseil du gouvernement, "l'amélioration du dispositif du contrôle
interne et la modernisation du système d'information de l'entreprise
et la garantie d'un suivi rigoureux des participants de l'entreprise
et l'application d'une gestion active en matière d'acquisition et de
désengagement suivant les objectifs de rentabilité et de stratégie
de la société".
Le
motif sous-jacent de ce retour au contrôle central est, quant à lui,
d’ordre politique. A commencer par le chef de l’Etat qui a demandé,
lors de la conférence des cadres de la nation, à ce que les banques
financent l’économie à un niveau nettement supérieur ; tout le monde
sait que celles-ci sont appelées à distribuer davantage de
ressources. La manière dont le dialogue entre le gouvernement et le
patronat autour de l’accompagnement bancaire a abouti : le projet de
1 million de logement, les 55 milliards de dollars prévus dans le
cadre du plan de soutien à la croissance économique et, surtout, le
volume record des surliquidités au niveau des banques (plus d'1
milliard de dollars, dont 3 pour la seule BEA au compte de
Sonatrach) sont autant d’éléments qui préfigurent d’une
redistribution des recettes de la rente pétrolière à une échelle
record également.
Dans
cette perspective, le retour en force de l’emprise de la tutelle n’a
pas seulement pour but d’éviter la dilapidation de cette ressource,
mais surtout de veiller à ce que le choix des bénéficiaires puisse
rester entre les mains de l’Exécutif. Il est intéressant, dans cette
veine, de suivre de près le fonctionnement du nouveau système de
paiement. Devant être opérationnel avant la fin 2005, il a pour
objet d'accélérer le traitement des dossiers de financement des
investissements. Appelé "système de masse", basé sur l'informatique
et les techniques de télécommunications, il se veut plus
"maîtrisable".
Mais
outre le volet des crédits, le système de paiement de masse prend en
charge un autre pôle. Ce dernier s'articule sur la nécessité
d'utiliser les moyens des banques pour l'étude des projets
d'investissement et de définir les critères d'attribution de crédits
aux opérateurs. C'est d'ailleurs dans cette optique qu'il est
escompté une batterie de textes visant à accompagner et à renforcer
ce système et qui seront soumises à l'APN dès la session d'automne.
Il s'agit d'une loi sur le capital risque et d’un texte
réglementaire relatif à la titrisation des créances hypothécaires
qui assurera un financement plus large du logement.
Pour
compléter le panorama d’un centralisme qui pourrait s’avérer
historique, il faut savoir également que de grands changements
toucheront l'administration fiscale, dont les cadres feront l'objet
d'une évaluation à la faveur des campagnes actuelles de
"régularisation des contribuables".
Nabil Benali
Haut
Bonne gouvernance économique
Le
pavé dans la mare de Benachenhou
Ils
mériteraient un débat national télévisé. Les propos de l'ex-ministre
des Finances, Abdelatif Benachenhou, sur l'état de la gestion
économique et ses perspectives, tenus la semaine dernière à
Boumerdes lors de l'université d'été du FLN, devraient donner à
réfléchir. L'ex-argentier du pays pose le problème de la mauvaise
gouvernance. "L'Algérie, dit-il, a des moyens financiers mais manque
de savoir-faire et de compétences."
Conclusion : l'économie nationale n'est pas gérée convenablement, et
l'Algérie ne connaîtra vraisemblablement pas de relance sérieuse en
l'absence d'une vision claire dont l'objectif est de doter le pays
d'une base économique solide pour éviter les années de vaches
maigres qui peuvent à tout moment pointer du nez en cas de chute des
prix du baril de pétrole.
Pourtant, Benachenhou n'a rien d'un opposant qui n'aurait pour but
que de nuire au moral conquérant d'un Exécutif qui dispose d'énormes
potentialités financières, jamais égalées depuis l'indépendance de
l'Algérie, mais sans avoir l'intelligence de les transformer en
richesses durables.
Intitulée "La croissance économique en Algérie : ressources et
politiques", l'intervention de Benachenhou a confirmé ce que tout le
monde avait déjà constaté à propos de l'actuelle politique
économique. Aucune perspective sérieuse. Des dépenses en dizaines de
milliards de dollars prévues durant les cinq prochaines années,
qualifiées pompeusement de "plan de relance", alors qu'il ne s'agit
que de donner un coup de fouet à la consommation et
aux
importations.
Selon
la démonstration de Benachenhou, l'argent n'est pas l'unique
ingrédient de la croissance économique. Il considère que le pays
devrait également accorder plus d'attention à ses ressources
humaines et à ces milliers de diplômés qui viennent annuellement sur
le marché du travail sans
être
mis à contribution pour le développement de l'Algérie. Il considère
que "l'insuffisance des ressources humaines - dont la formation, le
placement et surtout l'usage constituent le maillon faible des
politiques suivies actuellement - est le principal facteur limitant
de la croissance".
Pour
Benachenhou, la politique de réconciliation nationale doit d'abord
passer par une politique économique basée sur "une juste répartition
des richesses entre toutes les wilayas du pays et la garantie de
l'emploi pour les jeunes".
