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L'Algérie, un marché
juteux
Américains et Russes, guerre en sourdine
Lors
d'une récente visite d'une délégation du gazier russe Gaz Prom en
Algérie, il a été décidé de développer une coopération tous azimuts
entre les deux pays. Si l'on ajoute à cela la visite attendue du
Président russe en Algérie et le partenariat stratégique conclu
entre Alger et Moscou en 2001, il ressort que la Russie souhaite
passer à la vitesse supérieure pour reconquérir un terrain qu'elle a
perdu au fils des années, en face des Américains et des Européens
qui se rapprochent de plus en plus de l'Algérie.
En
effet, la Russie, qui a été pendant de longues années le protecteur
du bloc socialiste, dont l'Algérie faisait alors partie, a été
durement éprouvée par l'éclatement de l'empire soviétique, après que
la politique de la perestroïka engagée par le président Mikhaïl
Gorbatchev eut montré son incapacité à aller de l'avant et garder au
pays la force qui était sienne. Rongée par les problèmes intérieurs,
la Russie perd pied en Algérie et dans beaucoup d'autres pays.
L'Algérie, pour sa part, n'a pas été moins éprouvée par la décennie
où l'instabilité et le terrorisme ont régné en maîtres. Donc
démembrement et guerre tchétchène pour la Russie, instabilité
politique en Algérie. Quelques années après, les deux pays recollent
les morceaux et reconstruisent leur politique extérieure, avec pour
mot d'ordre le pragmatisme.
Une
fois leurs problèmes réglés, les deux pays tentent un rapprochement
et signent, en avril 2001, un partenariat stratégique qui intègre
surtout la lutte antiterroriste. En effet, même si l'Algérie a dû,
entre 1994 et 2004, diversifier ses importations, il reste que
l'apport de l'armement russe pour les armées algériennes est estimé
à 85%, ce qui n'est pas rien.
En
2004, un contrat de 50 avions militaires de type Mig-29 a été conclu
pour un montant de 1,5 milliard de dollars. Ce contrat, qui fait de
l'Algérie, le premier importateur étranger de Mig, prend en compte
le remboursement de la dette due par l'Algérie à la Russie.
L'Algérie a également fait la commande, en 2004, de 12 à 18
chasseurs bombardiers Sukhoi 30MK et aurait commandé le YAK-130, un
autre appareil russe. Et si l'on croit le rapport Forecast
international, l'Algérie dépensera plus de 2,3 milliards de dollars
par an à l'horizon 2007, et ce, pour ses achats d'équipement
militaire.
Mais
il faut croire que mis à part les contrats d'armement qui sont
importants, la Russie aspire à développer avec l'Algérie une
coopération élargie à d'autres domaines. A commencer par les
opportunités d'investissement dans le gaz algérien qui peuvent
toucher à la prospection, l'extraction, le transport, le traitement
et la commercialisation du gaz naturel, surtout quand on sait que
les réserves prouvées de 4 550 milliards de mètres cubes font de
l'Algérie le deuxième producteur de gaz naturel en Afrique après le
Nigeria, sont le garant d'investissements importants.
La
Russie veut aussi accroître les échanges commerciaux entre les deux
pays. Ces échanges ont sérieusement diminué ces dernières années.
En
effet, en 2004, les exportations russes vers l'Algérie avaient
atteint 350 millions de dollars, ce qui est considéré comme minime
en comparaison avec les 2,3 milliards d'échanges enregistrés durant
les années 1970, du temps de l'URSS. Pour remédier à cet état de
choses, il a été prévu que 14 contrats seraient signés lors de la
visite du président Vladimir Poutine en Algérie. Des contrats dont
la valeur correspond à au moins un milliard de dollars. Mieux
encore, un effacement total de la dette russe, qui représente
environ 25% du volume global de la dette extérieure de l'Algérie,
pourrait être au programme. Donc il serait possible qu'un tiers des
4,5 milliards de dollars serait, selon les observateurs, reconverti
en prises de participation dans les entreprises algériennes
privatisables.
