Semaine du 7 au 13 Décembre 2005

 

Bouteflika hospitalisé à Paris

Une communication défaillante  

 

 
 
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Bouteflika hospitalisé à Paris

Une communication défaillante  

"C'est incontestablement l'état de santé du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui a marqué une semaine pourtant particulièrement riche en évènements avec les résultats des élections partielles en Kabylie, la tenue du Sommet euroméditerranéen de Barcelone, les travaux de l'assemblée générale de l'Union des conseils économiques et sociaux d'Afrique à Alger et, enfin, le rejet par le Parlement français de l'abrogation de l'article 4 de la loi du 23 février 2005 qui glorifie la colonisation", souligne le commentateur de La Tribune paraissant ce jeudi 1er décembre.  Et c'est tellement bien résumé que l'on n'aurait pas mieux trouvé comme introduction à cette revue de presse hebdomadaire.

En fait, pour ce qui est de la maladie du Président, tout a commencé dimanche 27 novembre.  Du moins pour les rares titres qui ne sont pas tributaires des aléas de l'imprimerie et peuvent ainsi boucler leur édition à une heure raisonnable pour un quotidien d'information. Et dans ce lot de titres privilégiés, on retrouve toujours les mêmes. Et c'est donc sans surprise aucune que seuls quelques titres ont pu reprendre, ce dimanche 27, le communiqué rendu public le samedi soir par les services de la Présidence faisant état du transfert du président Bouteflika vers un hôpital parisien. El Watan et Le Soir d'Algérie ont ainsi annoncé en première ouverture de leur édition du jour que "Bouteflika (est) hospitalisé à Paris". Selon les explications fournies par la Présidence, cette hospitalisation est due  à  "des troubles au niveau de l'appareil digestif. " Le quotidien souligne que "ces derniers jours, les observateurs nationaux se sont accordés à dire que, visiblement, le président de la République paraissait assez fatigué lors de ses sorties de travail sans que l'on ne lui connaisse des antécédents de santé particuliers, hormis une intervention chirurgicale subie sur les reins en 1985 aux Etats-Unis".

Bouteflika à Paris

El Khabar a également annoncé cette hospitalisation en titrant "Bouteflika à Paris pour un examen médical approfondi". C'est la première fois, est-il souligné, que "l'on annonce officiellement  que le président de la République subit un malaise de santé et ce, depuis sa prise de fonction en 1999". La Tribune figure aussi sur la liste des quotidiens ayant repris le communiqué de la Présidence. Le rédacteur relève que "les services de la communication (…) ont avec célérité informé l'opinion publique sur l'état de santé du premier magistrat du pays (…). La télévision et la radio nationale ont interrompu leurs programmes pour donner l'information ". Il poursuit en rappelant que "la situation médicale et les bulletins de santé des chefs d'Etat algériens ont toujours fait l'objet de communiqué lorsque la situation l'impose". 

El Youm,  qui  semblait se douter de l'existence de quelque chose, avait signalé  en Une de son édition du jour que "l'absence du Président suscite des interrogations".  Pour rattraper le coup, ce titre, et tous qui n'avaient pas pu donner l'information la veille, sont revenus sur l'évènement dans leurs éditions du lundi 28. " Les résultats des premières analyses sont rassurants", a annoncé El Youm. "Le président Bouteflika dans un hôpital militaire à Paris", précise El Fadjr. "Bouteflika hospitalisé au Val de Grâce" indique La Dépêche de Kabylie. "Bouteflika admis à l'hôpital du Val de Grâce" rapporte également Le Jeune Indépendant. "J'ai eu des assurances sur l'état de santé du Président "annonce El Djazaïr News, qui cite Belkhadem. "L'état de santé de Bouteflika en amélioration", rapporte El Khabar. Mieux encore, Le Maghreb du lundi 28 novembre annonce le "retour de Bouteflika dans trois jours".

Simple précaution ou…?

Une annonce qui, en fait, ne fait que confirmer La Nouvelle République, qui estime que le transfert de Bouteflika vers l'hôpital de Val de Grâce n'est en fait qu'une "simple précaution".  Ce quotidien indique dans un commentaire qu'"annoncée ainsi, la maladie du président de la République est ce qu'elle est : la manifestation de troubles digestifs qui appellent des examens plus approfondis".

De son côté l'éditorialiste du Jour d'Algérie estime que "dans tous les cas de figure, le meilleur moyen de réduire le poids de ces spéculations et leurs effets pervers sur le fonctionnement de l'Etat tout entier reste encore une communication aussi limpide que diligente, qui soit en mesure de rassurer les Algériens sur l'état de santé du seul Président qu'ils ont vraiment élu à une large majorité (…)". Un point de vue qui ne semble pas partagé.

Dans son édition du jeudi 1er décembre La Tribune fait état de "la tentative avortée des services de la Présidence de jouer la règle de la transparence et d'informer l'opinion nationale sur l'évolution de l'état de santé du président Bouteflika avec un silence pesant de plus de quatre jours qui a été fatalement source d'inquiétudes mais aussi de supputations et de rumeurs".     Deux jours avant, El Watan faisait état du "silence gêné des autorités". Le Soir d'Algérie dans son édition du mardi 29 novembre indique que, s'agissant de l'état de santé de Bouteflika, "Chirac rassure". Le Maghreb qui avait, lors d'une précédente édition, fixé la durée de l'hospitalisation à trois jours, revient sur le sujet et annonce, le 29 novembre, qu'"aucune date de sortie n'est connue". Le mercredi, les titres reprennent les déclarations du Chef du gouvernement selon lesquelles "son état de santé s'améliore et que Bouteflika regagnera Alger prochainement".

La Nouvelle République  croit savoir, sur la base d'informations rapportées par des "sources proches de la Présidence", que "Bouteflika rentre vendredi".  Mais aucun des titres paraissant le samedi 3 décembre n'a fait état de ce retour. Bien au contraire. Le Soir d'Algérie s'est demandé "à quand un bulletin de santé" après huit jours d'hospitalisation. Tous ces titres ont repris les déclarations faites par le Chef du gouvernement à l'APS. "Les assurances d'Ouyahia ", comme à aimer à les qualifier La Nouvelle République, n'ont pas pour autant rassurer puisque El Youm estime que "le flou qui entoure la maladie du Président alimente la rumeur". D'où, du reste, la question posée par Le Jour d'Algérie : "Quelle (est la) maladie" dont souffre le Président ? Le rédacteur rappelle que "de la maladie du président Bouteflika, on saura que ce sont ‘des troubles de l'appareil digestif’ sans autre précision. C'est là une affirmation capitale dans la mesure où la nourriture du Président fait aussi partie de sa sécurité". D'où, du reste, cette  autre question : "Que s'est-il passé ?"

 Nadia Kerraz

 

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