Semaine du 7 au 13 septembre 2005

 

Algérie-France 

Un article de loi contre un traité

Finances

Prise de contrôle par le haut

Bonne gouvernance économique

Le pavé dans la mare de Benachenhou

 

 
 
Nation

Accueil

Algérie-France 

Un article de loi contre un traité

La loi qui suscite aujourd’hui débats et polémiques et pourrait même retarder la signature du traité d’amitié entre l’Algérie et la France n’ rien d’une nouveauté. En 2003, alors que l’on célébrait en France l’année de l’Algérie en France, un texte d’un seul article était proposé par un groupe de 108 députés pour la reconnaissance par la France à l’œuvre des français qui ont vécu en Algérie durant la colonisation pour le développement du pays.

Le texte ne dit pas plus que cela : « L'œuvre positive de l'ensemble de nos concitoyens qui ont vécu en Algérie pendant la période de la présence française est publiquement reconnue. » (1) Une phrase sous laquelle sont reconnus tous les actes positifs à inscrire au bénéfice de certains individus concomitamment avec toutes les abominations qu’a connu le pays du fait de la colonisation.

Autant dans la forme que dans le fond l’exposé des motifs frise l’absurdité. S’il distingue deux périodes, la guerre de la conquête et la guerre de libération durant la période de colonisation, il n’est enregistré entre les deux période à l’actif des français d’Algérie qu’une oeuvre de développement. La colonisation, crime contre l’humanité, devenait une œuvre civilisatrice dans des propos à peine différents des slogans dont été friands les colonisateurs alors que les algériens vivaient sous le joug d’un apartheid qui ne disait pas son nom.

Les députés soulignent que «pendant cette période (la colonisation Ndlr), la République a cependant apporté sur la terre d'Algérie son savoir-faire scientifique, technique et administratif, sa culture et sa langue ».Ils tombent dans l’amalgame dès lors qu’ils font supporter au peuplement européen massif organisé par la colonisation ce dit effort de développement. « C'est en grande partie grâce à leur courage et leur goût d'entreprendre que le pays s'est développé.»

Quant aux justifications de cette reconnaissance pour les députés

« Le temps de la mémoire et de la reconnaissance précède et accompagne le temps de la réconciliation, du respect et de la coopération. » comble de l’ironie, le texte est pondu au moment où on célèbre l’année de l’Algérie en France. Par ailleurs il repose en termes politiques ce qui est appelé l’histoire officielle.

Si parmi les députés ont retrouvé des descendants de pieds noirs ou de pied noirs ou encore d’autres qui ont des liens particuliers avec l’Algérie (le comédien Daniel Prévost entre autre) le groupe est mené par Jean Léonetti et par Philippe Douste Blazy nommé en 2005 ministre des Affaires étrangères. (2)

Pourtant, celui qui mène le groupe de députés n’a rien d’un émule de Le Pen et s’éloigne complètement des idées que l’on peut se faire d’un néocolonialiste.

Jean Léonetti est un député de droit qui a surtout des préoccupations d’ordre social. Ainsi il était reçu récemment par le premier ministre français afin de lui présenter le rapport du comité de suivi et d’évaluation de la journée de solidarité pour l’autonomie. Un comité qui active et réfléchi pour permettre plus d’autonomie pour les handicapés et les personnes âgées.

Le même Léonetti est l’auteur de « Vivre ou laisser mourir. Respecter la vie, accepter la mort ». Un livre qui fait suite au débat en France sur l’euthanasie. Léonetti étant aussi médecin a participé au débat qui a rassemblé religieux médecins et philosophes autour de cette douloureuse question.

Comment un homme autant à l’écoute des besoins des plus démunis ou des questions humaines les plus profondes, mais aussi parmi les plus avant-gardistes, a pu adhérer à une démarche à la limite du révisionnisme ?

En fait, plus que jamais se pose la question du lobbying de certains cercles pieds noirs. Ceux ci très proche de la droite traditionnelle ont certainement approché des députés notamment au moment où une détente était enregistrée dabs les relations entre l'Algérie et la France. Certaines associations de pieds noirs (3) dont l'action désuète et nostalgique est souvent négligée par les médias reste tout de même écoutée et assez efficace auprès des politiques. Par ailleurs ces mêmes mouvements peuvent effectivement s'allier aussi l'extrême droite alors que la France a été secouée par l'élection de 2002. Dès lors s'explique cette propension de la droite modérée à vouloir récupérer à son compte un combat d'arrière garde et une approche à la limite révisionniste pour au moins la soustraire au programme et actions à venir de l'extrême droite parait souvent dans le discours des hommes de droite. Il est à croire donc que la question de la reconnaissance de l'oeuvre bienfaitrice de la colonisation de Algérie est une affaire franco-française qui a débordé sur la méditerranée.

