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Irak
Bush se
prononce contre un calendrier de retrait
Avant les
élections irakiennes du 15 décembre, le président américain s’est
lancé dans une grande explication de sa stratégie en Irak, en se
prononçant clairement contre toute idée de calendrier de retrait des
troupes américaines du pays.
Un plan de 35
pages a été présenté récemment par la Maison Blanche. Intitulé
« stratégie nationale pour une victoire en Irak », il est destiné à
donner un nouveau souffle à la politique américaine en Irak, surtout
depuis que la barre des 2000 soldats américains tués a été passée
cet automne. George W.Bush prévoit plusieurs interventions au cours
desquelles il doit expliquer les aspects économiques de sa stratégie
et notamment les enjeux de la reconstruction du pays selon la Maison
blanche.
Plus de deux ans
et demi après l’invasion de l’Irak, le président américain demande
encore du temps pour parvenir dit-il, à la « victoire contre les
terroristes ». Dans son dernier discours, il s’est concentré sur les
progrès réalisés en matière de formation de l’armée irakienne, qui
doit déterminer les conditions et dates de retrait des Américains.
Pour la première
fois, il a reconnu que cette formation avait pris un mauvais départ,
en étant théorique et pas assez pratique et que les progrès
accomplis récemment étaient dus à des « changements » dans la
méthode de formation.
Mais alors qu’un
vif débat est engagé à Washington pour demander le rapatriement des
soldats américains, George W. Bush, qui s’exprime de plus en plus à
l’intérieur de bases militaires pour marteler son message, a refusé
toute idée d’un calendrier de retrait.
Le niveau des
troupes américaines en Irak (160 000 aujourd’hui) dépend des
conditions sur le terrain et non « des calendriers artificiels
établis par des hommes politiques à Washington », a-t-il tenu a
précisé. Il a néanmoins suggéré la possibilité d’une réduction des
troupes à partir de 2006 en fonction de l’avis du commandement
militaire, histoire d’essayer de couper l’herbe sous les pieds de
l’opposition démocrate qui fait monter la pression sur le sujet,
notamment dans la perspective des élections législatives et
sénatoriales de mi-mandat de 2006.
Il est encore un
peu tôt pour jauger la réaction de l’opinion publique. Le dernier
sondage, réalisé par la chaîne de télévision Fox montre que George
W. Bush, qui stagnait au-dessous de 40%, le plus bas niveau de sa
présidence depuis octobre, est repassé au-dessus de cette barre.
Quoique cette chaîne de télévision soit une inconditionnelle du
président américain, il est permis de douter de la crédibilité de
tels chiffres…
Pour le New York
Times, le constat est sans nuance : »Le président est complètement
déconnecté de l’opinion publique (…). Les propos étaient presque
entièrement une répétition des mêmes arguments éculés consistant à
dire tout va simplement bien ».
Alors qu’un
nouveau sondage diffusé par l’institut américain Zogby montre que
l’image des Etats-Unis est déplorable dans les pays arabes,une
nouvelle affaire embarrasse Washington , qui s’affiche comme le
champion de la défense des libertés dans le monde. Le Los Angeles
Times a révélé que des « reportages » pro-américains, publiés dans
les médias irakiens, étaient en réalité écrits par des militaires de
la coalition.
Washington
accumule les scandales, et n’est pas prêt de se sortir du bourbier
irakien…
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Argentine
Le président a
souverainement consolidé son pouvoir
Le président
argentin Nestor Kirchner a consolidé son pouvoir cette semaine en
procédant à des changements majeurs, et risqués, au sein de son
gouvernement, dans le style souverain qui est le sien.
Elu sans combattre
en 2003 après le retrait de son rival, l'ex-président Carlos Menem à
l'issue du premier tour, Nestor Kirchner n'a eu de cesse depuis de
renforcer son autorité. Sa victoire aux élections législatives
d'octobre lui a donné la légitimité qu'il attendait pour ouvrir,
a-t-il expliqué, une "nouvelle étape" avant le rendez-vous de la
présidentielle de 2007. Il a surpris les Argentins en limogeant
Roberto Lavagna, artisan du redressement économique de leur pays,
tombé en pleine débâcle à son arrivée au ministère de l'Economie en
2002. Ce départ précipité a fait chuter la bourse de 4% et provoqué
un déluge de commentaires alarmistes, y compris de la part du
quotidien britannique des affaires Financial Times.
Au très respecté
Roberto Lavagna, Nestor Kirchner a préféré une femme, Felisa Miceli,
52 ans, jusque là présidente de la banque publique Banco Nacion,
peu favorable aux recettes libérales et orthodoxes en matière
économique, et militante radicale de gauche dans les années 60 et
70. Le président a également surpris en nommant une autre
ex-activiste de gauche, Nilda Garré, au ministère de la Défense, où
son prédécesseur Jose Pampuro lui a déjà prédit quelques
"difficultés" avec les militaires.
Il a en revanche
choisi la continuité au ministère des Affaires étrangères en nommant
ministre Jorge Taiana, diplomate de carrière, qui occupait les
fonctions de vice-ministre des Affaires étrangères. Pour la majorité
des commentateurs, ces ministres ont tous un point commun: leur
loyauté à l'égard du président Kirchner. "Le nouveau gouvernement
est constitué de personnes personnellement proches de Kirchner et
qui idéologiquement démontrent un penchant plus prononcé vers le
centre-gauche", a ainsi estimé Rosendo Fraga, historien et analyste
argentin auteur de plusieurs essais sur la politique argentine.
D'autres se sont
montrés plus sévères en jugeant dangereux "l'hyperprésidentialisme"
dont a fait preuve le président argentin. "Ses décisions sont
particulièrement influencées par la politique intérieure, et surtout
par sa volonté de construire un projet de pouvoir qui le place, lui,
comme principal et quasi unique protagoniste", a jugé de son côté le
politologue Sergio Berensztein, professeur à l'Université Torcuato
Di Tella.
La diplomatie
argentine porte aussi la marque de cette façon souveraine d'agir,
comme en témoigne par exemple le IVème Sommet des Amériques,
organisé le mois dernier en Argentine, et où le président américain
George W. Bush s'est entendu dire par son homologue argentin qu'il
était à la tête d'un pays au comportement "inexcusable" pour avoir
soutenu des politiques n'ayant apporté que misère au continent
sud-américain.
Quelques jours
plus tard, le président argentin se rendait à Caracas pour y
renconter son homologue vénézuélien Hugo Chavez, bête noire de
Washington. Mais M. Kirchner sait aussi équilibrer sa politique,
comme il l'a fait dernièrement en confirmant le cap économique
suivi jusqu'à présent par Roberto Lavagna, pourtant remercié la
veille.
De même, il a
renforcé ses liens avec le président brésilien Luiz Inacio Lula da
Silva lors d'un sommet à Puerto Iguazu sur la frontière entre les
deux pays, 20 ans après le premier traité unissant les deux pays et
qui servira de base au traité d'Asuncion de 1991 instituant le
Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay).
Le Venezuela est
appelé à rejoindre le Mercosur et il est clair, selon certains
analystes, que ce rapprochement entre les deux "grands" du sud du
continent est aussi destiné à envoyer un signal à Hugo Chavez.
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