Semaine du  7 au 13 juin 2006

Education

Le plaisir de lire, le goût de nos enfants et le désir de continuer à s’instruire

 

 
 
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 Le plaisir de lire, le goût de nos enfants et le désir de continuer à s’instruire

"Surtout apprenez à vos élèves à se servir des livres, ces professeurs muets qui, si vos soins n’ont pas été inutiles, les accompagneront et les éduqueront pendant tout le cours de leur vie." Paul Bernard

Car il nous faut songer aux lendemains de l’école, puisque l’école prépare à la vie, donne à l’enfant un minimum d’instruction et le munit d’une méthode de travail, ne doit-elle pas aussi lui apprendre à se servir des outils dont ils disposera lorsqu’il sera livré à lui-même ? Ne doit-elle pas l’habituer à utiliser les livres scolaires et aussi les ouvrages de fond et les revues ? Ne doit-elle pas créer et entretenir en lui le goût et le plaisir de la lecture personnelle et le désir de continuer à s’instruire ?

Et je crois bien que nous serons tous d’accord, en pesant nos paroles, que l’instruction a presque échoué si elle n’a pas développé le besoin de lecture. Nos enfants n’aimeront lire que s’ils savent lire couramment, avec aisance et sûreté. Ils n’aimeront lire que si, en outre, comprenant ce qu’ils lisent, ils goûtent la beauté et l’émotion des textes lus.

Apprenons à nos enfants à bien lire, à lire avec intelligence et avec plaisir, choisissons des textes vivants, des récits captivants. Et si nous avons su éveiller le goût de lire, plus tard, ils ne seront plus murés dans un monde étroit, quartier ou village, usine, magasin ou ferme. Le livre les arrachera à la monotonie quotidienne, aux soucis vulgaires ; il leur ouvrira le monde de la pensée, de l’imagination et du sentiment, "il relèvera l’humble lecteur en dignité, en valeur humaine". "Un livre a toujours été pour moi un ami, un consolateur éloquent et calme. " (G. Sand).

Elargir le champ de l’imagination

"Les élèves vont quitter l’école. Il leur faudra accroître leurs connaissances ou même tout simplement apprendre à nouveau ce qu’ils ont appris. Ils n’ont plus d’autre ressource que le livre, le livre muet. Apprenez-leur donc à s’en servir et hâtez-vous : le temps que vous avez à leur donner est compté." (J. Tannery). Il a été montré la nécessité du livre pour cette culture de soi à travers la vie.

Pour cultiver l’imagination, il convient avant tout de lui fournir à des aliments sains, propres à en élargir le champ : contes, lectures, poèmes appris par cœur… tout en l’alimentant, pour l’empêcher d’errer en "folle du logis", il faut la maintenir dans les limites normales, l’intellectualiser, l’idéaliser et la discipliner. Les contes donnent une forme tangible à la rêverie et satisfont le besoin d’émotions de l’enfant : goût du merveilleux, admiration, crainte, pitié, détente, soulagement au dénouement heureux de l’histoire. Les lectures de voyages et d’aventures satisfont sa curiosité, forme entreprenante de l’imagination, et intellectualisent son imagination en lui permettant de projeter sa personnalité dans un monde semi-réel. Les poèmes l’idéalisent. "La poésie, grâce à la langue magique dont elle dispose, est la grande évocatrice qui arrache l’enfant du peuple à l’état d’inconscience somnolente", nous confie F. Pécaut. Ajoutons qu’elle peut facilement devenir le pain quotidien de l’enfance.

Mais pour éviter à l’imagination de devenir "maîtresse d’erreur et de fausseté", comme le lui reproche Pascal, il faut l’empêcher de se perdre dans le romanesque, la discipliner au contact du réel : c’est le rôle des exercices d’observation qui, en lui donnant un aliment scientifique, la préparent à évoluer vers le logique et le rationnel.

