Semaine du 8 au 14 novembre 2006

  1er Novembre et terrorisme 

D’une guerre à une autre

 

 
 
 Les Quotidiens en débat

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1er Novembre et terrorisme 

D’une guerre à une autre

C’est un début de mois de novembre assez mouvementé aux plans politique et sécuritaire auquel nous avons à faire en cette fin de l’année 2006. Pour ce deuxième aspect, le ton avait été donné par la presse du  mardi 31 octobre : un double attentat au véhicule piégé a été perpétré dans la nuit de dimanche à lundi, faisant trois morts et plusieurs blessés, rapportent la quasi majorité des titres. «La peur des années 90» annonce Le Jour d’Algérie. Dans un commentaire publié en page 3, il est rappelé qu’«à chaque fois qu’ils tentent de se remettre des années de violence passées, les Algériens sont ramenés à la réalité». Il est ajouté que «ces engins qui continuent à exploser ne sont pas faits pour rassurer les Algériens et leur faire croire qu’ils sont, enfin, sortis de la zone de tempêtes qui a emporté la vie de dizaines de milliers de leurs compatriotes».

Le lendemain, Le Soir d’Algérie annonce en une que «le GSPC revendique». Il est indiqué que cette organisation terroriste «revendique la série d’attentats qu’a vécus la région centre du pays, classée zone II dans la structuration de cette organisation». De son côté, El Watan paraissant le même jour indique qu’«alors que l’onde de choc du double attentat au camion piégé à Réghaia et Dergana commençait à se dissiper, un convoi militaire a été attaqué (…) provoquant une grande panique parmi les automobilistes». Et au quotidien de préciser qu’«une bombe activée à distance par un téléphone portable a explosé au passage d’un convoi de véhicules militaires ne faisant, fort heureusement, aucune victime, mais arrachant un poteau électrique». Pour El Watan, la certitude est que désormais la wilaya de  Boumerdès est devenue le lieu d’approvisionnement en explosifs. Et de rappeler que «Boumerdès est, pour le GSPC, ce qu’était Sidi Moussa pour le GIA : une zone d’approvisionnement en explosifs».

La Dépêche de Kabylie rapporte également l’information en indiquant en une «qu’une patrouille de l’ANP échappe à un attentat à la bombe». 

Samedi 4 novembre, El Khabar annonce en une l’assassinat de huit militaires dans un guet-apens terroriste, à Aïn Defla.    L’éditorialiste du Jour d’Algérie  commente cet attentat en affirmant que «le coup dur (…) vient d’être porté à la réputation de citadelle imprenable de la capitale face à un  terrorisme que nous pensions trop affaibli pour oser une pareille incursion contre deux commissariat de l’est d’Alger». Plus loin, il souligne que ce nouvel attentat «indique surtout que les efforts gigantesques déployés pour normaliser la situation  en direction du marais ‘fissiste’ ne sont pas vains et que l’enjeu représenté par l’action de Kebir est loin d’être superflue».

Recrudescence

Et de préciser  que «jamais en effet les attentats en tout genre n’auront été aussi spectaculaires et destructeurs, depuis 2001, que depuis que Rabah Kebir est rentré au pays pour militer pour une normalisation du courant auquel il appartient et qui est e réservoir humain naturel du terrorisme». Toutefois rappelle-t-il, «si le GSPC ne représente pas une menace grave pour la pérennité de nos institutions, il peut encore servir de puissant instrument de déstabilisation au service d’intérêts troubles qui ne veulent d’un climat politique totalement apaisé». Si l’on se fie à l’analyse de l’éditorialiste du Jour d’Algérie, «les deux derniers attentats commis contre des commissariats à Alger même, loin de témoigner de la force de cette coalition terroriste maffieuse, indique au contraire le degré de panique qui s’est emparé  d’elle à la veille des grands procès Khalifa et BCIA et au moment où des walis en activité sont poursuivis par la justice».

Mais ce début du mois coïncide aussi, faut-il le rappeler, avec une date très chère à l’Algérie, le 1er Novembre. Dans ce contexte, on notera l’effort méritoire déployé par La Tribune pour marquer l’évènement. 52 ans après, «novembre entre mémoire et enseignement de l’histoire» est le titre retenu par ce quotidien, qui indique que «si la guerre d’Indépendance nationale a mis un terme à l’ordre colonial, elle n’en a pas moins généré des relations passionnées entre l’Algérie et la France».  Et d’ajouter qu’«au moment où Paris parle de refondation de ces relations, les nostalgiques de l’Algérie française font du lobbying contre la reconnaissance des crimes de guerre par la France et la repentance de l’Etat français». Toutefois, estime La Tribune,  «avant d’exiger le pardon de l’ancienne puissance coloniale, les Algériens ont le droit et le devoir de dépoussiérer la mémoire collective et d’avoir un regard critique sur leur propre histoire».

Al Fadjr, qui consacre également sa une à cet évènement, indique que la souveraineté a été obtenue et que d’autres choses attendent, révèle que «les jeunes ne croient pas au présent mais croient à la Révolution». Dans un commentaire en page 23, la rédactrice se demande «qui osera renier les réalisations de l’Indépendance».

Novembre éternel…

«Quelles que soient les lacunes et la disparité entre les régions, nul ne peut nier le fait que l’Algérie est indépendante et qu’elle a offert à ses enfants les chances d’accéder à un enseignement, à une couverture sanitaire, à un logement, à l’électrification, à la nourriture  et au droit à l’information à tous sans distinction.» Et d’ajouter : «Qui pourrait aujourd’hui critiquer  la révolution et douter des intentions de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie à la fleur de l’âge ?»

Toutefois, estime Al Fadjr, cela ne donne pas pour autant à d’autres catégories «le droit de faire du chantage et d’exclure l’autre, quels que soient les prétextes, car la grandeur dans la Révolution est aussi l’œuvre du peuple qui a fait face au colonialisme et ne s’est pas résigné».

Pour La Dépêche de Kabylie, Novembre restera à jamais «ce repère ». Et d’indiquer que «plus d’un demi-siècle après, la Révolution algérienne demeure un exemple pour les peuples opprimés. Les Algériens fidèles au serment des ‘novembristes’, continuent d’entretenir la flamme patriotique afin de réaliser le rêve de nos aînés : une République sociale et démocratique».

Nadia Kerraz   

   

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