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Bouteflika hospitalisé à Paris
Une
communication défaillante
"C'est
incontestablement l'état de santé du président de la République,
Abdelaziz Bouteflika, qui a marqué une semaine pourtant
particulièrement riche en évènements avec les résultats des
élections partielles en Kabylie, la tenue du Sommet
euroméditerranéen de Barcelone, les travaux de l'assemblée générale
de l'Union des conseils économiques et sociaux d'Afrique à Alger et,
enfin, le rejet par le Parlement français de l'abrogation de
l'article 4 de la loi du 23 février 2005 qui glorifie la
colonisation", souligne le commentateur de La Tribune paraissant ce
jeudi 1er décembre. Et c'est tellement bien résumé que
l'on n'aurait pas mieux trouvé comme introduction à cette revue de
presse hebdomadaire.
En fait, pour ce
qui est de la maladie du Président, tout a commencé dimanche 27
novembre. Du moins pour les rares titres qui ne sont pas
tributaires des aléas de l'imprimerie et peuvent ainsi boucler leur
édition à une heure raisonnable pour un quotidien d'information. Et
dans ce lot de titres privilégiés, on retrouve toujours les mêmes.
Et c'est donc sans surprise aucune que seuls quelques titres ont pu
reprendre, ce dimanche 27, le communiqué rendu public le samedi soir
par les services de la Présidence faisant état du transfert du
président Bouteflika vers un hôpital parisien. El Watan et Le Soir
d'Algérie ont ainsi annoncé en première ouverture de leur édition du
jour que "Bouteflika (est) hospitalisé à Paris". Selon les
explications fournies par la Présidence, cette hospitalisation est
due à "des troubles au niveau de l'appareil digestif. " Le
quotidien souligne que "ces derniers jours, les observateurs
nationaux se sont accordés à dire que, visiblement, le président de
la République paraissait assez fatigué lors de ses sorties de
travail sans que l'on ne lui connaisse des antécédents de santé
particuliers, hormis une intervention chirurgicale subie sur les
reins en 1985 aux Etats-Unis".
Bouteflika à
Paris
El Khabar a
également annoncé cette hospitalisation en titrant "Bouteflika à
Paris pour un examen médical approfondi". C'est la première fois,
est-il souligné, que "l'on annonce officiellement que le président
de la République subit un malaise de santé et ce, depuis sa prise de
fonction en 1999". La Tribune figure aussi sur la liste des
quotidiens ayant repris le communiqué de la Présidence. Le rédacteur
relève que "les services de la communication (…) ont avec célérité
informé l'opinion publique sur l'état de santé du premier magistrat
du pays (…). La télévision et la radio nationale ont interrompu
leurs programmes pour donner l'information ". Il poursuit en
rappelant que "la situation médicale et les bulletins de santé des
chefs d'Etat algériens ont toujours fait l'objet de communiqué
lorsque la situation l'impose".
El Youm, qui
semblait se douter de l'existence de quelque chose, avait signalé
en Une de son édition du jour que "l'absence du Président suscite
des interrogations". Pour rattraper le coup, ce titre, et tous qui
n'avaient pas pu donner l'information la veille, sont revenus sur
l'évènement dans leurs éditions du lundi 28. " Les résultats des
premières analyses sont rassurants", a annoncé El Youm. "Le
président Bouteflika dans un hôpital militaire à Paris", précise El
Fadjr. "Bouteflika hospitalisé au Val de Grâce" indique La Dépêche
de Kabylie. "Bouteflika admis à l'hôpital du Val de Grâce" rapporte
également Le Jeune Indépendant. "J'ai eu des assurances sur l'état
de santé du Président "annonce El Djazaïr News, qui cite Belkhadem.
"L'état de santé de Bouteflika en amélioration", rapporte El Khabar.
Mieux encore, Le Maghreb du lundi 28 novembre annonce le "retour de
Bouteflika dans trois jours".
Simple
précaution ou…?
Une annonce qui,
en fait, ne fait que confirmer La Nouvelle République, qui estime
que le transfert de Bouteflika vers l'hôpital de Val de Grâce n'est
en fait qu'une "simple précaution". Ce quotidien indique dans un
commentaire qu'"annoncée ainsi, la maladie du président de la
République est ce qu'elle est : la manifestation de troubles
digestifs qui appellent des examens plus approfondis".
De son côté
l'éditorialiste du Jour d'Algérie estime que "dans tous les cas de
figure, le meilleur moyen de réduire le poids de ces spéculations et
leurs effets pervers sur le fonctionnement de l'Etat tout entier
reste encore une communication aussi limpide que diligente, qui soit
en mesure de rassurer les Algériens sur l'état de santé du seul
Président qu'ils ont vraiment élu à une large majorité (…)". Un
point de vue qui ne semble pas partagé.
Dans son édition
du jeudi 1er décembre La Tribune fait état de "la
tentative avortée des services de la Présidence de jouer la règle de
la transparence et d'informer l'opinion nationale sur l'évolution de
l'état de santé du président Bouteflika avec un silence pesant de
plus de quatre jours qui a été fatalement source d'inquiétudes mais
aussi de supputations et de rumeurs". Deux jours avant, El Watan
faisait état du "silence gêné des autorités". Le Soir d'Algérie dans
son édition du mardi 29 novembre indique que, s'agissant de l'état
de santé de Bouteflika, "Chirac rassure". Le Maghreb qui avait, lors
d'une précédente édition, fixé la durée de l'hospitalisation à trois
jours, revient sur le sujet et annonce, le 29 novembre, qu'"aucune
date de sortie n'est connue". Le mercredi, les titres reprennent les
déclarations du Chef du gouvernement selon lesquelles "son état de
santé s'améliore et que Bouteflika regagnera Alger prochainement".
La Nouvelle
République croit savoir, sur la base d'informations rapportées par
des "sources proches de la Présidence", que "Bouteflika rentre
vendredi". Mais aucun des titres paraissant le samedi 3 décembre
n'a fait état de ce retour. Bien au contraire. Le Soir d'Algérie
s'est demandé "à quand un bulletin de santé" après huit jours
d'hospitalisation. Tous ces titres ont repris les déclarations
faites par le Chef du gouvernement à l'APS. "Les assurances d'Ouyahia
", comme à aimer à les qualifier La Nouvelle République, n'ont pas
pour autant rassurer puisque El Youm estime que "le flou qui entoure
la maladie du Président alimente la rumeur". D'où, du reste, la
question posée par Le Jour d'Algérie : "Quelle (est la) maladie"
dont souffre le Président ? Le rédacteur rappelle que "de la maladie
du président Bouteflika, on saura que ce sont ‘des troubles de
l'appareil digestif’ sans autre précision. C'est là une affirmation
capitale dans la mesure où la nourriture du Président fait aussi
partie de sa sécurité". D'où, du reste, cette autre question : "Que
s'est-il passé ?"
Nadia Kerraz
Haut
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