Semaine du 8 au 14 février 2006

Polémique sur les caricatures du Prophète 

Entre indignation et  exploitation

 

 
 
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Polémique sur les caricatures du Prophète 

Entre indignation et  exploitation

Plus "aucun acte terroriste enregistré à Alger en 2005". L'information est rapportée par le Jeune Indépendant dans son édition du jeudi 2 février. Le quotidien rapporte les déclarations du chef de la police judiciaire de la wilaya d'Alger. C'est "un constat positif en la matière", est-il indiqué, "dans la mesure où le risque zéro, inespéré il y a quelques années, a été atteint en ce qui concerne la capitale".  Dimanche 5 février. En Une de son édition, Le Jour d'Algérie rapporte les déclarations de Aboudjerra Soltani, patron du MSP. Ce dernier a affirmé, lors d'une conférence de presse, "le pouvoir sera à nous en 2012". Le rédacteur indique que le conférencier "a soutenu que si le jeu démocratique est respecté, la politique d'entrisme portera ses fruits". L'Authentique a opté pour le même titre de Une. Ce quotidien souligne que "le leader du MSP, avec un optimisme démesuré, déclare : 'En 2012 nous prendrons le pouvoir car c'est le peuple qui va nous choisir'".

La Nouvelle République, revenant sur la série d'émeutes qui s'est produite ces derniers temps, estime que "quand il y a émeutes, cela signifie faillite des pouvoirs publics et seuls ces derniers doivent en endosser la responsabilité, car il serait tout de même assez grave de faire admettre que les populations doivent être rendues coupables".

Reprise des émeutes

Le commentateur ajoute que "les émeutes impliquent bien sûr l'intervention des moyens de répression (ou de rétablissement de l'ordre public, pour faire dans le correct), mais le coût à subir dans ces conditions est plus grand que si le dialogue avait eu lieu avant que les moyens de prévention n'aient été mis en place, donc bien avant que les populations ne s'expriment par des actions de désespoir". On aura remarqué le ton assez critique employé par le rédacteur, ce qui n'est pas  dans les habitudes de la maison.

Mais si l'émeute est le moyen auquel ont recours les populations pour  dire leur ras le bol et crier leur malvie, la grève est la voie par laquelle les travailleurs expriment à leur tour leurs revendications. C'est le cas des vétérinaires. Le Soir d'Algérie indique à ce sujet qu'en dépit de "la plainte du ministère de l'Agriculture" déposée à leur encontre, "les vétérinaires maintiennent la grève". Selon ce quotidien, "elle concernera près de 95% des 1 400 vétérinaires activant à travers le territoire national et affiliés à ce syndicat autonome".

La Dépêche de Kabylie s'intéresse, dans son édition du jeudi 2 février, à la situation des APC après les élections du 24 novembre 2004. Le constat n'est pas reluisant. "Les APC bloquées, les budgets aussi", est-il indiqué. Selon ce quotidien, "la majorité des assemblées se trouvent dans des situations de blocage et d'inertie. Un état de fait qui pénalise les citoyens et le développement local".

El Djazair News consacre son dossier de fin de semaine à l'abrogation de l'article 4 de la loi du 23 février 2005. Le quotidien en arrive à la conclusion qu'"Alger a gagné la bataille de Paris".

Le Maghreb du 31 janvier, s'intéresse de nouveau à Algérie Télécom. "Un laxisme flagrant dans la gestion !" est-il indiqué.  Le quotidien, qui rappelle qu'un changement au niveau de l'équipe dirigeante a été effectué, souligne cependant que "malheureusement, rien n'a changé hormis des noms de cadres dirigeants, si l'on se fie, est-il précautionneusement mentionné, aujourd'hui, aux informations liées aux malversations financières dont est victime  la firme".

La polémique enfle

Mais le fait marquant de cette semaine aura été incontestablement la polémique sur les caricatures du Prophète. "C'est un fait inédit dans le monde", fait remarquer La Nouvelle République (édition du dimanche 5 février). "Jamais une caricature ou une œuvre satirique n'a suscité autant d'indignation et de révolte." Et au commentateur de préciser : "On n'a jamais assisté à une campagne aussi vaste, où sont mobilisés sociétés civiles et gouvernements, allant jusqu'à provoquer une crise diplomatique majeure avec un pays, le Danemark en l'occurrence, pour une série de dessins parus il y a quatre mois dans un journal dont on n'arrive même pas à retenir le nom." Et au journal de s'interroger : "Pourquoi donc toute cette campagne ?" La réponse tient, selon lui, à cette explication. "A première vue, cette controverse favorise les tenants de la fameuse théorie du choc des civilisations dans les deux camps, et va creuser encore le fossé entre l'Occident et le monde musulman en faisant apparaître les musulmans comme des gens imperméables par nature à la modernité – chose qui va peut-être sauver les néo-conservateurs américains empêtrés dans la crise irakienne – et les Occidentaux comme des croisés invétérés – chose qui va encore renforcer, dans l'autre camp, les Ben Laden et compagnie." 

Un avis que ne partage pas l'éditorialiste de la Tribune, qui  rappelle que "de nombreux analystes voient en ces caricatures et les réactions qu'elles ont provoquées un indicateur des incompréhensions (…)". Or selon lui, "il n'en est rien". Et pour cause, affirme-t-il, "il n'y a pas aujourd'hui de pays ou de peuple pouvant se targuer d'être une civilisation".

Le billettiste  du Jour d'Algérie voit, lui, une autre explication.

57…

Ainsi, souligne-t-il, "(…) si les régimes arabo-musulmans n'ont guère les moyens de leur indignation, ce n'est pas le cas de quelques pouvoirs occidentaux, notamment anglais et américain, qui y voient déjà une magnifique occasion de revenir chez eux sur une liberté d'expression qui commence à sérieusement déranger des gens comme Bush et Blair, régulièrement tournés en dérision par les humoristes de leurs propres journaux".  Le chroniqueur du Soir d'Algérie, dans son style particulier, dénonce les dérapages nés de cette situation.  "Il y a des hurluberlus qui envoient (…) des SMS vous avertissant que le code barre distinctif des produits en provenance du Danemark est reconnaissable au chiffre 57". Une attitude qui a provoqué l'ire du rédacteur, qui rappelle : "Je n'ai pas, avec des millions d'autres Algériens, combattu ceux qui voulaient me faire changer d'habitudes vestimentaires entre les deux tours des élections truquées par le FIS en 1991 pour tolérer qu'une petite frappe épuise la batterie de mon portable avec des SMS débiles en plein 2006."

Nadia Kerraz

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