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Maladies du Président
Secret d'Etat ?
Les communiqués
émis par le palais d'El-Mouradia, s'ils se veulent plutôt rassurants
quant à l'état de santé du président de la République, Abdelaziz
Bouteflika, hospitalisé depuis quelques jours à l'hôpital militaire
du Val-de-Grâce pour des troubles au niveau de l'appareil digestif,
ouvrent la voie, de par leur laconisme, à l'homme de la rue qui
s'est déjà autorisé toutes les interprétations possibles, souvent
aussi farfelues les unes que les autres.
Convaincu qu'il
est que, si on lui dit peu, cela veut dire qu'on lui cache forcément
une grande partie de la vérité, l'homme de la rue, friand de ragots
et de potins, a une opinion toute faite sur l'information
officielle ; les on-dit ont pour lui plus de poids qu'un communiqué.
Même si, très souvent, l'information qu'il détient est faite de
toutes pièces et ne recèle aucune part de vérité.
Armé de cette
certitude qu'on lui cache la vérité, l'homme de la rue pense déjà
que le président de la République est plus malade qu'on veut bien le
dire et conforte cette certitude par le silence et le flou qui
avaient, en 1978, entouré la maladie du président Houari Boumediène.
En septembre 1978, les médecins de Houari Boumediène s'inquiétaient
déjà de sa santé. Plusieurs diagnostics avaient alors été établis.
On avait parlé au départ d'une insuffisance rénale, puis d'un cancer
du rein ; quelques jours plus tard, son état de santé se dégradait
et nécessitait une hospitalisation dans un service d'urologie, à
Alger. Mais rien de l'état de santé du Président ne filtrait des
services de la Présidence et de l'hôpital. Silence absolu. Aucun
bilan de santé n'a été rendu public. Entre octobre et novembre 1978,
la maladie de Houari Boumediène s'aggravait et il était transporté à
Moscou, où il a séjourne six semaines dans un hôpital. Les gens
savaient alors que le Président était à Moscou, mais on leur avait
déjà avancé le prétexte d'un voyage de travail et d'amitié.
Officiellement,
rien sur la maladie du président, absent pourtant dans plusieurs
manifestations nationales et internationales. La rumeur publique,
déjà lancée, était de plus en plus aiguisée par le silence des
autorités.
Et c'est
curieusement l'AFP, qui pour la première fois, parlait de la maladie
de Boumediène. Une journaliste voyageait à bord du même avion
qu'Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères ; en
réponse à sa question sur l'état de santé de Houari Boumediène, il
répondit : "Le Président est un être humain comme tous les autres,
il a le droit de tomber malade." C'était la première fois que la
maladie de l'ancien Président était reconnue publiquement. Cette
reconnaissance s'arrêta là et si les messages de soutien au
Président malade étaient publiés tous les jours en page une du
quotidien El Moudjahid, aucun bulletin de santé n'était publié.
Quelques jours
après avoir quitté Moscou, l'état de santé de Houari Boumediène se
dégradait encore. Il fut alors hospitalisé à Alger et sombra dans le
coma. A partir du 18 décembre, son état s'aggravait par une
hémorragie interne qui entraîna la mort neuf jours plus tard.
Le silence dont on
avait soigneusement entouré la maladie de Houari Boumediène est
toujours présent dans les esprits et les rumeurs qui avaient pris
naissance en 1978 n'ont pas été démenties.
Jusqu'à ce jour,
chacun y va de son propre diagnostic sur le décès de l'ancien
président.
Quelques années
après, et durant le règne du président Chadli Bendjedid, l'absence
de communication institutionnelle est toujours en vigueur. En 1980,
la rumeur publique qui avait fait son chemin, faisait croire que le
président Chadli était destitué par l'armée et victime d'un coup d'Etat…
La rumeur, qui est allée beaucoup plus loin, a même fait croire que
le Président avait été assassiné. La vérité était pourtant toute
simple et facile à dire. Chadli Bendjedid était hospitalisé durant
un mois, dans un hôpital de Belgique, pour y subir une opération
chirurgicale sur une hernie discale. Aucun communiqué n'avait été
émis et les gens, inquiétés par ce silence, ont imaginé toutes les
hypothèses. Curieusement, il a fallu que le personnel de l'hôpital
Mustapha dénonce l'hospitalisation du Président à l'étranger pour
que les citoyens sachent enfin la vérité.
