Semaine du 7 au 13 Décembre 2005

 

Maladies du Président

Secret d'Etat ?

Maladie du président

Jusqu'ou peut-on tout dire ?

Crise à l’UGTA

Descente aux enfers

 

 
 
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Maladies du Président

Secret d'Etat ?

Les communiqués émis par le palais d'El-Mouradia, s'ils se veulent plutôt rassurants quant à l'état de santé du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, hospitalisé depuis quelques jours à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce pour des troubles au niveau de l'appareil digestif, ouvrent la voie, de par leur laconisme, à l'homme de la rue qui s'est déjà autorisé toutes les interprétations possibles, souvent aussi farfelues les unes que les autres.

Convaincu qu'il est que, si on lui dit peu, cela veut dire qu'on lui cache forcément une grande partie de la vérité, l'homme de la rue, friand de ragots et de potins, a une opinion toute faite sur l'information officielle ; les on-dit ont pour lui plus de poids qu'un communiqué. Même si, très souvent, l'information qu'il détient est faite de toutes pièces et ne recèle aucune part de vérité.

Armé de cette certitude qu'on lui cache la vérité, l'homme de la rue pense déjà que le président de la République est plus malade qu'on veut bien le dire et conforte cette certitude par le silence et le flou qui avaient, en 1978, entouré la maladie du président Houari Boumediène. En septembre 1978, les médecins de Houari Boumediène s'inquiétaient déjà de sa santé. Plusieurs diagnostics avaient alors été établis. On avait parlé au départ d'une insuffisance rénale, puis d'un cancer du rein ; quelques jours plus tard, son état de santé se dégradait et nécessitait une hospitalisation dans un service d'urologie, à Alger. Mais rien de l'état de santé du Président ne filtrait des services de la Présidence et de l'hôpital. Silence absolu. Aucun bilan de santé n'a été rendu public. Entre octobre et novembre 1978, la maladie de Houari Boumediène s'aggravait et il était transporté à Moscou, où il a séjourne six semaines dans un hôpital. Les gens savaient alors que le Président était à Moscou, mais on leur avait déjà avancé le prétexte d'un voyage de travail et d'amitié.

Officiellement, rien sur la maladie du président, absent pourtant dans plusieurs manifestations nationales et internationales. La rumeur publique, déjà lancée, était de plus en plus aiguisée par le silence des autorités.

Et c'est curieusement l'AFP, qui pour la première fois, parlait de la maladie de Boumediène. Une journaliste voyageait à bord du même avion qu'Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères ; en réponse à sa question sur l'état de santé de Houari Boumediène, il répondit : "Le Président est un être humain comme tous les autres, il a le droit de tomber malade." C'était la première fois que la maladie de l'ancien Président était reconnue publiquement. Cette reconnaissance s'arrêta là et si les messages de soutien au Président malade étaient publiés tous les jours en page une du quotidien El Moudjahid, aucun bulletin de santé n'était publié.

Quelques jours après avoir quitté Moscou, l'état de santé de Houari Boumediène se dégradait encore. Il fut alors hospitalisé à Alger et sombra dans le coma. A partir du 18 décembre, son état s'aggravait par une hémorragie interne qui entraîna la mort neuf jours plus tard.

Le silence dont on avait soigneusement entouré la maladie de Houari Boumediène est toujours présent dans les esprits et les rumeurs qui avaient pris naissance en 1978 n'ont pas été démenties.

Jusqu'à ce jour, chacun y va de son propre diagnostic sur le décès de l'ancien président.

Quelques années après, et durant le règne du président Chadli Bendjedid, l'absence de communication institutionnelle est toujours en vigueur. En 1980, la rumeur publique qui avait fait son chemin, faisait croire que le président Chadli était destitué par l'armée et victime d'un coup d'Etat… La rumeur, qui est allée beaucoup plus loin, a même fait croire que le Président avait été assassiné. La vérité était pourtant toute simple et facile à dire. Chadli Bendjedid était hospitalisé durant un mois, dans un hôpital de Belgique, pour y subir une opération chirurgicale sur une hernie discale. Aucun communiqué n'avait été émis et les gens, inquiétés par ce silence, ont imaginé toutes les hypothèses. Curieusement, il a fallu que le personnel de l'hôpital Mustapha dénonce l'hospitalisation du Président à l'étranger pour que les citoyens sachent enfin la vérité.