 

Amine Esseghir

1- En 1962, le résultat de l’oeuvre de développement de la colonisation se résumait à un taux d’analphabétisme de plus 80%, l’absence totale d’infrastructures dans les régions qui n’avait aucun intérêt pour la colonisation. L’Algérie indépendante avait un besoin énorme en écoles en hôpitaux, en logements. Quant à la vie sous la colonisation même les principes fondateurs de la république française ont été considéré comme un luxe inaccessible pour les algériens considérés dès lors comme moins humains que les colons (la déclaration des droits de l’homme de la révolution de 1789 devenue universelle étant claire à ce propos, puisque elle stipule que tous les hommes naissent libres et égaux). Après avoir été gérés par le code de l’indigénat il ne pouvaient pas non plus aspirer aux mêmes droits civiques que les citoyens français. Le texte a toutefois le mérite de distinguer les deux populations portant dans ses lignes l’abbération qui l'a inspiré.

2- Douste Balzy a beau crier récemment qu’il n y aura jamais d’histiore officielle en France, il reste qu’il a soutenu un texte légilatuf qui justement permet à cette même histoire officielle de trouver un appui puiqu'il apporte comme un éclairage nouveau et offgciellement admis à l’action des colons en Algérie d’autant qu’aucun texte ne condamne les actes barbares dont ont été victimes les algériens qui ont eu lieu durant la guerre de conquête et même après. Si la reconnaisance publique de l’oeuvr de développment existe dans les textes légsitaifs français cela ouvre grand la porte devant les dénis de mémoires et les interprétations rapides qui prévalent déjà chez de nombreux historiens français.

3- Les plus modérees de ces associations sont "le cercle algérianiste", "SOS Outre mer", "Veritas" ou "souvenir des français disparus en Algérie". D'autres, sont carrément des associations qui véhiculent un discours à caractère xénophobe et liée à l'extrème droite peuvent recruter chez les pieds noirs ou ceux qui leurs portent de la sympathie. L'USDIFRA à ce propos en est le plus éloquent exemple.

 

Haut

Finances

Prise de contrôle par le haut

La faible mesure des changements opérés à la tête des banques publiques en début d’été s’est vite révélée. Aujourd’hui, il est question d’asseoir une mainmise totale et surtout définitive du ministère des Finances sur un secteur où se télescopent trop d’intérêts.

Le vent de changement dans le secteur des finances auquel l’on assiste est présenté comme un coup dans la fourmilière dicté par les besoins du gouvernement d'aller de l'avant dans une réforme qui n'a que trop tardé. Ainsi, les banques publiques ont connu cette semaine leur deuxième mouvement de P-DG en moins de six mois. Après un premier jeu de chaises musicales qui n'avait de vrai but que d'escamoter l'éviction de Farouk Bouyakoub de la direction de la BADR, c'est à une série de limogeages-sanctions que l'on assiste aujourd'hui dans le secteur financier, ponctuée par des changements dans le staff direct de Mourad Medelci. Staff marqué par la venue de Miloud Boutabba au poste de secrétaire général du ministère et l'installation d'un certain nombre de hauts cadres à la tête d'organismes de création récente, à l'image du Fond national de développement et d’équipement.