Le président
Liamine Zeroual a été malade, lui aussi, et son état de santé avait
nécessité deux hospitalisations en Espagne. La première en 1996,
pour une affection à la jambe et la deuxième en 1997 pour subir une
opération ophtalmique. Cette fois aussi, la communication
institutionnelle a brillé par son absence, et cette fois aussi, la
rumeur publique a interprété ce silence à sa manière, en parlant de
maladie grave et d'une longue indisponibilité du Président ;
d'autres sont allés plus loin et ont confirmé qu'un attentat avait
mis fin aux jours de Liamine Zeroual. La situation sécuritaire de
l'époque permettait toutes les spéculations. Les gens avaient
réellement cru à cette version, et étaient sincèrement désolés pour
leur Président.
Toutes ces
situations auraient pu être aisément évitées si, dès le départ, les
autorités avaient informé les citoyens, par des communiqués ou des
bulletins de santé, de l'état de santé du premier magistrat, comme
cela se fait dans les pays développés. Tony Blair, Bush ou Chirac
ont souvent été malades, sans pour autant que leur état de santé
soit colporté à travers les rumeurs et les on-dit de la rue.
Mais il faut
reconnaître que cette fois, les choses sont beaucoup plus claires
qu'elles ne l'ont été de par le passé. Tout un chacun sait que le
président de la République a été victime de troubles au niveau de
l'appareil digestif, et que les médecins de l'hôpital militaire de
Aïn-Naâdja, qui l'ont ausculté, ont préféré, "pour un bilan médical
plus approfondi", le transfert vers un hôpital parisien réputé.
A travers les
communiqués émis par la présidence de la République, tous savent que
le Président a voyagé à bord d'un avion non médicalisé, qu'il s'est
déplacé "sur ses pieds" en France, pour subir un contrôle médical
approfondi. Ces communiqués se veulent rassurants et précisent à
chaque fois que l'état de santé du Président est en nette
amélioration. Le mérite de ces communiqués réside dans le fait que
les choses sont on ne peut plus claires.
Le Président est
souffrant. Aucune autre interprétation, comme cela s'est fait dans
le passé, n'est possible. Mais, si on nous dit que le Président est
malade, rien par contre ne filtre sur la nature de cette maladie,
les soins qu'il subit… C'est sur ces détails que l'homme de la rue
spécule et que la rumeur fait son chemin. Même si les communiqués
officiels affirment que le chef de l'Etat, s'il est hospitalisé,
n'en continue pas moins de gérer normalement les affaires de l'Etat,
depuis Paris.
Ici, tout le monde
l'aura remarqué, c'est le chef du gouvernement, M. Ouyahia, qui
assume les fonctions d'intérim du chef de l'Etat. Aucune déclaration
officielle ne l'affirme, mais tout montre qu'il est propulsé aux
premières loges, ceci d'autant que la Constitution ne prévoit
nullement une situation pareille à celle que nous vivons.
La Constitution, à
travers son article 88, explique l'état d'empêchement qui ne peut
être déclaré qu'en cas de maladie grave et durable du Président, et
précise que si cet état d'empêchement dépasse les 45 jours, durée
pendant laquelle l'intérim est assuré par le président du Conseil de
la nation, l'état de vacance est déclaré. On n'en est certainement
pas là, puisque les communiqués qui nous renseignent sur la santé
d'Abdelaziz Bouteflika affirment qu'elle est en constante
amélioration et qu'il sera bientôt de retour dans son pays.
Khadidja
Mohamed Bouziane
Haut
Maladie du président
Jusqu'ou
peut-on tout dire ?
Quelle attitude
adopter aujourd’hui face à une communication des plus embarrassée
lorsqu’il s’agit de la santé du président. Parce qu’on en a trop dit
ou pas assez, aujourd’hui l’opinion semble circonspecte face à
autant de non dits et d’imprécision. Du reste tout un chacun se
demande pourquoi autant de temps est mis pour publier un bulletin
de santé. Dans tout cela difficile de déterminer les responsabilités
et surtout aussi compliqué de désigné qui a cafouillé que de dire
qui doit communiquer.