L’imagination de l’enfant

"Mon fils est fort aise de relire deux fois, trois fois ce qu’il a trouvé beau : il le goûte, il y entre davantage, il le sait par cœur, cela s’incorpore : il croit avoir fait ce qu’il lit ainsi pour la troisième fois." (Mme De Sévigné).

Rappelons que l’imagination est la faculté de former des images. Son rôle fonctionnel serait de faciliter l’adaptation aux circonstances. On distingue deux sortes d’imaginations : l’imagination représentative ou mémoire reproductrice d’images déjà perçues, et l’imagination créatrice qui combine de nouvelles images. C’est évidemment de cette deuxième forme qu’il s’agit. Il semble bien que, si l’imagination reproductrice soit assez pauvre chez l’enfant (ayant peu vu, il a peu retenu), l’imagination créatrice paraisse plus riche : on trouve chez lui une surabondance d’images. Ce qui permet de dire que l’enfant est un artiste qui s’ignore dans une certaine mesure : dans ses jeux de fiction, notamment, il est comédien, danseur, chanteur, dessinateur. Comme l’artiste, il voit le réel d’une façon originale et exprime son monde intérieur à l’aide de techniques en rapport avec son propre développement.

Mais ces images seraient inférieures en qualité à celle de l’adulte, vécues autant sinon plus que pensées, semblables à celles du rêve, de l’ivresse ou de la fièvre, c’est-à-dire non pas logiques et systématisées, mais au contraire parfois incohérentes ou absurdes et mal contrôlées, créatrices d’illusions et d’émotions toutes personnelles. Surabondance n’est donc pas richesse : l’imagination enfantine est isolante, plus imitative que créatrice, et elle opère plus dans le plan de l’action que dans celui de l’intellect. On connaît les étapes de son évolution : elle part du stade de l’illusion complète (âge merveilleux), passe par celui de la fiction (âge romanesque) et celui de l’imagination pratique (âge du positif) pour aboutir au stade scientifique (âge du rationnel). Autrement dit, elle est d’abord accommodation à un monde irréel, celui-ci n’étant que peu à peu senti comme tel avant d’être progressivement adaptation au réel.

Le goût du merveilleux

"De chaque livre ouvert, il me plaît d’espérer pour le moins du plaisir, peut-être du savoir, et, qui sait, de la sagesse." (G. Duhamel).

C’est un aspect de l’imagination enfantine. Perception illusoire des choses et animisme font de la seconde enfance "l’âge du merveilleux" par excellence : l’enfant croit à l’existence de ce monde irréel qui lui cache le vrai et l’on trouve dans ses jeux de véritables pratiques magiques.

Mais avant même la fin de la seconde enfance, les réalités font reculer les illusions : celles-ci ne seront plus subies, mais voulues ; elles deviendront des fictions. L’enfant sent que son monde imaginaire lui échappe, mais il s’y cramponne : c’est l’époque des jeux de fiction (on joue au papa et à la maison, au chemin de fer, etc.). Dans ces jeux, l’enfant est heureux car il triomphe toujours alors que les réalités l’entravent. C’est pourquoi il désire prolonger cet état de choses et se réfugie dans ses chimères chaque fois que le monde le déçoit. Le jeu de fiction devient progressivement rêverie romanesque qui, sous la pression du réel, cèdera peu à peu la place au règne du positif sans jamais disparaître complètement.

"La nature veut que les enfants soient enfants avant que d’être hommes", comme l’a bien spécifié Rousseau. Cette opinion est sage, car elle tient compte du développement de l’enfant et de ses besoins : l’évolution de l’enfance montre, en effet, comme celle de l’humanité, que l’adaptation à un monde imaginaire, source d’enthousiasme, de poésie et de sécurité, doit précéder l’accommodation au monde réel, objectif et raisonnable, mais seulement accessible à l’esprit scientifique et par des méthodes dont la mise au point demande un long apprentissage.

