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Au-delà de « l’affaire
Finkielkraut »
Les néoréacs
Après des
décennies de domination progressiste, ils sont les intellos d’une
droite nouvelle qui, au nom d’un parler vrai sur les banlieues et la
« haine de l’Occident », cautionne les dérives de l’actuelle
majorité, au risque d’aggraver les fractures de la société française
Différents,
disparates, discordants parfois, ils n’ont rien d’un groupe
constitué. Tout n’est pas faux dans leurs raisonnements : ils font
partie du débat démocratique. On ne doit pas les disqualifier. Mais,
pour la clarté du débat, on doit les qualifier : ils sont les
intellos d’une droite nouvelle que le 11-Septembre, la dissémination
terroriste, la montée de l’islamisme et la faiblesse culturelle de
la gauche coalisent peu à peu. Après des décennies de domination
progressiste, ils veulent écrire le nouveau logiciel que leur
inspirent le terrorisme, l’insécurité, les violences urbaines et
surtout le « choc des civilisations » diagnostiqué par Samuel
Huntington. Ils sont les néoréacs. Alain Finkielkraut, bien sûr, est
le plus visible, le plus fiévreux et sans doute le plus talentueux
d’entre eux. L’entretien qu’il a donné à « Haaretz »est le dernier
en date de ses exploits rhétoriques. Qu’y lit-on ? D’abord des
propos un peu ridicules : qu’il serait interdit, en France, de dire
certaines choses, sous peine de prison par exemple, ou qu’il y a
beaucoup de Noirs en équipe de France de football, et que cela fait
rire en Europe ( !). Ensuite - plus sérieux - que les auteurs des
violences urbaines de ces dernières semaines sont des Noirs et des
Arabes et qu’ils haïssent assez la France pour se livrer à un «
pogrom antirépublicain ». Et donc - thèse centrale - qu’une minorité
ethnique manifestement impossible à intégrer s’est déchaînée contre
les symboles de la République par l’effet d’une haine de l’Occident
mondialement répandue. Le chômage français ? La discrimination ? Les
ghettos urbains ? Des excuses avancées par les bien-pensants, des
élucubrations de sociologues masos, des angélismes diffusés par la
presse de gauche... Voilà ce qu’il était soi-disant interdit de
dire. Mais qui est dit, même si Alain Finkielkraut est ensuite
revenu en arrière sur les phrases les plus controversés, tout en «
assumant » ses idées... Sans aucune coordination, bien sûr, mais
dans une étonnante simultanéité, une série de mots et de gestes
révèlent une convergence. Nicolas Sarkozy avait ouvert le bal en
parlant à propos des cités de « racaille » et de « nettoyage au
Kärcher », un « parler vrai » musclé qu’il continue de revendiquer
hautement. De Moscou, interviewée sur la chaîne NTS, Hélène Carrère
d’Encausse, spécialiste de la Russie, est passée tout à coup de
l’Académie française au Bar des Sports en expliquant que si les
enfants africains sont dans la rue, c’est parce que « beaucoup de
ces Africains sont polygames », réflexion déjà formulée par Bernard
Accoyer, président du groupe UMP à l’Assemblée (la polygamie est un
vrai problème, mais elle n’est pas la clé principale des émeutes).
Et notre académicienne de jouer, elle aussi, les martyrs du «
politiquement correct » en affirmant que nous avons des lois « qui
auraient pu être imaginées par Staline », aux termes desquelles «
vous allez en prison si vous dites qu’il y a cinq juifs ou dix Noirs
à la télévision ».« Les gens, ajoute-t-elle, ne peuvent pas exprimer
leur opinion sur les groupes ethniques, sur la Seconde Guerre
mondiale ou sur beaucoup d’autres choses. » Comme le remarque
Philippe Val dans « Charlie », étrange référence au négationnisme.
Passons, et précisons que notre académicienne est toujours en
liberté. Jacques Myard, député proche de Charles Pasqua, demande
pour sa part la création de « bataillons disciplinaires » pour
mettre au pas « ces jeunes Français malgré eux »... André Glucksmann
impute lui aussi au « nihilisme » et à la haine pure les émeutes de
banlieue, défend le vocable « racaille » et qualifie de « Trissotins
moralisateurs » ceux qui répugnent à employer ce vocabulaire. Là
encore cette haine existe, et les incendiaires ne méritent aucune
excuse. Mais le rôle des intellectuels consistet-il à simplifier
jusqu’au slogan - répondraient-ils à d’autres slogans - l’analyse
d’un phénomène tout de même un peu plus complexe, où les facteurs
culturels et sociaux se mélangent ? Dérive du clerc devenant
polémiste. André Glucksmann est l’un des animateurs du groupe de
l’Oratoire, active escouade d’intellos formés autour du soutien à la
guerre américaine en Irak. Les relais politiques ont vite suivi.