Aujourd'hui, le départ volontaire et prématuré de Ferhat Messibah de la BADR donne tout lieu de penser à un fort malaise au sommet du secteur bancaire, malaise conforté par le limogeage de Mourad Chikhi (BNA), mais surtout celui de Ali Djendi, doyen des responsables dans le secteur des assurances, de surcroît président de l'Union des assureurs et réassureurs (UAR). C'est aux choses sérieuses que le ministre des Finances semble être décidé à passer. Il est de notoriété que l’UAR a de tout temps été une place imprenable, indépendante, à laquelle le ministère lui-même n’arrivait pas à dicter la conduite, l’Union étant une association patronale en fait et renforcée dans son indépendance par des liens profonds avec ses homologues étrangères, européennes notamment. En "décapitant" l’UAR, c’est à une sorte d’ordre établi (sans que le propos ne soit péjoratif) que le ministre des Finances s’attaque. Cela si l’on noue un lien, indirect soit-il, avec les hommes qui ont eu la responsabilité de la CAAR et les atermoiements dans son ouverture du capital, annoncée par le ministère de Temmar… en 2000. Cette démarche a, du reste, été précédée  par un discret renouvellement des conseils d'administration des compagnies publiques d'assurances (suite logique à celui opéré au niveau des banques). Et si le représentant du gouvernement avait alors motivé ces changements par le souci de placer "des compétences sûres en leur sein", c’est qu’en définitive il est obtenu la fin d’un dualisme dans la décision au sein du secteur des assurances. Résultat : l’influence du Conseil national des assurances (CNA) qui se cantonnait dans son rôle d’organe consultatif, n’en sera que grandissante et c’est à ce dernier qu’il sera désormais possible de conduire les réformes du secteur tel qu’elles ont toujours été entrevues, c’est-à-dire par une privatisation précédée non pas d’une mise à niveau, mais d’un redimensionnement des compagnies. Les études du CNA, rejetées sans le dire explicitement par l’UAR, préconisaient en effet de placer les compagnies au même niveau de concurrence que les compagnies privées qui, elles, ont imposé des seuils de rentabilité élevés, tirés d’une organisation allégée des réseaux trop importants et des frais d’exploitation lourds.

Le privé, pour sa part, s’est basé sur la sous-traitance d’une armée de courtiers et d’agents aux revenus indexés sur le chiffre d'affaires réalisés, ce qui implique pour les compagnies publiques d’appliquer une sévère compression de personnel que les études du CNA jugent salutaires.

Autre point de divergence : l’UAR a été plutôt en faveur d’une unification des principales compagnies publiques (CAAR, SAA et CAAT) en une seule, à qui serait accordée une mise à niveau et toutes les chances de conserver ses parts monopolistiques du marché local comme étape prélude à la privatisation au profit des investisseurs locaux. Ce qui, aujourd’hui, est totalement contradictoire avec le programme de libéralisation du secteur financier.

Ces changements énumérés font suite, faut-il le rappeler, à la promulgation d’une nouvelle loi sur les assurances qui modifie celle de 1995, totalement dépassée par l’évolution de l’activité.

Pour revenir aux banques, sujet des plus croustillants s’il en fut, le ministère des Finances semble avoir choisi de resserrer son contrôle de A à Z, dans l’optique d’accélérer l’assainissement des portefeuilles des banques, de les rendre tout bonnement plus "vendables". C’est ce qu’il faut comprendre lorsque le gouvernement motive ce retour au centralisme en évoquant, lors d’un récent conseil du gouvernement, "l'amélioration du dispositif du contrôle interne et la modernisation du système d'information de l'entreprise et la garantie d'un suivi rigoureux des participants de l'entreprise et l'application d'une gestion active en matière d'acquisition et de désengagement suivant les objectifs de rentabilité et de stratégie de la société".

Le motif sous-jacent de ce retour au contrôle central est, quant à lui, d’ordre politique. A commencer par le chef de l’Etat qui a demandé, lors de la conférence des cadres de la nation, à ce que les banques financent l’économie à un niveau nettement supérieur ; tout le monde sait que celles-ci sont appelées à distribuer davantage de ressources. La manière dont le dialogue entre le gouvernement et le patronat autour de l’accompagnement bancaire a abouti : le projet de 1 million de logement, les 55 milliards de dollars prévus dans le cadre du plan de soutien à la croissance économique et, surtout, le volume record des surliquidités au niveau des banques (plus d'1 milliard de dollars, dont 3 pour la seule BEA au compte de Sonatrach) sont autant d’éléments qui préfigurent d’une redistribution des recettes de la rente pétrolière à une échelle record également.

Dans cette perspective, le retour en force de l’emprise de la tutelle n’a pas seulement pour but d’éviter la dilapidation de cette ressource, mais surtout de veiller à ce que le choix des bénéficiaires puisse rester entre les mains de l’Exécutif. Il est intéressant, dans cette veine, de suivre de près le fonctionnement du nouveau système de paiement. Devant être opérationnel avant la fin 2005, il a pour objet d'accélérer le traitement des dossiers de financement des investissements. Appelé "système de masse", basé sur l'informatique et les techniques de télécommunications, il se veut plus "maîtrisable".

