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Réconciliation nationale
et écoles privées
Liberté pour les uns, sursis pour les autres
Les
textes d'application de la Charte pour la paix et la réconciliation
nationale occupent, encore cette semaine, le devant de la scène
médiatique. "700 égarés pourraient déposer les armes" a annoncé en
Une L'Authentique mardi 28 février. Le quotidien souligne cependant
que "si le nombre, avancé par des émirs de l'ex-AIS, de 700 égarés
voulant se repentir s'avère exact, cela signifierait que quelque
300 autres continueront à sévir après le délai accordé par les lois
relatives à la réconciliation nationale aux terroristes pour se
repentir".
Mercredi 1er mars, les principaux quotidiens reviennent
sur le Conseil des ministres tenu lundi. Le Jour d'Algérie
souligne, au regard de la lecture du communiqué sanctionnant cette
réunion, que "Bouteflika veut une application rapide". Ainsi, est-il
rappelé, le chef de l'Etat "a ordonné au gouvernement et à toutes
les institutions de l'Etat de s'atteler immédiatement à
l'application des dispositions contenues dans l'ordonnance et les
décrets adoptés afin de s'acquitter de leur mission qui est le
respect des choix et de la volonté populaire".
28
août dernier délai
Le
Jeune Indépendant affirme pour sa part que "les textes (seront)
applicables (…) jusqu'au 28 août". Les personnes en fuite désirant
bénéficier des mesures d'extinction de l'action publique peuvent se
manifester auprès des services de sécurité avant de se rendre,
remplir une déclaration, passer devant une commission puis,
éventuellement, rentrer chez elles. Quant aux prisonniers non
condamnés pour des viols, des massacres ou l'utilisation d'explosifs
dans des lieux publics, ils devraient être libérés incessamment.
El
Watan met l'accent de son côté sur la mise en application immédiate
de la Charte. El Youm revient pour sa part sur la création de la
commission de suivi. Selon ce quotidien, elle concerne cinq
départements ministériels et aura des annexes dans toutes les
wilayas du pays. Jeudi 2 mars. Les retombées des textes font de
nouveau la Une. Le Jour d'Algérie annonce la libération de 2 200
détenus pour le jour même. L'information du quotidien est puisée des
propos tenus par le chef de cabinet du ministère de la Justice. Le
rédacteur ajoute que "800 autres bénéficieront de commutation ou de
remise de peine". "Les grâces concerneront les détenus condamnés
définitivement, tandis que l'extinction de l'action publique
concerne ceux n'ayant pas été condamnés définitivement". Le
quotidien indique par ailleurs que Abderrazak el-Para sera touché
par ces mesures, contrairement à Ali Belhadj.
La
Tribune rapporte les mêmes informations, en précisant toutefois que
"ceux qui n'auront pas le privilège de bénéficier des mesures ne
seront apparemment pas exclus de la réconciliation nationale".
El
Khabar indique quant à lui que ce sont en tout quelque "10 000
personnes qui sont concernées par les mesures de la réconciliation
nationale". le quotidien souligne que "la Caisse de retraites est
sommée de verser les indemnités fixées par les décrets".
Samedi 4 mars, Le Jeune Indépendant rapporte l'annonce faite par
Ould Abbas faisant état de "logements pour les familles des
victimes".
Dimanche 5 mars, les premiers bénéficiaires graciés sortent de
prison, rapportent les quotidiens du jour. Un premier groupe a été
libéré de la prison de Serkadji annonce El Fadjr. Cette libération
intervient trois jours après l'entrée en vigueur des décrets. La
Tribune indique que le nombre de détenus libérés est de 150. Mais
selon El Djazair News, ils ne seraient que 50 à avoir été libérés
des prisons de Serkadji, El-Harrach et Chlef .
La
reculade de Benbouzid
L'autre thème ayant défrayé la chronique cette dernière semaine est
la fermeture des écoles privées non agréées décidée par le ministère
de l'Education nationale.
Apparemment soucieux du devenir des 3 720 élèves scolarisés dans ces
écoles privées fermées par l'administration, le ministère de
l'Education propose un programme de rattrapage. C'est ce qu'a
rapporté Le Jeune Indépendant dans son édition du jeudi 2 mars. La
veille, mercredi 1er mars, La Dépêche de Kabylie fait l'écho de la
détresse des parents d'élèves. C'est un véritable SOS lancé par ces
parents décidés à faire entendre leur voix. Le quotidien précise
que dans un communiqué, envoyés aux rédactions, "les parents de ces
élèves, tout en reconnaissant l'aspect légal de la décision prise
par le ministère de l'Education, ont mis en exergue la difficile
intégration de leurs enfants dans les établissements publics
d'enseignement".
El
Watan ajoute que le comité de coordination des associations des
parents d'élèves créé pour protester contre la décision du ministère
envisage "de déposer plainte contre les responsables des wilayas qui
ont procédé à la fermeture des établissements privés".
Cependant dimanche, coup de théâtre. Le ministère de l'Education
fait marche arrière."La tutelle accorde un délai exceptionnel",
rapporte L'Authentique ; "Les écoles privées illégales autorisées à
rouvrir leurs portes", indique La Tribune ; "Réouverture des écoles
privées" confirme La Dépêche de Kabylie ; "Le gouvernement fait
marche arrière" estime Le Jeune indépendant ; "Le ministère revient
sur sa décision de fermer les écoles", souligne El Khabar. El
Watan abonde dans le même sens : "Benbouzid fait un pas en arrière"
constate-t il à l'issue du communiqué rendu public samedi. Le Jour
d'Algérie y voit "un sursis" accordé à ces écoles privées car,
estime son éditorialiste "ce n'est pas fini". Ainsi relève-t-il, "le
conflit entre le ministère de l'Education nationale et les
responsables des écoles privées connaît une espèce de répit".
Quant
à la raison de cette décision, le rédacteur donne à penser qu'elle
est d'ordre technique. Le véritable motif pourrait être dû,
estime-t-il, "à la difficulté éprouvée sur le terrain pour recaser
des centaines d'élèves surpris en milieu de parcours par une mesure
déstabilisatrice". Le Soir d'Algérie est d'un avis contraire
puisqu'il affirme que "c'est la fin de la crise".
Nadia Kerraz
Haut
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