Le samedi 12
novembre 2005 le président Bouteflika recevait Moundhir Zeneidi
envoyé spécial du Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali. Le
ministre du commerce tunisien venait apporter un message du
président tunisien. Outre le langage habituel et attendu dans ce
genre de circonstances très protocolaires, le ministre tunisien
avait également indiqué avoir transmis «les salutations, l’estime et
la considération du Président Ben Ali et ses vœux de santé et de
bonheur au Président Bouteflika» du président Tunisien. Des vœux de
bonne santé qui en principe n’était pas très à propos. Elément
d’information ou simple langage diplomatique ? On n’en saura pas
plus mais la visite du ministre tunisien intervenait quelques jours
avant la tenue à Tunis du sommet mouvementé de la société de
l’information duquel seront absent la majorité des chefs d’Etat
européens. La défection du président algérien qui officiellement
n’était pas malade aurait-elle pu être préjudiciable pour le chef de
l’Etat tunisien ?
Le 19 novembre, au
siège de la cour suprême le président de la république ouvre
solennellement l’année judiciaire2005-2006. Un détail n’échappe pas
aux nombreux journalistes et photographes présents. Les issues sont
laissées grandes ouvertes au moment où le président prononce son
discours. Craignait on déjà d’avoir à évacuer en urgence le
président ? Les autres appréciations quant au fait que le président
paraissait fatigué sont bien entendu très personnelles et ne sont en
rine significatives. Mais si nous sommes effectivement face à un
président fatigué doit supposer que l’on nous caché déjà quelque
chose avant même d’annoncer son transfert à Paris pour des examens
approfondis. Dès lors sa subite maladie n’aurait rien de soudain
mais serait une évolution d’un état «normal». Le président sortait
aussi d’une campagne pour le référendum menée à un rythme infernal
supportant les longs discours et des déplacements fréquents. En
faisant preuve de transparence au moment où le président était
transféré on a certes éviter que la rumeur soit plus pernicieuse
mais le silence quia suivi ce même transfert
Les
interprétations hâtives
Juste après le
référendum sur la réconciliation nationale commence le ramadhan. Une
période de léthargie sur tous les plans qui touchera cette fois même
l’actualité présidentielle. Du moins verra t on le chef du
gouvernement Ahmed Ouyahia représenter le président de la république
à deux réunions de l’Union Africaine en octobre. On en arrivait à se
demander pourquoi est-ce que le président est absent des grands
messes Africaines auquel il a toujours^ participé en y apportant une
caution que les africains sont les premiers à reconnaître. Etait-ce
là un des signes avant coureur mal lu et mal interprété de la
maladie du président ? Il reste que la difficulté à connaître la
situation dans le détail ne permet en aucune manière d’avoir une
lecture précise des événements et au-delà d’induire les médias en
erreur. Bien entendu c’est avant tout l’opinion qui pâtie de ce
genre d’interprétations.
Le monde à
l’écoute de l’Algérie
La maladie du
président sera aussi suivie de par le monde. Les agences de presse
internationale ont eu pendant quelques jours du fil à retordre avec
une information livrée au compte goutte dans un langage qui
n’appelait finalement plus à l’interprétation qu’à la compréhension.
Si c’est par gène que les autorités se sont exprimés de la sorte il
est clair que l’effet de cette forme de communication a généré plus
de cafouillage qu’il n’a rassuré l’opinion.
Qui a profité le
plus des malentendus ? Ce sont surtout les sources anonymes qui ont
fait les choux gras des agences et des chaînes de télévisions arabes
notamment. Al Jazeera s’est même permis le luxe d’un scoop en
donnant les détails de la maladie du président. La très controversée
chaîne de télévision du Qatar précise sur son site Internet selon
«une source algérienne de haut niveau, proche du Président depuis
les années 1960» que le président Bouteflika souffrirait d’une
maladie héréditaire, la polykystose rénale. Selon la même source Al
Jazeera ajoute que «les soins prodigués nécessitent une opération
régulière de lavement des reins ajoutée aux soins pour réduire de
l’effets de la maladie et ses complications du fait de l’âge ».
Entre temps ni bilan précis ni bulletin de santé n’est venu confirmé
ou infirmer une telle information et aucune source officielle n’a
démentie ce qu’a rapporté Al Jazeera.