Mais outre le volet des crédits, le système de paiement de masse prend en charge un autre pôle. Ce dernier s'articule sur la nécessité d'utiliser les moyens des banques pour l'étude des projets d'investissement et de définir les critères d'attribution de crédits aux opérateurs. C'est d'ailleurs dans cette optique qu'il est escompté une batterie de textes visant à accompagner et à renforcer ce système et qui seront soumises à l'APN dès la session d'automne. Il s'agit d'une loi sur le capital risque et d’un texte réglementaire relatif à la titrisation des créances hypothécaires qui assurera un financement plus large du logement.

Pour compléter le panorama d’un centralisme qui pourrait s’avérer historique, il faut savoir également que de grands changements toucheront l'administration fiscale, dont les cadres feront l'objet d'une évaluation à la faveur des campagnes actuelles de "régularisation des contribuables".

Nabil Benali

 

Haut

Bonne gouvernance économique

Le pavé dans la mare de Benachenhou

Ils mériteraient un débat national télévisé. Les propos de l'ex-ministre des Finances, Abdelatif Benachenhou, sur l'état de la gestion économique et ses perspectives, tenus la semaine dernière à Boumerdes lors de l'université d'été du FLN, devraient donner à réfléchir. L'ex-argentier du pays pose le problème de la mauvaise gouvernance. "L'Algérie, dit-il, a des moyens financiers mais manque de savoir-faire et de compétences."

Conclusion : l'économie nationale n'est pas gérée convenablement, et l'Algérie ne connaîtra vraisemblablement pas de relance sérieuse en l'absence d'une vision claire dont l'objectif est de doter le pays d'une base économique solide pour éviter les années de vaches maigres qui peuvent à tout moment pointer du nez en cas de chute des prix du baril de pétrole.

Pourtant, Benachenhou n'a rien d'un opposant qui n'aurait pour but que de nuire au moral conquérant d'un Exécutif qui dispose d'énormes potentialités financières, jamais égalées depuis l'indépendance de

l'Algérie, mais sans avoir l'intelligence de les transformer en richesses durables.

Intitulée "La croissance économique en Algérie : ressources et politiques", l'intervention de Benachenhou a confirmé ce que tout le monde avait déjà constaté à propos de l'actuelle politique économique. Aucune perspective sérieuse. Des dépenses en dizaines de milliards de dollars prévues durant les cinq prochaines années, qualifiées pompeusement de "plan de relance", alors qu'il ne s'agit que de donner un coup de fouet à la consommation et

aux importations.

Selon la démonstration de Benachenhou, l'argent n'est pas l'unique ingrédient de la croissance économique. Il considère que le pays devrait également accorder plus d'attention à ses ressources humaines et à ces milliers de diplômés qui viennent annuellement sur le marché du travail sans

être mis à contribution pour le développement de l'Algérie. Il considère que "l'insuffisance des ressources humaines - dont la formation, le placement et surtout l'usage constituent le maillon faible des politiques suivies actuellement - est le principal facteur limitant de la croissance".

Pour Benachenhou, la politique de réconciliation nationale doit d'abord passer par une politique économique basée sur "une juste répartition des richesses entre toutes les wilayas du pays et la garantie de l'emploi pour les jeunes".

Concernant l'investissement étranger, l'ex-ministre des Finances estime que l'Algérie "continue d'envoyer des signaux contradictoires à l'adresse des investisseurs étrangers". Il est impératif, selon lui, de clarifier notre position sur ce point si l'on veut capter plus d'investissements directs étrangers (IDE). Les tracasseries bureaucratiques, les retards cumulés dans la modernisation du secteur bancaire et le manque d'infrastructures, en particulier dans le secteur des transports, y sont pour beaucoup.

Une dure réalité

Censée s'être préparée à l'échéance de l'entrée en vigueur de l'Accord d'association avec l'Union européenne, l'Algérie accuse encore du retard dans la mise à niveau de ses entreprises. Ce qui dénote, encore une fois, de l'absence de visibilité dans le domaine économique.

