Semaine du 7 au 13 Décembre 2005

 

Irak

Bush se prononce contre un calendrier de retrait

Argentine

Le président a souverainement consolidé son pouvoir

 

 
 
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Irak

Bush se prononce contre un calendrier de retrait

Avant les élections irakiennes du 15 décembre, le président américain s’est lancé dans une grande explication de sa stratégie en Irak, en se prononçant clairement contre toute idée de calendrier de retrait des troupes américaines du pays.

Un plan de 35 pages a été présenté récemment par la Maison Blanche. Intitulé « stratégie nationale pour une victoire en Irak », il est destiné à donner un nouveau souffle à la politique américaine en Irak, surtout depuis que la barre des 2000 soldats américains tués a été passée cet automne. George W.Bush prévoit plusieurs interventions au cours desquelles il doit expliquer les aspects économiques de sa stratégie et notamment les enjeux de la reconstruction du pays selon la Maison blanche.

Plus de deux ans et demi après l’invasion de l’Irak, le président américain demande encore du temps pour parvenir dit-il, à la « victoire contre les terroristes ». Dans son dernier discours, il s’est concentré sur les progrès réalisés en matière de formation de l’armée irakienne, qui doit déterminer les conditions et dates de retrait des Américains.

Pour la première fois, il a reconnu que cette formation avait pris un mauvais départ, en étant théorique et pas assez pratique et que les progrès accomplis récemment étaient dus à des « changements » dans la méthode de formation.

Mais alors qu’un vif débat est engagé à Washington pour demander le rapatriement des soldats américains, George W. Bush, qui s’exprime de plus en plus à l’intérieur de bases militaires pour marteler son message, a refusé toute idée d’un calendrier de retrait.

Le niveau des troupes américaines en Irak (160 000 aujourd’hui) dépend des conditions sur le terrain et non « des calendriers artificiels établis par des hommes politiques à Washington », a-t-il tenu a précisé. Il a néanmoins suggéré la possibilité d’une réduction des troupes à partir de 2006 en fonction de l’avis du commandement militaire, histoire d’essayer de couper l’herbe sous les pieds de l’opposition démocrate qui fait monter la pression sur le sujet, notamment dans la perspective des élections législatives et sénatoriales de mi-mandat de 2006.

Il est encore un peu tôt pour jauger la réaction de l’opinion publique. Le dernier sondage, réalisé par la chaîne de télévision Fox montre que George W. Bush, qui stagnait au-dessous de 40%, le plus bas niveau de sa présidence depuis octobre, est repassé au-dessus de cette barre. Quoique cette chaîne de télévision soit une inconditionnelle du président américain, il est permis de douter de la crédibilité de tels chiffres…

Pour le New York Times, le constat est sans nuance : »Le président est complètement déconnecté de l’opinion publique (…). Les propos étaient presque entièrement une répétition des mêmes arguments éculés consistant à dire tout va simplement bien ».

Alors qu’un nouveau sondage diffusé par l’institut américain Zogby montre que l’image des Etats-Unis est déplorable dans les pays arabes,une nouvelle affaire embarrasse Washington , qui s’affiche comme le champion de la défense des libertés dans le monde. Le Los Angeles Times a révélé que des « reportages » pro-américains, publiés dans les médias irakiens, étaient en réalité écrits par des militaires de la coalition.  

Washington accumule les scandales, et n’est pas prêt de se sortir du bourbier irakien…

 

 

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Argentine

Le président a souverainement consolidé son pouvoir

Le président argentin Nestor Kirchner a consolidé son pouvoir cette semaine en procédant à des changements majeurs, et risqués, au sein de son gouvernement, dans le style souverain qui est le sien.

Elu sans combattre en 2003 après le retrait de son rival, l'ex-président Carlos Menem à l'issue du premier tour, Nestor Kirchner n'a eu de cesse depuis de renforcer son autorité. Sa victoire aux élections législatives d'octobre lui a donné la légitimité qu'il attendait pour ouvrir, a-t-il expliqué, une "nouvelle étape" avant le rendez-vous de la présidentielle de 2007.  Il a surpris les Argentins en limogeant Roberto Lavagna, artisan du redressement économique de leur pays, tombé en pleine débâcle à son arrivée au ministère de l'Economie en 2002. Ce départ précipité a fait chuter la bourse de 4% et provoqué un déluge de commentaires alarmistes, y compris de la part du quotidien britannique des affaires Financial Times.

Au très respecté Roberto Lavagna, Nestor Kirchner a préféré une femme, Felisa Miceli, 52 ans,  jusque là présidente  de la banque publique Banco Nacion, peu favorable aux recettes libérales et orthodoxes en matière économique, et militante radicale de gauche dans les années 60 et 70. Le président a également surpris en nommant une autre ex-activiste de gauche, Nilda Garré, au ministère de la Défense, où son prédécesseur Jose Pampuro lui a déjà prédit quelques "difficultés" avec les militaires.

Il a en revanche choisi la continuité au ministère des Affaires étrangères en nommant ministre Jorge Taiana, diplomate de carrière, qui occupait   les fonctions de vice-ministre des Affaires étrangères. Pour la majorité des commentateurs, ces ministres ont tous un point commun: leur loyauté à l'égard du président Kirchner. "Le nouveau gouvernement est constitué de personnes personnellement proches de Kirchner et qui idéologiquement démontrent un penchant plus prononcé vers le centre-gauche", a ainsi estimé Rosendo Fraga, historien et analyste argentin auteur de plusieurs essais sur la politique argentine.

D'autres se sont montrés plus sévères en jugeant dangereux "l'hyperprésidentialisme" dont a fait preuve le président argentin. "Ses décisions sont particulièrement influencées par la politique intérieure, et surtout par sa volonté de construire un projet de pouvoir qui le place, lui, comme principal et quasi unique protagoniste", a jugé de son côté le politologue Sergio Berensztein, professeur à l'Université Torcuato Di Tella.

La diplomatie argentine porte aussi la marque de cette façon souveraine d'agir, comme en témoigne par exemple le IVème Sommet des Amériques, organisé le mois dernier en Argentine, et où le président américain George W. Bush s'est entendu dire par son homologue argentin qu'il était à la tête d'un pays au comportement "inexcusable" pour avoir soutenu des politiques n'ayant apporté que misère au continent sud-américain.

Quelques jours plus tard, le président argentin se rendait à Caracas pour y renconter son homologue vénézuélien Hugo Chavez, bête noire de Washington. Mais M. Kirchner sait aussi équilibrer sa politique, comme il l'a fait  dernièrement en confirmant le cap économique suivi jusqu'à présent par Roberto Lavagna, pourtant remercié la veille.

De même, il a renforcé ses liens avec le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva lors d'un sommet à Puerto Iguazu sur la frontière entre les deux pays, 20 ans après le premier traité unissant les deux pays et qui servira de base au traité d'Asuncion de 1991 instituant le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay).

Le Venezuela est appelé à rejoindre le Mercosur et il est clair, selon certains analystes, que ce rapprochement entre les deux "grands" du sud du continent est aussi destiné à envoyer un signal à Hugo Chavez.

 

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