C’est pourquoi, à l’école maternelle et à l’école primaire, les fables et les contes ont leurs libres entrées. Tant qu’il y aura des petits enfants, leurs maîtresses les enchanteront, les émerveilleront, les charmeront avec Aladin et la lampe merveilleuse, leur feront respirer ce parfum à la fois mystérieux et poétique de récits merveilleux et fantastiques, les jolies épopées de Sindbad le marin dont le souvenir n’est pas sans charme pour la pensée des "vieillards", comme l’a dit Charles Nodier.

A partir de sept ou huit ans interviennent peu à peu les récits d’aventure et d’exploration qui entraînent l’enfant dans des mondes lointains. Les leçons d’histoire et de géographie, l’étude des animaux et des plantes l’introduisent également dans un  monde mi-réel mi-imaginé où règne un merveilleux presque aussi étonnant que celui des fictions et qui a l’avantage de préparer le règne du positif au moment où le besoin s’en fait justement sentir. Car s’il est bon d’alimenter le goût du merveilleux, il convient d’éviter de le prolonger artificiellement et de risquer ainsi de maintenir l’enfant dans un romanesque dont la persistance empêcherait l’adaptation au réel, but final de l’éducation. Ajoutons, pour les âmes sensibles, que le romanesque saura bien réserver sa part et que nos jeunes filles n’en continueront pas moins de rêver au prince charmant qui viendra les éveiller, comme la Belle au boit dormant.

La bibliothèque de classe

"La lecture, la vraie, est celle qui s’attache à la pensée, la suit, la saisit. "

Les romans scolaires content les aventures d’enfants aux prises avec la vie, ou bien celle d’un ours, ou d’une famille de souris, de canards, d’un chat… et c’est le prétexte à promenades imaginaires à travers le monde ou simplement à travers une nature familière. Ces romans conservent un caractère didactique et moral plus accentué que les morceaux choisis : c’est une loi du genre et c’est souvent par ce seul caractère qu’on peut distinguer le roman scolaire du roman pour enfants. Ils ont pour but de développer le goût de la lecture, d’habituer l’enfant à l’effort d’attention qui nous fait suivre de chapitre en chapitre les héros d’un récit, et par la suite de garder présent à l’esprit l’ensemble de l’histoire déjà lue. En même temps, ils l’entraînent à lire vite, à ne pas se laisser arrêter par un mot et à éclairer sa signification par le contexte dans lequel il est situé.

La bibliothèque de classe, trop souvent négligée, doit reprendre son importance. Elle représente pour le maître un instrument de travail essentiel. Elle est le centre vivant de la classe autour duquel s’organisent le travail scolaire et la vie matérielle de cette classe. Elle doit être ouverte, accessible à tous à tout moment. Elle trouve son extension naturelle dans un "coin des livres" où chacun peut venir consulter un ouvrage en fonction du travail en cours, ou lire quand il a fini sa tâche. Des livres placés sur la table par le maître seront choisis et renouvelés selon les besoins du moment, selon l’actualité. On ne doit plus voir de classes où pendant quatre ou cinq ans, les enfants reprennent chaque année le même livre et relisent les mêmes textes sus par cœur et vidés de tout attrait. Il est souhaitable de renouveler fréquemment les livres de lecture. Ils contribueront à enrichir l’esprit des enfants en exploitant au maximum leur intérêt spontané.

La bibliothèque scolaire

"Le plus grand service que puisse nous rendre une université ou une école de hautes études, c’est de nous apprendre à lire… L’endroit où nous acquérons les diverses connaissances théoriques, c’est le livre. Quand une fois, les professeurs ont fait leur possible pour nous, notre sort dépend de ce que nous lisons : la vraie université est une collection de livre", a dit le philosophe Caryle.

Toute école doit posséder sa bibliothèque, et même toute classe. Il est demandé instamment aux directeurs des grandes et petites écoles de considérer comme importante la constitution de la bibliothèque de classe. Elle constitue pour bon nombre d’élèves le seul moyen valable de culture et d’éducation à leur disposition  et il importe qu’elle satisfasse leurs besoins et leur curiosité. Le maître doit donc s’attacher à choisir les livres qui conviennent à ses élèves et à enrichir progressivement le catalogue de la bibliothèque.