Le président Liamine Zeroual a été malade, lui aussi, et son état de santé avait nécessité deux hospitalisations en Espagne. La première en 1996, pour une affection à la jambe et la deuxième en 1997 pour subir une opération ophtalmique. Cette fois aussi, la communication institutionnelle a brillé par son absence, et cette fois aussi, la rumeur publique a interprété ce silence à sa manière, en parlant de maladie grave et d'une longue indisponibilité du Président ; d'autres sont allés plus loin et ont confirmé qu'un attentat avait mis fin aux jours de Liamine Zeroual. La situation sécuritaire de l'époque permettait toutes les spéculations. Les gens avaient réellement cru à cette version, et étaient sincèrement désolés pour leur Président.

Toutes ces situations auraient pu être aisément évitées si, dès le départ, les autorités avaient informé les citoyens, par des communiqués ou des bulletins de santé, de l'état de santé du premier magistrat, comme cela se fait dans les pays développés. Tony Blair, Bush ou Chirac ont souvent été malades, sans pour autant que leur état de santé soit colporté à travers les rumeurs et les on-dit de la rue.

Mais il faut reconnaître que cette fois, les choses sont beaucoup plus claires qu'elles ne l'ont été de par le passé. Tout un chacun sait que le président de la République a été victime de troubles au niveau de l'appareil digestif, et que les médecins de l'hôpital militaire de Aïn-Naâdja, qui l'ont ausculté, ont préféré, "pour un bilan médical plus approfondi", le transfert vers un hôpital parisien réputé.

A travers les communiqués émis par la présidence de la République, tous savent que le Président a voyagé à bord d'un avion non médicalisé, qu'il s'est déplacé "sur ses pieds" en France, pour subir un contrôle médical approfondi. Ces communiqués se veulent rassurants et précisent à chaque fois que l'état de santé du Président est en nette amélioration. Le mérite de ces communiqués réside dans le fait que les choses sont on ne peut plus claires.

Le Président est souffrant. Aucune autre interprétation, comme cela s'est fait dans le passé, n'est possible. Mais, si on nous dit que le Président est malade, rien par contre ne filtre sur la nature de cette maladie, les soins qu'il subit… C'est sur ces détails que l'homme de la rue spécule et que la rumeur fait son chemin. Même si les communiqués officiels affirment que le chef de l'Etat, s'il est hospitalisé, n'en continue pas moins de gérer normalement les affaires de l'Etat, depuis Paris.

Ici, tout le monde l'aura remarqué, c'est le chef du gouvernement, M. Ouyahia, qui assume les fonctions d'intérim du chef de l'Etat. Aucune déclaration officielle ne l'affirme, mais tout montre qu'il est propulsé aux premières loges, ceci d'autant que la Constitution ne prévoit nullement une situation pareille à celle que nous vivons.

La Constitution, à travers son article 88, explique l'état d'empêchement qui ne peut être déclaré qu'en cas de maladie grave et durable du Président, et précise que si cet état d'empêchement dépasse les 45 jours, durée pendant laquelle l'intérim est assuré par le président du Conseil de la nation, l'état de vacance est déclaré. On n'en est certainement pas là, puisque les communiqués qui nous renseignent sur la santé d'Abdelaziz Bouteflika affirment qu'elle est en constante amélioration et qu'il sera bientôt de retour dans son pays.

Khadidja Mohamed Bouziane

 

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Maladie du président

Jusqu'ou peut-on tout dire ?

Quelle attitude adopter aujourd’hui face à une communication des plus embarrassée lorsqu’il s’agit de la santé du président. Parce qu’on en a trop dit ou pas assez, aujourd’hui l’opinion semble circonspecte face à autant de non dits et d’imprécision. Du reste tout un chacun se demande  pourquoi autant de temps est mis pour publier un bulletin de santé. Dans tout cela difficile de déterminer les responsabilités et surtout aussi compliqué de désigné qui a cafouillé que de dire qui doit communiquer.

