Semaine du 7 au 13 septembre 2005

 

Projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale

La campagne s'impose-t-elle ?

 

 
 
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Projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale

La campagne s'impose-t-elle ?

Le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale est-il bien défendu par ceux ont été chargé de le promouvoir ? La question, qui aurait pu paraître saugrenue il  y a de cela quelque temps, s'impose aujourd'hui. En effet, les comptes rendus de meetings, de conférences-débats ou de conférences de presse qui sont régulièrement publiés dans la presse ont fini par dérouter les lecteurs quant à la finalité du document. En plus clair, c'est l'incompréhension totale. A qui la faute ? A ceux qui rapportent les déclarations ou à ceux qui les tiennent ? Au deux certainement car, souvent, la lecture d'une déclaration rapportée par un titre diffère de la version par un autre. Une situation qui, de ce fait, nourrit le flou et introduit le doute sur les intentions réelles.

Liberté du jeudi 1er septembre avertit : "Ce que prépare le Président ", annonce-t-il en Une. Il s'agit "d'une batterie de lois et de textes réglementaires (qui seront) promulgues après le référendum".

Paradoxes

Résultat des courses : "Jjamais  campagne pour un projet politique n'aura été aussi périlleuse pour son propre objet que la campagne qui se mène actuellement autour du projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale", souligne l'éditorialiste du Jour d'Algérie dans son édition du jeudi 1er septembre. Il poursuit : "Pleine de sous-entendus, de dangereuses projections sur l'après-charte, de non-dits et de trop-dits, menée à la fois par les pires détracteurs et les plus fervents supporters, cette campagne est en train de gravement démobiliser une opinion qui ne sait plus où donner de la tête à propos d'un projet qui engage l'avenir même de la nation algérienne".

"Les paradoxes de Bouteflika" sont le titre d'un article paru dans El Watan du samedi 3 septembre, au lendemain du discours prononcé à Chlef. Interrogatif, l'envoyé spécial de ce quotidien soulève quelques aspects qui lui semblent incohérents. Ainsi, indique-t-il, "fort de sa légitimité de Président élu, Bouteflika ne peut-il pas présenter à la justice ceux qu'il a vaguement désignés ?". Le rédacteur fera remarquer aussi que le Président "n'est pas revenu sur les résistances des corps constitués à la réconciliation". Citant quelques extraits du discours, le rédacteur se demande si par ces propos, il  "justifie son recul par rapport au projet d'amnistie générale qu'il a lancé en octobre 2004 ", ou encore s'il "prépare l'opinion à de nouvelles étapes", d'autant, est-il souligné, qu'"il a réitéré son refus de revenir à 1990. Sans préciser qui seraient les auteurs de cette revendication". 

2005 remake de 1999 ?

 De même il est rapporté que "le Président a indiqué qu'il aurait pu se passer du référendum puisque le Parlement a adopté le programme du gouvernement qui englobe la réconciliation nationale". En fait, tous ces amalgames sur les tenants et aboutissants du texte auraient pu être évités, comme le suggère le titre de Une de  La Tribune du même jour, si le "nécessaire débat de société" avait eu lieu. Car, affirme le rédacteur de ce quotidien, "si tout peut indiquer que le projet de charte pour la paix et de la réconciliation nationale soumis à référendum le 29 septembre prochain prolonge, aussi un peu que ce soit, celui de la concorde civile – il  y est d'ailleurs fait explicitement et à maintes reprises dans le texte de la charte –, il faut savoir se garder des apparences". Et pour cause, soutient-il, "septembre 2005 ne répète pas mécaniquement septembre 1999 et, même si le casting aura finalement assez peu changé d'une consultation à une autre – on retrouve à peu de choses près les mêmes acteurs à peine relookés par la crise du FLN et dans la distribution convenue qui distingue le premier rôle des prestations de composition – ce qui s'énonce encore formellement avec les mêmes mots de paix, de sécurité, de réconciliation ne recouvre pas forcément le mêmes enjeux".  C'est pourquoi, indique La Tribune, et ce, contrairement à l'éditorialiste du Jour d'Algérie qui, lui, estime que "le mieux qui puisse être fait pour sauver l'actuel projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale est-il encore de le faire connaître tel qu'il est, sans le commenter" car " il se suffit largement à lui-même",  "il reste encore du temps pour que cette campagne dise effectivement son nom et fasse la part entre une consultation ouverte – et démocratiquement toujours à risque – et le plébiscite assez malheureusement établi en Algérie". Le rédacteur conclut en affirmant que "la place qui sera accordée dans les médias publics et en particulier dans les programmes d'une télévision nationale qui fait feu de tout bois aux réserves et critiques que suscite le projet (…) donnera déjà une forte indication de ce que sera ce référendum".

