Semaine du 8 au 14 Mars 2006

Réconciliation nationale et  écoles privées

Liberté pour les uns, sursis pour les autres

 

 
 
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Réconciliation nationale et  écoles privées

Liberté pour les uns, sursis pour les autres

Les textes d'application de la Charte pour la paix et la  réconciliation nationale occupent, encore cette semaine, le devant de la scène médiatique.  "700 égarés pourraient déposer les armes" a annoncé en Une L'Authentique mardi 28 février. Le quotidien souligne cependant que "si le nombre, avancé par des émirs de l'ex-AIS, de 700 égarés voulant se repentir s'avère exact, cela signifierait  que quelque 300 autres continueront à sévir après le délai accordé par les lois relatives à la réconciliation nationale aux terroristes pour se repentir".

Mercredi 1er mars, les principaux quotidiens reviennent sur le Conseil des ministres tenu lundi. Le Jour d'Algérie  souligne, au regard de la lecture du communiqué sanctionnant cette réunion, que "Bouteflika veut une application rapide". Ainsi, est-il rappelé, le chef de l'Etat "a ordonné au gouvernement et à toutes les institutions de l'Etat de s'atteler immédiatement à l'application des dispositions contenues dans l'ordonnance et les décrets adoptés afin de s'acquitter de leur mission qui est le respect des choix et de la volonté populaire".

28 août dernier délai

Le Jeune Indépendant affirme pour sa part que  "les textes (seront) applicables (…) jusqu'au 28 août". Les personnes en fuite désirant bénéficier des mesures d'extinction de l'action publique peuvent se manifester auprès des services de sécurité avant de se rendre, remplir une déclaration, passer devant une commission puis, éventuellement, rentrer chez elles. Quant aux prisonniers non condamnés pour des viols, des massacres ou l'utilisation d'explosifs dans des lieux publics, ils devraient être libérés incessamment.

El Watan  met l'accent de son côté sur la mise en application immédiate de la Charte. El Youm  revient pour sa part sur la création de la commission de suivi. Selon ce quotidien, elle concerne cinq départements ministériels  et aura des annexes dans toutes les  wilayas du pays. Jeudi 2 mars. Les retombées des textes font de nouveau la Une. Le Jour d'Algérie  annonce la libération  de 2 200 détenus pour le jour même. L'information du quotidien est puisée des propos tenus par le chef de cabinet du ministère de la Justice. Le rédacteur ajoute que "800 autres bénéficieront de commutation ou de remise de peine".  "Les grâces concerneront les détenus condamnés définitivement, tandis que l'extinction de l'action publique concerne ceux n'ayant pas été condamnés définitivement". Le quotidien indique par ailleurs  que Abderrazak el-Para  sera touché par ces mesures, contrairement à Ali Belhadj.

La Tribune rapporte les mêmes informations, en précisant toutefois que "ceux qui n'auront pas le privilège de bénéficier des mesures ne seront apparemment pas exclus de la réconciliation nationale".

El Khabar indique quant à lui que ce sont en tout quelque "10 000 personnes qui sont concernées par les mesures de la réconciliation nationale". le quotidien souligne que "la Caisse de retraites est sommée de verser les indemnités fixées par les décrets".

 Samedi 4 mars, Le Jeune Indépendant rapporte l'annonce faite par Ould Abbas faisant état de "logements pour les familles des victimes".  

 Dimanche 5 mars, les premiers bénéficiaires graciés sortent de prison, rapportent les quotidiens du jour. Un premier groupe a été libéré de la prison de Serkadji annonce El Fadjr. Cette libération intervient trois jours après l'entrée en vigueur des décrets. La Tribune indique que le nombre de détenus libérés est de 150. Mais selon El Djazair News, ils ne seraient que 50 à avoir été libérés des prisons de Serkadji, El-Harrach et Chlef .

La reculade de Benbouzid

L'autre thème ayant défrayé la chronique cette dernière semaine est la fermeture des écoles privées non agréées décidée par le ministère de l'Education nationale.

Apparemment soucieux du devenir des 3 720 élèves scolarisés dans ces écoles privées fermées par l'administration, le ministère de l'Education propose un programme de rattrapage. C'est ce qu'a rapporté Le Jeune Indépendant  dans son édition du jeudi 2 mars. La veille, mercredi 1er mars, La Dépêche de Kabylie fait l'écho de la détresse des parents d'élèves. C'est un véritable SOS lancé par ces parents décidés à faire entendre leur voix.  Le quotidien précise que dans un communiqué, envoyés aux rédactions, "les parents de ces élèves, tout en reconnaissant l'aspect légal de la décision prise par le ministère de l'Education, ont mis en exergue la difficile intégration de leurs enfants dans les établissements publics d'enseignement".

El Watan ajoute que le comité de coordination des associations des parents d'élèves créé pour protester contre la décision du ministère envisage "de déposer plainte contre les responsables des wilayas qui ont procédé à la fermeture des établissements privés".

Cependant dimanche, coup de théâtre. Le ministère de l'Education fait marche arrière."La tutelle accorde un délai exceptionnel", rapporte L'Authentique ; "Les écoles privées illégales autorisées à rouvrir leurs portes", indique La Tribune ; "Réouverture des écoles privées" confirme La Dépêche de Kabylie ; "Le gouvernement fait marche arrière" estime Le Jeune indépendant ; "Le ministère revient sur sa décision de fermer les écoles", souligne  El Khabar.  El Watan abonde dans le même sens : "Benbouzid fait un pas en arrière" constate-t il à l'issue du communiqué rendu public samedi.  Le Jour d'Algérie y voit "un sursis" accordé à ces écoles privées car, estime son éditorialiste "ce n'est pas fini". Ainsi relève-t-il, "le conflit entre le ministère de l'Education nationale et les responsables des écoles privées connaît une espèce de répit".

Quant à la raison de cette décision, le rédacteur  donne à penser qu'elle est d'ordre technique. Le véritable motif pourrait être dû, estime-t-il, "à la difficulté éprouvée sur le terrain pour recaser des centaines d'élèves surpris en milieu de parcours par une mesure déstabilisatrice".  Le Soir d'Algérie est d'un avis contraire puisqu'il affirme que "c'est la fin de la crise".

Nadia Kerraz

 

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