La maladie du
président secret d’Etat
On a su finalement
après le transfert au Val de Grâce du président la république le
président recevait des soins de manière régulière notamment en
Suisse depuis des années. Cela n’a rien d’anormal en soi mais on n’a
jamais communiqué sur ces transferts pour raison de santé à
l’étranger du président ou alors si peu. Il est vrai aussi qu’on se
demandera toujours s’il est forcément nécessaire de publier un
communiqué à chaque fois que le président a un coup de fatigue ou
qu’il chope un rhume. Mais les difficultés à savoir exactement de
quoi souffre le président Bouteflika donne à penser que sa maladie
devient outre un secret médical carrément un secret d’Etat. Si tel
est le cas pourquoi est-ce qu’on a vu autant de gens oser s’exprimer
sur la santé du président sans que l’on sache quelle est leur
qualification pour en parler.
Amine Esseghir
Haut
Crise à l’UGTA
Descente aux
enfers
La suspension de
Mohamed Badaoui, secrétaire général du syndicat national des
douanes, est loin d’être un bras de fer entre le concerné et le
directeur général des douanes, Sid Ali Lebib. Elle est l’annonce
d’une guerre larvée au sein de la comète UGTA à la veille de sont
11e congrès qui aura lieu avant la fin du premier semestre de
l’année prochaine. Elle est, également, le signe d’une descente aux
enfers de l’appareil syndical tenu jusque-là sous perfusion par les
pouvoirs publics.
Un syndicaliste
suspendu pour avoir annoncé une grève. La mesure semblerait tout à
fait « normale » s’il s’agissait des syndicats autonomes qui ont,
malheureusement, l’habitude de telles mesures sans que personne ne
s’en offusque. Mais qu’une suspension soit prononcée contre le SG du
syndicat national des douanes (SND) affilié à la « puissante » UGTA,
cela à de quoi étonner.
A l’origine de la
manifestation syndicale à la douane il y avait la coordination
syndicale des ports, née de la protestation des syndicats UGTA des
ports contre toute ouverture des services portuaires au profit du
secteur privé. La coordination en question comprend les syndicats de
la douane, de l’EPAL, de la CNAN, de l’ENTMV, et de NASHCO, qui ont
été rejoints plus tard par d’autres structures syndicales du secteur
des finances essentiellement (BDL et BEA) et de l’EDIED.
Les plus
importantes (sinon les seules) revendications faites dans le cadre
de cette coordination concernent les syndicats du port et celui de
la douane. Pour le SND, cela concerne les conditions de travail des
douaniers qu’il s’agit, réclame le syndicat, d’améliorer. Le
syndicat de la CNAN a fait beaucoup plus dans la figuration au sein
de ce groupe, étant donné la situation particulière de la compagnie
qui ne permet pas aux syndicalistes de revendiquer quoique ce soit.
Les syndicats des
ports étant en passe de régler le problème avec leurs directions
respectives, ne restait que celui de la douane qui n’arrivait pas à
obtenir gain de cause ni à lancer un dialogue avec la direction de
cette institution.
Mais, au-delà de
ces considérations, les rencontres et les réunions de la
coordination des syndicats UGTA de la zone portuaire d’Alger étaient
instructives à plus d’un titre. Particulièrement lorsque la parole
était donnée aux syndicalistes de base dont les reproches envers
leurs chefs aussi bien locaux que nationaux ressemble fort aux
critiques des syndicats autonomes envers la Centrale syndicale. Par
moments, la base des syndicats UGTA donnait l’impression, lors des
rencontres de la coordination, de se rebeller contre les sommets
(locaux et national) de vieux syndicat.
Le sujet qui
revenait le plus dans les critiques des syndicalistes de base de l’UGTA
était relatif à l’indécrottable problème de la gestion des œuvres
sociales que traîne l’UGTA, mais également au peu d’intérêt accordé
aux problèmes socioprofessionnels des travailleurs par certains
nantis de l’UGTA qui se situent à différents niveaux aussi bien
local que national.
Lors de la réunion
du 26 octobre dernier, des syndicalistes UGTA n’ont pas hésité de
parler de « comportements véreux » de la part de certains
responsables locaux dont ils ont dénoncé, à titre d’exemple, la «
gestion personnelle des œuvres sociales ». Et comme pour montrer le
bien fondé de ses critiques, l’un des syndicalistes de base suggère
de jeter un coup d’œil sur les comptes bancaires de chacun pour
avoir une idée précise sur « l’honnêteté de chacun ».
Ce jour là, la
proposition avait de quoi gêner plus d’un y compris certains chefs
syndicaux qui traînent déjà des affaires de justice pour la gestion
frauduleuse des fonds des œuvres sociales à commencer par ceux de la
CNAN qui viennent d’êtres condamnés à deux années de prison ferme
dans une affaire similaire.