Le ministère de la Petite et Moyenne Entreprise (PME) nous apprend qu'il va lancer, vers la fin de cette année, un "programme de mise à niveau des PME".

Mise à niveau ? Vous avez l'impression d'avoir déjà entendu parler de cela ?

Vous avez raison, c'est ce que rapportent les journalistes depuis au moins deux ans, lorsque les pouvoirs publics et les ministères concernés évoquent l'entrée en vigueur de l'Accord d'association avec l'Union européenne. Mais, depuis, rien de nouveau. Les PME attendent la mise à niveau. Il paraît que cette fois, c'est pour de vrai. L'Etat dépensera un milliard de dinars (100 milliards de centimes) sur une durée de 6 ans pour aider les PME à "relever le défi" imposé par l'Accord d'association. Qu'est-ce qui a été fait durant les précédentes années ? On n'en saura pas plus. Sauf peut-être qu'un millier d'entreprises ont été mises à niveau (grâce, notamment, au programme Meda). Mais il faut savoir qu'il reste "10.000 à 20.000 entreprises" dont le niveau nécessite une amélioration. De là à s'attendre à ce que la production algérienne puisse concurrencer celle des pays de l'Union européenne, il ne faut pas rêver.

Un autre ancien ministre, Réda Hamiani en l'occurrence, membre du Forum des

chefs d'entreprises (FCE), constate que 90% de la production des 240.000 entreprises nationales ne répond pas aux normes internationales et ne peut, par conséquent, s'exporter. "Les capacités industrielles, déclarait-il il y a deux semaines lors d'une rencontre organisée par l'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), sont presque toutes à l'arrêt et les entreprises opérationnelles, pour la plupart familiales et ne tournant pas à plein régime, sont incapables de concurrencer les grandes entreprises internationales."

Hamiani va encore plus loin en suggérant que "l'administration économique a été conçue pour l'importation" et non pas pour l'exportation.

Les récents chiffres de la production industrielle confirment cette tendance. Ils indiquent une baisse de 3% qui, en plus du problème de la qualité, handicape lourdement l'avenir de l'économie nationale. On attribue à cette morosité du secteur public le manque de ressources financières pour le renouvellement de l'outil de production, et l'on oublie que les entreprises nationales ont englouti plus de 36 milliards de dollars entre 1991 et 2004 sans pour autant donner le change.

Ce qu'il faudrait blâmer, c'est plutôt l'archaïsme des méthodes de gestion et non le manque de financements.

Un économiste, Nasreddine Sadi, avait révélé au début du mois dernier, que les objectifs du premier plan de relance économique de 7 milliards de dollars n'ont été réalisés qu'à hauteur de 25% seulement, alors que l'argent a été totalement dépensé.

"On se demande aujourd'hui, a-t-il déclaré, si l'Etat a mis en place, dans le cadre de la relance économique, un système d'examen périodique des politiques poursuivies." Pourtant, la réponse est évidente : il n'y a pas de système de contrôle qui permette de juger si les dépenses sont consommées en même temps que l'avancement des projets. Les politiques se contentent de l'effet d'annonce du type : "Sept milliards de dollars pour la relance économique." Si certains projets accomplis font l'objet d'une grande publicité, le reste est vite oublié. "Il faut s'assurer de la crédibilité des mesures engagées en évitant des déclarations démagogiques ou irréalistes. A ce propos, je donnerai l'exemple de la construction de un million de logements. Nous savons tous que la réalisation de ce programme est impossible. Donc, le fait de faire des promesses qui ne sont pas tenables et ne sont pas réalisables, cela veut dire qu'on est en train d'affecter la conjoncture actuelle et même la conjoncture de demain", a-t-il ajouté.

Les propos de Abdelatif Benachenhou, de Réda Hamiani et de Nasreddine Sadi sont malheureusement passés inaperçus à cause, certainement, de la campagne à sens unique qui a lieu en faveur de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. On aurait souhaité que le chef du gouvernement se sente concerné au moins par les déclarations de son ex-ministre des

Finances et qu'il réagisse pour nous donner sa propre vision des choses. Il n'est pas trop tard !

Abdelkader Djalil

 

Haut

E-mail :contact@lesdebats.com

 

Copyright © 2001-2002 - MAHMOUDI INFO Sarl - Tous droits réservés.

Conception M.Merkouche