Le samedi 12 novembre 2005 le président Bouteflika recevait Moundhir Zeneidi envoyé spécial du Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali. Le ministre du commerce tunisien venait apporter un message du président tunisien. Outre le langage habituel et attendu dans ce genre de circonstances très protocolaires, le ministre tunisien avait également indiqué avoir transmis «les salutations, l’estime et la considération du Président Ben Ali et ses vœux de santé et de bonheur au  Président Bouteflika» du président Tunisien. Des vœux de bonne santé qui en principe n’était pas très à propos. Elément d’information ou simple langage diplomatique ? On n’en saura pas plus mais la visite du ministre tunisien intervenait quelques jours avant la tenue à Tunis du sommet mouvementé de la société de l’information duquel seront absent la majorité des chefs d’Etat européens. La défection du président algérien qui officiellement n’était pas malade aurait-elle pu être préjudiciable pour le chef de l’Etat tunisien ?

Le 19 novembre, au siège de la cour suprême le président de la république ouvre solennellement l’année judiciaire2005-2006. Un détail n’échappe pas aux nombreux journalistes et photographes présents.  Les issues sont laissées grandes ouvertes au moment où le président prononce son discours. Craignait on déjà d’avoir à évacuer en urgence le président ? Les autres appréciations quant au fait que le président paraissait fatigué sont bien entendu très personnelles et ne sont en rine significatives. Mais si nous sommes effectivement face à un président fatigué doit supposer que l’on nous caché déjà quelque chose avant même d’annoncer son  transfert à Paris pour des examens approfondis. Dès lors sa subite maladie n’aurait rien de soudain mais serait une évolution d’un état «normal». Le président sortait aussi d’une campagne pour le référendum menée à un rythme infernal supportant les longs discours et des déplacements fréquents. En faisant preuve de transparence au moment où le président était transféré on a certes éviter que la rumeur soit plus pernicieuse mais le silence quia suivi ce même transfert

Les interprétations hâtives

Juste après le référendum sur la réconciliation nationale commence le ramadhan. Une période de léthargie sur tous les plans qui touchera cette fois même l’actualité présidentielle. Du moins verra t on le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia représenter le président de la république à deux réunions de l’Union Africaine en octobre. On en arrivait à se demander pourquoi est-ce que le président est absent des grands messes Africaines auquel il a toujours^ participé en y apportant une caution que les africains sont les premiers à reconnaître. Etait-ce là un des signes avant coureur mal lu et mal interprété de la maladie du président ? Il reste que la difficulté à connaître la situation dans le détail ne permet en aucune manière d’avoir une lecture précise des événements et au-delà d’induire les médias en erreur. Bien entendu c’est avant tout l’opinion qui pâtie de ce genre d’interprétations.

Le monde à l’écoute de l’Algérie

La maladie du président sera aussi suivie de par le monde. Les agences de presse internationale ont eu pendant quelques jours du fil à retordre avec une information livrée au compte goutte dans un langage qui n’appelait finalement plus à l’interprétation qu’à la compréhension. Si c’est par gène que les autorités se sont exprimés de la sorte il est clair que l’effet de cette forme de communication a généré plus de cafouillage qu’il n’a rassuré l’opinion.

Qui a profité le plus des malentendus ? Ce sont surtout les sources anonymes qui ont fait les choux gras des agences et des chaînes de télévisions arabes notamment. Al Jazeera s’est même permis le luxe d’un scoop en donnant les détails de la maladie du président. La très controversée chaîne de télévision du Qatar  précise sur son site Internet selon «une source algérienne de haut niveau, proche du Président depuis les années 1960» que le président Bouteflika souffrirait d’une maladie héréditaire, la polykystose rénale. Selon la même source Al Jazeera ajoute que «les soins prodigués nécessitent une opération régulière de lavement des reins ajoutée aux soins pour réduire de l’effets de la maladie et ses complications du fait de l’âge ». Entre temps ni bilan précis ni bulletin de santé n’est venu confirmé ou infirmer une telle information et aucune source officielle n’a démentie ce qu’a rapporté Al Jazeera.