Sur
un autre plan, la Russie a prévu de mettre sur orbite des satellites
algériens de télécommunication, de navigation et de sondage de la
terre à distance, et ce, en application de l'accord de compréhension
mutuelle et de coopération dans le domaine des technologies
spatiales. Cet accord prévoit aussi des activités conjointes en
matière de sondage de la terre à distance et de création de systèmes
de télécommunication et de navigation.
Il
faut savoir que la coopération spatiale entre les deux pays a
commencé en novembre 2002 par la mise en orbite du satellite
algérien Alsat-1 par le lanceur russe Kosmos-3M.
Pour
leur part, les Etats-Unis marquent un rapprochement chaque jour plus
visible avec l'Algérie à travers plusieurs actions comme par exemple
la mise en œuvre d'une norme, dénommée ISPS, et qui vise à contrôler
le commerce qui transite par le port d'Alger, et ce, disent-ils,
pour lutter efficacement contre le terrorisme international. Mais
aussi à travers des accords énergétiques, comme celui signé en
novembre 2005, qui consiste à vendre à la compagnie américaine
Valero 90 millions de barils de pétrole brut sur une période de cinq
ans, ce qui correspond à 4 à 5 millions de barils par trimestre à
partir de 2007. Ce deuxième contrat, après celui signé en 2002 (un
million de barils par mois sur une période de sept ans à la même
compagnie américaine) coûte quelque 5 milliards de dollars.
Dans
un autre domaine, celui du gaz, la compagnie Sonatrach a prévu de
réserver une capacité de regazéification de gaz naturel sur un
terminal de réception aux Etats-Unis suite à un protocole d'accord
"non engageant", conclu avec la compagnie américaine Sempra LNG, qui
permettra, selon les termes de l'accord, d'approvisionner le marché
américain avec un volume qui varie entre 250 et 500 millions de
pieds cubes par jour de GNL sur une durée de vingt ans.
En
juillet 2001, l'Algérie et les Etats-Unis ont signé l'accord-cadre
pour le commerce et l'investissement (TIFA), qui devait être le même
que celui conclu avec le Maroc, la Jordanie ou le Bahrein,
c'est-à-dire un accord de libre-échange. Mais il faut savoir que
les Américains posent comme préalable à l'Algérie la conclusion d'un
accord d'accès avec l'OMC.
Ce
chassé-croisé des Américains et, plus récemment, des Russes ne
s'apparente-t-il pas à une "occupation de terrain" pour les premiers
et une "reconquista" pour les seconds ? Ce qui signifie dans les
deux cas que l'Algérie reste, malgré tout, un marché des plus
importants.
Khadidja Mohamed Bouziane
Haut
La réconciliation nationale face aux défis sécuritaires
Un piège
appelé GSPC
La mise en
application des dispositions légales de la charte de la
réconciliation nationale auront-elles les moyens de taire les
armes ? Selon les dispositions de ces textes réglementaires, les
éléments armés ont encore six mois pour se rendre.
Il s’agit là d’une
offre de paix extraordinaire de l’Etat au profit notamment de ce qui
est appelé le GSPC. Dans le même temps les dernières informations
publiques et vérifiables indiquent que la lutte continue dans la
mesure où apparemment ce groupe est loin de considérer cette
possibilité de paix et les avantages à tirer pour ses éléments
armés.
Derniers événement
en date l’élimination de Ahmed Zarabib, présenté comme l'un des
fondateurs du Groupe salafiste pour la prédication et le combat. Il
a été abattu dans une opération de ratissage dans la région de
Béjaïa en janvier. Une autre opération militaires est signalée
aussi du coté de Boumerdes. Récemment aussi on a fait état de la
tentative d’assassinat de l’ancien général de corps d’armée Mohamed
Lamari de l’aveu d’un élément du GSPC rendu aux autorités.
Le GSPC, entre 700
et 1000 hommes dont on explique mal l’organisation ou le mode de
commandement semble en tout les cas être une organisation
structurée. On en veut pour preuve les indications liées notamment
aux décès des chefs de ce groupe relayées par un site Internet.