C’est au cours de
cette même réunion, qui s’était déroulée au siège de la direction
régionale centre de la douane, que le secrétaire national chargé de
l’organique au sein de l’UGTA (également membre de la direction
nationale du RND), à savoir M. Djenouhat, avait subi un feu nourri
de critiques adressées par plusieurs participants qui l’accusent de
« soutenir les réformes néolibérales ».
Visiblement gêné
de toutes ces critiques, Mohamed Badaoui a dû rappeler les
participants à l’ordre, estimant qu’il y avait lieu de « faire
l’évaluation de la mobilisation autour des revendications des
syndicats » et non pas de « créer une scission au sein de l’UGTA ».
Badaoui ne croyait
pas si bien dire, mais la scission semble d’abord concerner son
syndicat puisque un « conseil provisoire de redressement du syndicat
des Douanes » a été créé pour s’opposer aux « agissements » du SG du
SND. Il est accusé « d’agissements fractionnels », de « recrutements
abusifs », de « favoritisme et de trafic d’influence dans l’octroi
de promotions internes à son entourage direct et familial », et de
« détournement et dilapidation des fonds des œuvres sociales dans
les dépenses de prestige et des réunions inutiles, organisées dans
les grands hôtels, et d’avoir loué un appartement haut standing à
Alger aux frais des deniers des travailleurs ».
Vraies ou fausses
accusations, la question est de savoir pourquoi est-ce que les
détracteurs de Badaoui se sont tut pendant tout ce temps devant les
« agissements » qu’ils dénoncent maintenant. La car la gestion des
œuvres sociales c’est le talon d’Achille de l’ensemble de l’UGTA et
pas seulement du syndicat de la douane. C’est, d’ailleurs, ce que ne
cessent de dénoncer depuis près d’une décennie les syndicats
autonomes devant un silence complice de la base de l’UGTA.
D’un autre côté,
le combat de Mohamed Badaoui qui semble s’orienter vers l’appel au
départ du chargé de l’organique de l’UGTA est-il dénué de toute
arrière pensée ? Djenouhat serait-il, à lui seul, le « bad boy » de
la Centrale ? A-t-il été le seul à « soutenir les réformes
néolibérales » ? Bien sûr que non.
Feigne-t-on
d’oublier que c’est justement grâce à son « SOUTIEN » à tout ce qui
est décidé par les pouvoirs publics que l’UGTA tient sa place de
syndicat privilégié ?
La réforme du mode
de gestion de l’UGTA réclamée par le SG du SND doit d’abord passer
par la nécessité de reconnaître la pluralité syndicale et, par
conséquent, le droit des travailleurs de choisir leurs propres
représentants parmi les syndicats qu’ils estiment aptes à défendre
leurs intérêts.
Les « réformateurs
» de l’UGTA, s’ils ne doivent pas donner l’impression qu’il ne
s’agit que d’une lutte de clans à quelques mois du 11e congrès,
doivent exiger une véritable démocratisation non seulement de la
gestion de la Centrale (et ses démembrements) mais également un plus
grand respect vis-à-vis des travailleurs qui ont chois d’autres
syndicats pour exprimer leurs revendications socioprofessionnelles.
Dénoncer la
mauvaise gestion des œuvres sociales ne doit pas s’arrêter en si bon
chemin. Elle doit aller au-delà en posant la véritable problématique
à l’origine de ce problème. A savoir : pourquoi est-ce que seuls les
syndicats de l’UGTA gèrent les fonds des œuvres sociales, alors que
la loi confie cette tâche à l’administration, en plus du fait
qu’elle préconise des élections pour la désignation des délégués
devant faire partie des comités des oeuvres sociales.
Le débat au sein
des syndicats UGTA ne doit pas s’arrêter seulement sur le droit de
grève au sein de l’administration (pour soutenir la grève du SND),
mais l’élargir à l’ensemble des administrations, y compris celles où
les travailleurs ont choisi le SNAPAP ou autre syndicat autonome.
L’UGTA est-elle
capable d’un tel débat, qui va nécessairement remettre en cause sa
place largement dopée par le soutien inconditionnel des pouvoirs
publics ?
Pas si sûr, à
moins d’une véritable révolution des mentalités.
Abdelkader
Djalil
Haut
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