Concernant l'investissement étranger, l'ex-ministre des Finances
estime que l'Algérie "continue d'envoyer des signaux contradictoires
à l'adresse des investisseurs étrangers". Il est impératif, selon
lui, de clarifier notre position sur ce point si l'on veut capter
plus d'investissements directs étrangers (IDE). Les tracasseries
bureaucratiques, les retards cumulés dans la modernisation du
secteur bancaire et le manque d'infrastructures, en particulier dans
le secteur des transports, y sont pour beaucoup.
Une dure réalité
Censée s'être préparée à l'échéance de l'entrée en vigueur de
l'Accord d'association avec l'Union européenne, l'Algérie accuse
encore du retard dans la mise à niveau de ses entreprises. Ce qui
dénote, encore une fois, de l'absence de visibilité dans le domaine
économique.
Le
ministère de la Petite et Moyenne Entreprise (PME) nous apprend
qu'il va lancer, vers la fin de cette année, un "programme de mise à
niveau des PME".
Mise
à niveau ? Vous avez l'impression d'avoir déjà entendu parler de
cela ?
Vous
avez raison, c'est ce que rapportent les journalistes depuis au
moins deux ans, lorsque les pouvoirs publics et les ministères
concernés évoquent l'entrée en vigueur de l'Accord d'association
avec l'Union européenne. Mais, depuis, rien de nouveau. Les PME
attendent la mise à niveau. Il paraît que cette fois, c'est pour de
vrai. L'Etat dépensera un milliard de dinars (100 milliards de
centimes) sur une durée de 6 ans pour aider les PME à "relever le
défi" imposé par l'Accord d'association. Qu'est-ce qui a été fait
durant les précédentes années ? On n'en saura pas plus. Sauf
peut-être qu'un millier d'entreprises ont été mises à niveau (grâce,
notamment, au programme Meda). Mais il faut savoir qu'il reste
"10.000 à 20.000 entreprises" dont le niveau nécessite une
amélioration. De là à s'attendre à ce que la production algérienne
puisse concurrencer celle des pays de l'Union européenne, il ne faut
pas rêver.
Un
autre ancien ministre, Réda Hamiani en l'occurrence, membre du Forum
des
chefs
d'entreprises (FCE), constate que 90% de la production des 240.000
entreprises nationales ne répond pas aux normes internationales et
ne peut, par conséquent, s'exporter. "Les capacités industrielles,
déclarait-il il y a deux semaines lors d'une rencontre organisée par
l'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), sont
presque toutes à l'arrêt et les entreprises opérationnelles, pour la
plupart familiales et ne tournant pas à plein régime, sont
incapables de concurrencer les grandes entreprises internationales."
Hamiani va encore plus loin en suggérant que "l'administration
économique a été conçue pour l'importation" et non pas pour
l'exportation.
Les
récents chiffres de la production industrielle confirment cette
tendance. Ils indiquent une baisse de 3% qui, en plus du problème de
la qualité, handicape lourdement l'avenir de l'économie nationale.
On attribue à cette morosité du secteur public le manque de
ressources financières pour le renouvellement de l'outil de
production, et l'on oublie que les entreprises nationales ont
englouti plus de 36 milliards de dollars entre 1991 et 2004 sans
pour autant donner le change.
Ce
qu'il faudrait blâmer, c'est plutôt l'archaïsme des méthodes de
gestion et non le manque de financements.
Un
économiste, Nasreddine Sadi, avait révélé au début du mois dernier,
que les objectifs du premier plan de relance économique de 7
milliards de dollars n'ont été réalisés qu'à hauteur de 25%
seulement, alors que l'argent a été totalement dépensé.
"On
se demande aujourd'hui, a-t-il déclaré, si l'Etat a mis en place,
dans le cadre de la relance économique, un système d'examen
périodique des politiques poursuivies." Pourtant, la réponse est
évidente : il n'y a pas de système de contrôle qui permette de juger
si les dépenses sont consommées en même temps que l'avancement des
projets. Les politiques se contentent de l'effet d'annonce du type :
"Sept milliards de dollars pour la relance économique." Si certains
projets accomplis font l'objet d'une grande publicité, le reste est
vite oublié. "Il faut s'assurer de la crédibilité des mesures
engagées en évitant des déclarations démagogiques ou irréalistes. A
ce propos, je donnerai l'exemple de la construction de un million de
logements. Nous savons tous que la réalisation de ce programme est
impossible. Donc, le fait de faire des promesses qui ne sont pas
tenables et ne sont pas réalisables, cela veut dire qu'on est en
train d'affecter la conjoncture actuelle et même la conjoncture de
demain", a-t-il ajouté.
Les
propos de Abdelatif Benachenhou, de Réda Hamiani et de Nasreddine
Sadi sont malheureusement passés inaperçus à cause, certainement, de
la campagne à sens unique qui a lieu en faveur de la charte pour la
paix et la réconciliation nationale. On aurait souhaité que le chef
du gouvernement se sente concerné au moins par les déclarations de
son ex-ministre des
Finances et qu'il réagisse pour nous donner sa propre vision des
choses. Il n'est pas trop tard !
Abdelkader Djalil
Haut
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