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Semaine du 8 au 14 novembre 2006

Elections parlementaires américaines

Dans la mêlée électorale

 

 
 
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Elections parlementaires américaines

Dans la mêlée électorale

Dans la dernière ligne droite avant les élections de mi-mandat, George Bush s'est lancé dans un ultime effort pour tenter de préserver sa majorité républicaine au Congrès. "En 2004, un grand nombre de personnes me voyaient battu. En 2006, j'entends les mêmes pronostics mais je crois que nous allons conserver la Chambre (des représentants) et le Sénat", a déclaré le président américain, cherchant à se convaincre lui-même. A en croire les derniers sondages publiés avant les élections de mi-mandat du 7 novembre, les démocrates sont pourtant en passe de faire basculer la majorité à la Chambre des représentants pour la première fois depuis 1994. Ils menacent également le contrôle du Grand Old Party sur le Sénat.  George Bush va d’abord en croisade dans des Etats en balance où sa présence au côté des candidats républicains pourrait remobiliser l'électorat conservateur. Le Montana, le Nevada, le Missouri, l'Iowa ou le Colorado figurent notamment sur sa feuille de route. Pour le locataire du bureau ovale, qui entre dans la dernière moitié de son deuxième et dernier bail à la Maison blanche, les enjeux personnels sont élevés: une majorité démocrate à Capitol Hill entraverait son action alors même que les fins de mandat sont traditionnellement difficiles pour les présidents américains. D'autant que son impopularité et l'enlisement de sa politique en Irak devraient jouer un rôle capital dans la cristallisation de l'électorat. Certains experts estiment même que le scrutin va se dénouer sur l'Irak. "La personne du président est cette année un paramètre plus important qu'à l'accoutumée et sa gestion de la guerre en Irak a des conséquences très négatives", estime David Bositis, du Centre d'études politiques et économiques. Avec 104 soldats américains tués en Irak, le mois d'octobre a été l'un des plus sanglants pour les forces américaines engagées depuis trois ans et demi à Bagdad et dans les provinces irakiennes. Cela faisait près de deux ans que l'armée américaine n'avait pas enregistré de telles pertes en un mois. Novembre semble être de la même veine au vu des pertes enregistrés au début du mois au sein des marines. Dans ces conditions, et sous la pression de leurs électeurs, certains candidats républicains ont pris leurs distances avec leur "président de guerre". Mais Bush assure qu'il ne leur en tient pas rigueur. "Les gens mènent la campagne (électorale) qu'ils doivent mener", a-t-il dit à Reuters et à d'autres agences de presse.

Le président, lui, n'a pas fléchi dans son approche de la question irakienne. "Je pense, a-t-il dit, que la plupart des républicains comprennent que si nous devions partir avant que le travail ne soit terminé, l'Amérique serait moins sûre." Il a également rejeté les appels à la démission de son secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld.

"En déclarant qu'il souhaite que le secrétaire Rumsfeld reste en poste jusqu'au terme de sa présidence, le président Bush prouve que les politiques erronées qui ont envoyé nos troupes en Irak sans équipement suffisant ni stratégie pour mener leur mission à son terme vont se poursuivre", a réagi Nancy Pelosi, élue démocrate de Californie appelée à présider la Chambre des représentants si son parti l'emporte. D'estrade en estrade, Bush devrait marteler ces prochains jours que les démocrates n'ont pas de plan B sur l'Irak.

Lâché par les siens

Richard Perle, ancien conseiller du Pentagone pour la politique de défense, qui avait été l'un des plus fervents partisans de l'offensive américaine en Irak, estime désormais que les dysfonctionnements dévastateurs au sein de l'administration Bush ont fait de la politique des Etats-Unis en Irak un désastre. "A la fin de la journée, vous devez tenir le président responsable", a affirmé Richard Perle dans un entretien au magazine Vanity Fair. L'ancien conseiller du Pentagone ajouté que, s'il avait perçu au début de la guerre en 2003 "où nous en sommes aujourd'hui", il n'aurait probablement pas défendu l'idée d'une invasion pour déposer le président Saddam Hussein. "J'aurais probablement dit 'Envisageons d'autres stratégies pour régler la question qui nous préoccupe le plus, à savoir le fait que Saddam fournisse des armes de destruction massive à des terroristes", explique-t-il. Richard Perle n'est pas le seul néoconservateur à changer d'avis sur l'offensive en Irak, puisque Kenneth Adelman, autre ancien membre du conseil pour la politique de défense qui avait estimé que déposer Saddam serait "du gâteau", intervient également dans l'édition de janvier du magazine Vanity Fair. Kenneth Adelman explique en outre s'être trompé lorsqu'il considérait, un an avant la guerre, que l'équipe de conseiller du président Bush était la meilleure depuis un demi-siècle. "Ils s'avèrent avoir été l'une des plus incompétentes équipes de l'après-guerre", commente-t-il aujourd'hui. "Non seulement chacun d'entre eux, individuellement, a d'énormes défauts, mais ensemble, cela ne fonctionnait pas." "Nous apprécions ces ‘conseils du lundi’, mais le président américain a un plan pour réussir en Irak, et nous le mènerons à bien", a commenté un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe. Par ces "conseils" (monday-morning quaterbacking, en anglais), il faisait référence aux réflexions des supporters les lendemains de match de football  américain sur la façon dont le quaterback, stratège de l'équipe, aurait pu mieux faire. Certains des néo conservateurs dont Richard Perle, à l’origine de la stratégie américaine dite "préventive" commencent donc à tourner casaques.

Rumsfeld décrié par l’armée américaine

Quatre journaux des forces armées américaines se préparent à réclamer la démission du secrétaire à la défense Donald Rumsfeld. Dans un éditorial intitulé "il est temps pour Rumsfeld de partir" qui figure sur le site de NBC News, l’article est prévu pour une publication simultanée dans l’Army Times, l’Air Force Times, le Navy Times et le Marine Corps Times, "Rumsfeld a perdu sa crédibilité auprès de la direction unifiée (des forces armées en Irak), auprès des troupes, auprès du Congrès et auprès du grand public», selon l’article. "Sa stratégie a échoué et sa capacité à diriger est compromise", poursuit l’éditorial. "Et bien que la responsabilité de nos échecs en Irak incombe au secrétaire d’Etat à la Défense, se sont les troupes qui en supportent le poids."

S’adressant au président Bush, qui a réaffirmé sa confiance en Donald Rumsfeld, les journaux assurent qu’ils n’essaient pas d’influencer les élections. "Peu importe quel parti emportera les élections, le moment est venu Monsieur le Président d’affronter la dure réalité : Donald Rumsfeld doit partir", eajoutel’article.

 

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