La maladie du président secret d’Etat

On a su finalement après le transfert au Val de Grâce du président la république le président  recevait des soins de manière régulière notamment en Suisse depuis des années. Cela n’a rien d’anormal en soi mais on n’a jamais communiqué sur ces transferts pour raison de santé à l’étranger du président ou alors si peu. Il est vrai aussi qu’on se demandera toujours s’il est forcément nécessaire de publier un communiqué à chaque fois que le président a un coup de fatigue ou qu’il chope un rhume. Mais les difficultés à savoir exactement de quoi souffre le président Bouteflika donne à penser que sa maladie devient outre un secret médical carrément un secret d’Etat. Si tel est le cas pourquoi est-ce qu’on a vu autant de gens oser s’exprimer sur la santé du président sans que l’on sache quelle est leur qualification pour en parler.

Amine Esseghir

 

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Crise à l’UGTA

Descente aux enfers

La suspension de Mohamed Badaoui, secrétaire général du syndicat national des douanes, est loin d’être un bras de fer entre le concerné et le directeur général des douanes, Sid Ali Lebib. Elle est l’annonce d’une guerre larvée au sein de la comète UGTA à la veille de sont 11e congrès qui aura lieu avant la fin du premier semestre de l’année prochaine. Elle est, également, le signe d’une descente aux enfers de l’appareil syndical tenu jusque-là sous perfusion par les pouvoirs publics.

Un syndicaliste suspendu pour avoir annoncé une grève. La mesure semblerait tout à fait « normale » s’il s’agissait des syndicats autonomes qui ont, malheureusement, l’habitude de telles mesures sans que personne ne s’en offusque. Mais qu’une suspension soit prononcée contre le SG du syndicat national des douanes (SND) affilié à la « puissante » UGTA, cela à de quoi étonner.

A l’origine de la manifestation syndicale à la douane il y avait la coordination syndicale des ports, née de la protestation des syndicats UGTA des ports contre toute ouverture des services portuaires au profit du secteur privé. La coordination en question comprend les syndicats de la douane, de l’EPAL, de la CNAN, de l’ENTMV, et de NASHCO, qui ont été rejoints plus tard par d’autres structures syndicales du secteur des finances essentiellement (BDL et BEA) et de l’EDIED.

Les plus importantes (sinon les seules) revendications faites dans le cadre de cette coordination concernent les syndicats du port et celui de la douane. Pour le SND, cela concerne les conditions de travail des douaniers qu’il s’agit, réclame le syndicat, d’améliorer. Le syndicat de la CNAN a fait beaucoup plus dans la figuration au sein de ce groupe, étant donné la situation particulière de la compagnie qui ne permet pas aux syndicalistes de revendiquer quoique ce soit.

Les syndicats des ports étant en passe de régler le problème avec leurs directions respectives, ne restait que celui de la douane qui n’arrivait pas à obtenir gain de cause ni à lancer un dialogue avec la direction de cette institution.

Mais, au-delà de ces considérations, les rencontres et les réunions de la coordination des syndicats UGTA de la zone portuaire d’Alger étaient instructives à plus d’un titre. Particulièrement lorsque la parole était donnée aux syndicalistes de base dont les reproches envers leurs chefs aussi bien locaux que nationaux ressemble fort aux critiques des syndicats autonomes envers la Centrale syndicale. Par moments, la base des syndicats UGTA donnait l’impression, lors des rencontres de la coordination, de se rebeller contre les sommets (locaux et national) de vieux syndicat.

Le sujet qui revenait le plus dans les critiques des syndicalistes de base de l’UGTA était relatif à l’indécrottable problème de la gestion des œuvres sociales que traîne l’UGTA, mais également au peu d’intérêt accordé aux problèmes socioprofessionnels des travailleurs par certains nantis de l’UGTA qui se situent à différents niveaux aussi bien local que national.

Lors de la réunion du 26 octobre dernier, des syndicalistes UGTA n’ont pas hésité de parler de « comportements véreux » de la part de certains responsables locaux dont ils ont dénoncé, à titre d’exemple, la « gestion personnelle des œuvres sociales ». Et comme pour montrer le bien fondé de ses critiques, l’un des syndicalistes de base suggère de jeter un coup d’œil sur les comptes bancaires de chacun pour avoir une idée précise sur « l’honnêteté de chacun ».

Ce jour là, la proposition avait de quoi gêner plus d’un y compris certains chefs syndicaux qui traînent déjà des affaires de justice pour la gestion frauduleuse des fonds des œuvres sociales à commencer par ceux de la CNAN qui viennent d’êtres condamnés à deux années de prison ferme dans une affaire similaire.