Alain Finkielkraut se croit audacieux quand il explique qu’il y eut
naguère un aspect positif dans la colonisation. Cette opinion est
tellement marginale, hérétique, qu’elle figure... dans une loi
récemment votée par l’Assemblée nationale et fort heureusement
contestée par la gauche. L’Assemblée, encore elle, vient de recevoir
sur son bureau une proposition de loi des députés Daniel Mach et
Jean-Paul Garraud créant le délit « d’atteinte à la dignité de la
France et de l’Etat » et de « détournement du drapeau national ». Là
encore, on peut à juste titre s’indigner des paroles contenues dans
certains raps. Mais une telle incrimination, chacun le voit bien,
aboutirait à une restriction inédite de la liberté d’expression.
Georges Brassens, Louis Aragon, Boris Vian ou Serge Gainsbourg
bientôt hors la loi ? Le même Garraud, député de la droite
classique, récidive en demandant qu’on retire la nationalité
française aux délinquants de fraîche naturalisation. La dernière
fois qu’on a pris cette mesure, c’était sous Vichy... Ces
personnages sont disparates, mais ils finissent par se ressembler.
D’abord dans la méthode : ils adoptent toujours la position de
l’homme de vérité qu’on réprime, du solitaire incompris dont on
étouffe la voix. L’adversaire proteste ? Il réfute ? Il répond que
l’analyse est sommaire, que les causes sociales des émeutes sont
patentes même si les différences culturelles compliquent l’affaire,
que la DST elle-même a écarté toute manoeuvre des religieux, que
l’origine raciale des délinquants ne saurait, tout de même,
expliquer en premier lieu leur comportement, à moins de croire à une
nature intrinsèquement violente des Arabes et des Noirs ? Aussitôt
il est catalogué flic du politiquement correct. Tactique couronnée
de succès : tous ces propos ont eu un écho national, mais nulle
procédure, nulle censure évidemment, n’est venue bâillonner les
imprécateurs. Martyrs imaginaires... Car l’interprétation ethnique
des émeutes n’a rien d’une audace intellectuelle. Bien au contraire,
c’est l’opinion de la grande majorité des Français. Les néoréacs
prétendent briser un tabou. Point du tout ! Ils énoncent le plus
plat des lieux communs dans une France qui impute naturellement à
l’immigration les débordements récents. Alain Finkielkraut incarne à
la perfection cette double posture. Il y a, en fait, Alain et
Finkielkraut. Alain est un philosophe subtil et érudit, qui publie
des livres intelligents et bien écrits sur les modernes, sur Charles
Péguy, sur la culture de masse ou sur Emmanuel Levinas. Finkielkraut,
celui que l’on voit à la télé, est un quidam qui vitupère la
nouveauté, qui pense que tout fout le camp, qu’il n’y a plus de
respect et qu’un coup de pied aux fesses ne ferait pas de mal à la
jeunesse. Toutes choses dont on peut discuter, d’ailleurs, mais
qu’on peut difficilement élever au rang de pensée politique
profonde. Etrange dédoublement, où l’on passe sans transition du
café philo au café du commerce. On croit que Finkielkraut est le
penseur de la technique, de la modernité, de la République. Il est
surtout le Noël Roquevert de la pensée, ronchon, grognon et
péremptoire. Il dit tout haut ce que la droite pense tout bas. Il
est le philosophe... de l’UMP.
Les néoréacs se
récrieront, parleront d’un amalgame honteux, d’un procès en
sorcellerie. Toujours la pose du martyr... Alors il faut aller plus
loin dans la définition, mieux les qualifier. Quatre
caractéristiques les réunissent.
1
Pour eux, nous sommes en guerre. Une guerre déclarée le 11 septembre
2001, point de départ d’un mouvement mondial d’agression contre
l’Occident, ses valeurs, sa civilisation et dont le terrorisme d’Al-Qaida
n’est que la pointe extrême. On en retrouve la manifestation
partout, d’Irak en Tchétchénie, de Palestine en Thaïlande. Prend
corps l’image d’un Occident assiégé par les nouveaux barbares, qui
ravagent sa périphérie mais frappent aussi au coeur de ses
métropoles : New York, Londres et Madrid. Jusque-là rien de
scandaleux, même si la notion de guerre mondiale reste très
contestable s’agissant du phénomène terroriste (la dernière guerre
mondiale a fait 20 millions de morts : ce n’est pas tout à fait la
même chose). Mais on va plus loin.