Des listes types peuvent servir de guide, mais l’essentiel est de tenir compte du goût des enfants et, en fonction de ce goût, de ne leur offrir que des ouvrages de qualité.

Il faut qu’elle soit gérée par les élèves. Elle n’est pas un meuble où l’on range les livres, mais un organe de la société scolaire. Il faut qu’elle soit vivante et active et elle le sera dans la mesure où les enfants seront associés à son fonctionnement et à sa gestion et s’en sauront responsables.

La coopérative de classe peut contribuer à l’achat des livres dont la liste est dressée sur la proposition des élèves et les conseils du maître. Un bibliothécaire a pour charge d’assurer l’ordre dans la bibliothèque, de veiller à la sortie et à la rentrée des livres. Il fait couvrir les livres et remplacer les couvertures usées. Quand au choix des ouvrages, il est libre, mais il appartient au maître de guider et de conseiller les indécis en leur donnant le livre qui leur convient. De préférence, les prêts on lieu à jours fixes. Mais on peut envisager que la bibliothèque soit ouverte chaque jour à la fin de la classe, de manière à ce que les liseurs les plus avides puissent satisfaire leur goût.

La liberté de la gestion n’exclut pas le contrôle du maître. Au contraire, chaque élève sera muni d’une fiche ; il y inscrira les dates d’emprunt et les titres des livres lus. Ainsi, d’un coup d’œil peut-on s’assurer de la fréquence des lectures et être en mesure de stimuler les paresseux. Les titres donnent également une idée des goûts des enfants. Faut-il leur faire tenir un cahier de lecture personnelle ? Cela dépend des classes.

Il est bon d’encourager les enfants à résumer leurs lectures en les notant, note qui peut être reportée sur son carnet de correspondance. A cet égard, le meilleur contrôle est le contrôle oral, sous forme d’une conversation dirigée par le maître pendant laquelle un jugement et les caractères du livre sont dégagés. Ainsi passe-t-on progressivement de l’acquisition et du perfectionnement d’un mécanisme à l’exercice du jugement et de l’esprit critique, à la mise en œuvre de l’intelligence par la lecture. Jules Ferry disait : "On peut tout faire pour l’école. Si après il n’y a pas de bibliothèque, on n’aura rien fait. "

L’enfant et la télévision

"Lire a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n’ayant jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture ne m’ait ôté." (Montesquieu).

Des parents s’inquiètent quand leurs enfants ne sont pas portés sur la lecture. Certains condamnent la télévision et le développement des méthodes visuelles d’expression et de communication qui provoquent le déclin de l’usage de la langue et contribuent à accroître les difficultés de lecture, que le temps passé devant la télévision diminue le besoin de lire des enfants.

En Angleterre, le chercheur et sociologue Himmelweit avait fait, en 1955, sur ce sujet, une étude demeurée célèbre (elle disposait d’un groupe de contrôle parfaitement assorti, composé d’enfants n’ayant pas accès à la télévision, condition impossible à retrouver aujourd’hui), dont la conclusion la plus révélatrice était la suivante : "Il ne faut pas croire que les enfants lisaient beaucoup, puisque la télévision est arrivée et a détruit leurs aptitudes à la lecture", à savoir 2,7 livres par mois en moyenne pour les enfants de 10 ans, 2,5 à 13 ans et plus.

F. Whitehead, vingt ans plus tard, a calculé (pour le conseil des écoles) que les enfants de 10 ans lisaient en moyenne trois livres par mois, les enfants de 12 ans 2,2 et de 14 ans et plus, 1,9.

"Il est clair que la somme du temps passé devant la télévision par la plupart des enfants ne peut que limiter la somme de temps consacré à d’autres activités de loisirs, entre autres la lecture, et nous avons trouvé effectivement une relation inverse entre la quantité d’écoute et la quantité de lecture."