Au-delà des groupes armés un noyau « politique » qui alimente la
propagande et le soutien les actions armés par la communication
active. Et c’est à cette organisation que s’adresse finalement el
délai de six mois.
Si au plan
militaire, il est clair que la victoire est impossible (groupes
réduits, isolés peu de moyens apparemment), qu’en sera-t-il au plan
politique ?
Dans le même temps
on peut se demander comment aller vers la concrétisation des
objectifs fondamentaux de la charte si un tel groupe continue
d’exister. La paix et la réconciliation sont caducs sans l’arrêt des
actions armées sporadiques du GSPC.
Irréductibles et
tenaces ils sont l’illustration même de l’entêtement inutile soulevé
par le président Bouteflika lors de la campagne pour la concorde
civile en 1999. Il indiquait en substance que si on s’engage dans
une logique révolutionnaire il faut absolument vaincre sinon on est
laminé.
N’oublions pas il
s’agit d’un des derniers relents de l’islamisme politique violent
issu de la nébuleuse du FIS. On exclu le retour à la politique des
dirigeants du FIS par les dispositions de l’ordonnance 06-01.
Nouvelle couverture politique
Son article 26
stipule que « l’exercice de l’activité politique est interdit, sous
quelque forme que ce soit, pour toute personne responsable de
l’instrumentalisation de la religion ayant conduit à la tragédie
nationale.
L’exercice de l’activité politique est interdit également à
quiconque, ayant participé à des actions terroristes refuse, malgré
les dégâts commis par le terrorisme et l’instrumentalisation de la
religion à des fins criminelles, de reconnaître sa responsabilité
dans la conception et la mise en œuvre d’une politique prônant la
violence contre la Nation et les institutions de l’Etat. » ceux qui
justement reconnaîtront leur responsabilité seront admis dans les
cercles politique et les partis. Abdelaziz Belkhadem secrétaire
général du FLN reconnaissant implicitement que les islamistes du FIS
et des groupes armés « blanchis » sont admissibles à l’action
politique dans les partis politiques existants. Question est ce
qu’on ne risqe pas d’aller trop vite en besogne alors que le GSPC
active encore. En l’absence d’une couverture politique il pourrait
la retrouver chez ceux qui voudront bien lui venir en aide pour
rallier ses hommes à leur cause ou leurs ambitions politiques.
Après des années
marquées par les violences et les injustices les anciens terroristes
emprisonnés ou les personnes liées aux cercles de soutiens sont
libérés et les familles des personnes engagés dans
des groupes armés sont réhabilités. Ce sont là les mesures
immédiates et les plus importantes attendues. Elles sont destinées à
taire les armes et apaiser une situation en prônant le principe de
ni vainqueur ni vaincu. Pourtant il s’agit d’une réhabilitation
judiciaire qui présuppose une réhabilitation politique. En filigrane
se profil le retour du des islamistes du FIS qui enregistreront à
terme forcément une victoire politique pour peu que leurs
sympathisants perçoivent les mesures de la réconciliation nationale
comme tel. Dans ces termes, au plan interne, la donne GSPC se pose
en véritable piège pour la réconciliation nationale. Les derniers
irréductibles qui ont fait fi des offres de paix (concorde civile et
maintenant réconciliation nationale) s’inviterait au débat politique
s’ils se rendent dans les six mois en principe. Une donne qu’on
n’ignore pas à tous les niveaux de décision dans la mesure où tous
les effets des mesures de clémences ont été certainement longuement
étudiées. Au plan international on n’oubliera pas de rappeler que le
GSPC fait partie des 28 organisations terroristes répertoriées dans
la liste américaine post 11 septembre 2001. Ses liens supposés ou
réels avec Al Qaïda ne plaident pas non plus pour la réhabilitation
de ses éléments. Pourtant les six mois de délais ne concernent
finalement que les éléments du GSPC.