2
Dans cette guerre, il y a une cinquième colonne. Une certaine
extrême-gauche se lie à l’islamisme et devient le vecteur d’une
nouvelle judéophobie à oripeaux progressistes, qu’on retrouve chez
José Bové comme dans les résolutions proposées à la conférence de
Durban. Un courant antiaméricain, qu’on voit à gauche et à l’extrême
gauche, mais aussi dans les postures néogaullistes d’un Dominique de
Villepin ou bien dans le pacifisme d’un Gerhard Schröder, affaiblit
l’Occident. Une frange violente, antirépublicaine et antisémite des
populations immigrées qui campent autour des villes occidentales
sert d’armée de réserve aux émeutes urbaines et de vivier de
recrutement pour les groupes terroristes.
3
Il y a enfin, dans ce combat planétaire, des « idiots utiles » : les
hommes de gauche bien sûr, accusés de cécité, d’angélisme et
d’inertie. Indécrottables dans leur rousseauisme, ils refusent de
voir le mal, de percevoir la haine, d’admettre le retour de la bête
immonde, le « troisième totalitarisme ». Toute à ses idées de paix
par le droit et de multilatéralisme à l’eau de rose, la gauche ne
cesse d’entraver l’effort de résistance dirigé par une
administration américaine certes un peu fruste mais ô combien
précieuse par sa fermeté. Incapable de comprendre qu’elle a affaire
à une entreprise de subversion générale des valeurs
judéo-chrétiennes, elle fait droit, par respect des autres cultures,
à toutes sortes de revendications mémorielles et différentialistes
qui ne font qu’affaiblir l’Occident en l’engluant dans un sentiment
de culpabilité permanent. Aveugle devant la situation dangereuse
créée par une immigration incontrôlée, la gauche continue enfin à se
concentrer sur l’inégalité sociale alors que l’intégration ne se
fait pas et que la « culture de l’excuse » laisse la délinquance et
la subversion prendre le contrôle de cités désormais peuplées non de
victimes mais d’ennemis.
4
Ces « idiots utiles » ne sont que la manifestation d’un syndrome
plus large : la fin du progrès et la dissolution des valeurs -
républicaines, occidentales, judéo-chrétiennes, c’est selon. La
liberté qui prévaut dans la démocratie finit par la ronger de
l’intérieur. Les croyances s’effacent, les institutions s’effritent,
une douce anarchie consommatrice et médiatique, shootée à la culture
de masse, amollit la société et abaisse les défenses morales de
l’Occident. La démocratie est un lieu vide, sans foi ni règle. Nous
sommes en décadence.
Ami progressiste,
lecteur de gauche, démocrate tolérant, avouez-le, en lisant ces
paragraphes, vous vous dites que tout là-dedans n’est pas faux, que
dans cette vision du monde il y a une bonne part de vérité. C’est
toute la question. Au-delà de leurs différences (un Glucksmann
dénonce la Russie en Tchétchénie, un Finkielkraut n’approuve pas la
guerre d’Irak, etc.), les néoréacs professent une pensée cohérente,
solide. Une pensée qui prend en compte le danger du monde, que la
gauche, reconnaissons-le, ne mesure pas toujours. Comme les
néoconservateurs aux Etats-Unis, les néoréacs préparent les esprits
à des politiques nouvelles, bien plus dures et audacieuses que le
gaullo-centrisme d’un Chirac ou d’un Villepin. Nicolas Sarkozy vient
de ressortir la « loi anticasseurs » : prémices de la suite. Les
néoréacs sont moins des intellectuels que des combattants, moins des
analystes que des propagandistes. Pour les réfuter, il faudrait
expliquer que le terrorisme, aussi meurtrier soit-il, pose des
problèmes fort différents des menaces guerrières d’antan et qu’une
action combinée, policière, politique et sociale peut seule en venir
à bout, plutôt qu’un enrôlement sous la bannière martiale de George
Bush. Il faudrait montrer que les banlieues, aussi travaillées
qu’elles soient par l’islamisme, se révoltent surtout pour des
raisons intérieures, qu’elles demandent l’intégration à la
République et non sa disparition, qu’elles sont lieu d’injustice et
de discrimination plus que de haine. Il faudrait rappeler que la
répression s’opère là-bas sans faiblesse et que ce n’est pas
Finkielkraut et Carrère d’Encausse qu’on met en prison, mais des
centaines d’Arabes et de Noirs, certes coupables, mais envers qui la
faiblesse irénique des progressistes et la culture de l’excuse ne
s’exercent que fort peu. Il faudrait montrer que la fermeté sans
faille à l’égard de l’islamisme doit se doubler d’une tolérance
républicaine et d’un dialogue franc avec l’islam, et qu’il est de
bonne politique, vis-à-vis des minorités, de reconnaître les
blessures mémorielles et les humiliations. Il faudrait, en un mot,
dessiner les contours d’une politique plus complexe, plus moderne,
qui joue sur des leviers sociaux, culturels, politiques, autant que
répressifs et dénonciateurs. Bref, il faudrait être sans ambages -
on ose à peine l’écrire - nuancé et progressiste. Horreur !
