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1er Novembre et terrorisme
D’une guerre à
une autre
C’est un début de
mois de novembre assez mouvementé aux plans politique et sécuritaire
auquel nous avons à faire en cette fin de l’année 2006. Pour ce
deuxième aspect, le ton avait été donné par la presse du mardi 31
octobre : un double attentat au véhicule piégé a été perpétré dans
la nuit de dimanche à lundi, faisant trois morts et plusieurs
blessés, rapportent la quasi majorité des titres. «La peur des
années 90» annonce Le Jour d’Algérie. Dans un commentaire publié en
page 3, il est rappelé qu’«à chaque fois qu’ils tentent de se
remettre des années de violence passées, les Algériens sont ramenés
à la réalité». Il est ajouté que «ces engins qui continuent à
exploser ne sont pas faits pour rassurer les Algériens et leur faire
croire qu’ils sont, enfin, sortis de la zone de tempêtes qui a
emporté la vie de dizaines de milliers de leurs compatriotes».
Le lendemain, Le
Soir d’Algérie annonce en une que «le GSPC revendique». Il est
indiqué que cette organisation terroriste «revendique la série
d’attentats qu’a vécus la région centre du pays, classée zone II
dans la structuration de cette organisation». De son côté, El Watan
paraissant le même jour indique qu’«alors que l’onde de choc du
double attentat au camion piégé à Réghaia et Dergana commençait à se
dissiper, un convoi militaire a été attaqué (…) provoquant une
grande panique parmi les automobilistes». Et au quotidien de
préciser qu’«une bombe activée à distance par un téléphone portable
a explosé au passage d’un convoi de véhicules militaires ne faisant,
fort heureusement, aucune victime, mais arrachant un poteau
électrique». Pour El Watan, la certitude est que désormais la wilaya
de Boumerdès est devenue le lieu d’approvisionnement en explosifs.
Et de rappeler que «Boumerdès est, pour le GSPC, ce qu’était Sidi
Moussa pour le GIA : une zone d’approvisionnement en explosifs».
La Dépêche de
Kabylie rapporte également l’information en indiquant en une «qu’une
patrouille de l’ANP échappe à un attentat à la bombe».
Samedi 4 novembre,
El Khabar annonce en une l’assassinat de huit militaires dans un
guet-apens terroriste, à Aïn Defla. L’éditorialiste du Jour
d’Algérie commente cet attentat en affirmant que «le coup dur (…)
vient d’être porté à la réputation de citadelle imprenable de la
capitale face à un terrorisme que nous pensions trop affaibli pour
oser une pareille incursion contre deux commissariat de l’est
d’Alger». Plus loin, il souligne que ce nouvel attentat «indique
surtout que les efforts gigantesques déployés pour normaliser la
situation en direction du marais ‘fissiste’ ne sont pas vains et
que l’enjeu représenté par l’action de Kebir est loin d’être
superflue».
Recrudescence
Et de préciser
que «jamais en effet les attentats en tout genre n’auront été aussi
spectaculaires et destructeurs, depuis 2001, que depuis que Rabah
Kebir est rentré au pays pour militer pour une normalisation du
courant auquel il appartient et qui est e réservoir humain naturel
du terrorisme». Toutefois rappelle-t-il, «si le GSPC ne représente
pas une menace grave pour la pérennité de nos institutions, il peut
encore servir de puissant instrument de déstabilisation au service
d’intérêts troubles qui ne veulent d’un climat politique totalement
apaisé». Si l’on se fie à l’analyse de l’éditorialiste du Jour
d’Algérie, «les deux derniers attentats commis contre des
commissariats à Alger même, loin de témoigner de la force de cette
coalition terroriste maffieuse, indique au contraire le degré de
panique qui s’est emparé d’elle à la veille des grands procès
Khalifa et BCIA et au moment où des walis en activité sont
poursuivis par la justice».
Mais ce début du
mois coïncide aussi, faut-il le rappeler, avec une date très chère à
l’Algérie, le 1er Novembre. Dans ce contexte, on notera
l’effort méritoire déployé par La Tribune pour marquer l’évènement.
52 ans après, «novembre entre mémoire et enseignement de l’histoire»
est le titre retenu par ce quotidien, qui indique que «si la guerre
d’Indépendance nationale a mis un terme à l’ordre colonial, elle
n’en a pas moins généré des relations passionnées entre l’Algérie et
la France». Et d’ajouter qu’«au moment où Paris parle de
refondation de ces relations, les nostalgiques de l’Algérie
française font du lobbying contre la reconnaissance des crimes de
guerre par la France et la repentance de l’Etat français».
Toutefois, estime La Tribune, «avant d’exiger le pardon de
l’ancienne puissance coloniale, les Algériens ont le droit et le
devoir de dépoussiérer la mémoire collective et d’avoir un regard
critique sur leur propre histoire».
Al Fadjr, qui
consacre également sa une à cet évènement, indique que la
souveraineté a été obtenue et que d’autres choses attendent, révèle
que «les jeunes ne croient pas au présent mais croient à la
Révolution». Dans un commentaire en page 23, la rédactrice se
demande «qui osera renier les réalisations de l’Indépendance».
Novembre
éternel…
«Quelles que
soient les lacunes et la disparité entre les régions, nul ne peut
nier le fait que l’Algérie est indépendante et qu’elle a offert à
ses enfants les chances d’accéder à un enseignement, à une
couverture sanitaire, à un logement, à l’électrification, à la
nourriture et au droit à l’information à tous sans distinction.» Et
d’ajouter : «Qui pourrait aujourd’hui critiquer la révolution et
douter des intentions de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie
à la fleur de l’âge ?»
Toutefois, estime
Al Fadjr, cela ne donne pas pour autant à d’autres catégories «le
droit de faire du chantage et d’exclure l’autre, quels que soient
les prétextes, car la grandeur dans la Révolution est aussi l’œuvre
du peuple qui a fait face au colonialisme et ne s’est pas résigné».
Pour La Dépêche de
Kabylie, Novembre restera à jamais «ce repère ». Et d’indiquer que
«plus d’un demi-siècle après, la Révolution algérienne demeure un
exemple pour les peuples opprimés. Les Algériens fidèles au serment
des ‘novembristes’, continuent d’entretenir la flamme patriotique
afin de réaliser le rêve de nos aînés : une République sociale et
démocratique».
Nadia Kerraz
Haut
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