Amine Esseghir
L’inacceptable violence
Verra t on des violeurs ou des auteurs
de massacres libérés ? Probablement, dans la mesure ou ceux dont les
éléments de preuves indiscutables n’ont pas été recueillis par les
autorités se faufileront entre les mailles du filet. L’article 10 de
l’ordonnance 06-01 constitue certes un barrage légale mais pose la
question de son application. Il stipule : «les
mesures prévues aux articles 5, 6, 8 et 9 ci-dessus, ne s’appliquent
pas aux personnes qui ont commis ou ont été les complices ou les
instigatrices des faits de massacres collectifs, de viols ou
d’utilisation d’explosifs dans les lieux publics. »
Depuis la loi sur la Rahma et avec l’épisode des redditions massives
de la concorde civile on a rarement entendu un ancien terroriste
avouer ses crimes publiquement. Le plus souvent les déclarations
publiques indiquaient qu’ils travaillaient dans les maquis, faisant
la vaisselle ou la cuisine. Leurs seuls faits d’armes les tours de
gardes. Il est effectivement difficile de reconnaître avoir
contribué à une telle tragédie.
Pourtant les vertus même de cette réconciliation passe par cette
reconnaissance implicite de ceux qui ont plongé le pays dans « la
tragédie nationale » qui certes bénéficient de la clémence de l’Etat
mais dans le même temps reconnaissent implicitement leur erreur.
A.E.
Haut
L’appel à
la prière revient à la télévision
Adhan par ordonnance
La
grosse surprise du dernier Conseil des Ministres est, sans doute, le
retour de l’appel à la prière (Adhan) par voie d’ordonnance.
Supprimé de la télévision en 1993, alors que la crise nationale
était à son paroxysme, le Adhan revient treize ans plus tard avec la
force de la « loi ». Etait-il si nécessaire de le rétablir de cette
manière ? Quels liens avec la promulgation des textes de mise en
œuvre de la charte pour la paix et la réconciliation nationale ? Une
décision qui montre bien que « l’utilisation de la religion à des
fins politiques » n’est pas l’apanage des seuls partis islamistes.
Cela ressemble fort à une prise en main de la dimension religieuse
(du moins dans certains de ces aspects) par les pouvoirs publics.
« Le
Conseil des Ministres a décidé que la Radio Nationale à travers
toutes ses chaînes ainsi que la Télévision Nationale sont désormais
tenues de diffuser l’Adhan à la prière, à ses heures
quotidiennement, à l’instar des autres pays musulmans à travers le
Monde », lit-on dans le communiqué du Conseil des Ministres du
lundi 27 février dernier. On n’en sait pas plus. On ne sait pas si
la proposition émane du ministre des Affaires Religieuses, du
président de la république ou du chef du gouvernement.
Théoriquement, même si rien n’a été officiellement dit sur la partie
ayant fait cette proposition, tout porte à croire qu’elle émane du
chef de l’Etat.
A
noter que la décision de rediffuser le Adhan à la radio et à la
télévision a été prise au même moment de l’adoption des textes
relatifs à la « réconciliation nationale », et d’un projet
d’ordonnance « fixant les conditions et règles d’exercice des cultes
autres que musulman ». C’est à croire que le contexte politique
actuel plaide pour une « islamisation par le haut ».
En
effet, l’appel à la prière aurait pu être rétabli sans le recours à
une décision émanant d’une réunion d’un Conseil des Ministres.
Faut-il rappeler que certaines radios algériennes, comme El Bahdja,
diffusent depuis des années l’appel à la prière, pour Alger et ses
environs, sans que cela ne soit dicté (ni interdit) par les pouvoirs
publics. Dans un esprit d’ouverture envers l’ensemble des auditeurs
de cette chaîne, l’Adhan a été instauré sans que cela ne soit
choquant.
Pour
le cas de la télévision, une simple décision de la direction des
programmes aurait donc réglé le problème, si problème il y avait !
D’autant plus que c’est la direction de la chaîne qui avait pris, au
début des années 90, la décision de le supprimer, dans un contexte
politique particulier où la diffusion de l’appel à la prière était
considérée comme une « concession à l’islamisme politique », c’est
ce qui explique sa suppression à cette époque.