Le spectre de l'abstention

Mais faut-il déjà affirmer que c'est gagné d'avance ? A en croire Le Soir d'Algérie, qui rapporte les propos tenus par Belkhadem lors d'un meeting organisé à Constantine, il ne faut pas crier victoire prématurément. "La crainte dont il fait l'objet, rapporte le rédacteur, n'est pas plus liée à la sanction des urnes qu'au spectre de l'abstention". Ainsi, a déclaré Belkhadem, "nous craignons que le peuple, par paresse ou par laisser-aller, ne se rende pas massivement aux urnes le 29 septembre, pensant que la charte est d'emblée portée par tous les Algériens". Le patron du FLN poursuivra en avertissant du danger qu'une telle éventualité fait peser sur le pays. Selon lui, "cela offrira inévitablement une aubaine aux semeurs de doute".

Reste, relève le commentateur de La Nouvelle République, qui s'est intéressé à la "contradiction au sein du pouvoir" titre qu'il a donné à son article, "si des cercles au sein ou à la périphérie du Pouvoir peuvent bloquer la démarche du Président alors que celui-ci est élu par le peuple, que pourra y changer le référendum ?". 

Pourtant, aux dires de Ahmed Ouyahia rapportées par Le Maghreb, "le projet pour la paix et la réconciliation est un enjeu sérieux". De même qu'il rapporte ceux de Bouteflika, qui  n'a cessé de répéter que "l'Algérie ne peut plus revenir aux années 1990". Mieux encore, enchaînera Le Jeune Indépendant du 3 septembre, citant le Président,  "tant qu'il restera un terroriste en activité, l'Algérie ne sera pas en paix".

De  son côté, La Dépêche de Kabylie s'intéresse au  FIS et à tout ce qui se dit sur lui. Ainsi, si dans son édition du mardi 30 août, le quotidien rapportait les propos tenus par Belkhadem déclarant que "certains dirigeants du FIS pourront refaire de la politique", ce même titre revient à la charge le samedi 3 septembre en reprenant toujours Belkhadem, qui a déclaré cette fois, lors d'une conférence de presse, que "les ex-militants du FIS peuvent activer dans d'autres partis".  "Revenant lors du débat avec la presse sur le contenu d'un entretien qu'il a récemment accordé au journal Sawt El Ahrar, il dira (Belkhadem ndlr) que ses propos ont été déformés". Ainsi est-il rapporté, le SG du FLN précise : "J'ai bien expliqué (…) que des militants de cette ex-mouvance – non impliqués dans des crimes ou sabotages –  auront la latitude d'activer au sein d'autres formations politiques agréées". L'Authentique rappelle à ses lecteurs que Bouteflika, à partir de Chlef, a réitéré ses premières déclarations.  A savoir qu'"il n'y aura pas d'amnistie générale". C'est ce qui est rapporté en Une de l'édition du jour.

El Youm du 30 août indique que "Madani Mezrag et Ali Gherbi doivent se rencontrer à Jijel". Une information démentie par Ali Gherbi. Mais El Khabar du jeudi 1er septembre fait état de l'activisme de Madani Mezrag au niveau de la Kabylie."Mezrag monte les habitants de la région contre le mouvement des arouch", et ce, dans le but de récupérer des éléments et de les inciter contre le groupe de Abrika.

Nadia Kerraz

 

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