D’ailleurs, il paraît certain qu’avec l’âge, les enfants ont tendance à lire de moins et à regarder la télévision de moins en moins, proportionnellement à l’extension des activités qui les maintiennent hors de leur foyer.

Chez nous, la cherté du livre, la diversité dans la lecture qui laisse à désirer (romans, livres de poche, illustrés, revues de sciences, d’histoire, de géographie…) influent négativement sur l’attrait de nos enfants qui constituent un lectorat national très faible, quasi-nul. Et par manque de lecture et de loisirs, il est constaté que nos enfants ont la boulimie du tube cathodique. Il arrive, de ce fait, que des élèves somnolent en classe par manque de sommeil. Ce qui perturbe leurs études et fatigue leur vue. Les parents doivent les contrôler en ne les laissant pas tout regarder.

Le prix du livre est en hausse d’année en année, comme tant d’autres produits. D’après les éditeurs, non seulement cette hausse est parfaitement justifiée, mais elle est même largement insuffisante parce que tous les produits augmentent : le papier et le carton sont plus chers, l’imprimeur a augmenté ses tarifs, le cartonnier et le façonnier également.

Commençons par intéresser nos gamins par la diffusion d’illustrés et bandes dessinées qui n’utilisent pas trop de carton et, par conséquent, reviennent moins cher. Ils racontent les histoires et légendes puisées dans notre terroir comme par exemple Djeha, H’didouane, Katous el-r’med (Cendrillon algérienne), Loundja bent el-soltane, Bagrat el-itama… les exploits glorieux de Syphax, Massinissa, Yougourtha, Hannibal, Tarek Ibn Ziyad, l’Emir Abdelkader, les frères Barberousse… La vie d’Apulée de Madaure, de Sophonisbe (que les grands classiques comme Corneille et Voltaire ont immortalisées), Saint-Augustin… Les héros de ces récits incarneront le courage et le dévouement pour le pays. Les enfants s’y imprégneront d’idées de civisme, de dignité humaine, de tolérance, de respect des grandes personnes, de liberté et de justice, d’amour pour le prochain.

Il faut aussi encourager la traduction et la diffusion de livres pour enfants à succès à l’étranger, par exemple la série Harry Potter de l’auteur britannique J. K. Rowling, qui connaît un succès international.

L’ouverture de bibliothèques et médiathèques publiques dans les quartiers des grandes villes, dans toutes les communes, est souhaitable, comprenant pour les ouvrages et pour les périodiques, un fond permanent, et un dépôt temporaire alimenté par un organisme départemental de prêt et de circulation. Il serait même désirable qu’en dehors des prêts, on pût organiser la lecture sur place, dans une salle munie du matériel approprié. Créons "l’heure joyeuse à l’école", c’est-à-dire la lecture libre.

Apprenons à nos élèves à bien lire, à lire avec intelligence et avec plaisir ; choisissons des textes vivants des récits captivants ; après la classe, les dernières cinq minutes avant la sortie, lisons-leur une belle page qui excitera leur intérêt, leur curiosité, leur désir de continuer le livre commencé, d’aller plus loin dans l’histoire. Nous recommencerons le lendemain pour une autre belle page. De la même manière, à la maison, les parents, avant que leur enfant s’endorme le soir, lui feront la lecture d’une page ou deux de l’histoire choisie ensemble chez le libraire.

Car si le livre est nécessaire, nos enfants doivent en posséder et les familles en acheter. S’il est l’instrument le plus démocratique du savoir, s’il est un facteur de connaissance, cette ouverture sur le monde qui introduit dans le milieu familial des données entièrement nouvelles autour des critères de l’universalité et de la modernité culturelle et sociale, ne devrait-il pas être moins cher à l’achat et soutenu par l’Etat comme la baguette de pain et le sachet de lait, dans l’égale possibilité pour chacun d’accéder aux sources, aux outils et aux aides du savoir ?

Abdelhamid Benzerari

(Directeur d’école en retraite)

 

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