Laurent Joffrin
In Le Nouvel
Observateur
du 1er décembre
2005
Finkielkraut, le Sarkozy des intellos
Qu'il soit bien
clair : je ne participerai pas à la curée contre Alain Finkielkraut,
qui est à la fois un ami, un frère spirituel et un intellectuel avec
qui je partage tant de choses. Je connais son goût du martyre, son
appétit pour le scandale, sa volonté d'avoir raison contre tous, son
pessimisme à toute épreuve. Il en use ici à satiété. Il mêle dans
cet entretien deux sortes de provocations : une qui relève de
l'humeur plus que de l'esprit, une autre enfin qui produit un effet
de vérité et qui ébranle les dogmatismes. Relisant ses propos dans «
Haaretz », je remarque un manque de nuances, voire des affirmations
péremptoires que je n'aurais pas contresignées et qui pourraient
desservir la cause qu'il entend défendre. Nier ou minimiser la
réalité de la discrimination au faciès ou à l'adresse n'est tout
simplement pas raisonnable. On dirait parfois que la conversation a
été faite sous transes. Mais je n'y vois aucune incitation à la
haine raciale, et les excuses qu'il a présentées ensuite le
prouvent.
Le tollé que
provoque cet entretien, la réaction absolument hystérique des médias
montre à quel point il touche juste. Je sens dans ses paroles un
homme désespéré qui ne reconnaît plus la France qu'il a aimée et se
détourne d'une patrie défigurée. Finkielkraut est notre conscience
malheureuse, le prophète qui annonce sans relâche la catastrophe
pour en prévenir l'arrivée. J'entends dans ses imprécations une
exaspération légitime face au climat de bien-pensance qui écrase
notre pays et contribue à son abaissement. Il y a vingt-trois ans,
je publiais « le Sanglot de l'homme blanc », où je dénonçais déjà la
culpabilisation de l'Occident, accusé de tous les maux de la terre
parce que lui et lui seul pratique l'autocritique et le repentir.
J'y évoquais déjà à l'époque le racisme anti-Blancs dont je
demandais qu'il soit dénoncé au même titre que les autres. Je fus
pour cet essai mis au ban de la gauche pendant des années, y compris
dans ce journal. Alain Finkielkraut lui-même jugea le livre à
l'époque excessif. Je constate qu'il m'a rejoint sur ce point. Je
croyais cette vision du monde qui oppose une Europe coupable,
forcément coupable, à un Sud toujours innocent et intouchable
périmée. Entendre aujourd'hui, en 2005, que la France vit une «
fracture coloniale », voire reste une puissance coloniale sur son
propre territoire et occupe les banlieues à la manière d'une armée
étrangère, laisse pantois. Lire sous la plume d'intellectuels
responsables ou de sociologues chevronnés que les « indigènes de la
République » continuent à Clichy-sous-Bois ou aux Minguettes le même
combat qu'à Diên Biên Phu ou dans les Aurès est d'une niaiserie
abyssale. Apprendre qu'un historien reconnu, Olivier
Pétré-Grenouilleau, spécialiste de l'esclavage, est aujourd'hui avec
son éditeur, Pierre Nora, de Gallimard, menacé, diffamé, poursuivi
en justice pour avoir étudié dans un livre récent les trois traites
négrières, africaine, arabe et occidentale, relève de moeurs
néostaliniennes qu'on croyait révolues. L'impossibilité d'avoir un
débat sur l'islam radical, l'immigration, le nationalisme sans être
traité de fasciste prouve le degré de confusion mentale où se trouve
notre pays ! Si Voltaire vivait aujourd'hui, il serait traîné devant
les tribunaux par nos antiracistes intransigeants !
On dirait que
toute une partie de l'intelligentsia, dans un masochisme
enthousiaste, ne trouve rien de mieux que calomnier la France, la
piétiner, l'humilier au moment même où les milliers d'immigrants qui
se pressent à nos portes prouvent à quel point elle reste désirable
pour tant d'étrangers. Vient un moment où le mensonge n'est plus
supportable. Alain Finkielkraut joue dans le monde intellectuel le
même rôle que Sarkozy dans le monde politique : il est le
détonateur, celui qui donne un coup de pied dans la fourmilière des
endormis. Je préfère mille fois ses outrances aux radotages du
politiquement correct qui font depuis vingt ans le jeu du Front
national. J'invite tous les esprits libres, quels que soient leurs
désaccords par ailleurs, à le soutenir face à la tyrannie de
minorités totalitaires porteuses d'un antisémitisme abject et d'une
intolérance repeinte aux couleurs du progressisme.
Pascal
Bruckner
In Le Nouvel
Observateur
du 1er décembre
2005
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