C’est au cours de cette même réunion, qui s’était déroulée au siège de la direction régionale centre de la douane, que le secrétaire national chargé de l’organique au sein de l’UGTA (également membre de la direction nationale du RND), à savoir M. Djenouhat, avait subi un feu nourri de critiques adressées par plusieurs participants qui l’accusent de « soutenir les réformes néolibérales ».

Visiblement gêné de toutes ces critiques, Mohamed Badaoui a dû rappeler les participants à l’ordre, estimant qu’il y avait lieu de « faire l’évaluation de la mobilisation autour des revendications des syndicats » et non pas de « créer une scission au sein de l’UGTA ».

Badaoui ne croyait pas si bien dire, mais la scission semble d’abord concerner son syndicat puisque un « conseil provisoire de redressement du syndicat des Douanes » a été créé pour s’opposer aux « agissements » du SG du SND. Il est accusé « d’agissements fractionnels », de « recrutements abusifs », de « favoritisme et de trafic d’influence dans l’octroi de promotions internes à son entourage direct et familial », et de  « détournement et dilapidation des fonds des œuvres sociales dans les dépenses de prestige et des réunions inutiles, organisées dans les grands hôtels, et d’avoir loué un appartement haut standing à Alger aux frais des deniers des travailleurs ».

Vraies ou fausses accusations, la question est de savoir pourquoi est-ce que les détracteurs de Badaoui se sont tut pendant tout ce temps devant les « agissements » qu’ils dénoncent maintenant. La car la gestion des œuvres sociales c’est le talon d’Achille de l’ensemble de l’UGTA et pas seulement du syndicat de la douane. C’est, d’ailleurs, ce que ne cessent de dénoncer depuis près d’une décennie les syndicats autonomes devant un silence complice de la base de l’UGTA.

D’un autre côté, le combat de Mohamed Badaoui qui semble s’orienter vers l’appel au départ du chargé de l’organique de l’UGTA est-il dénué de toute arrière pensée ? Djenouhat serait-il, à lui seul, le « bad boy » de la Centrale ? A-t-il été le seul à « soutenir les réformes néolibérales » ? Bien sûr que non.

Feigne-t-on d’oublier que c’est justement grâce à son « SOUTIEN » à tout ce qui est décidé par les pouvoirs publics que l’UGTA tient sa place de syndicat privilégié ?

La réforme du mode de gestion de l’UGTA réclamée par le SG du SND doit d’abord passer par la nécessité de reconnaître la pluralité syndicale et, par conséquent, le droit des travailleurs de choisir leurs propres représentants parmi les syndicats qu’ils estiment aptes à défendre leurs intérêts.

Les « réformateurs » de l’UGTA, s’ils ne doivent pas donner l’impression qu’il ne s’agit que d’une lutte de clans à quelques mois du 11e congrès, doivent exiger une véritable démocratisation non seulement de la gestion de la Centrale (et ses démembrements) mais également un plus grand respect vis-à-vis des travailleurs qui ont chois d’autres syndicats pour exprimer leurs revendications socioprofessionnelles.

Dénoncer la mauvaise gestion des œuvres sociales ne doit pas s’arrêter en si bon chemin. Elle doit aller au-delà en posant la véritable problématique à l’origine de ce problème. A savoir : pourquoi est-ce que seuls les syndicats de l’UGTA gèrent les fonds des œuvres sociales, alors que la loi confie cette tâche à l’administration, en plus du fait qu’elle préconise des élections pour la désignation des délégués devant faire partie des comités des oeuvres sociales.

Le débat au sein des syndicats UGTA ne doit pas s’arrêter seulement sur le droit de grève au sein de l’administration (pour soutenir la grève du SND), mais l’élargir à l’ensemble des administrations, y compris celles où les travailleurs ont choisi le SNAPAP ou autre syndicat autonome.

L’UGTA est-elle capable d’un tel débat, qui va nécessairement remettre en cause sa place largement dopée par le soutien inconditionnel des pouvoirs publics ?

Pas si sûr, à moins d’une véritable révolution des mentalités.

Abdelkader Djalil

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