Semaine du 8 au 14 juin 2005

 

Côte d’Ivoire

Le processus de normalisation enrayé

Washington va revoir sa stratégie de “lutte contre le terrorisme”

La Chine fait peur aux Etats-Unis

 

 
 
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Côte d’Ivoire

Le processus de normalisation enrayé

Le désarmement des milices et des combattants, prévu par l’accord de paix de Pretoria entre les protagonistes de la crise ivoirienne, connaît ses premières difficultés, menaçant de retard le calendrier fixé pour cette opération cruciale dans le processus de paix en Côte d’Ivoire.

L’accord signé le 6 avril sous la houlette du médiateur de l’Union africaine (UA), le président sud-africain Thabo Mbeki, prévoit le démantèlement immédiat des milices et la restitution de leur armement.  Les combattants de la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôle le nord du pays depuis le coup d’Etat raté du 19 septembre 2002 contre le président Laurent Gbagbo, doivent être désarmés à compter du 27 juin, ainsi que les militaires loyalistes du Sud enrôlés après cette tentative. Les premières difficultés viennent d’être enregistrées sur le terrain avec le quasi-échec du démantèlement des milices favorables au président Gbagbo dans l’ouest du pays où elles concentrent 10 000 hommes. Serait-ce un retour à la case départ ?

Après une cérémonie très médiatisée, le 25 mai, au cours de laquelle des chefs de milices ont rendu “symboliquement” leurs kalachnikovs au chef d’état-major de l’armée loyaliste, le gros de la troupe n’a pas suivi. L’opération de désarmement telle que prévue n’a pas eu lieu et il n’y a pas eu dépôt effectif des armes, sources de tensions dans le pays.

Les miliciens craignent, selon la presse ivoirienne, que les combattants de la rébellion, estimés à 42 500 par la Commission nationale de désarmement (CNDDR), ne soient pas désarmés, d’où leur refus de rendre les armes. Ces miliciens réclameraient également une prime de démobilisation comme celle prévue pour les combattants de la rébellion loyaliste (celle qui a signé les accords de paix). Du côté des 5 500 combattants, la grogne et la méfiance se sont aussi installées, alors que la  CNDDR a commencé sa campagne de “sensibilisation”.

La plupart de ces combattants, qui voudraient intégrer l’armée ou la police pour avoir un emploi sûr – rare actuellement en Côte d’Ivoire où la situation économique est peu reluisante – ne pourront pas l’être. Ces combattants seraient d’autant plus aigris et peu enclins à restituer leurs armes qu’ils estiment  s’être portés au secours de la République quand  elle était en danger, en 2002.

Dans la zone rebelle, les opérations ont pris également du retard. Le porte-parole des FN affirme que les opérations de “sensibilisation” n’ont pas commencé dans le nord du pays. Il précise néanmoins que l’accord de Pretoria stipule que le démantèlement des milices doit être réalisé avant le désarmement.

Ces difficultés ne sont pas de bon augure. Elles présagent de blocages qui pourraient avoir des conséquences sur le calendrier fixant au 30 octobre l’élection présidentielle.

La circulation des armées aggrave l’insécurité dans le pays

La prolifération d’armes légères en Côte d’Ivoire aggrave l’insécurité dans le pays. Leur circulation a été favorisée par la proximité de pays qui ont connu, récemment, des guerres civiles ou des rébellions, tels le Liberia et la Sierra Leone, alors que la Côte d’Ivoire, où sont stationnés 6 000 casques bleus des Nations unies et 4 000 soldats français de l’opération Licorne, est théoriquement soumise à embargo pat l’ONU depuis novembre.

Les armées ont commencé à circuler massivement dans le pays après le coup d’Etat raté contre le régime du président Laurent Gbagbo, il y a deux ans. La Côte d’Ivoire est alors “devenue un foyer important de trafics” en raison de cette situation instable qui perdure. Ces armées ont permis d’équiper des milliers de miliciens et de combattants “enrôlés à la va-vite” dans les deux camps loyaliste et rebelle, notent les experts.  Parallèlement, les coupeurs de route jouent les bandits de grands chemins, en particulier dans l’Ouest, détroussant régulièrement, sans vergogne, des transporteurs, tandis que la presse évoque de façon récurrente des affaires entre particuliers qui se règlent dans le sang avec ces armes.

 

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Washington va revoir sa stratégie de “lutte contre le terrorisme”

Le gouvernement américain va réviser sa stratégie de lutte contre le terrorisme, remplaçant l’arrestation prioritaire de dirigeants du réseau Al-Qaîda par une approche plus globale visant à combattre “l’extrémisme violent”, c’est ce que révèle le Washington Post.

La première révision majeure de sa politique de “guerre contre le terrorisme”, conçue après les attentats anti-américains du 11 septembre 2001, pourrait mener à un nouveau projet de politique nationale en matière de sécurité, croit encore savoir le quotidien. Il remplacerait le document signé par le président américain George W. Bush en octobre 2001, qui promettait notamment “l’élimination de la menace terroriste à notre mode de vie”.

Ce changement est rendu nécessaire par le fait, dit-on, qu’Al-Qaîda se soit transformée en “une organisation plus informe, diffuse et difficile à cibler”.

“L’ennemi s’est adapté”, explique l’une des principales conseillère du locataire de la Maison Blanche en matière de terrorisme qui dirige le projet de révision.

L’étude examinera également “les moyens de lutter contre une nouvelle génération de terroristes en Irak au cours des dernières années”. Mais ce que les Américains passent sous silence, c’est que la violence en Irak est générée par leur occupation…

 

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La Chine fait peur aux Etats-Unis

La Chine fait peur aux Etats-Unis, qui tentent de diaboliser aujourd’hui la puissance asiatique.

Le secrétaire américain à la Défense a fait une sortie remarquée en déclarant que Pékin dépensait beaucoup plus pour sa défense qu’elle ne le reconnaissait officiellement et mettait en danger l’équilibre des forces en Asie-Pacifique.

Une étude du Pentagone, qui doit être publiée prochainement, conclut que le budget chinois de la défense est le premier de la région et le troisième du monde selon les déclarations du faucon Donald Rumsfeld. “étant donné qu’aucun pays ne menace la Chine, on se demande pourquoi l’augmentation de ses dépenses ? Pourquoi la poursuite de ces achats d’armées considérables ?”, s’est-il interrogé.

Un responsable chinois du ministère des Affaires étrangères, a répliqué en demandant au ministère américain de la Défense s’il pensait vraiment que personne ne menaçait la Chine et si les Etats-Unis se sentaient menacés par la montée en puissance de la Chine.

La Chine a annoncé que son prochain budget de la défense serait en augmentation de 12,6%.

 

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