Il
est donc difficile de ne pas voir dans le rétablissement de l’appel
à la prière à la télévision et sur les ondes des chaînes de la radio
nationale, une volonté d’instrumentalisation du facteur religieux,
au moment où tout le monde est prié de laisser ses convictions
religieuses aux vestiaires. Difficile de ne pas associer cette
décision à une sorte d’expression de la volonté du « Prince des
Croyants » (Amir El Mouminin) qui lui seul a le droit de décider
pour le bien de l’ensemble de la communauté.
Cette
mesure pourrait aussi être interprétée comme une volonté d’extraire
des mains des islamistes des arguments « religieux » pouvant
discréditer l’Etat qu’on accuse de ne pas respecter les préceptes de
l’Islam.
Quelles réactions ?
Contre toute attente, cette décision ne semble pas avoir ému outre
mesure le camp islamiste. En effet, hormis les prêches du vendredi,
probablement sur instruction du ministère des Affaires Religieuses,
et la réaction très favorable à cette mesure de la part de cheikh
Abderrahmane Chibane, président de l’Association des Oulémas
Algériens, qui a salué le retour de l’Adhan à la télévision et la
radio, aucune autre expression de satisfaction n’a été enregistrée
au sein de la mouvance islamiste. Ni le MSP, pourtant membre de la
coalition gouvernementale, ni El Islah n’ont réagit suite à cette
décision. Même constat au sein de la population. La réintroduction
de l’appel à la prière dans l’audiovisuel n’a ni enchanté ni gêné
les algériens. Il n’existait aucune demande sociale (largement
exprimée) pour le retour du Adhan à la télévision. Les gens
s’étaient fait une raison. Ils se sont habitués à ce que parmi
toutes les chaînes télévisions du monde arabe, seule l’ENTV ne le
diffusait pas. D’ailleurs, cette question est loin de figurer parmi
les principaux reproches que l’on puisse faire à notre télévision.
D’un autre côté, notons aussi que parmi les plus fervents défenseur
de la suppression du Adhan à la télévision dans les années 90 n’ont
exprimé aucun refus après l’adoption de cette mesure.
Le
clin d’œil aux islamistes ne s’arrête pas là. Immédiatement après le
petit paragraphe annonçant le rétablissement de l’appel à la prière
sur les médias audiovisuels algériens, le communiqué du Conseil des
Ministres ajoute que ce dernier a examiné et adopté un projet
d’ordonnance fixant « les conditions et règles d’exercice des cultes
autres que musulman ». Un « vide juridique » vient d’être comblé
pour réglementer « le cadre d’exercice des activités ou
manifestations religieuses autres que musulmane ».
Se
basant sur des dispositions constitutionnelles algériennes
proclamant l’Islam religion de l’Etat, le projet d’ordonnance
n’autorise la pratique des cultes autres que musulman que « dans le
cadre d’associations à caractère religieux constituées conformément
aux lois et aux règlements régissant ce domaine ». Tout en assurant
« la protection et le soutien de l’Etat à l’activité religieuse
autre que musulmane », le texte comporte des dispositions visant à
mettre un terme aux « activités anarchiques d’associations et de
personnes dans ce domaine ainsi qu’aux entreprises de prosélytisme
menées à l’endroit de musulmans en Algérie ».
Après
avoir pendant longtemps affirmé l’inexistence de missions de
prosélytisme en Algérie, le ministre des Affaires Religieuses est
quasiment désavoué par le président de la république qui explique,
selon le communiqué du Conseil des Ministres, le recours à la
promulgation de la législation est dû à l’existence de pratiques
« anarchiques et parfois même mercantilistes », « étrangères aux
traditions de l’Eglise chrétienne en Algérie », qui « agressent ses
citoyens musulmans dans leur Foi ». Souhaitons toutefois que ces
mesures ne soient pas interprétées dans le sens d’interdire ou de
limiter aux « Gens du Livre » de pratiquer, sereinement et dans le
respect total, leur religion.
Abdelkader Djalil
Haut
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